Les relations économiques entre la France et Oman

 

1. Echanges bilatéraux en recul, avec une double contraction des importations et des exportations   

En 2025, les échanges commerciaux entre la France et Oman se sont établis à 410 M EUR, en baisse de 42 % par rapport à 2024 (703,5 M EUR), après une hausse de 60 % l’année précédente. Cette contraction s’explique principalement par la chute des importations françaises de produits pétroliers raffinés (-72 %). Dans ce contexte, l’excédent commercial français progresse à 164 M EUR et le taux de couverture atteint 217 %.

Les importations françaises reculent à 123 M EUR (-60 %), sous l’effet du repli des produits pétroliers raffinés à 75 M EUR (57 % du total contre 86 % en 2024). Suivent les « autres produits industriels » à 49 M EUR, dont produits métallurgiques et métalliques (32 M EUR) et produits chimiques, parfums et cosmétiques (12 M EUR). Les matériels de transport s’élèvent à 6 M EUR, tandis que les autres postes restent marginaux (hydrocarbures naturels 0,6 M EUR, agroalimentaire 0,6 M EUR, produits agricoles 0,3 M EUR).

Les exportations françaises ont atteint 287 M EUR (-27 %) en 2025, tirées à la baisse par les matériels de transport (98 M EUR, - 40 %) et les équipements (76 M EUR -39 %). Les autres produits industriels atteignent 71 M EUR (-12 %), dont produits chimiques (M EUR, +8 %), pharmaceutiques (20 M EUR, +7 %) et métallurgiques (10 M EUR, +3 %). Les exportations agroalimentaires restent limitées, à 17 M EUR pour les produits des industries alimentaires et 6 M EUR pour les produits agricoles.

 

2. La France consolide malgré tout son excédent commercial avec Oman en 2025

Dans ce contexte, la France consolide avec Oman un excédent commercial en 2025, retrouvé en 2023 (180 M EUR) après un déficit exceptionnel en 2022 (-22 M EUR) lié à la flambée des importations d'hydrocarbures post-Ukraine. Cet excédent s'est contracté à 80 M EUR en 2024 sous l'effet de la montée en puissance des importations de produits pétroliers raffinés, avant de rebondir fortement à 164 M EUR en 2025, la chute des importations (-58 %) ayant plus que compensé le recul des exportations (-27 %). À titre de comparaison, la France enregistrait en 2024 des déficits commerciaux avec le Koweït (-1,3 Md EUR), l'Arabie saoudite (-303 M EUR) et le Bahreïn (-19 M EUR), et des excédents avec les Émirats arabes unis (+4,5 Mds EUR) et le Qatar (+462 M EUR).

En dépit de la bonne performance de nos exportations, notre part de marché à Oman demeure relativement faible, passant de 2,4% en 2002 à 0,4% en 2025. La France rétrograde au 31ème rang des fournisseurs du Sultanat, derrière les Emirats Arabes Unis (23%), la Chine (11%), le Koweït (10%), l’Inde (9%), l’Arabie saoudite (8%), ainsi que nos principaux concurrents européens, notamment l’Allemagne (14ème au classement des importations), la Belgique (16ème), le Luxembourg (18ème), l’Italie (19ème) et les Pays-Bas (20ème). A noter toutefois que le volume des exportations françaises vers Oman est en partie « sous-estimé » du fait du rôle de plateforme logistique régionale joué par Dubaï, avec des statistiques françaises qui prennent en compte le pays de destination tel qu'il est connu au moment de l'exportation, et non pas le pays de destination finale.

3. Plus d’une quarantaine d’entreprises françaises sont implantées au Sultanat

Le stock d’IDE net français en Oman était de -819 M EUR fin 2024 selon la Banque de France (contre -1,15 Md EUR fin 2023), en raison d’importantes opérations intragroupes (prêts, avances, dépôts), entre maison-mères et filiales notamment. Ce montant en valeur absolue demeure toutefois à relativiser, car l’investissement français en Oman transite par des canaux complexes qui n’affichent pas comme pays d’origine la France, échappant ainsi à de tels calculs comptables. L’encours des seuls capitaux propres français au Sultanat est en forte augmentation, étant passé de 71 M EUR en 2023 à 180 M EUR en 2024 (x2,5). La France est de fait un acteur économique de premier plan en Oman, où une quarantaine de nos entreprises sont implantées.

Comptant parmi les principaux investisseurs français dans le pays, le groupe Véolia dispose de parts de marché importantes dans les secteurs de l’eau, de la gestion des déchets et de la production d’électricité. Dans le secteur des hydrocarbures, TotalEnergies, actionnaire historique de la compagnie pétrolière omanaise PDO (4% du capital) et d’Oman LNG (5,5%), renforce ses activités dans le secteur gazier et développe son offre dans le énergies renouvelables (EnR). Engie détient plusieurs unités gazières et de dessalement. EDF développe des projets dans les EnR. SLB (ex-Schlumberger), Technip FMC, Saint Gobain, SNF et Schneider Electric sont également actifs au Sultanat. Dans l’industrie, Air Liquide opère plusieurs unités de production d’azote à Sohar. Dans les transports et la logistique, Airbus est le principal fournisseur d’appareils de la compagnie aérienne omanaise à bas coût Salam Air, CMA-CGM est l’un des plus importants opérateurs maritimes du Sultanat. Dans le secteur de la sécurité et de la défense, Thalès a déployé le système de sécurité des nouveaux terminaux aéroportuaires de Mascate et Salalah tandis qu’Idemia accompagne Oman pour la consolidation, dans une plate-forme multi-biométrique unique, de l’ensemble des systèmes d’identification du pays. Safran est présent dans la maintenance des moteurs pour les hélicoptères royaux et les Boeing d’Oman Air équipés de moteurs CFM. Les chantiers navals Couach et Ocea travaillent avec les garde-côtes omanais pour moderniser leur flotte. En matière de services, Accor compte désormais cinq hôtels à Mascate et Sohar. JCDecaux opère le mobilier publicitaire de Mascate et des aéroports omanais. La présence française dans les services aux entreprises est notamment assurée par Newrest et Sodexo, en charge, entre autres, de la restauration collective de sites de production pétrolière, de chantiers de construction, écoles et hôpitaux. Al Marsa Gourmet, qui fournit des produits alimentaires et Vendôme, glacier haut de gamme, continuent de développer leurs activités B2B et B2C. Green Data City avance également rapidement dans la mise en opération du premier centre de données de crypto-minage au Sultanat d’Oman (Dhofar). Les sociétés Apave, Artelia et Bureau Veritas déploient également leurs activités dans le pays. Plusieurs franchises sont par ailleurs présentes dans la distribution, avec Go Sport, Decathlon, Paul, Fauchon et Ladurée, et les véhicules automobiles, avec Peugeot et Citroën et Renault Trucks. L’Oréal a pris une participation minoritaire dans le parfumeur local Amouage. ATM international travaille étroitement avec la compagnie de bus nationale Mwasalat.yhhh

4. La présence omanaise en France est limitée et se concentre principalement dans l’hôtellerie

En 2024, Oman disposait d’un stock d’IDE net en France de 69 M EUR contre 68 M EUR en capitaux propres. Le fonds souverain Oman Investment Authority (OIA) détient trois hôtels à Paris – le Méridien Etoile, le Marriott Opéra Ambassador et le Hilton de l’aéroport Charles-de-Gaulle, ainsi que le Hilton de Strasbourg. Selon les informations communiquées par l'OIA, son exposition à la France s'élèverait à environ 150 M€, répartie sur une soixantaine d'entreprises françaises, principalement de manière indirecte via des fonds paneuropéens dans lesquels le Future Generations Fund est investisseur. Le groupe Yahya contrôle le Novotel Les Halles à Paris.

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