Situation économique de la Lettonie et perspectives 2020

1- La croissance reste solide...

Les années 2017 et 2018 ont été marquées par une croissance exceptionnelle de 5% qui s’inscrivent dans le cadre d’un rattrapage par rapport à la crise de 2008 alors que la Lettonie n’a dépassé le niveau de production de 2007 qu’au cours de l’année 2018.

Malgré le ralentissement de la croissance prévue dans l’UE  en 2019 (+1,4%), et notamment en Allemagne (+0,5%), la croissance lettone s’établissait à +2% au premier semestre 2019 avec une prévision de progression annuelle de 3,2% (sources ministère letton des Finances).

En 2020, la croissance économique lettone devrait se  maintenir encore au-dessus de la croissance européenne (+1,6%) et connaître une progression plus faible située selon le conseiller du gouverneur de la banque centrale de Lettonie dans une fourchette entre +1,5% et +2,5% en fonction de la gravité de la crise affectant l’Allemagne. Les prévisions officielles de croissance pour 2020 annoncées par le ministère des Finances et la Banque centrale sont cependant plus optimistes et se situent respectivement entre +2,8% et à +3,1%. 

La croissance reste très sensible à la situation économique de l’UE : plus de 70% des exportations lettones étant à destination des pays de l’Union. Le ralentissement du commerce extérieur observé depuis la fin de l’année 2018 s’est accéléré au premier semestre 2019. Un Brexit dur ne devrait pas avoir un impact sur la croissance de plus de -0,5%.

 2- …elle est tout d’abord tirée par le BTP (1/3 de la croissance du PIB en 2018)

On constate un léger ralentissement de la croissance au premier semestre 2019 (+2%) par rapport à 2018, qui se tasse un peu plus au début du deuxième semestre. Cette situation est notamment due à la baisse de l’activité dans les secteurs du BTP (début 2ème semestre, progression de 1% seulement), dans la filière bois (liée à la baisse d’activité du BTP en Lettonie et en Suède) ou dans le transit.

A court terme, ces nouveaux programmes de construction  n’ont pas pour effet de baisser la forte augmentation des loyers (+7,7% en janvier 2019).

Au 1er semestre 2019, le nombre des transactions effectuées sur le marché de l’immobilier neuf était très dynamique (environ +31% par rapport à la même période en 2018). A terme, cette offre accrue pourrait avoir pour effet d’obtenir une plus grande fluidité de l’offre et de la demande sur le marché immobilier et donc une certaine baisse.

3- …mais aussi par la croissance de la consommation des ménages et des TIC (total de 18% de la croissance du PIB).

Le chiffre d’affaires du commerce de détail est solide (+2,1% au premier semestre 2019), mais un peu plus faible qu’en 2018 (+3,8%) et 2017 (+4,3%).

Au cours des huit premiers mois de 2019, on assiste même au boom des achats de véhicules de tourisme  (+6,2% -5ème performance UE, contre+1% et +2% en 2017 et 2018).

 4- Malgré la pression importante sur les salaires qui résulte en partie de la diminution de la population, l’inflation reste globalement sous contrôle…

(i) La situation démographique (baisse de 26% de la population lettone depuis le retour à l’indépendance en 1991) et la baisse du taux de chômage (9,6% en 2016 ; 8,7% en 2017 ; 7,4% en 2018 et prévision de 6,6% – 6,9% en 2019) se traduisent par une forte pression sur les salaires (+ 8,4% 2018, prévision à + 7,5% en 2019 –source ministère des Finances-). 

La situation démographique et du marché du travail lettonne se traduisent par une forte pression sur les salaires. La hausse des salaires reste rapide : du fait du rattrapage des salaires que connait la fonction publique depuis 2017, on note en revanche une croissance moins rapide pour le secteur privé. Depuis 2010, le coût de la main d’œuvre a ainsi augmenté de 28% (données fin 2016).

(ii) à ce stade, le gouvernement n’augmente pas les salaires du public au niveau d’abord envisagé et, d’autre part, il prend des mesures rigoureuses visant au retour à l’emploi de chômeurs de longue durée de telle sorte que l’inflation reste à un étiage soutenable (+2,6% en 2018 ; prévisions  à +2,8% en 2019 et à +2,5% en 2020).

Premier exemple : la hausse proposée de la ligne budgétaire concernant les salaires des médecins de la fonction publique sur le projet de loi de finance (PLF) de 2020 s’élèverait, en cas d’adoption du PLF à seulement 45M EUR au lieu de 120 MEUR prévus initialement.

Deuxième exemple : dans le cadre du PLF 2020, afin de réduire le chômage de plus d’un an qui s’élève à 41,7%, le premier ministre a annoncé sa détermination à diminuer le montant et la durée de l’allocation chômage.

 Commentaires :

En 2020, l’économie lettonne devrait mieux résister aux risques de crise que les pays d’Europe de l’ouest.

Les salaires devraient continuer à croitre au  cours de l’année 2020.

La hausse des loyers ne devrait pas connaître un répit en 2020, mais peut-être en 2021 en cas de retournement de la conjoncture.

L’augmentation des salaires devrait rester globalement forte.

L’augmentation des salaires continuera à se répercuter sur les prix des services et notamment des services à la restauration et dans l’hôtellerie à un niveau de croissance deux fois plus élevé que le taux d’inflation.

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