Indicateurs et conjoncture

  • Éléments structurels sur l’économie du Niger

    Le Niger est le pays le plus pauvre du monde selon le PNUD dont l'indice de développement humain le classe au dernier rang. La population, estimée à 21,5 millions d’habitants en 2017, croît à un rythme de 3,8% par an. Avec un PIB par habitant d’environ 378,1 USD, le pays est en situation de crise alimentaire chronique. Le désert couvre les trois quarts de la surface du pays (moins de 12% de terres arables) et 85% de la population est concentrée dans un couloir de 100-150 km de large entre le Nord de la frontière nigériane et Niamey. 80% de la population active opère dans l'agriculture. La création d’emplois est fortement concentrée dans le secteur public. Les attaques récurrentes de Boko Haram, générant pertes civiles et militaires et déplacements de populations, créent une instabilité permanente sur toute une partie du territoire : l’état d’urgence a ainsi été décrété fin 2018 dans toute la région de Diffa, frontalière avec le Nigéria et le Tchad et dans une partie de la région de Tillabéry, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso.

    L’uranium et le pétrole constituent les deux principales ressources naturelles du pays. S’agissant de l’uranium, l’intervenant majeur est le groupe français Orano (ex-Areva) qui exploite avec l’Etat nigérien et des partenaires étrangers, les deux sites de la Somaïr (1.730 tonnes en 2017) et de la Cominak (1.035 tonnes en 2017). Le développement de la mine d’Imourarem, projet essentiel pour les perspectives économiques du pays, a été "gelé" en 2015. Les parties prenantes estiment qu’une reprise pourrait être potentiellement envisagée autour de 2021, si la situation du marché mondial de l’uranium le permet. Depuis décembre 2011, le Niger est devenu producteur de pétrole. Le champ d’Agadem, exploité par la CNPC (Chine), a produit autour de 20.000 barils/jour en 2017, ce qui correspond à la capacité maximale d’absorption de la raffinerie locale (partenariat CNPC et Niger). De nouvelles découvertes ont été faites au cours de l’année 2018 qui pourraient permettre de monter la production à environ 110.000 barils/jour à horizon 2020, ce qui a amené la CNPC et le gouvernement nigérien à étudier des voix d’exportation via un oléoduc.

    Le gouvernement met en œuvre son 2ème Plan de développement économique et social (PDES) sur la période 2017-2021, ainsi qu’une "Stratégie de développement durable et de croissance inclusive-Niger 2035" (SDDCI 2035). Lors de la Conférence de la Renaissance du Niger tenue à Paris le 13 et 14 décembre 2017, le Niger a pu mobiliser environ 23 milliards USD d’intentions de financements de la part des nombreux Partenaires techniques et financiers (PTF) et investisseurs privés présents.

    Cela étant, la croissance économique demeure peu inclusive ; les services publics restent de faible qualité et la gouvernance médiocre. Cette perception négative est amplifiée par la montée récente du risque sécuritaire.

  •  Conjoncture économique du Niger

    L’année 2015 avait été marquée par une décélération du PIB (+4%), imputable aux contre-performances des secteurs primaire et secondaire. L’année 2016 avait bénéficié d’une légère embellie (+5%) due à la bonne campagne agricole (+8%). En 2017, en dépit des défis sécuritaires, des prix de l’uranium défavorables et une campagne agricole moins bonne que prévue, le PIB réel a progressé de 4,9%, soutenu par le rebond de la production pétrolière et une forte activité dans les secteurs des BTP et des télécommunications. Ce taux devrait atteindre 5,2% en 2018, puis 6,5% en 2019, principalement grâce aux secteurs de l’énergie et des services, mais également porté par le secteur de la construction (préparatifs du Sommet de l’Union Africaine de juillet 2019).

    L’inflation, qui avait été faible pendant la majeure partie de 2017 (moyenne annuelle de 2,4% selon le FMI), était remontée au dernier trimestre en raison des effets de base résultant de la récolte exceptionnelle de 2016 et des achats de céréales effectués par le gouvernement pour les stocks alimentaires stratégiques. Les pressions inflationnistes ont continué de progresser début 2018 pour atteindre 4,4% en glissement annuel en août 2018 sous l’effet des fortes augmentations des impôts et taxes et des prix réglementés. Le FMI table sur une inflation moyenne de 3,9% en 2018, qui devrait rapidement tomber à 2,4% dès 2019, un niveau en-deçà du critère de convergence régionale de 3%.

    La balance commerciale a été déficitaire en 2017 pour la troisième année consécutive avec un niveau de 55 milliards FCFA (83,8 MEUR). Le déficit de la balance courante est passé cependant de 15,7% à 14,1% entre 2016 et 2017 grâce à la hausse des exportations de produits pétroliers et d’uranium. Le financement du programme économique du pays est en grande partie assuré par la mobilisation de financements extérieurs (30,1% du budget en 2017).

    A moyen terme, l’évolution de la situation sécuritaire et celle des secteurs extractifs seront déterminantes sur les performances économiques du pays.

     

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