Relations commerciales bilatérales

Les échanges commerciaux franco-norvégiens

La part de la Norvège dans notre approvisionnement en gaz naturel rend notre solde bilatéral structurellement déficitaire et particulièrement sensible aux fluctuations de cours des hydrocarbures. Depuis trois ans, la France voit ses importations en gaz naturel diminuer significativement ce qui a pour conséquence de faire baisser son déficit commercial vis-à-vis de la Norvège. En 2019, ce déficit a fléchi d'un sixième à 1.50 Md EUR, après une baisse de 17.2% en 2018. La Norvège  n'est plus que notre 26e déficit bilatéral alors que le pays était à la 19e position en 2019 et à la 6e en 2012 et 2013. Hors hydrocarbures, notre solde commercial avec la Norvège était devenu (marginalement) excédentaire en 2019.Au S1 2020, notre solde a poursuivi son amélioration à - 642,4 M EUR (- 12 %).

 La baisse du prix des hydrocarbures (qui représentent environ la moitié 50% des importations françaises) explique en premier lieu ce redressement. En 2019, nos importations en hydrocarbures ont baissé de 14,4 % à 1,5 Mds EUR (après une baisse  de 13.7% en 2018). Les deux autres postes d'importations significatifs sont les produits agricoles, de la pêche et de l’aquaculture et en particulier le saumon (546 M EUR en 2019 -7,6 %) ainsi que les produits métallurgiques et métalliques (449 M EUR - 5 %). Ces trois postes représentent plus des trois quarts de nos importations totales (3,37 Mds EUR -9 % après - 3,7 % en 2018).

 Malgré la baisse progressive de ses importations, la France reste un partenaire commercial privilégié pour la Norvège. En 2019, la France était le 5e client de la Norvège derrière le Royaume Uni, les Pays Bas, l’Allemagne et la Suède et son 9e fournisseur. De son côté, la Norvège ne représentait en 2019 que le 33e fournisseur de la France.

La crise de la Covid 19 a interrompu brutalement la dynamique favorable de nos exportations (+ 14,6 % en 2018 ; + 8,2 % en 2017,  - 1,4 % en 2019). Au S1 2020, celles-ci s'inscrivent en recul de 17,2 % à 771,41 M€, tandis que nos importations reculent de près de 15 % à 1,41 Md €.

Nos exportations n’ont pas bénéficié de l’élargissement du différentiel d’activité entre la France et la Norvège.  Ce recul semble s’expliquer par la structure de nos exportations, dominées par les biens d’équipement et les biens de consommation durables, et donc particulièrement vulnérables au recul accusé de l’investissement.

Ainsi, nos deux principaux postes d’exportation, les matériels de transport d’une part et les machines-outils et les machines agricoles d’autre part chutent de chacun 28,0%. C’est le secteur automobile (véhicules particuliers et véhicules utilitaires) qui accuse la baisse la plus prononcée à -35,5 % (de 173.5 M€ à 111.9 M€), ramenant la part des véhicules automobiles dans nos exportations de 70 à 61,7 %.

Nos exportations aéronautiques restent stables à – 3,3 %, passant de 71 M€ à 68.7 M€. La décrue des livraisons aéronautiques (principalement à Norwegian dans le cadre de la méga-commande de 2012) était en effet intervenue dès l’année dernière, soit bien avant la crise sanitaire.

Inversement, nos exportations de biens de consommation ont continué à progresser. Les exportations de produits chimiques, parfums et cosmétiques ont connu une forte augmentation de 17,5% à 61,8 M EUR.

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