Opportunités sectorielles et climat des affaires

Le Service économique de Mascate assure un suivi des différents secteurs d’activité et publie régulièrement des notes sectorielles (voir ci-dessous). Si de nombreuses opportunités existent dans les secteurs jugés prioritaires dans le cadre de la diversification économique, les entreprises françaises doivent toutefois être conscientes de la dégradation du climat des affaires relative au resserrement des contraintes d’omanisation.

Un programme de diversification économique privilégiant l’industrie manufacturière, la logistique, les mines, le tourisme et la pêche

Promus depuis les années 1990 par les autorités omanaises, les projets de diversification de l’économie ont été relancés suite à la dégradation de l’environnement macroéconomie liée à la baisse des cours du pétrole (cf rubrique « Indicateurs et conjoncture »). Le 9ème plan quinquennal (2016-2020), également appelé « Vision 2020 », a retenu 5 secteurs prioritaires : l’industrie manufacturière (principalement la pétrochimie), la logistique (autour des 3 ports industriels du Sultanat), les mines (dont le potentiel reste toutefois à prouver), le tourisme (avec un positionnement haut de gamme) et la pêche. Des ateliers organisés dans le cadre du programme d’accélération de la diversification (TANFEEDH) ont pour le moment débouché sur des plans d’action pour 3 secteurs prioritaires (manufacturier, tourisme et logistique), ainsi que pour 2 « enablers » de la diversification (marché du travail et système financier).

Outre les différents projets phares menés par le gouvernement (3ème raffinerie du pays à Duqm, extensions portuaires, nouvel aéroport international de Mascate…), la diversification économique doit être à terme portée par le secteur privé, dans un contexte budgétaire dégradé. Dans cette perspective, les zones économiques spéciales (ZES), apparues au tournant des années 2010, sont censées attirer les financements extérieurs grâce à leurs avantages (100 % d’actionnariat étranger, faibles quotas d’omanisation, fiscalité réduite…). Les 4 ZES (Duqm, Sohar, Salalah, Al Mazunah) ne s’inscrivent toutefois pas dans une stratégie nationale cohérente, ce qui peut nuire à leur efficacité et leur crédibilité. A ce titre, la ZES de Duqm se démarque par ses ambitions en matière d’investissements (représentant 35 % du PIB) et par le soutien politique fort dont elle bénéficie, le président de l’autorité en charge de son développement ayant rang de ministre.

En dehors des ZES, les réformes attendues encadrant les investissements (FDI law, PPP law) et le marché du travail (Labor law) sont constamment reportées depuis 2 ans, notamment du fait des incertitudes politiques freinant tout processus décisionnel. Le gouvernement cherche également à approfondir le marché des capitaux omanais, dont la liquidité reste pour le moment insuffisante pour attirer les investisseurs étrangers. Dans ce but, des privatisations consistant en des introductions partielles sur le Muscat Securities Market (MSM) seraient sérieusement envisagées. Le programme de privatisation -non dévoilé publiquement- reste toutefois très théorique, la gouvernance de la plupart des 62 entreprises publiques ne répondant ni aux règles de MSM ni aux critères des investisseurs étrangers.

Tanfeedh - schéma

Une dégradation du climat des affaires engendrée par le resserrement de la politique d’omanisation, sur fond de chômage élevé (17 % d’après l’OIT)

La bonne conduite du programme de diversification économique se heurte à un climat social qui se dégrade depuis plusieurs années. Le chômage des nationaux atteint actuellement un niveau très élevé (17 % selon l'Organisation Internationale du Travail) avec un taux de chômage des jeunes (y compris diplômés) proche de 50 %. Compte tenu de la forte progression démographique (+3,2 %), 45 000 primo-entrants arrivent chaque année sur le marché du travail. Or, les Omanais constituent une main d’œuvre souvent insuffisamment formée avec une productivité inférieure aux étrangers et pour un coût bien plus élevé (comprenant notamment une augmentation annuelle obligatoire de +3 % des salaires).

Face aux revendications sociales croissantes, les autorités ont annoncé en octobre 2017 la création de 25 000 emplois d’ici mai 2018, principalement dans le secteur privé (qui emploie 89 % d’étrangers) via un resserrement des contraintes d’omanisation. Cette décision, allant à l’encontre des recommandations de TANFEEDH et très difficile à mettre en œuvre (étant entendu par ailleurs que les Omanais restent davantage attirés par le secteur public, plus rémunérateur et moins contraignant), a envoyé un signal négatif aux investisseurs étrangers, sans pour autant démontrer de ses bienfaits à long-terme, les emplois nouvellement crées étant généralement sujets à un turnover très élevé.

Outre les pressions accrues sur les entreprises, sommées de présenter un plan de recrutement de travailleurs nationaux, les autorités ont suspendu fin janvier la délivrance de visas pendant 6 mois pour les travailleurs expatriés sur 87 postes, la plupart à qualification moyenne, couvrant 10 secteurs d’activité. Bien que l’objectif des 25 000 emplois ait été atteint fin avril, le Ministère du Travail a annoncé poursuivre sa politique actuelle, avec un objectif de 25 000 emplois supplémentaires et une reconduction probable de la suspension de délivrance de visas.

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