Résultats du commerce extérieur 2025

Les Pays-Bas sont un acteur majeur du commerce international avec 2 085 Md€ d’échanges de biens et de services, marqué par le rôle de plateforme logistique des Pays-Bas et de la présence importante de sièges sociaux de multinationales sur son territoire. Enregistrant un excédent vis-à-vis du reste du monde tant pour les biens que pour les services, les Pays-Bas exportent principalement des machines et équipements de transport, des produits chimiques et des produits alimentaires. Dans les services, les services aux entreprises constituent le principal poste d’exportation. L’Union européenne (UE) est leur principale partenaire commerciale, avec laquelle les Pays-Bas enregistrent un excédent important. Leur rôle de porte d’entrée du marché européen explique en partie cet excédent et le déficit enregistré vis-à-vis des pays tiers hors UE.

 Les Pays-Bas sont un acteur majeur du commerce international.

Le rôle de plateforme logistique des Pays-Bas complexifie l’interprétation des statistiques du commerce extérieur. Fondées sur le franchissement des frontières, c’est-à-dire sur les flux physiques de biens, celles-ci s’élevaient à 1 647 Md€ en 2025 (772 Md€ d’importations et 876 Md€ d’exportations). Ces statistiques incluent les flux transitant par Rotterdam et Schiphol qui, s’ils génèrent des revenus logistiques, ne reflètent pas pleinement la contribution du commerce à l’économie néerlandaise. La comptabilisation selon le principe du changement de propriété (cf. annexe 3) apporte un éclairage complémentaire, sans isoler pleinement les flux créateurs de valeur aux Pays-Bas. En 2025, 40 % des exportations avec transfert de propriété étaient en effet constitué de réexportations, c’est-à-dire de biens importés sans transformation substantielle, puis réexportés. En miroir, en moyenne 45 % des importations avaient vocation à être directement réexportées sur la période 2021-2023. Si ces opérations génèrent des revenus pour les entreprises néerlandaises, leur contribution à la valeur ajoutée domestique reste limitée avec 12 cts par euro réexporté, contre 51 cts pour un euro de biens produits aux Pays-Bas (2023). Portées par le rôle de porte d’entrée au marché européen joué par les Pays-Bas, les réexportations contribuent par ailleurs à l’excédent commercial avec l’UE, tout en expliquant en partie le déficit avec les pays hors UE.  

L'effet Rotterdam conforte la position majeure des Pays-Bas au sein du commerce international. Avec 2 085 Md€ d’échanges de biens (changement de propriété) et de services en 2025 (+1,9 % en g.a. et +53 % depuis 2020), les Pays-Bas figurent parmi les économies les plus ouvertes. Ils dégagent par ailleurs un excédent vis-à-vis du reste du monde de 158 Md€ en 2025. Les échanges de biens ont toutefois ralenti à 1 449 Md€ en 2025 (-0,5 % en g.a.). Ce recul s’explique à la fois par la diminution des exportations (-0,6 %, à 785 Md€) et des importations (-0,3 %, à 664 Md€), dans un contexte de ralentissement du commerce mondial, marqué notamment par la montée du protectionnisme et les tensions géopolitiques et commerciales. L’excédent commercial de biens s’est ainsi établi à 122 Md€, en baisse de 9 % sur un an, après avoir atteint 134 Md€ en 2024. À l’inverse, les échanges de services ont fortement progressé, de 8 % en 2025, pour atteindre 636 Md€. Cette hausse repose à la fois sur les exportations (+10 %, à 337 Md€) et les importations (+6 %, à 299 Md€), permettant de dégager un excédent de services de 38 Md€ (+56 % en g.a.). La progression de l’excédent des services ayant compensé le recul de celui des biens, l’excédent des Pays-Bas est resté stable.

Les échanges demeurent fortement spécialisés.

Plus de 50 % des échanges de biens concernent les produits alimentaires, les hydrocarbures, les produits chimiques et les produits manufacturés. Les exportations néerlandaises (cf. annexe 5) sont composées à 23 % (183 Md€) de machines et équipements de transport, dont 53 % correspondent à des réexportations. Cette catégorie comprend notamment 40 Md€ de machines spécialisées, qui constituent la principale source de revenus des exportations nationales (2023). Elle regroupe notamment les équipements destinés à l’industrie des semi-conducteurs, les machines agricoles, les dispositifs médicaux et les installations pour l’industrie agroalimentaire. Elle comprend également 34 Md€ d’appareils électriques et 29 Md€ d’appareils de télécommunication. Les produits chimiques représentent 12 % des exportations (dont 52 % de réexportations), avec notamment 29 Md€ de produits médicinaux et pharmaceutiques. Les produits alimentaires et animaux vivants représentent 10 % des exportations (dont 38 % de réexportations), dont 26 Md€ de fruits et légumes et 13 Md€ de viandes et produits carnés. Enfin, les hydrocarbures et autres combustibles représentent également 10 % des exportations, dont 44 % de réexportations, avec notamment 64 Md€ de pétrole et produits pétroliers qui génèrent néanmoins des bénéfices relativement faibles car ils en ont besoin importations important. Les importations néerlandaises sont également composées à 24 % de machines et équipements de transport, dont 33 Md€ d’appareils électriques, 30 Md€ d’appareils de télécommunication et 29 Md€ de véhicules routiers. Les hydrocarbures et autres combustibles représentent 12 % des importations, dont 59 Md€ de pétrole. Les produits manufacturés divers représentent quant à eux 11 % du total, dont 15 Md€ de vêtements et produits textiles. Enfin, les produits chimiques représentent 10 % des importations, dont 22 Md€ de produits médicinaux et pharmaceutiques. Les Pays-Bas sont majoritairement excédentaires dans les composantes de leurs échanges de biens. Leur principal excédent concerne les produits alimentaires et animaux vivants (33 Md€), suivis des produits chimiques et pharmaceutiques (27 Md€) et des machines et équipements de transport (23 Md€). À l’inverse, les échanges sont déficitaires pour les produits manufacturés divers (-0,8 Md€) ainsi que, pour la première fois depuis 2025, pour les hydrocarbures et autres combustibles (-0,4 Md€).

 

84 % des échanges de services sont constitués de services aux entreprises, de transports, de services liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et de services liés à l’utilisation de la propriété intellectuelle. La présence de nombreux sièges sociaux de groupes internationaux aux Pays-Bas favorise notamment les échanges de services aux entreprises, qui représentent 38 % du total. Les exportations néerlandaises (cf. annexe 6) sont dominées par les services techniques (17 %) et les prestations de conseil et de management (14 %). Les services de transport représentent également 20 %, les TIC 13 % des exportations, et les services liés à la propriété intellectuelle 12 %. La structure des importations est relativement similaire : les services aux entreprises constituent le principal poste, avec les prestations de conseil et de management représentant 20 % des importations et les services techniques 14 %. Parmi les autres principales composantes figurent les services de transport (17 %), la propriété intellectuelle (13 %) et les TIC (10 %). En termes de solde, les services de transport constituent désormais le premier excédent néerlandais, à 16 Md€ (+26 % en g.a.), après avoir enregistré une baisse en 2023 dans un contexte de ralentissement économique. Ils devancent ainsi les services de TIC (16 Md€, -9 %), qui constituaient traditionnellement le premier excédent des Pays-Bas. À l’inverse, le déficit des services de voyage (tourisme) s’est de nouveau creusé, à -2,8 Md€ (+50 % en g.a.), après s’être considérablement réduit en 2023. Le déficit des services aux entreprises s’est, quant à lui, fortement résorbé (-1 Md€, divisé par dix en g.a.).

 

L’UE reste le principal partenaire des Pays-Bas, en termes de biens et de services.

En 2025, les Pays-Bas ont réalisé 54 % de leurs échanges de biens avec l’UE, enregistrant un excédent de 155 Md€ (-4,1 % en g.a). Bénéficiant de « l’effet Rotterdam » et pays frontaliers, l’Allemagne et la Belgique restent les 1er et 2e partenaires captant respectivement 18 % et 9 % des biens échangés (cf. annexe 5). La France se place comme 5ème partenaire (5 %). L’UE absorbait en 2025 58 % des exportations néerlandaises. Les principaux clients des Pays-Bas sont l’Allemagne (19 % des exportations, soit 152 Md€, dont 55 % de réexportations), notamment pour les appareils électriques et fruits et légumes (5 % chacun des exportations vers le pays), suivie de la Belgique (9 %, 72 Md€, dont 53 % de réexportations), portée notamment par le pétrole (18,8 %). Viennent ensuite la France (7 % soit 54 Md€ dont 52 % de réexportations), le Royaume-Uni (6 %, 47,8 Md€, dont 31 % de réexportations et 9 % de produits pétroliers) et les États-Unis (6 %, 45 Md€, dont 21 % de réexportations et 11 % de machines spécialisées). Concernant les importations néerlandaises, 49 % proviennent de l’UE. Les cinq principaux fournisseurs sont l’Allemagne (17 %, soit 117 Md€, dont 9 % de véhicules routiers), les États-Unis (10 %, 66 Md€, dont 11 % de pétrole), la Belgique (8 %, 55 Md€, dont 10 % de pétrole), la Chine (8 %, 52 Md€, dont 15 % d’appareils électriques) et le Royaume-Uni (4 %, 26 Md€, dont 7 % de matériel de télécommunication). Le déficit commercial avec les pays hors UE (-34 Md€) s’est à nouveau creusé de 24 % en 2025, notamment sous l’effet de la hausse des déficits avec plusieurs fournisseurs de matières premières et d’hydrocarbures. Les déficits avec la Norvège (-10 %) et la Russie (-115 %) ont toutefois diminué, tandis que celui avec la Chine s’est accru de 7 %, devenant le premier déficit bilatéral, devant les États-Unis et le Royaume-Uni. À l’inverse, l’excédent avec le Royaume-Uni est resté stable à 22 Md€, après son recul de 40 % en 2022, tandis que l’Allemagne demeure le principal excédent bilatéral (37 Md€).

Les échanges de services sont également majoritairement réalisés au sein de l’UE (56 %, soit 332 Md€), avec un excédent qui s’est légèrement accru en 2025 (19 Md€, contre 11 Md€ en 2024). À l’échelle mondiale, les principaux partenaires des Pays-Bas sont les États-Unis (15 % des échanges de services) et l’Allemagne (14 %), tandis que la France (6 %) se classe 5e, derrière le Royaume-Uni et juste devant la Belgique. Les principaux clients sont l’Allemagne (16 %), les États-Unis (12 %), le Royaume-Uni (11 %), l’Irlande (8 %) et la Suisse (6 %). Côté fournisseurs, les États-Unis arrivent en tête (18 %), devant le Royaume-Uni (14 %), l’Allemagne (13 %), l’Irlande (8 %) et la France (7 %), à égalité avec la Belgique. Les principaux excédents sont réalisés avec la Suisse (19 Md€) et l’Allemagne (13 Md€), tandis que les principaux déficits concernent les États-Unis (-15 Md€) et le Royaume-Uni (-7 Md€).

Copyright : Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse du service économique (adresser les demandes à lahaye@dgtresor.gouv.fr)

 

Publié le