Relations économiques bilatérales : France et Pays-Bas comptent parmi les plus importants partenaires commerciaux l'un pour l'autre

Les relations économiques et commerciales entre la France et les Pays-Bas sont intenses: nous avons échangé plus de 43 Md EUR de biens en 2018. Les échanges de biens demeurent structurellement déficitaires, mais la hausse de nos exportations depuis 2017 contribue à la diminution du déficit qui s'établit sur 12 mois à 7,2 Md EUR mi-2019. Les investissements croisés constituent le second pilier de la relation économique bilatérale.

1. Nous entretenons une relation commerciale dense avec les Pays-Bas,  mais déséquilibrée en notre défaveur. Avec 43 Md EUR annuels d’échanges de biens en 2018, les Pays-Bas représentent notre 8e client (3,8% de nos exportations, 17,7 Md EUR) et 7e fournisseur (4,7% de nos importations, 25,4 Md EUR). La France est, quant à elle, le 4e client et 6e fournisseur des Pays-Bas. Progressant de 1,3% après +7,9% en 2017, le dynamisme de nos échanges bilatéraux perdure mais ralentit, dans un contexte de relatif ralentissement du dynamisme de nos économies et du commerce mondial. En 2018, le tassement de nos importations de biens (-0,4%), conjugué à la poursuite de la croissance de nos exportations (+3,9%), favorise une relative résorption de notre déficit bilatéral à 7,8 Md EUR. Les Pays-Bas représentent cependant toujours notre 3e déficit bilatéral de biens derrière la Chine et l'Allemagne.

Au premier semestre 2019, les échanges avec les Pays-Bas ont encore ralenti. Parallèlement, la tendance à la réduction de notre déficit bilatéral observée en 2018 se poursuit. Notre déficit s’est établi ainsi à 7,2 Md EUR sur 12 mois, de juin 2018 à juin 2019. Nos échanges de produits électroniques, ménagers, de transports et de produits manufacturés divers restent bien orientés. En revanche le dynamisme observé en 2018 de nos exportations agroalimentaires et de machines industrielles marque un coup d’arrêt.

L'importance de notre déficit dans les échanges de biens doit par ailleurs être interprété avec prudence, compte tenu (i) du différentiel existant entre les deux pays concernant la contribution à la croissance de la demande interne, pouvant favoriser mécaniquement le déséquilibre des échanges (ii) du rôle des Pays-Bas comme plate-forme d’échanges de l’UE avec le reste du monde : les échanges néerlandais (120% du PIB dont près de la moitié de réexportations) restent traditionnellement déficitaires avec la Chine ou les Etats-Unis et excédentaires avec les grands pays de l’UE. L’importance de notre déficit de biens doit aussi être relativisé au regard de nos bonnes performances dans les services, dont l'excédent atteint près de 3 Md EUR.

 

 2. Les investissements croisés témoignent également de l’attractivité des Pays-Bas et de l’étroitesse des liens économiques bilatéraux. En 2018, les Pays-Bas figuraient au 2ème rang des pays d’accueil des IDE français en stock, avec 155 Md€, et sont le 3ème investisseur en stock en France avec 94 Md€ (le 7e avec environ 36 Md€ fin 2017, une fois retraités les montages impliquant des holdings). Ces données témoignent de l’attractivité néerlandaise, notamment fiscale, mais aussi en termes de connectivité et de qualité du personnel. La présence française y est significative. Près de 1 400 entreprises françaises emploient environ 130 000 personnes et réalisent 50 Md EUR de chiffre d’affaires, notamment dans les transports (Air France KLM, Transdev-Connexxion…), l’énergie (Engie, Total, Air Liquide…), et l’agro-alimentaire (Danone). La présence néerlandaise en France compte quant à elle près de 1 700 implantations pour 260 000 employés. Elle reflète les points forts de l’économie néerlandaise : l’agro-alimentaire (Unilever, Heineken, Wessanen, DSM), la distribution (Action, Hema, Zeeman), la chimie/pharmacie (SHV, Akzo-Nobel), l’électronique (Philips), les produits pétroliers (Shell), la logistique et le transport (TNT, etc.) et les services financiers (ING).

Publié le