Indicateurs et conjoncture

1/ Cadrage économique et financier

Le Koweït, pays de 4,5 millions d’habitants (dont 1,4 million de Koweïtiens), tire sa richesse de ses ressources pétrolières (3ème producteur du Golfe, 7èmes réserves mondiales), faisant de cet émirat la 4ème économie du CCEAG (PIB de 137 Md$ en 2019) et la 3ème en termes de richesse par habitant (28 500 $). La croissance en 2019 s’est établie à 0,5% mais a chuté en 2020 (-8%), compte tenu de l’environnement de prix des hydrocarbures et des contraintes sur le volume de production (accord OPEP+). Certains segments de l’économie (l’hôtellerie et la restauration, les transports et le commerce de détail) sont très fragilisés par le Covid-19 et par les mesures de précaution instaurées par le gouvernement. Le Koweït présente néanmoins des fondamentaux sains (niveau d’endettement public inférieur à 15 % du PIB, taux de chômage de moins de 3 %) qui devraient lui conférer une forte résilience. Si la croissance devrait rebondir modérément en 2021 (+0,6%), dans le contexte d’augmentation prévue des quotas de production d’hydrocarbures, l’émirat devrait retrouver son niveau d’avant la crise en 2023, à la faveur d’une forte dynamique de la consommation. Du fait de la crise sanitaire et la baisse des prix du pétrole, le déficit budgétaire pourrait atteindre les 35% du PIB. Pour le financer, le gouvernement n’émet plus de nouvelle dette, en l’absence de base légale, mais s’appuie sur le fonds de réserve générale, lequel détenait à la mi-2020 des ressources estimées entre 30% et 40% du PIB. Dans ce contexte, ce fonds sera rapidement épuisé. Cette situation d’incertitude sur la gouvernance de l’émirat et ses finances publiques a conduit les agences de notation à classer le pays sous perspective négative (S&P, Fitch) voire dégrader sa note de risque (Moody’s, Aa2 à A1 en septembre 2020).

En savoir plus : cadrage économique et financier

2/ Le commerce exterieur en 2019

En 2019, les échanges commerciaux du Koweït avec le reste du monde ont diminué de 8,3% pour s’établir à 89,3 Md$, du fait principalement de la baisse des exportations (-9,5%) à hauteur de 58,7 Md$, avec un prix moyen du baril de pétrole de 61$ en 2019 (contre 68$ en 2018), partiellement compensée par celles des importations (-6%) à 30,5 Md$. Dans ce contexte, l’excédent commercial du Koweït se dégrade et s’établit à 28,2 Md$ en 2019 (‑13,7%), le maintenant toutefois à un niveau confortable de 21% du PIB. Les pays asiatiques représentent plus de 80% des exportations (Chine, Corée, Inde, Japon, principalement) et 35% des importations koweïtiennes, la Chine confirmant sa place de premier client et premier fournisseur de l’émirat (22,8% de ses exportations et 17,9% des importations). En qualité de fournisseur, la France est passée du 12ème rang en 2018 au 10ème rang en 2019  (0,9 Md$). 

En savoir plus: Le commerce extérieur du Koweït en 2019

3/ les investissements directs étrangers en 2019

Le Koweït est un émetteur net d’investissement direct étranger (IDE) et détenait en 2019 un stock d’IDE à l’étranger de 33 Md$ contre un stock d’IDE étranger au Koweït de 14,9 Md$. En termes de flux, les IDE entrants au Koweït ont continué à diminuer en 2019 et se sont établis à 104 M$, une diminution de près de 50% par rapport à l’année précédente. Ainsi, l’Emirat ne reçoit qu’1% des flux d’IDE entrants dans le Golfe. Les flux d’IDE sortants connaissent également une forte baisse en 2019 en s’établissant à -2,5 Md USD (-6,22 Md en un an). Le gouvernement koweïtien a toutefois entrepris plusieurs réformes pour encourager les investissements étrangers et ces progrès ont été soulignés dans le classement annuel « Ease of Doing Business » de la Banque mondiale où il figure parmi les 10 pays s’étant le plus amélioré en 2020. Ces évolutions doivent encore se concrétiser et les investisseurs soulèvent des difficultés d’accès au crédit, la longueur et le coût des procédures administratives ainsi que plus généralement les problèmes de gouvernance au Koweït.

En savoir plus: Le Koweït et les IDE en 2019

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