Relations économiques franco-omanaises

En dépit d’échanges commerciaux à ce jour limités (447 M €), du fait notamment du rôle de plateforme régionale joué par les Emirats Arabes Unis -ce qui limite la part de marché française à 1 %-, la France est le 6ème pays investisseur en Oman avec un stock d’IDE de 921 M USD. Les entreprises françaises implantées localement, au nombre de 42, emploient près de 7 800 personnes (2 % des travailleurs). Le renforcement des liens économiques bilatéraux devrait être soutenu par la reconstitution du Conseil d’Affaires France-Oman.

Le Sultanat d’Oman : 28ème excédent commercial bilatéral pour la France.
En 2018, le commerce bilatéral de biens entre la France et Oman -dont les résultats restent biaisés par le rôle de plateforme régionale joué par les Emirats Arabes Unis (plus de 40 % des importations omanaises)- s’est élevé à 447 M €, en hausse de +42 % par rapport à 2017. Cette forte hausse résulte d’une part de la reprise de nos exportations (de 295 M € à 366 M €), en large partie tirées par la livraison d’un Airbus A320neo en fin d’année, dans un contexte pourtant peu favorable compte tenu de l’atonie de l’activité économique en Oman. Mais la progression des échanges provient aussi de l’accroissement des importations françaises depuis le Sultanat, historiquement marginales, qui ont été multipliées par quatre l’an dernier à 81 M €, tirées par les achats de produits pétroliers raffinés et coke (71 % des importations totales). Dans ce contexte, l’excédent qu’enregistre la France à l’égard d’Oman n’a que légèrement progressé, à 285 M € contre 275 M € en 2017, alors qu’il s’élevait à 421 M € en 2014 (soit un recul d’un tiers en quatre ans). Outre le fort impact négatif de la crise économique omanaise sur la demande adressée à la France, la tendance baissière des exportations de ces dernières années traduit le faible niveau relatif des ventes de matériel aéronautique civil et militaire, qui, sur longue période, représentent le principal poste d’exportations de biens vers le Sultanat. La part de marché de la France est passée de 2,4 % en 2002 à 1 % en 2017, au profit des pays émergents (Chine, Inde) et des EAU.
La France est le 6ème pays pourvoyeur du Sultanat en termes de stocks d’IDE.

Après avoir enregistré des niveaux records en 2014 et 2015 à respectivement 1,29 Md € et 1,26 Md €, le stock d’IDE français en Oman a sensiblement baissé en 2016 (derniers chiffres exploitables) pour s’établir à 921,4 M €. Un seuil qui se compare plutôt favorablement, à titre illustratif, à des pays comme l’île Maurice, la Tunisie ou le Vietnam dans lesquels la présence française est traditionnellement très importante. Par voie de conséquence, la France détient actuellement une part du stock d’IDE de 5 %, soit plus de 5 fois supérieure à celle enregistrée dans les importations omanaises. En dépit de ce bon résultat, le stock d’IDE détenus par des entreprises françaises reste loin derrière le stock détenu par le Royaume-Uni (43 % du total du fait de la forte présence de Shell et BP dans le secteur des hydrocarbures). Compte tenu des projets des entreprises françaises initiés en 2017 et 2018, le stock d’IDE français a logiquement crû.

La présence économique française résulte avant tout de 42 implantations locales.

D’après l’étude réalisée par le Service économique en 2018, le Sultanat d'Oman accueille 42 implantations françaises représentant 7 800 emplois, soit près de 2 % de la population active occupée. Les groupes français (Engie, Suez et Veolia) sont particulièrement bien représentés dans les secteurs de l’électricité, de l’eau (dessalement et traitement) et de la gestion des déchets, avec une part de marché estimée à 20 %. Dans le secteur des hydrocarbures, Total, actionnaire minoritaire historique de PDO (4 % du capital), a signé en mai 2018 un accord d’entente avec le Ministère du Pétrole et du Gaz pour développer un projet de gaz intégré, tandis que CGG et la PME PCM sont également présentes de manière permanente en Oman. Côté industrie, Air Liquide a remporté un contrat avec ORPIC pour la construction d’une unité de production d’azote à Sohar, tandis que, dans les transports, CMA-CGM se positionne au 2nd rang des opérateurs maritimes du pays. En matière de services, Sodexo et Newrest assurent, entres autres, la restauration collective sur plusieurs sites de production pétrolière et de construction et JCDecaux a signé un contrat de concession en 2012 pour 20 ans avec la municipalité de Mascate. Le segment publicitaire est également couvert par Havas qui dispose d’une agence à Mascate. Dans le conseil aux entreprises, avec RSM, Bureau Veritas et Mazars, la présence française apparaît significative. Plusieurs franchises sont aussi présentes dans la grande distribution avec notamment Carrefour et dans l’automobile avec Renault et Peugeot. Au plan assurantiel, Axa se classe au 6ème rang des assureurs du pays. A noter que 5 entreprises françaises (Fives, Suez, EDF, Colas et CMA CGM) ont signé fin novembre un accord pour constituer une « alliance » visant à réaliser des co-investissements au sein de la zone économique spéciale de Duqm en intégrant des solutions environnementales et sociales adaptées aux attentes locales.

Présence institutionnelle française.
Le Conseil d’Affaires franco-omanais sera officiellement reconstitué le 12 mars à l’occasion du déplacement de la délégation du MEDEF International, en présence de son Président français Frédéric Sanchez (par ailleurs Président du MEDEF International et Président de Fives) et de son Vice-Président français Thierry Le Gangneux (PDG de Ponticelli). Il vient compléter le club d’affaires bilatéral, l’Oman France Friendship Association (OFA) créée en juin 2016 à l’initiative de l’Ambassade et présidée par Mme Hind Bahwan. Comptant près de 70 membres, l’OFA organise environ 1 évènement économique par mois (futur du secteur énergétique, place des femmes omanaises, valorisation d’Oman auprès des touristes français…). Enfin, le Service économique de l'Ambassade de France (2 agents) soutient les grands contrats et apporte, en l’absence de Business France, un premier appui commercial aux PME. Le Service économique confronte ses propres analyses avec les témoignages de terrain apportés par le comité local des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF), fort de 13 membres.
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