Le commerce franco-mexicain : légère perte de vitesse depuis 2017

Au 1er semestre 2018, dans un contexte de contraction de nos échanges qui se poursuit (de -6 %, après -5,7% sur 2017), notre excédent commercial vis-à-vis du Mexique se maintient (près de 390 M € au 1er semestre 2018, contre 937 M€ sur 2017). Nos importations ont davantage diminué (-8 %) que nos exportations (-4%). Cette  contraction des échanges entamée en 2017 fait suite à 5 années de croissance où notre commerce bilatéral avait doublé.

La structure des échanges franco-mexicains reste inchangée au 1er semestre 2018 : l’aéronautique reste notre secteur d’exportation principal vers le Mexique (20% des exportations au 1er semestre) tandis que les produits manufacturés restent le principal secteur d’importations du Mexique. Le Mexique reste notre 14ème excédent commercial, et notre part de marché y reste stable à 0,97%. Nos perspectives d’augmenter nos exportations (agroalimentaire surtout) sont en grande  partie liées à la modernisation attendue de l’accord UE-Mexique.

      1. Le ralentissement des échanges franco-mexicains se poursuit au 1er semestre 2018, bien que le solde commercial de la France vis-à-vis du Mexique reste excédentaire.

Le commerce bilatéral franco-mexicain a atteint 2,6 Mds € au 1er semestre 2018, soit une baisse de 6% par rapport au 2nd semestre 2017.  Les exportations et les importations françaises en provenance du Mexique ont diminué de respectivement 4 et 8% entre le dernier semestre 2017 et le 1er semestre 2018. La baisse de nos exportations s’explique en partie par la dépréciation du peso par rapport à l’euro de 6,8% et la baisse de nos exportations aéronautiques et de matériels de transport. Malgré cette évolution, le solde commercial de la France vis-à-vis du Mexique est excédentaire de 386  M € au 1er semestre 2018, en hausse de 9% par rapport au 2nd semestre 2017.

Le solde commercial de la France est excédentaire vis-à-vis de l’Amérique du Nord en général (2,5 Mds € entre juillet 2017 et juin 2018). La part de l’ALENA dans les échanges globaux de la France est de 9% pour les exportations et 7,2% pour les importations. Le Mexique représente 7,8% des exportations de la France vers le bloc ALENA, légèrement au-dessus de la part du Canada (7,6%), et 5,9% des importations françaises en provenance du bloc commercial nord-américain.

Sur les 12 derniers mois (juillet 2017-juin 2018) le solde commercial de la France vis-à-vis du Mexique est excédentaire de 976 M€, poussé par les ventes de produits manufacturés (autres produits industriels, matériel de transport, machines industrielles et agricoles) et la faible augmentation des importations dans ce secteur.

      2. Nos exportations vers le Mexique restent portées par le secteur aéronautique (pour 27%), suivi du secteur industriel et manufacturier.

Les exportations françaises vers le Mexique ont diminué de 4% par rapport au 2nd semestre 2017, faisant du Mexique notre 33ème partenaire commercial. Nos ventes vers le Mexique s’élèvent ainsi à 1,52 Mds € au 1er semestre 2018.

Sur cette période, nos exportations aéronautiques qui restent très soumises au rythme des livraisons (Airbus),  ont poursuivi leur contraction à 309 M€ au 1er semestre 2018, soit 20% de nos exportations. Ce secteur reste cependant le 1er poste des exportations françaises vers le Mexique. Et le Mexique reste le 16ème partenaire commercial de la France dans ce secteur. Le secteur aéronautique à moyen terme devrait demeurer en tout état de cause notre principal poste d’exportations vers le Mexique. L’impact du giga-contrat signé fin 2017 par Airbus avec Volaris pour 9,3 Mds USD (80 A320 et A321 Neo) devrait s’observer sur notre balance commerciale à partir des premières livraisons en 2022 même s’il dépendra du lieu d’assemblage (France ou Allemagne).

Les exportations qui ont été les plus dynamiques au 1er semestre sont les produits pharmaceutiques, et les machines industrielles et agricoles (respectivement +25% et +23%). Les produits pharmaceutiques constituent le 6ème poste d’exportation de la France vers le Mexique, d’une valeur de 146 M€ ce semestre.

Bien qu’en valeur nos produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture ne soient que le 14ème poste d’exportation vers le Mexique, leurs ventes ont crû de 24% par rapport au dernier semestre 2017 (+31%). Cela ne suffit cependant pas à améliorer le solde agroalimentaire de la France avec le Mexique qui reste déficitaire (-34 M€).

Les ventes de matériels de transport au Mexique (36% de nos exportations en 2017), ont de leur côté chuté de 30% au 1er semestre 2018.

      3. Nos importations en provenance du Mexique, principalement manufacturières et énergétiques, poursuivent leur ralentissement au 1er semestre 2018.

Nos importations en provenance du Mexique ont poursuivi leur contraction amorcée en 2017. Au 1er semestre 2018, les importations françaises en provenance du Mexique s’élevaient à 1,13 Mds €, soit une diminution de 7,6% par rapport au 1er semestre 2017. Le Mexique rétrograde au rang de 41ème fournisseur de la France (-1 place par rapport à l’an passé).  

Les achats de produits informatiques électroniques, et d’équipements mécaniques, qui représentaient en 2017 la majorité de nos produits importés du Mexique (soit 39,5%) ont diminué de respectivement 21 et 13% par rapport au 2nd semestre 2017. Malgré cette contraction, la France continue d’importer plus qu’elle n’exporte dans ce secteur des équipements (mécaniques, électriques, électronique et informatique et produits manufacturés divers).

La France a affiché enfin un déficit commercial vis-à-vis du Mexique dans le secteur énergétique (-18 M €). On observe cependant une baisse importante des importations françaises en provenance du Mexique d’hydrocarbures et autres produits de l’industrie extractive entre le dernier semestre 2017 et le 1er semestre 2018 (-65%).

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Malgré la perte de vitesse des échanges franco-mexicains, le solde commercial de la France vis-à-vis du Mexique reste excédentaire. La réduction de nos importations en provenance du secteur manufacturier et énergétique laisse présager le maintien d’un solde commercial positif vis-à-vis de notre 33ème partenaire commercial. La modernisation attendue de l’accord commercial UE-Mexique constituerait un signal positif pour nos exportations notamment dans le domaine agroalimentaire (déficitaire).

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