Présence française et investissements bilatéraux

1. La présence économique française en Malaisie a beaucoup progressé et s'est diversifiée

L’attractivité de la Malaisie, encouragée par une politique publique d’appui à l’investissement direct étranger, repose sur quatre facteurs : une position géographique centrale en Asie du sud-est, un cadre institutionnel stable et un environnement légal sécurisant, des infrastructures modernes et une main d’œuvre qualifiée, parlant l’anglais et technophile. Au niveau régional, la Malaisie est le 4ème pays d’investissement en stock d’IDE entrants (140 Md$), après Singapour (1 285 Md$), l’Indonésie (248 Md$) et la Thaïlande (219 Md$).

Dans cet environnement favorable, les IDE français en Malaisie ont triplé depuis 2010 pour s’établir à 1,4 Md€ fin 2017 (stable par rapport à 2016). Toutefois, selon le Département des Statistiques malaisien, les investissements français ne représentent que 1,2% du stock d’IDE en Malaisie en 2016 et la France y est le 18ème investisseur étranger, le 4ème européen, après les Pays-Bas (10 Md€), l’Allemagne (4 Md€) et le Royaume-Uni (3,9 Md€). En termes de flux, la Banque centrale malaisienne recense en 2017 un flux net positif d’investissements français de 85 M€ (contre un flux net négatif de -20 M€ en 2016).

Plus de 280 entités françaises sont enregistrées dans le pays, principalement des filiales de grands groupes et d’entreprises de taille intermédiaire. Ces entités employaient fin 2016 plus de 25 000 personnes, pour un chiffres d’affaires annuel agrégé de 4 Md€. Le secteur manufacturier représente 37% du CA cumulé, celui des services 32% et celui de la construction 28%. Parmi les grands groupes, on compte notamment : Accor, Air Liquide, Airbus, Axa, BNP Paribas, Bouygues-Colas Rail, Danone, Engie, Essilor, LafargeHolcim, Legrand, L’Oréal, LVMH, Michelin, Orange, Pernod Ricard, PSA, Renault, Safran, Saint-Gobain, Sanofi, Schneider Electric, Société Générale, TechnipFMC, Total, Valeo, Veolia, Vinci.

Plus des deux tiers des investissements français en Malaisie sont dans l’industrie manufacturière. Au sein de ce secteur, STMicroelectronics, Schneider Electric et FCI Connectors sont présents en Malaisie depuis plus de 30 ans à travers l’implantation d’unités de production. L’activité du groupe STMicroelectronics est concentrée sur le site du Muar, qui emploie 3 800 personnes. Dans le secteur des services, la France est impliquée de longue date dans l’ingénierie pétrolière et gazière. TechnipFMC, présent en Malaisie depuis 1982, a établi son pôle régional à Kuala Lumpur où le groupe emploie 1 500 personnes. Par ailleurs, Total Exploration & Production détient des participations dans des permis d’exploration et produit, via sa filiale SunPower, des panneaux solaires dans l’Etat de Malacca. Enfin, Air Liquide a ouvert en janvier 2018 un centre d’ingénierie innovant permettant de commander à distance la vingtaine de sites industriels servis par le groupe en Asie-Pacifique. Dans le domaine financier, Axa, Amundi, BNP Paribas, Société Générale ou Mazars sont bien implantés. BNP Paribas est la seule banque française à disposer d’une licence bancaire complète, obtenu parmi les cinq autorisations accordées à des banques étrangères en 2010. Axa, associé en JV à la banque Affin Holdings, fait désormais partie des cinq plus importantes sociétés d’assurance dans le pays, où la compagnie d’assurance a délocalisé en janvier 2018 un centre IT de services partagés, en périphérie de Kuala Lumpur, couvrant l’Asie.

Dans le domaine de la construction, Lafarge-Holcim est l’entreprise étrangère la plus présente sur le marché de la construction, cotée à la bourse de Kuala Lumpur, à travers ses quinze filiales locales (ciment, granulat, béton). Le groupe a participé à de grands contrats d’infrastructure, comme celui du terminal 2 de l’aéroport international de Kuala Lumpur (KLIA 2), et exporte régionalement 20% de sa production.

Trois investissements français stratégiques récents sont à souligner : (i) le groupe de chimie des sulfures ARKEMA a co-investi avec le groupe coréen CJ dans une usine de thiochimie dans le Terengganu (nord-est de la péninsule malaisienne), pour un montant cumulé à terme de plus de 800 M$ ; (ii) le groupe SAFRAN a investi à Sendayan (Etat du Negeri Sembilan) dans une usine Messier-Bugatti-Dowty de production de freins carbone pour avions commerciaux, pour un montant d’environ 130 M$ ; et (iii) PSA a pris le contrôle début 2018 de l’usine de son partenaire malaisien Naza Automotive Manufacturing (NAM) à Gurun (Kedah) en vue de produire à destination de la Malaisie et de l’ASEAN.

Les entreprises françaises privilégient Kuala Lumpur et sa périphérie, l’Etat du Selangor et celui de Johor, frontalier avec Singapour. Kuala Lumpur attire surtout les entreprises du secteur tertiaire (80% des entreprises françaises de ce secteur) alors que l’Etat du Selangor rassemble notamment les industries légères et le BTP. L’Etat de Johor accueille les groupes du secteur des biens électriques et électroniques, attirés par la proximité avec Singapour.

 

2. Une communauté française qui augmente en raison d’opportunités économiques

La population française en Malaisie a doublé depuis 2010, avec 3 500 Français enregistrés, leur nombre total s’élevant probablement à près de 4 000, dont 52 volontaires internationaux à l’étranger (VIE). La communauté française de Malaisie est principalement composée d’actifs employés dans l’industrie et les services. Elle est la 6ème en taille dans l’ASEAN après les communautés françaises de Singapour, de Thaïlande, d’Indonésie, du Vietnam et du Cambodge.

En plus des expatriés, la Malaisie attire des entrepreneurs français (plus de 150 en 2017), particulièrement impliqués dans les secteurs des services aux entreprises, des loisirs et de la culture, de la restauration, mais également des nouvelles technologies, avec les prémices d’une communauté « French Tech » cherchant à bénéficier des facilité mises en place par les autorités pour favoriser le développement de sociétés innovantes.

 

3. Des investissements malaisiens en France d’un niveau modeste

Le stock d’IDE malaisiens en France s’établit en 2016 à 129,5 M€, en progression de 25,4% par rapport à 2015 (103,3 M€). Ce stock très modeste se situe loin derrière Singapour (1,1 Md€), les Philippines et l’Indonésie. Les investissements malaisiens en France se concentrent dans le commerce de gros et l’immobilier, avec quelques actifs de taille marginale dans l’industrie pétrochimique (lubrifiants), la fabrication de machines et d’équipement, le transport et l’entreposage.

Une vingtaine d’entités malaisienne est actuellement recensée en France, parmi lesquelles l’Employees Provident Fund (EPF), YTL Corp., Felda, Petronas, Scomi Group, TSH Resources, KL Kepong, Heveafil, IAQ Technology, Pelikan International, Mega Fortris, Sindi Group, Golden Fresh et Rex Industry. L’EPF, le fonds de pension des employés du secteur privé, est notamment propriétaire de la Tour Prisma à la Défense et de l’Espace Lumière à Boulogne-Billancourt. A souligner en outre, en 2017, le fonds souverain Khazanah a investi 3 M€ dans la société innovante Sigfox.

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