PAYS-BAS
Relations économiques bilatérales entre la France et les Pays-Bas
En raison du dynamisme du port de Rotterdam et de la présence de nombreuses multinationales étrangères, les échanges de biens et services avec les Pays-Bas positionnent ces derniers au 7ᵉ rang des partenaires commerciaux de la France en 2025. Depuis 2023, les Pays-Bas constituent également la première destination des investissements français dans l’UE et le deuxième investisseur étranger en France en comptabilité immédiate. Alors que les relations bilatérales se sont renforcées, notamment grâce à des positions communes accrues aux niveaux européen et international, l’Année économique France-Pays-Bas 2025 s’impose comme un pilier durable de la coopération dans les domaines d’intérêt commun.
Les échanges commerciaux bilatéraux sont dynamiques mais structurellement déséquilibrés.
Malgré une baisse des échanges, les Pays-Bas progressent d’une place et se classent désormais au 7ᵉ rang des partenaires commerciaux de la France. Après une année record en 2022, où l’inflation a dynamisé les échanges de biens et services (+28 % en g.a., à 99 Md€), ceux-ci ont reculé pour la troisième année consécutive en 2025, s’établissant à 88,9 Md€ (cf. annexe 1). Cette évolution contribue à un rééquilibrage du solde commercial français qui, bien qu’en baisse de 6 % en g.a. à -4,6 Md€, reste structurellement déficitaire, en partie en raison de « l’effet Rotterdam ». En effet, 61,1 % des exportations néerlandaises vers la France correspondaient à des réexportations en 2025, facilitées par la position stratégique du port de Rotterdam, tandis que 53,2 % des exportations françaises vers les Pays-Bas étaient destinées à être réexportées. Si l’analyse des flux en valeur ajoutée fait également apparaître un déficit, celui-ci est inférieur de 58 % à celui mesuré à partir des flux commerciaux bruts.
Les échanges de biens ont progressé de 1 % en 2025 (53 Md€), après avoir reculé de 6,8 % entre 2022 et 2024, sans retrouver leur niveau record de 2022 (57 Md€, porté par la levée des restrictions sanitaires, la reprise économique et des pressions inflationnistes). Les exportations de biens vers les Pays-Bas ont augmenté de 3,5 % en 2025, atteignant 24 Md€, faisant des Pays-Bas notre 7ᵉ client (+1 place en g.a., devant la Chine ; cf. annexe 2). Depuis 2013, plus de 50 % de nos exportations se concentrent sur les équipements mécaniques, électriques et informatiques (19 %), les produits agricoles et agroalimentaires (17 %) – notamment le vin, le maïs et les céréales - et les produits chimiques et cosmétiques (15 %) dont les médicaments (cf. annexe 3). Les Pays-Bas sont notre 7ᵉ fournisseur depuis 2011, représentant 4,3 % de nos importations, soit 29,4 Md€ (-1 % en g.a., en raison notamment d’un effet prix sur les produits pétroliers). La structure de nos exportations est similaire : produits agricoles et agroalimentaires (25 %), produits chimiques et cosmétiques (19 %) et équipements mécaniques, électriques et informatiques (15 %). Le déficit commercial français avec les Pays-Bas atteint à 5,5 Md€, soit le 5ᵉ déficit bilatéral de l’Hexagone, derrière ceux enregistrés avec la Chine (-51,3 Md€), les États-Unis (-7,5 Md€), l’Italie (-5,0 Md€) et l’Allemagne (-4,9 Md€).
Après le record de 2022 (+25 %), la valeur des échanges de services a baissé pour la première fois depuis 2020, s’établissant à 35 Md€ en 2025 (-5 %). Les importations ont reculé de 3 % en g.a. à 17,4 Md€ tandis que les exportations ont enregistré une baisse plus marquée, de -6 % en g.a. à 18,2 Md€. Cette évolution se traduit par un net repli de notre excédent bilatéral (-47 %), qui s’établit à 813 M€ en 2025 contre 1,8 Md€ en moyenne sur la période 2013-2019, malgré une hausse de l’excédent français dans les services de voyages (2,3 Md€, +12 % en g.a.). La composition de nos échanges de services avec les Pays-Bas (cf. annexe 4) est relativement similaire à l’exportation et à l’importation. Elle est dominée par les services aux entreprises (37 %), principalement liés aux activités de multinationales étrangères (76,8 % des exportations et 85,1 % des importations françaises), ainsi que par les services de transports (18 %).
Les Pays-Bas sont l’un des principaux partenaires de la France en matière d’investissements.
En 2024, les Pays-Bas sont le 2e pays d’accueil des IDE français, avec un stock de 207 Md€ (+17 % en g.a), entités à vocations spéciales (SPE) incluses (136 Md€ hors SPE). Ils se classent derrière les Etats-Unis (240 Md€) et concentrent 14 % du total (cf. annexe 5). Ils sont principalement concentrés dans l’industrie chimique et pharmaceutique (27,0 %), l’immobilier (10,8 %), le commerce (7,8 %), les activités financières et d’assurance (9,9 %) et d’information et communication (10,2 %), et l’industrie extractive (6,3 %), qui représentent à eux seuls 72 % des IDE français aux Pays-Bas. Ces données témoignent de la forte attractivité de l’économie néerlandaise, reposant notamment sur un environnement fiscal et réglementaire compétitif, ainsi que sur la qualité de sa connectivité (transport, réseaux) et de sa main d’œuvre (diplômée, polyglotte, internationale). En 2023, plus de 1 120 filiales françaises employaient 193 000 personnes aux Pays-Bas, principalement dans les secteurs des transports, de l’énergie, du traitement des déchets et de l’économie circulaire et de l’agroalimentaire.
En 2024, les Pays-Bas sont le 2e investisseur étranger en France (après le Luxembourg), avec un stock d’IDE de 128 Md€ (+6 %) représentant 14 % du stock d’IDE entrants. Plus de 60 % de ce stock se concentre dans l’industrie manufacturière (31,2 %), les activités financières et d’assurances (14,3 %), le commerce (15 %), l’immobilier (9,2 %), et l’information et la communication (6,7 %). Après réaffectation des investissements directs au pays de résidence de l’investisseur ultime, les Pays-Bas ne représentent toutefois plus que 5 % du stock d’IDE en France, soit 45,6 Md€, et se classent au 9e rang des investisseurs étrangers. Environ 1 257 entreprises néerlandaises sont présentes sur le territoire français et emploient près de 242 000 salariés (2023). Elles reflètent les points forts de l’économie néerlandaise : l’agro-alimentaire, les services aux entreprises, la distribution, la chimie-pharmacie, les systèmes médicaux, les produits pétroliers, la logistique et le transport.
L'Année économique bilatérale France Pays-Bas 2025 a concrétisé le resserrement de la relation économique bilatérale.
Les deux pays ont des intérêts convergents en matière d’innovation, de transition énergétique et de défense. La volonté de créer des opportunités croisées en matière de technologies de l’innovation s’est matérialisée par la signature (avril 2023) d’un « Pacte pour l’innovation et la croissance durable » entre les organisations patronales et ministères compétents pour renforcer les coopérations (technologies-clés, énergies bas-carbone, mobilités durables et transition agroalimentaire).
L’Année économique France Pays-Bas 2025 a constitué un nouveau pilier de la relation bilatérale. Décidée lors de la visite d’Etat Président E. Macron aux Pays-Bas en avril 2023, l’Année économique 2025 a été l’occasion d’accentuer la dynamique de resserrement des relations observée depuis une décennie. Elle a eu pour objectif de mettre en avant les secteurs et thèmes d’intérêt commun identifié dans la déclaration conjointe d’E. Macron et M. Rutte en matière de défense, d’innovation, et de transitions écologique et numérique et d’autonomie stratégique de l’UE.
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