Secteurs porteurs de l'économie koweïtienne

Le Service Economique du Koweït assure un suivi des différents secteurs d’activité et publie régulièrement des notes sectorielles (voir ci-dessous). Dans le cadre de la politique de diversification de l’économie koweïtienne, essentiellement tirée par le secteur des hydrocarbures, de nombreuses opportunités se présentent aux entreprises françaises.

 

La « Vision 2035 » offre des opportunités dans les secteurs porteurs de l’économie koweïtienne.

 

Le secteur des infrastructures

Fortement dépendant des fluctuations du cours des hydrocarbures, le Koweït s’engage dans d’importants projets de diversification économique. La « Vision 2035 » prévoit la rénovation et la construction de nouvelles infrastructures, portée notamment par le projet phare de « Silk City », une ville nouvelle de 700 000 habitants au nord de la baie du Koweït, reliée à Kuwait City et comportant une zone franche. La transformation de cinq îles du pays (Boubyan, Warbah, Failaka, Maskan et Aouha) en zones touristiques et commerciales avec des zones franches devrait attirer de nombreuses entreprises étrangères.

Le secteur des hydrocarbures et de la pétrochimie

Le Koweït est le 9ème producteur mondial de pétrole et le 3ème au sein du GCC, avec une production nominale de 3,0 millions de barils par jour, plafonnée à 2,70 millions de barils dans le cadre des accords de l’OPEP. Le plan de modernisation de la filière (exploration, production, raffinage, pétrochimie) d’ici 2040 prévoit un investissement cumulé de 400 MdUSD, dont 80 Md$ sur la période 2019-2023. L’un des objectifs est d’augmenter la capacité de production à 4,0 millions de barils par jour en 2030. Concentrée dans le sud du pays, l’exploitation des réserves d’hydrocarbures dans l’ouest et le nord sont aussi à l’étude malgré les difficultés techniques.

Dans l’aval pétrolier, 40 MdUSD d’investissements sont prévus d’ici 2020, réalisés d'une part avec la modernisation des raffineries actuelles ( Mina Al Ahmadi et  Mina Abdullah), projet intitulé Clean Fuels Projects (14 MdUSD), d'autre part avec la réalisation d'Az Zour New Refinery Project - NRP (15 MdUSD), qui offrira une capacité de production de 615 000 barils/jour, en plus de la construction d’un complexe pétrochimie (7 MdUSD) et d’un terminal de gaz naturel liquéfié (2 MdUSD). Le Koweït a pour objectif d’atteindre 50 % de production de pétrole raffiné en 2040, contre 27 % aujourd’hui. Le Koweït porte l’effort sur la pétrochimie et participe également à plusieurs projets à l’étranger, notamment dans la production de propène au Canada, aux Etats-Unis, en Corée du Sud et à Bahreïn à hauteur de 8 MdUSD.

Az Zour New Refinery Project - NRPAz Zour New Refinery Project - NRP

Le secteur des transports

Avec plus d’1,8 millions de véhicules dans le pays pour une capacité de 700 000 véhicules, le réseau routier saturé du pays est actuellement en phase d’agrandissement et de rénovation. Les transports en commun, via le développement du réseau d’autobus, sont mis en avant par l’Etat koweïtien et permettent de transporter 90 millions d’usagers par an. L’important projet de création d’un métro semble cependant être au point mort mais le projet de raccordement au réseau ferroviaire régional « Gulf Railway », censé relier Mascate (Oman) à la frontière irako-koweïtienne semble relancé.

La fréquentation de l’aéroport du Koweït (KWI) étant en constante augmentation depuis plusieurs années, un nouveau terminal (T2) qui prévoit l’accueil de 25 millions de passagers annuel doit être opérationnel en 2022. La capacité d’accueil globale de KWI est renforcée depuis mai 2018 avec la mise en service du terminal de la nouvelle compagnie koweïtienne privée et low-cost Jazeera Airways.

Les partenariats public-privé (PPP) sont appréciés des Koweïtiens et sont souvent choisis pour le financement de ces importants projets d’infrastructures. 

Le secteur des énergies renouvelables

L’Emir du Koweït a annoncé son objectif d’atteindre une part de 15 % d’électricité renouvelable dans le mix énergétique du pays d’ici 2035, multipliant ainsi les projets d’énergies propres, issues du vent, du soleil et du photovoltaïque à hauteur de 30MdKWD (soit 100 MdUSD). En 2017, le complexe d’énergies renouvelables Al-Shagaya, situé à l’ouest du pays, a produit 60 MW grâce à l’utilisation de l’énergie solaire, du thermique et du photovoltaïque, prévoyant une production de 2 000 MW annuels en 2025. Le Koweït consomme actuellement près de 350 000 barils/jours pour sa production d’électricité et son activité de dessalement de l’eau de mer, représentant une somme quotidienne de 5 MKWD (16 MUSD). Estimée à 30 000 MW en 2030 et nécessitant 1M de barils/jour, ces prévisions à la hausse de la demande en électricité conduisent le Ministère de l’Electricité et de l’Eau à développer les énergies renouvelables jugées moins coûteuses. Les problématiques écologiques pénètrent progressivement les politiques publiques koweïtiennes dans la gestion des déchets (solides et liquides), les constructions « vertes », secteurs pour lesquels le Koweït pourrait faire appel à l’expertise reconnue des entreprises françaises.

Complexe d'énergies renouvelables Al-Shagaya

Complexe d'énergies renouvelables Al-Shagaya

Le secteur de l’eau

Etant le pays subissant l’un des plus importants stress hydriques au monde avec un ratio d’eau disponible par habitant de 5 m3 par an, le Koweït exploite le secteur de la désalinisation de l’eau de mer pour répondre à une consommation 34 fois plus importante que ses approvisionnements naturels. En 2017, les autorités koweïtiennes ont réaffirmé leur volonté d’accroître les infrastructures de dessalement de l’eau, de surcroît de manière durable avec l’utilisation de l’énergie solaire.

Le secteur de la santé

En matière de santé publique, l’augmentation constante du nombre d’individus en surpoids chaque année, parmi les plus élevés au monde (73,4 % en 2016 dont 37,9 % d’obèses), provoque une croissance des pathologies liées (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers…) et impose de sérieuses contraintes au gouvernement. Confrontées à un manque d’infrastructures hospitalières, d’équipements médicaux et de moyens humains qualifiés, les opportunités pour le secteur de la santé au Koweït devraient se confirmer.

Le secteur du tourisme

Essentiellement portée par l’hôtellerie et la restauration, le secteur ne parvient pas encore à concurrencer les pays voisins du Golfe et souffre du manque d’infrastructures dédiées.Le tourisme constitue pourtant un important volet de la diversification économique affichée dans le cadre du plan Kuwait 2035 qui prévoit de créer 25 000 nouveaux emplois. Au-delà de sa contribution à l’économie, le tourisme est également un vecteur de visibilité et d’attractivité que le pays souhaite renforcer. Si les Emirats arabes unis ou le Qatar affichent une longueur d’avance sur ce terrain, le Koweït a de réels atouts pour rattraper son retard. Le développement des loisirs ou du tourisme d’affaire offre des perspectives intéressantes à cet égard.

 

L’emploi au Koweït

Bien que la koweïtisation de l’emploi soit devenue une priorité de l’Etat koweïtien, envisageant de diminuer la proportion de travailleurs étrangers en incitant les diplômés koweïtiens à travailler dans le secteur privé, pour décongestionner le secteur public pléthorique, les opportunités professionnelles pour les étrangers demeurent importantes, aussi bien pour les emplois à faible valeur ajoutée (main d'oeuvre venant principalement d'Inde, Egypte, des Philippine, etc) qu'a forte valeur ajoutée (encore rares au Koweït parmi la population locale).

 

 

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