Présentation pays

Sixième pays le plus peuplé au monde avec 207 M d’habitants, le Pakistan a enregistré une accélération de son rythme de croissance pour s’établir à 4,5 % entre 2014 et 2017. La croissance de l’économie devrait se porter à +5,8 % au terme de l’année 2018, à un niveau cependant toujours insuffisant afin de face aux impératifs d’une croissance démographique vigoureuse (2,4 % par an, soit le taux le plus élevé de la région). Doté d’un PIB par habitant de 5 235 USD en parité de pouvoir d’achat, le Pakistan se situe dans la catégorie des pays à revenus moyens inférieurs selon la typologie de la Banque Mondiale. Alors que le pays se trouvait en quasi-cessation de paiement en 2013, l’économie est parvenue à se redresser grâce au Programme de prêt (6,4 Mds USD) qui a été conduit par le FMI jusqu’en 2016. Depuis la fin de l’année 2017, les déséquilibres, notamment extérieurs, sont réapparus, faisant peser sur les réserves de change de la Banque centrale, un risque sérieux.

Le programme FMI a permis au gouvernement de s’attacher à consolider les grands équilibres macroéconomiques, tant internes qu’externes. Ainsi, le déficit de l’Etat fédéral est passé de 8,4 % du PIB en 2012/13 à 4,3 % en 2016/17 grâce à une nette amélioration de la collecte fiscale, la réduction des subventions, les privatisations et la restructuration de certaines entreprises publiques. Mais les réformes structurelles n’ont pas été menées à terme et la dette circulaire du secteur de l’énergie ainsi que les dettes des entreprises publiques représentent désormais 6,4 % du PIB, sans perspectives d’améliorations avec la remontée des cours du pétrole et le manque de volonté politique en année électorale.

Au plan extérieur, le manque de diversification et de compétitivité de l’appareil exportateur ne permet pas de contrebalancer la forte hausse des importations entraînée par la progression du cours du baril et les achats à la Chine des équipements nécessaires à la mise en œuvre du corridor économique sino-pakistanais (CPEC – 62 Mds USD d’investissements dans le but de relier la Chine à la mer d’Arabie, dont 34 Mds USD dédiés au développement des infrastructures énergétiques), et ce en dépit de deux dévaluations de la roupie pakistanaise intervenues en décembre 2017 et mars 2018 (+9,5 %). Les transferts de travailleurs expatriés, qui historiquement compensaient le déficit de la balance commerciale, ne jouent désormais plus ce rôle en raison des mesures de saoudisation de l’emploi mises en place par l’Arabie saoudite où réside une large partie des 10 M de Pakistanais émigrés. Ainsi les transferts des travailleurs ne couvrent plus que 65 % du déficit commercial à ce jour contre 75 % il y a un an. En outre, et en dépit de la forte amélioration de la situation sécuritaire (baisse de –57 % des pertes civiles et militaires lors d’attaques terroristes au cours des 5 premiers mois de l’année 2018 comparé à la période janvier – mai 2017, et -63 % par rapport à 2016) ainsi que de la plus grande disponibilité en électricité, les flux d’investissements directs étrangers continuent d’être négligeables à moins de 1 % du PIB. La principale épine dans le pied du pays reste son caractère incertain tant au niveau politique (politique intérieure et extérieure) qu’économique, ce qui fait chuter le classement du Pakistan dans la plupart des études mesurant le climat des affaires.

Au terme des neuf premiers mois de l’année 2017/18, la dette publique équivalait à 67,9 % du PIB, dont 24,5 % pour la dette extérieure. Au plan externe, les réserves de la Banque centrale se sont effondrées depuis la fin du programme FMI où elles représentaient 18,5 Mds USD. Elles s’établissent désormais à 10,3 Mds USD, soit 1,9 mois d’importations de biens et services, en-dessous du niveau considéré comme suffisant par le FMI (2 mois).

A plus long terme, le Pakistan demeure une terre d’opportunités. Doté d’une démographie très dynamique (60 % de moins de 20 ans, 245 M d’habitants à horizon 2030), il a déjà vu émerger une classe moyenne de 25 M de consommateurs solvables. De nombreux secteurs, pour certains déjà très dynamiques (télécommunications et banque notamment), recèlent d’importantes opportunités compte tenu des besoins de développement du pays : énergie, eau, gestion des déchets, transports, agroalimentaire, biens de consommation. Plusieurs projets d’envergure ont en outre débuté à la faveur de la reprise de l’aide octroyée par les bailleurs de fonds et du CPEC. Qui plus est, les autorités pakistanaises ont su conserver un régime des investissements attractif : totale convertibilité de la roupie, libre rapatriement des bénéfices et dividendes.

Au plan bilatéral, le seuil des échanges commerciaux entre la France et le Pakistan s’est élevé à 1,4 Md EUR en 2017 (avec un déficit de 321 M EUR en défaveur de la France). Le Pakistan est notre deuxième client en Asie du Sud après l’Inde alors que nous sommes son 5ème fournisseur au sein de l’UE (après l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Italie). Nous y exportons principalement des turbines électriques, des produits pharmaceutiques et des produits laitiers et fromagers. Sans surprise, nos importations en sa provenance sont composées aux ¾ de produits textiles. Enfin, une trentaine d’implantations françaises étaient recensées au Pakistan fin 2017. Présentes dans la plupart des secteurs clés de l’économie pakistanaise, elles représentent un stock d’IDE de 1,3 Md EUR, génèrent un chiffre d’affaires de 2,1 Mds EUR et emploient 5 000 personnes. Il est par ailleurs à noter que la COFACE a élargi sa couverture depuis janvier 2015 et couvre désormais les contrats du secteur privé et du secteur public jusqu’à 50 M EUR par projet.

 

 

Publié le