Indicateurs et conjoncture

Avec un PIB de 3,3 Mds USD en 2017 et une population de 4,5 M d’habitants, le Libéria se réinscrit à peine sur le chemin de la reprise économique après avoir connu une période économique difficile marquée par la baisse des cours de matières premières (minerai de fer et caoutchouc en particulier), l’épidémie d’Ebola et le retrait de la MINUL. En 2016, le pays a enregistré une contraction de son PIB de 1,6% ; en 2017, la croissance s’est établie à 2,5%, un niveau revu à la baisse en raison notamment des retards dans le cycle électoral. En 2018, la croissance devrait s’accélérer à 3% d’après le FMI (contre 3,9% initialement prévu) mais la reprise reste fragile puisqu’elle repose encore grandement sur le dynamisme du secteur minier (notamment la production d’or). Ainsi, en 2017, la croissance hors secteur minier était à peine positive à 0,2% alors que celle du secteur minier (8% du PIB mais 70% des exportations) s’élevait à 28,8%. En 2018, le secteur minier devrait enregistrer une croissance de 22,3% contre 1,1% pour le secteur non minier. Une réelle reprise du secteur non minier est attendue à partir de 2019 et devrait contribuer à un taux de croissance autour de 5% par an en moyenne entre 2019-2023.

La réduction des flux d’aides (comparativement à la période 2014-2016 pendant l’épidémie d’Ebola) ont mis sous pression le taux de change, le pays a enregistré une dépréciation de sa monnaie vis-à-vis du dollar de 22% en 2017, ce qui a contribué aux pressions inflationnistes avec une inflation qui a atteint 12,4% fin 2017. En 2018, avec une dépréciation du taux de change de près de 20% par rapport à l’USD depuis le début de l’année, le FMI table sur une accélération de l’inflation à 21,2% en glissement annuel en fin de période et en juin le pays accusait déjà une inflation à 24,6% (contre 10,8% un an auparavant). Il convient par ailleurs de souligner que le Libéria compte parmi les économies en développement les plus dollarisées au monde (70% de la masse monétaire au sens large). Pour limiter la dépréciation de la monnaie, la Banque centrale qui applique un régime de change flottant administré, a adopté fin 2016 un « surrender requirement » sur les transferts de fonds de la diaspora. Toujours est-il que les réserves de change ont été quelque peu mises à mal. A la fin du premier semestre 2018, d’après les dernières données de la Banque centrale, celles-ci se sont établies à 382,6 M USD en baisse de 5,2% en g.a., représentant environ 3,8 mois d’importations de biens et services ; les réserves internationales nettes se sont établies à 87,9 M USD.  

Variation de l'indice des prix à la consommation en glissement annuel et taux de change LRD/USD

 

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