Situation économique et financière

Cinquième pays le plus peuplé au monde avec 207 M d’habitants, le Pakistan a enregistré un rythme de croissance moyen de 5,2 % entre 2014 et 2018. La croissance de l’économie a toutefois ralenti à 3,3 % sur l’exercice budgétaire 2018/19 (de juin à juillet), puis à -0,4 % en 2019/20, soit à un niveau insuffisant afin de face aux impératifs d’une croissance démographique vigoureuse (2,4 % par an en moyenne, le taux le plus élevé de la région). Doté d’un PIB par habitant de 4 885 USD en parité de pouvoir d’achat en 2019, le Pakistan se situe dans la catégorie des pays à revenus moyens inférieurs selon la typologie de la Banque Mondiale. 

Le Pakistan fait actuellement face à une situation économique difficile. Le fort ralentissement de l’activité économique enregistré sur le dernier extercice budgétaire (le pays est entré en récession pour la deuxième fois de son histoire contemporaine) s’est également accompagné d’une forte accélération de l’inflation (10,7 % en 2019/20), cela en dépit de la chute des cours du pétrole. La crise a entrainé un rééquilibrage de nature conjoncturelle de la balance courante (le déficit du compte courant qui s’élevait à 4,8 % du PIB en 2018/19 a été réduit à 1,1 % du PIB en 2019/20). Conséquence de la baisse plus prononcée des importations que des exportations, le déficit commercial se réduit (7,5 % du PIB en 2019/20). Il demeure par ailleurs entièrement couvert par les transferts de travailleurs expatriés qui demeurent très dynamiques (+31,1 % au T1 2020/21). La situation des finances publiques continue quant à elle de se dégrader. Avec des recettes fiscales limitées à 11,4% du PIB, le déficit public atteint 8,1 % du PIB en 2019/20. La dette publique a connu une envolée récente (90,7 % du PIB fin juin 2020), obérant la capacité de remboursement du pays. Les dévaluations successives de la roupie pakistanaise et l’appel massif aux prêts des partenaires bilatéraux et multilatéraux ont eu un fort impact sur l’endettement extérieur (37,4 % du PIB fin juin 2020). Le seul service de la dette publique a absorbé plus de 60 % des recettes fiscales collectées au niveau fédéral en 2019/20 (+25,3 % en valeur en un an).

Le FMI et les autorités pakistanaises se sont accordés le 3 juillet 2019 sur la mise en œuvre d’un programme de stabilisation (facilité élargie de crédit de 39 mois d’un montant d’environ 6 Mds USD) prévoyant : (i) une consolidation budgétaire avec une hausse des recettes fiscales de 4 à 5 points de PIB conduisant d’ici 2023 à une baisse du déficit budgétaire à 2,7 % et une réduction de la dette publique à 69,8 % du PIB ; (ii) un taux de change flexible et déterminé par le marché avec une politique monétaire adaptée, (iii) un accroissement des dépenses sociales, (iv) une réforme du secteur de l’énergie pour mettre fin aux pertes qu’il enregistre et encourager l’investissement ; et (v) des réformes structurelles en vue de renforcer les institutions, la gouvernance et la transparence. Si première revue du programme en décembre 2019 faisait état de débuts prometteurs, le programme est suspendu depuis février 2020 en raison du haut niveau d'incertitude qui prévaut suite au choc lié à la pandémie de Covid-19.

A plus long terme, le Pakistan demeure une terre d’opportunités. Doté d’une démographie très dynamique (60 % de moins de 20 ans, 245 M d’habitants à horizon 2030), il a déjà vu émerger une classe moyenne de 25 M de consommateurs solvables. De nombreux secteurs, pour certains déjà très dynamiques (télécommunications et banque notamment), recèlent d’opportunités compte tenu des importants besoins de développement du pays : énergie, eau, gestion des déchets, transports, agroalimentaire, biens de consommation. Plusieurs projets d’envergure ont en outre débuté à la faveur de la reprise de l’aide octroyée par les bailleurs de fonds et du corridor sino-pakistanais (CPEC). Qui plus est, les autorités pakistanaises ont su conserver un régime des investissements attractif (totale convertibilité de la roupie, libre rapatriement des bénéfices et dividendes, etc.).

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