Secteurs porteurs de l'économie koweïtienne

Le plan stratégique « Vision 2035 » offre de nombreuses opportunités d’affaires dans le domaine des infrastructures

Malgré le ralentissement provoqué par la crise sanitaire et économique de la Covid-19, le Koweït présente des opportunités intéressantes pour les entreprises françaises. Lancé en 2017, le plan stratégique Kuwait Vision 2035 » prévoit des investissements considérables (160 Md USD) dans le développement d’infrastructures dans les domaines de l’énergie (hydrocarbures et électricité), l’environnement (traitement des déchets et dessalement d’eau de mer) ainsi que les transports ferroviaires et urbains (train reliant la frontière avec Arabie Saoudite et Irak, tramway et métro) et de la santé (construction et gestion hospitalière). A ce stade cependant, cette feuille de route tarde à se concrétiser. En règle générale, le Koweït n’approuve en moyenne pas plus d’une quinzaine de Md$ de projets par an.

Hydrocarbures

Le Koweït est le 7ème exportateur mondial de pétrole et le 3ème au sein du GCC, avec une production nominale de 3,0 millions de barils par jour, plafonnée à 2,97 millions de barils dans le cadre du dernier accord de l’OPEP. L’exploration et la production sont entièrement nationalisées depuis 1975. Le plan de modernisation de la filière (exploration, production, raffinage, pétrochimie) d’ici 2040 prévoit un investissement cumulé de 500 MdUSD. L’un des objectifs est d’augmenter la capacité de production à 4,75 millions de barils par jour en 2040. Concentrée dans le sud du pays, l’exploitation des réserves d’hydrocarbures dans l’ouest et le nord sont aussi à l’étude malgré les difficultés techniques.

Dans l’aval pétrolier, le Koweït vient de finaliser la modernisation des raffineries de Mina Al Ahmadi et Mina Abdullah, dans le cadre du Clean Fuels Project (16 MdUSD) et se consacre pleinement à la réalisation du Az Zour New Refinery Project - NRP (15 MdUSD), qui offrira une capacité de production de 615 000 barils/jour, en plus de la construction d’un complexe pétrochimique (Olefins 3 et 4 dans le cadre du projet PRIZe, 7 MdUSD) et d’un terminal de gaz naturel liquéfié (2 MdUSD).

La fermeté des cours du pétrole, associée au phasage des cycles d’investissement dans le secteur, devrait conduire à une reprise des investissements des K companies, notamment dans la pétrochimie, l’exploration offshore et le développement des Infrastructures de production gazière.

Az Zour New Refinery Project - NRPAz Zour New Refinery Project - NRP

Utilities

La consommation d’électricité par personne au Koweït est une des plus élevées dans le monde. Le pays consomme actuellement près de 350 000 barils/jours pour sa production d’électricité et son activité de dessalement de l’eau de mer, représentant une somme quotidienne de 5 MKWD (16 MUSD). Estimée à 30 000 MW en 2030 et nécessitant 1M de barils/jour, ces prévisions à la hausse de la demande en électricité conduisent le Ministère de l’Electricité et de l’Eau à développer les énergies renouvelables non conventionnelles jugées moins coûteuses et moins polluantes. Le Koweït s’est fixé comme objectif d’atteindre une part de 15 % d’énergie renouvelable (ENR) dans son mix énergétique du pays d’ici 2030. Le projet du Shagaya Renewable Energy Park (SREP), situé dans le désert à une centaine de kilomètres de Kuwait City, devrait lui permettre d’atteindre presque entièrement cet objectif avec une capacité ENR d’au moins 3 000 MW. L’Autorité pour les partenariats public-privé a récemment émis un appel d’offres pour la sélection d’un consultant chargé d’établir un cahier des charges pour la sélection d’un Independent Power Producer (IPP), afin que cette capacité ENR soit mise en service commercial au 3ème trimestre 2023.

S’agissant de l’eau, le Koweït est un des pays qui subit l’un des plus importants stress hydriques au monde avec un ratio d’eau disponible par habitant de 5 m3 par an. Pour répondre à une consommation 34 fois plus importante que ses approvisionnements naturels, le Koweït exploite le secteur de la désalinisation de l’eau de mer. Les technologies de production d’eau douce par osmose inverse, moins gourmandes en énergie, pourraient également retenir l’attention des autorités koweïtiennes.

Des appels d’offre concernant la construction de nouvelles centrales de productions d’électricité et d’eau pourraient bientôt voir le jour. Le "district cooling" et l'éclairage urbain présentent également des opportunités intéressantes.

Complexe d'énergies renouvelables Al-Shagaya

Complexe d'énergies renouvelables Al-Shagaya

Infrastructures

La « Vision 2035 » prévoit la rénovation et la construction de nouvelles infrastructures, portées notamment par les projets de construction de villes nouvelles, telles que Jaber Al Ahmad (276 logements, un centre commercial) et South Sabah Al-Ahmad (construction de logements pour 280 000 personnes et création de 145,000 emplois). Le projet phare de « Silk City », une ville nouvelle de 700 000 habitants au Nord de la baie de Koweït, reliée à Kuwait City et comportant une zone franche, est cependant actuellement en suspens.

Le secteur des transports représente 2,5% du PIB koweïtien et constitue une des priorités du plan de transformation économique du pays à l’horizon 2035. Dans ce cadre, le Koweït a pour ambition de renforcer sa position de hub régional, tant sur le plan du transport aérien (nouveau terminal) que maritime (nouveau port en eau profonde à proximité de l’Irak et l’Iran) et ferroviaire (train régional du CCEAG). Les partenariats public-privé (PPP) sont appréciés des Koweïtiens et sont souvent choisis pour le financement de ces importants projets d’infrastructures. 

Santé

La réforme du système de santé national est une composante clé du plan New Kuwait 2035. L’augmentation constante du nombre d’individus en surpoids chaque année, parmi les plus élevés au monde, augmente la prévalence, déjà importante, des pathologies liée à la surnutrition et à l’hygiène de vie (diabète, maladies cardio-vasculaires, respiratoire, cancers de l’appareil digestif, …). Ces évolutions accroissent les tensions budgétaires sur le système de santé public koweïtien, qui assure la prise en charge totale des soins dans le pays comme à l’étranger. Renforcées par la crise sanitaire, les opportunités dans le secteur de la santé au Koweït sont donc nombreuses aussi bien dans les infrastructures hospitalières (construction et gestion), l’offre de soins domestiques à l’étranger, la pharmacie, les équipements médicaux que dans la formation du personnel.

Tourisme

Malgré le développement précoce d’infrastructures et d’acteurs du secteur (la compagnie Kuwait Airways a été créée en 1953), le Koweït accuse un retard important et croissant avec tous les autres pays de la région. Le plan Kuwait 2035 vise à combler ce retard avec notamment la création de 25 000 emplois dans le tourisme. Un des projets phare concerne la transformation de cinq îles du pays (Boubyan, Warbah, Failaka, Maskan et Aouha) en zones touristiques et commerciales dotées de zones franches. Mise à mal par la crise sanitaire et économique, la stratégie touristique du menée par la Kuwait Touristic Enterprises Company (TEC) connaît un nouvel élan depuis septembre 2021. TEC a ainsi annoncé des projets de redéveloppement de 11 lieux touristiques clés (Ras al Ardh Club, Messilah Beach, Nuwaiseeb Rest Area…) dans le cadre de l’augmentation de son capital à 829 Md USD par le fonds souverain koweïtien.

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