Situation économique et financière

Après une contraction sans précédent au deuxième trimestre (T2) 2020, l’économie des Pays-Bas a connu un fort rebond au troisième trimestre (T3) à +7,7% en glissement trimestriel, ce qui n’a toutefois pas empêché la hausse du taux de chômage à 4,5%. Les dernières prévisions économiques pour l’année 2020 s’accordent sur une contraction du PIB moins forte que celles prévues en septembre, autour de -4,2% et -4,5% (contre -5,0% précédemment). Les annonces d’un vaccin qui permettrait une meilleure gestion du virus sont toutefois accueillies avec prudence ; les prévisions de croissance sont revues à la baisse pour 2021 autour de +2,8% contre +3,5% anticipé en septembre.

Au T3 2020, suivant la tendance dans la zone Euro, le PIB néerlandais a progressé de +7,7% par rapport au trimestre précédent, après une contraction de -8,5% au T2 selon l’institut néerlandais des statistiques (CBS). Le niveau du PIB restait cependant toujours inférieur de -2,5% par rapport au T3 2019.

Les dépenses des ménages ont augmenté de 9,4% au T3 en glissement trimestriel (après -10,4% au T2). Les investissements ont pour leur part progressé de 6,3% (après -12,4%). Les exportations et les importations de biens et de services ont augmenté respectivement de 8,6% et 6,8% (après -9,8% et -8,3%). Enfin, la dépense publique a progressé de 6,3% (après -3%). En glissement annuel, la consommation des ménages (-4,8%) et les investissements (-4,2%) affichent le plus important recul. Ce qui conduit à une disparité importante entre le recul des exportations avec -3,9% et des importations avec -10,6%.

Les secteurs ayant contribué pour une large part à la hausse du PIB sont le commerce, les transports, la logistique, l'hôtellerie-restauration et les soins de santé.

Au T3 2020, le nombre d’emplois a progressé de 164 000, équivalent à une hausse trimestrielle de 1,6%, contre une baisse de -297 000 au T2 2020. Le nombre d’heures travaillées au T3 a augmenté de 4,7% (après -5,7%). Dans le même temps, le nombre de chômeurs a continué d’augmenter de 70 000 (+20%) pour atteindre 419 000, car un nombre plus important de personnes s’est remis à la recherche d’un emploi. Le taux de chômage est ainsi passé de 3,8% à 4,5%, avant de reculer à 4,3% en octobre. La hausse de l’emploi concerne en particulier le secteur du commerce, des transports et des hôtels-restaurants-cafés (+71 000 au T3, après -123 000 au T2). L’emploi en intérim ne s’est toutefois rétabli que de façon limitée : +17 000 emplois au T3, après -130 000 emplois au T2.

 

Δ par rapport au T2 2020

Δ par rapport au T3 2019

PIB

7,7%

-2,5%

Consommation des ménages

9,4%

-4,8%

Consommation du secteur public

6,3%

1,9%

Investissements

6,3%

-4,2%

Exportations

8,6%

-3,9%

Importations

6,8%

-10,6%

Le nouveau scénario de base de l’institut des prévisions macro du CPB prévoit une contraction du PIB de -4,2% en 2020, avant un rebond de +2,8% en 2021. Ce scénario anticipe que les pays européens parviendront à contrôler le coronavirus au cours du S1 2020 grâce aux vaccins. Le niveau de chômage resterait encore relativement contenu à 4,1% de la population active en 2020 et à 6,1% en 2021. Le solde public s’établirait à -6,1% en 2020 puis à -4,6% en 2021 ; la dette publique devrait alors rester légèrement en dessous du seuil de 60% du PIB.

Les économistes des principales banques confirment cette tendance en anticipant une croissance en recul de -4,3% (ING) et -4.5% (ABN AMRO) en 2020, tandis que la Commission européenne anticipait encore -5,3% dans ses prévisions d’automne. Les bons résultats économiques du T3 2020 sont notamment attribués aux restrictions moins fortes pour la 2ème vague et une meilleure préparation des acteurs économiques (télétravail, digitalisation des canaux de distribution et des habitudes de consommation) associés à un programme fort de soutien du gouvernement aux secteurs les plus fragiles.

Toutefois, la deuxième vague du virus toujours en cours et les incertitudes quant au calendrier du futur vaccin (incertitudes sur sa disponibilité et son efficacité) rendent les prévisions pour 2021 incertaines. Ainsi les prévisions de croissance pour 2021 sont plus prudentes avec une reprise anticipée plus graduelle +2,6% pour ING et ABN AMRO. AMRO ne prévoit une reprise forte de l’économie qu’à partir du T3 2021.

A ce titre, le CPB a également inclus un scénario alternatif « start-stop » qui tient compte des incertitudes quant à la gestion du virus. Ce scénario plus pessimiste, ramène la croissance du PIB en 2021 à -0,6% (contre -3,2% dans son scénario dégradé de septembre). Le taux de chômage atteindrait 7,4% en 2021. Les finances publiques seraient également plus impactées avec un solde à -6,7% en 2021 et une dette publique qui dépasserait les 63% du PIB.

Prévisions macro du CPB

Scénario de base

Scénario « start-stop »

2020

2021

2020

2021

PIB

-4,2%

2,8%

-4,5%

-0,6%

Taux de chômage

4,1%

6,1%

4,2%

7,4%

Solde public

-6,1%

-4,6%

-6,4%

-6,7%

Dette publique

56,7%

59,0%

57,2%

63,6%

Le CPB a également revu ses prévisions de moyen terme (à l’horizon 2025). L’institut prévoit désormais un retour du déficit sous la barre de -3% du PIB en 2022 au lieu de 2023. La dette publique devrait rester proche du seuil de 60% du PIB pendant toute cette période.

 

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