Relations économiques franco-omanaises

En 2017, le commerce bilatéral entre la France et Oman s’est élevé à 315 M €, en repli de -5,1 % par rapport à 2016, compte tenu avant tout de la contraction des exportations françaises (-5,4 % à 295 M €). Conséquence en large partie de la crise économique que connait le Sultanat depuis la chute des cours du baril de pétrole en 2014, la tendance baissière des ventes françaises a été accentuée par l’absence d’exportations significatives de matériel aéronautique civil et militaire, le principal poste d’exportations de biens sur longue période. Dans ce contexte, l’excédent structurel, reflet de la faiblesse des importations de produits omanais, le Sultanat n’étant que le 86ème client de la France, a atteint 274 M € en 2017 (-5,8 %), Oman apparaissant comme le 32ème excédent commercial mondial pour la France. En matière de parts de marché, la part française n’a cessé de reculer ces dernières années, étant passée de 2,3 % en 2010 à 0,8 % en 2016, loin derrière les Emirats arabes unis (45 %), l’Inde (4,8 %), la Chine (4,8 %), l’Arabie Saoudite (3,5 %) et les Etats-Unis (3,3 %) mais aussi derrière la plupart des pays européens. Si la présence commerciale française est limitée, en revanche la France est l’un des principaux pourvoyeurs d’investissements directs étrangers en Oman avec un stock total de 921 M €. Ce bon résultat traduit certes la qualité de l’offre des groupes français, favorisée par la présence en Oman d’environ 40 filiales, essentiellement dans les secteurs des infrastructures et des utilities (eau, énergie).

Un excédent commercial structurel qui se réduit tendanciellement

En 2017, le commerce bilatéral entre la France et Oman s’est élevé à 315 M € (-5,1 % par rapport à 2016). Les exportations françaises, qui avaient déjà enregistré une contraction de -32,8 % en 2016, ont à nouveau reculé de -5,4 %, à 295 M €, principalement pénalisées par la baisse des ventes d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (-15,3 % à 128 M €). Ces baisses continues des volumes d’échanges, conséquence de la crise que connait le Sultanat depuis la chute des cours du baril de pétrole à la mi-2014, ont été accentués par l’absence, ces trois dernières années, d’exportations significatives de matériel aéronautique civil et militaire, le principal poste d’exportations de biens sur longue période. Comme au plan mondial, l’évolution à long terme des exportations françaises en Oman est biaisée par l’importance du poids du secteur aéronautique qui représente en moyenne 34 % des exportations totales sur les dix dernières années. Globalement et malgré un nombre de 1 171 entreprises françaises exportatrices (en 2016), le Sultanat d’Oman reste donc un partenaire marginal sur le plan commercial, n’apparaissant qu’au 86ème rang des clients de la France en 2017. Tendanciellement, le solde de la balance commerciale est structurellement excédentaire en faveur de la France (274 M € en 2017) du fait avant tout de la faiblesse des importations françaises d’hydrocarbures, le Sultanat ne figurant pas parmi les fournisseurs privilégiés de la France. En 2017, le Sultanat s’est classé ainsi au 133ème rang des pays fournisseurs de la France. Les importations, qui ont atteint 20 M €, sont principalement constituées de produits pétroliers raffinés et coke (8 M €) et de matériels de transport (5 M €).

Au cours des 10 dernières années, la part de marché de la France en Oman est passée de 2,1 % en 2005, à 0,8 % en 2016. En termes relatifs, les pertes des parts de marché de la France ces dernières années se sont faites au profit des pays émergents (Chine, Inde, Turquie, Pakistan) mais aussi de plusieurs pays européens (Italie, Espagne et Belgique). Les sociétés françaises se heurtent en effet en Oman à une complexité administrative qui contraint à recourir à un partenaire local. Par ailleurs, s’ajoute un important biais négatif lié au fait qu’une large part des marchandises françaises exportées à destination d’Oman transite par les Emirats arabes unis (EAU).

La France est l’un des principaux pays pourvoyeurs du Sultanat en termes de stocks d’IDE

En dépit d’un niveau relativement modeste en comparaison de ceux enregistrés dans plusieurs pays voisins, les flux d’IDE français ont enregistré sur la période 2006-14 une progression variable mais continue. Conséquence de la crise économique en Oman, les flux d’IDE français ont été négatifs en 2015 et 2016 de respectivement -159,7 M € et -362,7 M €, traduisant un désinvestissement des entreprises françaises. Après avoir enregistré des niveaux records en 2014 et 2015 à respectivement 1,29 Md € et 1,26 Md €, le stock d’IDE français en Oman a sensiblement baissé l’an dernier pour s’établir à 921,4 M €. Un seuil qui se compare cependant favorablement, à titre illustratif, à des pays comme l’île Maurice, la Tunisie ou le Vietnam dans lesquels la présence française est traditionnellement très importante. Par voie de conséquence, la France détient actuellement une part du stock d’IDE de 5 %, soit plus de 6 fois supérieure à celle enregistrée dans les importations omanaises en 2016. En dépit de ce bon résultat, le stock d’IDE détenus par des entreprises françaises reste loin derrière le stock détenu par le Royaume-Uni (39 % du stock du fait de la forte présence de Shell et BP dans le secteur des hydrocarbures).

L’essentiel des investissements français est réalisé dans le cadre de projets en PPP et ne concerne donc pas nécessairement des investissements directs liés à de nouvelles implantations. En termes de perspectives, la caractéristique qui voit les entreprises françaises être davantage investisseurs et non exportatrices devrait se poursuivre au vu des besoins de co-financements recherchés par les autorités.

La présence économique française résulte de la présence d’environ 40 implantations, surtout concentrés dans les secteurs de l’énergie et de l’eau

Selon les données de la Banque de France, le Sultanat d'Oman accueillait en 2014 (dernière année disponible), 33 filiales d'entreprises françaises représentant 2 959 emplois directs et un chiffre d’affaires cumulé de 233 M €. Les groupes français sont très bien représentés dans les secteurs de l’électricité, de l’eau (dessalement et traitement) et de l’environnement, avec une part de marché d'environ 20 %. Engie dispose ainsi de parts dans plusieurs centrales d’électricité combinées au gaz et opère également deux usines de dessalement. La capacité totale installée détenue par Engie en Oman est de 1,5 GW de production électrique (soit 47 % de l’électricité produite) et 270 000 m3 d’eau par jour. Associée à Engie, Degrémont et le japonais Hitachu, Suez a remporté en 2016 le contrat portant sur la construction et l’exploitation de l’usine de dessalement de Barka. A travers 5 filiales, dont sa branche ingénierie Seureca, Veolia a également une présence très marquée dans le domaine du traitement de l’eau. Le groupe, qui gère notamment l’usine de dessalement de Sur, est opérateur et assure la maintenance de plusieurs unités pour le compte d’Haya Water. En matière d’ingénierie, Artelia est actif sur les projets de barrages.

Dans le secteur des hydrocarbures, Total est actif à travers plusieurs participations minoritaires : environ 4 % dans le capital de PDO (Petroleum Development Oman, la principale entreprise pétrolière du Sultanat) et 5,54 % dans Oman LNG. CGG seismic processing centre et la PME PCM (fourniture, installation et entretien de pompes) sont également présentes de manière permanente en Oman. Spie Oil and Gas (maintenance et formation) et Technip (ingénierie) sont aussi actifs sans toutefois disposer d’implantation locale. Côté industrie, Air Liquide a remporté un contrat avec Orpic (aval pétrolier) pour la construction d’une unité de production d’azote. Saint-Gobain Gyproc exploite par ailleurs depuis 2013 une carrière de gypse dans le sud du pays destinée à la réexportation. Dans les transports industriels, CMA-CGM se positionne au 2nd rang des opérateurs maritimes avec une activité concentrée sur Sohar et Salalah, tandis que dans les télécommunications, Sigfox a fondé avec l’opérateur local Omantel une joint-venture (mOmkin) pour développer un réseau d’objets connectés en Oman.

Un certain nombre de franchises de groupes français sont enfin présentes en Oman dans le secteur de la grande distribution avec Carrefour, géré par le groupe émirien Majid Al-Futtaim, dans l’automobile avec Toyota France, Renault ou Peugeot, dans la restauration avec Paul ou Fauchon ainsi que dans le commerce de détail avec Descamps (linge de maison) et Go Sport. En matière de services, Sodexo et Newrest assurent entres autres la restauration collective et divers autres services sur plusieurs sites de production pétrolière et de construction et JCDecaux a signé un contrat de concession de ses services en 2012 pour 20 ans avec la municipalité de Mascate. Le segment publicitaire est également couvert par Havas qui dispose d’une agence à Mascate. Dans le conseil aux entreprises, avec RSM, Bureau Veritas, Mazars, la présence française est significative.

Bien qu’aucune banque ne soit physiquement présente en Oman, les grandes banques françaises sont particulièrement actives en matière de financements de projets et de levée de fonds. Crédit Agricole a par ailleurs été désigné comme conseiller financier du projet de construction de la raffinerie de Duqm et Société Générale a financé l’achat de dix navires de transport en mars 2017. Dans le secteur des assurances, Axa apparaît comme le 6ème groupe le plus important disposant notamment d’un accord avec Bank Muscat pour la vente des produits de bancassurance.

Présence institutionnelle française

La présence économique française est avant tout valorisée par le Service économique de l'Ambassade de France (3 agents). Business France et Atout France n’étant pas présents localement, opérant depuis Dubaï, le Service économique apporte un premier appui commercial aux PME susceptibles d’être intéressées par le marché local. Outre une présence physique sur les principaux salons recensés en Oman et la diffusion d’une lettre d’informations mensuelle aux entreprises françaises, il peut ponctuellement se substituer à Business France dans l’organisation de missions ou d’aide à l’implantation.

L’Omani-French Friendship Association (OFA), a été créée en juin 2016 à l’initiative de l’Ambassade. Cette association est présidée par Mme Hind Bahwan, Directrice générale de Bahwan Cybertek. Comptant près de 70 membres, l’OFA a lancé son 1er évènement en novembre 2016 avec la participation du Ministre omanais du Pétrole et du Gaz, M. Al Rumhi, autour du thème « crise et opportunités dans le secteur pétrolier ». Il a été suivi de plusieurs évènements portés par le Service économique (environ 1 évènement par mois).

Le dispositif institutionnel français est enfin complété par la présence d’une section locale des CCEF (Conseillers du Commerce Extérieur de la France) qui se réunissent une fois par mois.

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