Relations économiques franco-omanaises

1. Le Sultanat constitue le 26ème excédent commercial bilatéral de la France
  • Les échanges commerciaux entre la France et Oman ont diminué de moitié en 2020

 Les échanges commerciaux bilatéraux entre la France et Oman se sont élevés à 277 M EUR en 2020, en baisse de 46,7% par rapport à 2019. Cette régression résulte à la fois du recul de nos exportations (-39,9% en g.a. ; à 255 M EUR), notamment aéronautiques, et de l’effondrement des importations françaises en provenance d’Oman, divisées par cinq en un an (à seulement 22 M EUR) – ce dernier s’explique principalement par l’arrêt total de nos achats de produits pétroliers raffinés et coke en 2020, alors qu’ils représentaient 82% des importations françaises en 2019, soit 86 M EUR.

Dans le détail, les exportations françaises vers Oman en 2020 ont été principalement soutenues par les ventes i) d’aéronefs et engins spatiaux, bien qu’en forte baisse (32 M EUR contre 137 M EUR en 2019), ii) de moteurs et turbines[1] (25 M EUR), iii) de préparations pharmaceutiques (22 M EUR) et iv) d’instruments et appareils de mesure, d'essai et de navigation (19 M EUR).

  • La part de marché française recule sur longue période

En dépit de résultats encourageants en 2018 et 2019, la part de marché française continue de reculer sur longue période, passant de 2,4% en 2002 à 0,6% en 2020[2]. La France constitue dès lors le 27ème fournisseur d’Oman derrière les Emirats arabes unis (40,9%), la Chine (7,4%), l’Arabie saoudite (6,0%), l’Inde (5,6%), et nos principaux concurrents européens, notamment l’Allemagne (2,2%), les Pays-bas (1,5%) et le Royaume-Uni (1,4%).

A noter que la part de marché française est en partie « sous-estimée » par le rôle de plateforme régionale joué par Dubaï, principale porte d’entrée des exportations vers Oman, ainsi que par les différences de méthodologies de comptage entre les services douaniers des deux pays – le montant comptabilisé des exportations françaises est inférieur de moitié dans les statistiques omanaises.  

  • Oman constitue le 26ème excédent commercial bilatéral de la France

Dans ce contexte, notre excédent commercial vis-à-vis d’Oman a reculé de 27% en 2020, à 233 M EUR (contre 319 M EUR en 2019). Oman constitue néanmoins le 26ème excédent bilatéral de la France au niveau mondial et contribue à limiter le déficit commercial global de notre pays (65,2 Md EUR en 2020).

A titre de comparaison, la France a enregistré en 2020 des excédents commerciaux avec les Émirats arabes unis (2,4 Md EUR), le Qatar (1,1 Md EUR), le Koweït (713 M EUR) et le Bahreïn (5 M EUR), ainsi qu’un déficit commercial avec l’Arabie saoudite (-351 M EUR).

2. Une quarantaine d’entreprises françaises sont implantées au Sultanat

Une forte présence française notamment dans les utilities et l’énergie

Si le stock d’IDE net français en Oman était estimé par la Banque de France à -483 M EUR fin 2019, en raison principalement d’importantes opérations intragroupes (prêts, avances, dépôts), l’encours des seuls capitaux propres français au Sultanat s’élevait pour sa part à 426 M EUR, en hausse de +53,2% sur un an (278 M EUR en 2018). La France est de fait un acteur économique de premier plan en Oman, où une quarantaine de nos entreprises sont implantées.

Comptant parmi les principaux investisseurs français dans le pays, les groupes Engie, Suez et Veolia disposent de parts de marché importantes dans les secteurs de l’électricité, de l’eau et de la gestion des déchets. Dans le secteur des hydrocarbures, Total, actionnaire historique de la compagnie pétrolière omanaise PDO (4 % du capital) et d’Oman LNG (5,5%)[3], envisage de renforcer sa présence dans le secteur gazier, tandis que CGG et la PME PCM sont également présentes de manière permanente en Oman.

Dans l’industrie, Air Liquide a remporté un contrat avec la société OQ pour la construction d’une unité de production d’azote à Sohar et Schneider Electric est active sur plusieurs projets dans le pays. Côté transports, CMA-CGM est l’un des plus importants opérateurs maritimes du Sultanat, Airbus est le principal fournisseur d’appareils de la compagnie aérienne omanaise à bas coût Salam Air et ADP Ingénierie et Bolloré Logistics disposent d’un bureau dans le pays.

Des positions significatives dans la sécurité et les services

Dans le secteur de la sécurité et de la défense, Thales a été choisi pour concevoir et déployer le système de sécurité des nouveaux terminaux aéroportuaires de Mascate et Salalah tandis qu’Idemia est le partenaire d’Oman pour la consolidation dans une plate-forme multi-biométrique unique de l’ensemble des systèmes d’identification du pays.

En matière de services, Axa est l’une des plus grandes compagnies d’assurance du Sultanat et Accor opère plusieurs hôtels dans le pays. Sodexo et Newrest assurent, entres autres, la restauration collective de plusieurs sites de production pétrolière et de construction. JCDecaux a signé un contrat de concession en 2012 pour 20 ans avec la municipalité de Mascate et Havas dispose d’une agence dans la capitale. La présence française dans le conseil et l’appui aux entreprises est assurée par les entreprises Bureau Veritas, Apave, Artelia, Mazars et RSM.

Plusieurs franchises sont par ailleurs présentes dans la distribution, avec Carrefour et Go Sport, et l’automobile, avec Renault et Peugeot. A noter que cinq entreprises françaises (Fives, Suez, EDF Renewables, Colas et CMA CGM) ont constitué le « French Business Syndicate » visant à réaliser des co-investissements au sein de la zone économique spéciale de Duqm.

Des investissements omanais en France limités

Le stock d’IDE omanais en France, estimé à une cinquantaine de millions d’euros, est marginal – inférieur à 1% du stock d’IDE des pays du Golfe en France – et concentré dans l’immobilier et l’hôtellerie. Compte tenu notamment d’une surface financière moindre que dans d’autres pays du Moyen-Orient et d’une culture d’investissement relativement conservatrice, le fonds souverain Oman Investment Authority - OIA (ex-SGRF), les fonds de pensions et les grandes fortunes du pays ne constituent pas des investisseurs majeurs en France.

[1] A l'exclusion des moteurs pour avions, automobiles et motocycles

[2] Sur les neuf premiers mois de l’année 2020

[3] A noter que ces deux participations, inférieures à 10% du capital, sont considérées comme de simples investissements de portefeuille et ne sont donc pas comptabilisées dans le stock d’IDE français en Oman.

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