Port et activités maritimes un des piliers de la prospérité économique panaméenne.

Les activités portuaires et maritimes (services et infrastructures maritimes et portuaires ainsi que registre maritime) représentent un peu plus du tiers du PIB panaméen depuis près d’une dizaine d’années (34,6% du PIB en 2018 selon le FMI). C’est, avec le centre financier international de Panama, le Canal et les activités de redistribution régionale de la zone franche de Colon l’un des secteurs clé de la prospérité et de la stabilité économique du pays.

 

  • Le registre maritime (pavillons de complaisance)

Le Registre Maritime panaméen, instauré par la loi 63 de décembre 1917, est depuis le début des années 90 le premier registre mondial en termes de navires inscrits. A fin juin 2018 7964 navires marchands étaient domiciliés au Panama, soit 17,1% de la flotte mondiale.  Globalement les revenus directs et indirects de cette activité au Panama sont estimés, en 2018, à respectivement 160 MUSD et 250 MUSD.

 

  • Le port de Manzanillo (Manzanillo International Terminal)

Le port de Manzanillo est détenu par un consortium privé composé de l’américain SSA Marine (dont la holding CARRIX gère près d’une centaine de ports aux Etats-Unis et à l’étranger, ce qui en fait le premier opérateur privé du secteur dans le monde) et, pour la partie panaméenne  de membres des familles Motta (dont Stanley Motta) et Heilbronn.

Entre 2017 et 2018, l’activité du MIT a crû de 15,6% pour atteindre 1,3 MTEU (dont +17% pour l’activité régionale de transbordement conteneurs et +7% pour l’activité conteneurs à destination de Panama). En 2019, elle devrait approcher les 2 MTEU. Cette croissance forte repose, avant tout, sur la capacité du groupe à :

  • investir régulièrement dans ses installations, notamment dans le domaine du développement du transbordement de conteneurs qui représente 85% de son volume total d’activités afin d’offrir des services et installations modernes et compétitifs en termes de coûts ;
  • appliquer une politique de recrutement de proximité (97% du personnel de l’entreprise est originaire de la ville voisine de Colon) et de redistribution d’une partie de sa croissance dans des dépenses à caractère social (construction d’écoles et d’installations sportives…) ou de mécénat culturel d’impact local.

 

  • Le Terminal Conteneur de Colon (C.C.T.)

Le port de C.C.T., opéré par le taïwanais Evergreen, a également enregistré une forte croissance en 2018 (+10,9% en volume) atteignant un peu plus de 700 000 TEU, tirée par la demande régionale et le développement de certains transporteurs dans la région au premier rang desquels le chinois COSCO et Hapag Lloyd. Pour les deux années à venir, la société C.C.T. table notamment sur le développement des services de feeder sur la Caraïbe et escompte une croissance annuelle d’environ 10%.

 

D’autres entreprises de gestion d’infrastructures portuaires (PSA Panama, Panama Ports Company…) sont actives au Panama mais affichent des performances de bien moindre importance que les deux chefs de file du secteur.

 

Enfin, on rappellera que cette « prospérité maritime » du Panama repose avant tout sur les installations du Canal de Panama, agrandi en 2016, par lequel transite 6% du commerce mondial. L’infrastructure tire efficacement l’ensemble du secteur portuaire et maritime. Par ailleurs, au-delà de son influence sectorielle directe et indirecte, l’Autorité du Canal contribue fortement à la bonne tenue des finances publiques du Panama : en 2018, les revenus budgétaires issus de l’activité du Canal ont atteint 2,8% du PIB contre 1,8% en 2016. Ils sont attendus à près de 3% du PIB pour 2019.

 

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