Les investissements directs étrangers en Lettonie en 2018

Les flux des IDE ont connu une forte augmentation de 14,6% en 2018. Le stock des IDE, estimé à 15,118 Mds EUR, se caractérise par la prédominance des investissements en provenance de Suède et une montée en puissance des investissements russes. Dans un environnement où les IDE proviennent essentiellement des pays riverains de la mer baltique, la France reste un investisseur modeste avec un positionnement au 18ème rang. 

La Lettonie a enregistré au cours de ces dernières années de bonnes performances de l’activité économique (+ 2,8 % en 2015, +2,1% en 2016 et +4,5 en 2017). La contre-performance enregistrée en 2016 s’explique par un démarrage assez lent des décaissements liés au « Programme Opérationnel 2014/2020». En 2018, la croissance du PIB a atteint +4,8%, un niveau record depuis 2011. Cependant, malgré la croissance économique, les flux des IDE, qui après trois années de baisse (863 M EUR en 2012, 680 M EUR en 2013 et 448 M EUR en 2014), ont enfin connu une augmentation en 2015 (578 M EUR), ont de nouveau sensiblement diminué en 2016 (114,05 M EUR).  Après cette baisse prononcée, les flux des IDE se sont de nouveaux accrus pour s'établir à 650 M EUR en 2017 et 744M EUR en 2018.

Le montant total du stock des IDE en 2018 s’élevait à 15,118 Mds EUR, en hausse de 3,5% par rapport à l’année précédente. La répartition géographique des investisseurs reste stable avec un rôle prépondérant des capitaux en provenance des pays de l’UE (11,490 Mds EUR, soit 76% du total), devant les pays de la CEI (2,081 Md EUR, 13,8%) et les autres pays (1,547 Mds EUR, 10,2%). En tête des investisseurs ayant les stocks d’IDE importants à la fin 2018 se positionne la Suède (2,64  Mds EUR), suivie par la Russie (1,684 Md EUR), l’Estonie (1,462 Md EUR), les Pays-Bas (1,128 Md EUR), Chypre (1,076 Md EUR) et la Lituanie (954 M EUR).

En 2018, les flux d’IDE les plus importants sont venus respectivement de Russie (231M EUR), d’Estonie (229M EUR), du Luxembourg (172M EUR), de Suède (159M EUR) et de Pays Bas (149M EUR). Le montant total des investissements russes est en réalité bien supérieur aux données officielles, les fonds qui transitent pour des raisons d’optimisation fiscale et de discrétion par Chypre, les Pays Bas, la Suisse ou le Luxembourg sont pour l’essentiel des investissements russes.

Structurellement, en 2018 les flux d’investissements se sont concentrés dans le commerce (218M EUR), le secteur immobilier (159M EUR) et l’industrie manufacturière (123M EUR), les flux d’investissements dans le domaine de services professionnels, scientifiques et techniques devenant négatifs (-133M EUR).

Une concentration sur des secteurs bien délimités.

Les IDE jouent un rôle moteur dans l’économie lettonne avec un ratio stock IDE sur PIB proche de 50 % en phase avec le ratio moyen communautaire de 45%. Par secteurs d’activités, les investissements étrangers se concentrent principalement sur quatre secteurs : le secteur financier (24%), le commerce (15,8%), l’immobilier (15%) et le secteur manufacturier (11,6%). Selon la base des données du Registre du Commerce letton, « Lursoft », en 2018 on comptait 25 974 entreprises de droit letton avec un apport en capital étranger. Le stock des investissements étrangers dans le capital des entreprises locales a représenté 7,09Mrds EUR, en légère baisse de 2,2% par rapport à 2017.

En effet, les investisseurs considèrent le plus souvent que la taille modeste du marché letton (2 millions d’habitants), les perspectives démographiques défavorables, les lenteurs intrinsèques du système judiciaire civil et commercial, la fiscalité élevée du coût du travail constituent des freins à l’investissement.

Afin d’attirer les investissements étrangers non communautaires, le gouvernement letton a mis en œuvre depuis le 1er juillet 2010, un mécanisme de délivrance aux ressortissants étrangers (hors UE) d’un permis de résidence valable jusqu’à 5 ans dès lors que les investissements sous réserve de souscrire certains seuils sont investis dans le capital d’une société de droit letton, dans un établissement financier sous forme de capital subordonné, ou dans un bien immobilier (minimum de 142 300 EUR). En septembre 2014, le montant d’investissement dans un bien immobilier a été augmenté à 250 000 EUR ce qui a diminué fortement l’intérêt des étrangers non communautaires vis-à-vis de ce dispositif. Néanmoins, ce régime spécifique a permis, jusqu’au 30 juin 2018, l’entrée d’investissements à hauteur de 1,473 Md EUR, majoritairement placés dans l’immobilier (1,221 Md EUR, 83%), les institutions financières (158 M EUR, 10,7%) et les entreprises (86M EUR, 5,8%). Depuis juillet 2010, 18 461 permis de résidence ont été délivrés, principalement aux ressortissants de la CEI, ainsi qu’aux ressortissants de la Chine (1460 permis de résidence, 8% du total), du Vietnam (100) et d’Israël (92). Lors des six premiers mois 2018, le montant d’investissements n’a représenté que 18,4M EUR, ce qui prouve que ce dispositif a perdu son actualit.

Les investissements français demeurent modestes

Selon les données fournies par la Banque centrale de Lettonie, les flux d’investissements français au cours de ces dernières années n’ont pas connu d’évolutions notables (17 M EUR en 2018) positionnant notre pays au 18ème rang des investisseurs étrangers (147 M EUR).

La présence française en Lettonie est constituée par une soixantaine d’implantations employant au total près de 2900 salariés (recensement OFATS). Deux investissements majeurs se distinguent : la société « Axon Cable » à Daugavpils, employant actuellement 540 personnes dans la production et le montage de câbles de haute technologie et l’entreprise « Schneider Electric » dans le secteur de la connectique/domotique qui emploie près de 340 personnes à Riga dans un nouveau site.

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