Relations économiques franco-omanaises

Le Sultanat constitue le 28ème excédent commercial bilatéral de la France
  • La hausse des échanges commerciaux en 2018 a été portée par le secteur aéronautique

En 2018, le commerce bilatéral entre la France et Oman s’est élevé à 447 M EUR, en hausse de +42% par rapport à 2017. Cette forte hausse résulte d’abord du rebond de nos exportations (366 M EUR en 2018 contre 295 M EUR en 2017), lié en grande partie à la livraison d’un Airbus A320neo en fin d’année civile.

 La progression de nos échanges s’explique également par l’accroissement des importations françaises, multipliées par quatre en un an, à 81 M EUR, à la faveur de la hausse de nos achats de produits pétroliers raffinés et coke (71% des importations françaises).

Dans ce contexte de double hausse, notre excédent commercial vis-à-vis d’Oman n’a que légèrement progressé, à 285 M EUR en 2018 contre 275 M EUR en 2017. Oman constitue toutefois le 28ème excédent commercial bilatéral de la France. Sur les huit premiers mois de 2019, l’excédent a atteint 131 M EUR (contre 66 M EUR sur les huit premiers mois de 2018) dans le sillage de la hausse de nos exportations, en particulier de matériel de transport.

A noter que les chiffres comptabilisés du commerce bilatéral franco-omanais sont « sous-estimés » par le rôle de plateforme régionale joué par Dubaï, principale porte d’entrée des exportations vers Oman (voir infra).

  • La part de marché française recule néanmoins sur longue période

La part de marché de la France dans les achats omanais est passée de 2,4% en 2002 à 0,7% en 2018 (15ème rang), derrière les Emirats arabes unis (46,8% en 2018), la Chine (6%), l’Inde (4,5%), les Etats-Unis (3,3%), et nos principaux concurrents européens, l’Allemagne (2,5%), l’Italie (2,3%) et le Royaume-Uni (1,8%).

Outre les ventes de matériels de transport, qui ont représenté 23 % des exportations françaises (84 M EUR) en 2018, nos exportations étaient composées à 26,4% d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (96 M EUR) et à 21,5% de produits pétroliers raffinés et coke (79 M EUR).


Avec 42 implantations, la France est un acteur économique de premier plan au Sultanat
  • Une forte présence française notamment dans les utilities et l’énergie

La France est un acteur économique de premier plan au Sultanat, avec 42 entreprises implantées. Ces entreprises totalisent 7 800 employés en Oman, soit près de 2% de la population salariée.

Les groupes français Engie, Suez et Veolia sont particulièrement bien représentés en Oman dans les secteurs de l’électricité, de l’eau (dessalement et traitement) et de la gestion des déchets, avec une part de marché estimée à 20 %. Dans le secteur des hydrocarbures, Total, actionnaire minoritaire historique de la compagnie nationale Petroleum Development Oman (PDO) avec 4 % du capital, a signé en mai 2018 un accord d’entente avec le ministère du Pétrole et du gaz pour développer un projet de gaz intégré, tandis que CGG et la PME PCM sont également présentes de manière permanente en Oman.

Dans l’industrie, Air Liquide a remporté un contrat avec la société nationale de raffinage ORPIC pour la construction d’une unité de production d’azote à Sohar et Schneider Electric est active sur plusieurs projets dans le pays. Côté transports, CMA-CGM se positionne au 4e rang des opérateurs maritimes du pays et Airbus a enregistré en juillet 2018 la commande de 6 appareils A320neo par la compagnie aérienne omanaise à bas coût Salam Air. Dans le secteur de la sécurité et de la défense, Thales a été choisi pour concevoir et déployer le système de sécurité du nouvel aéroport international de Mascate tandis qu’Idemia est le partenaire du Sultanat pour la consolidation dans une plate-forme multi-biométrique unique de l’ensemble des systèmes d’identification du pays.

En matière de services, Axa se classe au 6ème rang des assureurs du Sultanat et Accor opère plusieurs hôtels dans le pays. Sodexo et Newrest assurent, entres autres, la restauration collective sur plusieurs sites de production pétrolière et de construction et JCDecaux a signé un contrat de concession en 2012 pour 20 ans avec la municipalité de Mascate. Le segment publicitaire est également couvert par Havas qui dispose d’une agence à Mascate. Dans le conseil et l’appui aux entreprises, avec RSM, Bureau Veritas, Apave et Mazars, la présence française apparaît significative. Plusieurs franchises sont aussi présentes dans la grande distribution avec Carrefour et dans l’automobile avec Renault et Peugeot.

A noter que 5 entreprises françaises (Fives, Suez, EDF Renewables, Colas et CMA CGM) ont constitué le « French Business Syndicate » visant à réaliser des co-investissements au sein de la zone économique spéciale de Duqm en intégrant des solutions environnementales et sociales adaptées aux attentes locales.

  • Des investissements omanais en France limités

Le stock d’IDE omanais en France est marginal (52,4 M EUR en 2017, soit 0,6% du stock d’IDE des seuls pays du Golfe en France) et principalement concentré dans l’immobilier et l’hôtellerie.

Compte tenu notamment d’une surface financière moindre que dans d’autres pays du Moyen-Orient et d’une culture d’investissement relativement conservatrice, le fonds souverain SGRF, les fonds de pensions et les grandes fortunes du pays ne constituent pas des investisseurs majeurs en France.

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