Les relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite

Les échanges commerciaux entre la France et l’Arabie saoudite ont augmenté de 15% en 2018, en valeur, à presque 10 Mds EUR. Nos importations, quasi exclusivement pétrolières, ont dépassé les 6,5 Mds EUR, augmentant ainsi de 55%, sous l’effet, principalement, de la hausse du prix du pétrole mais aussi en raison du poids croissant des produits raffinés dans la structure de nos importations. Nos exportations sont en diminution de 23%, à près de 3,5 Mds EUR, compte tenu du nombre des livraisons aéronautiques, plus faible que les deux années précédentes. Dans ce contexte, notre solde commercial redevient négatif avec un déficit d’un peu plus de 3 Mds EUR.

1/ Nos exportations de biens vers l’Arabie saoudite, après deux années record, reviennent à leur niveau moyen sur la décennie écoulée

En 2018, nos exportations de biens (hors matériels militaires) vers l’Arabie saoudite ont enregistré une forte diminution, passant de 4,5 Mds EUR en 2017 à un peu moins de 3,5 Mds EUR. Cet affaissement de 23% s’explique principalement par la baisse de nos exportations d’aéronefs (-59%), les livraisons d’Airbus ayant été plus faibles en 2018 qu’elles ne l’avaient été en 2016 et 2017. Avec un total de 780 M EUR en 2018, nos exportations d’aéronefs, après deux années fastes où elles représentaient 40% du total de nos exportations, retrouvent un niveau comparable à celui des années antérieures.

En revanche, nos exportations d’équipements de communication progressent de 65%, à 200 M EUR. De même, nos exportations de céréales augmentent de 96%, à 300 M EUR, ce qui s’explique principalement par la reprise des exportations de blé au premier semestre 2018 permise par la qualité de la récolte française de l’été 2017, conforme au cahier des charges saoudien pour la première fois depuis plusieurs années.

 Evolution du commerce extérieur bilatéral

     Source : Douanes françaises. Hors exportations militaires


En 2018, la ventilation de nos exportations vers le Royaume se décompose, pour les postes prépondérants, comme suit : 26% matériels de transport, 13% produits informatiques, électroniques et optiques, 10% produits des industries agroalimentaires et 10% produits pharmaceutiques.

 2/ Simultanément, nos importations en provenance d’Arabie saoudite ont explosé, en raison de la remontée des cours du pétrole et de l’évolution de la structure de nos importations pétrolières

 

Nos importations en provenance du Royaume, dont la valeur avait fortement baissé entre 2014 et 2016, ont retrouvé un mouvement ascendant en 2017 et ont explosé en 2018 (+55%), à 6,5 Mds EUR, contre 4,2 Mds EUR en 2017. Cette hausse significative a une double origine. D’une part, l’impact de la remontée du prix du baril, qui est passé de 52 USD en moyenne en 2017 à 67 USD en 2018 ; d’autre part, l’accentuation d’une tendance à l’œuvre depuis quelques années, d’augmentation, à un rythme soutenu, de nos importations de produits pétroliers raffinés. Ce poste, relativement marginal jusqu’en 2013 (110 M EUR), dépasse désormais 2,8 Mds EUR.

 

On observe ainsi depuis cinq ans une reconfiguration de nos importations pétrolières, qui représentent toujours 96% du total de nos importations en provenance du Royaume. Mais, les importations de brut (dont la part relative est passée de 94% en 2013 à 53% en 2018) cèdent le pas progressivement aux importations de produits raffinés (2% en 2013, contre 43% en 2018), à plus forte valeur ajoutée pour l’économie saoudienne, et donc plus onéreux pour nos importations.

3/ Le retour d’un solde commercial fortement déficitaire

Le montant de nos échanges de biens avec l’Arabie saoudite a augmenté de 15% en 2018, à presque 10 Mds EUR. En revanche, notre balance commerciale, après deux années consécutives d’excédents en 2016 et 2017 liés à la baisse des prix du pétrole, redevient déficitaire, avec un solde négatif de 3 Mds EUR.

Un tel niveau de déficit avec l’Arabie saoudite n’est pas inédit : il est du même ordre que ceux enregistrés entre 2012 et 2014 (année de record historique à 4 Mds EUR), mais à la différence cependant, que le prix moyen du baril excédait alors les 100 USD.

balance commerciale France/Arabie saoudite 

 

      Source : Douanes françaises.

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