Relations économiques franco-omanaises

Le Sultanat constitue le 29ème excédent commercial bilatéral de la France
  • La hausse des échanges commerciaux en 2019 a été principalement portée par le secteur aéronautique

Le commerce bilatéral entre la France et Oman s’est élevé à 529 M EUR en 2019, en hausse de +17,3% par rapport à 2018. Cette progression résulte à la fois de la hausse de nos exportations (+16% en g.a. ; à 424 M EUR en 2019), toujours portées par le secteur aéronautique, et de l’accroissement des importations françaises, à 105 M EUR (+22,8%), à la faveur de la hausse de nos achats de produits pétroliers raffinés et coke (82% des importations françaises). 

Dans ce contexte, notre excédent commercial vis-à-vis d’Oman a progressé de +13,9%, à 319 M EUR en 2019 (contre 280 M EUR en 2018). Oman constitue dès lors le 29èmeexcédentcommercial bilatéral de la France – à noter par ailleurs que les chiffres comptabilisés du commerce bilatéral franco-omanais sont en partie « sous-estimés » par le rôle de plateforme régionale joué par Dubaï, principale porte d’entrée des exportations vers Oman. 

  • La part de marché française recule néanmoins sur longue période

Malgré la hausse des échanges commerciaux en 2019, la part de marché française continue de s’afficher en net recul sur longue période, passant de 2,4% en 2002 à 0,7% sur les onze premiers mois de 2019 [1] (25èmerang), derrière les Emirats arabes unis (43,3%), la Chine (7%), l’Inde (5,3%), et nos principaux concurrents européens, l’Allemagne (2,2%), le Royaume-Uni (1,9%) et l’Italie (1,8%).

En 2019, les exportations françaises vers Oman ont été principalement soutenues par les ventes de matériels de transport (35,3% des exportations françaises ; à 150 M EUR) et d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (35% ; à 148 M EUR), suivies d’assez loin par les ventes de produits des industries agroalimentaires (6,4% ; 27,3 M EUR), de produits chimiques, parfums et cosmétiques (6,0% ; 25,4 M EUR) et de produits pharmaceutiques (5,5% ; 23,5 M EUR).

  • Un premier semestre 2020 marqué par la crise du Covid-19

Sur les six premiers mois de l’année 2020, les exportations françaises vers Oman ont reculé de 45,4% en g.a., à 106 M EUR. Cette baisse concerne la plupart des secteurs, notamment les matériels de transport et les produits informatiques, électroniques et optiques. Les importations en provenance d’Oman, marquées par l’arrêt total de l’importation de produits pétroliers raffinés et coke – contre 67 M EUR importés au 1ersemestre 2019 –, ont dans le même temps chuté de 88,1% en g.a., à seulement 9 M EUR. Conséquence, l’excédent commercial est demeuré positif au 1ersemestre 2020, à 97 M EUR (-16,7% en g.a.).

Avec une quarantaine d'implantations, la France est un acteur économique de premier plan au Sultanat
  • Une forte présence française notamment dans les utilities et l’énergie
En dépit d’un stock d’IDE négatif [2] selon les données révisées de la Banque de France, notre pays est un acteur économique de premier plan au Sultanat, où une quarantaine d’entreprises françaises sont implantées (env. 7 800 employés).

Comptant parmi les principaux investisseurs français dans le pays, les groupes français Engie, Suez et Veolia disposent de parts de marché importantes dans les secteurs de l’électricité, de l’eau et de la gestion des déchets. Dans le secteur des hydrocarbures, Totalactionnaire historique de la compagnie pétrolière omanaise PDO (4 % du capital) et d’Oman LNG (5,5%), envisage de renforcer sa présence dans le secteur gazier, tandis que CGG et la PME PCM sont également présentes de manière permanente en Oman. 

Dans l’industrie, Air Liquide a remporté un contrat avec la société nationale OQ pour la construction d’une unité de production d’azote à Sohar et Schneider Electric est active sur plusieurs projets dans le pays. Côté transports, CMA-CGM est l’un des plus importants opérateurs maritimes du pays, Airbus est le principal fournisseur d’appareils de la compagnie aérienne omanaise à bas coût Salam Air et ADP Ingénierie et Bolloré Logistics disposent d’un bureau dans le pays.

Dans le secteur de la sécurité et de la défense, Thales a été choisi pour concevoir et déployer le système de sécurité des nouveaux terminaux aéroportuaires de Mascate et Salalah tandis qu’Idemia est le partenaire du Sultanat pour la consolidation dans une plate-forme multi-biométrique unique de l’ensemble des systèmes d’identification du pays.

En matière de services, Axa est l’une des plus grandes compagnies d’assurance du Sultanat et Accor opère plusieurs hôtels dans le pays. Sodexo et Newrest assurent, entres autres, la restauration collective de plusieurs sites de production pétrolière et de construction. JCDecaux a signé un contrat de concession en 2012 pour 20 ans avec la municipalité de Mascate et Havas dispose d’une agence à Mascate. La présence française dans le conseil et l’appui aux entreprises est assurée par les entreprises Bureau Veritas, Apave, Artelia, Mazars et RSM.

Plusieurs franchises sont par ailleurs présentes dans la distribution, avec Carrefour et Go Sportet l’automobile, avec Renault et Peugeot.

A noter que 5 entreprises françaises (FivesSuezEDF Renewables,Colaset CMA CGM) ont constitué le 
« French Business Syndicate » visant à réaliser des co-investissements au sein de la zone économique spéciale de Duqm en intégrant des solutions environnementales et sociales adaptées aux attentes locales.

  • Des investissements omanais en France limités

Le stock d’IDE omanais en France, estimé à une cinquantaine de millions d’euros, est marginal – inférieur à 1% du stock d’IDE des pays du Golfe en France – et principalement concentré dans l’immobilier et l’hôtellerie. 

Compte tenu notamment d’une surface financière moindre que dans d’autres pays du Moyen-Orient et d’une culture d’investissement relativement conservatrice, le fonds souverain SGRF (désormais Oman Investment Authority), les fonds de pensions et les grandes fortunes du pays ne constituent pas des investisseurs majeurs en France. 

 

[1] Dernières données disponibles.

[2] Estimé à -483 M EUR fin 2019, en raison notamment de l’importance des opérations intragroupes (prêts, avances, dépôts, etc.).
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