Relations bilatérales

Les chiffres-clés :

Dixième émetteur de flux d’IDE vers l’Inde sur la période 2000-2019, avec des flux cumulés de plus de 6,6 Mds $ d’après le ministère du Commerce indien (DIPP), la France est aujourd’hui l’un des principaux investisseurs directs étrangers (6ème investisseur G20). Les 540 filiales françaises (première présence européenne) généraient en 2015 près de 300 000 emplois (deuxième employeur européen) pour un chiffre d’affaires de 12,2 Mds €. Le stock d’investissements de portefeuille français en Inde dépasse 9 Mds $. Les actifs détenus par les banques françaises sur leurs contreparties indiennes atteignent quant à eux 20 Mds. Revenu à l’équilibre en 2017, le solde des échanges de biens franco-indiens s’est détérioré en 2018. Il affiche un déficit de 464 M€ (déficit de 7 M€ vis-à-vis de l’Inde en 2017, contre 780 M€ en 2016 et plus de 2 Mds € en 2014). Le solde des échanges de services s’améliore pour sa part en 2018 avec un déficit ramené à 423 M€ au bénéfice de l’Inde (760 M€ en 2017 pour un volume d’échange de 4 Mds €).

Investissements directs français en Inde : 6,6 Mds € entre 2009 et 2019 et une importante présence française en Inde au regard du nombre de filiales

Les entreprises françaises sont très présentes en Inde. L’enquête européenne OFATS sur l’activité des filiales étrangères des groupes français, dont la dernière édition, parue au printemps 2018 pour l’année 2015, recense officiellement 543 filiales de groupes français implantées en Inde, où seraient donc présents plus d’un cinquième des groupes français qui comptent au moins une filiale à l’étranger. D’après Eurostat, la présence française était en 2015 la deuxième par le nombre de salariés, la troisième par le chiffre d’affaire (12,2 Mds €) et la première par le nombre de filiales parmi les membres de l’UE. Pratiquement tous les grands groupes français sont désormais présents en Inde : 37 des groupes du CAC 40 sont implantés dans le pays. Entre 50 et 70 PME seraient également installées sur le territoire indien tout comme environ 180 autoentrepreneurs français.

Selon les chiffres de la Banque de France, le stock d’IDE français en Inde s’élevait à 5,5 Mds € au 31 décembre 2018. Ce montant a progressé très rapidement au cours des dernières années (doublement depuis 2013, quasi-quadruplement depuis la crise financière) et fait au niveau mondial de l’Inde le 27ème pays d’accueil des IDE français sans préjudice des flux, importants, qui transitent vers ce pays par des juridictions tierces.

Les exportations, en légère hausse en 2018, ont été tirées par la bonne performance du poste aéronautique…

Bien que portées par le dynamisme des échanges aéronautiques, les exportations françaises ont marqué un net ralentissement en 2018 : elles ont enregistré une hausse, selon les douanes, de seulement 3,4% en glissement annuel pour s’établir à 5,53 Mds €. La part relative de l’Inde dans les exportations françaises, aurait, par conséquent, légèrement augmenté (+ 0,1 point) à 1,1% en 2018.

Le poste aéronautique, principal poste à l’export, affiche des ventes équivalentes à 2,9 Mds €, soit une progression annuelle de 9,5 %, dans le sillage d’une hausse soutenue des exportations d’aéronefs et de turboréacteurs. De plus, les exportations de produits complémentaires au poste aéronautique, soit les équipements de communication (autre poste lié à l’aéronautique) affichent une progression sensible, de 71 % pour s’établir à 147 M €, tandis que les instruments et appareils de mesure, d'essai et de navigation sont en repli de 47 % à 196 M€ en 2018.

La bonne orientation des ventes se confirme pour la composante afférente aux produits chimiques (+ 16 % à 248 M€). De plus, les commercialisations de produits pharmaceutiques demeurent aussi bien orientées : leur progression s’affichait, hors produits aromatiques et médicinales, à 4,4% en 2018 pour un total de 153 M€, soit 2,8% de l’ensemble des exportations sur la période. En légère baisse par rapport à 2017, les exportations de matériel de distribution et de commande électrique ont marqué un recul de 2,9 % pour s’établir à 94 M€ en 2018. Les ventes de moteurs, génératrices et transformateurs électriques ont enregistré une chute significative pour atteindre 60 M€, soit une baisse de 42%. En outre, les machines à usage médical (53 M€) enregistrent une progression annuelle de 27,2 %, pour s’établir désormais devant les machines d’usage général ( 5,3% à 53 M€). Les exportations de matériaux et produits industriels sont, quant à elles, principalement concentrées sur les matières plastiques sous forme primaire (+ 7,2% à 81 M€) et sur les produits de la métallurgie : produits sidérurgiques de base et ferroalliages (- 7,4% à 73 M€).

Evolution des exportations françaises vers l'Inde, 2008-18

… Alors que les importations françaises depuis l’Inde ont nettement rebondi, sous l’effet de la remontée des flux d’hydrocarbures raffinés...

Les importations de produits indiens s’affichaient, pour leur part, en hausse de 12% à 6 Mds € en 2018. Cette hausse s’explique entièrement par la reprise des importations d’hydrocarbures raffinés : à 550 M€ en 2017 (10 % des importations depuis l’Inde), elles ont connu un quasi doublement en 2018 pour s’établir à 1,1 Md €. Cet essor revêt, pour l’essentiel, un caractère ponctuel, lié principalement à l’évolution du cours des hydrocarbures.

Cette augmentation des importations françaises est également imputable à l’évolution contraire du poste « autres produits chimiques et organiques de base », en hausse de 22% à 278 M€ des importations, ainsi que de la composante « textiles confectionnés, hors habillement » qui enregistre, en 2018, un essor de 11,7% à 203 M€. Par ailleurs, les exportations indiennes d’articles de joaillerie et bijouterie ont enregistré une hausse de 19 % pour s’établir à 196 M€. Dans une moindre mesure, les importations françaises depuis l’Inde ont été tirées par la hausse des achats de préparations pharmaceutiques (+16,6 % à 136 M€) et de produits pharmaceutiques de base (+31,5 % à 71 M€), à l’instar des engrenages et organes mécaniques de transmission (+26,8 % à 76 M€) ou bien des câbles de fibres optiques (+212 % à 53 M€).

A l’inverse, les exportations indiennes de véhicules automobiles ressortent, quant à elles, à la baisse (- 45,5% à 121 M€), à l’instar des produits du travail des grains (- 52% à 31 M€). On notera également que les ventes indiennes de préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche ont reculé de 18,3% à 106 M€, de même que les importations françaises d’huiles et graisses, qui se sont infléchies de 8 % à 174 M€.

Enfin, les importations françaises de matériel de distribution et de commande électrique s’affichent, pour leur part, en baisse de 27,3 % à 48 M€.

Evolution des importations françaises depuis l'Inde, 2008-18

… Entrainant au total l’accentuation du déficit commercial

Le solde des échanges de biens entre la France et l’Inde s’est traduit, en 2018, par un déficit de 464 M€ au détriment de la France, contre 15 M€ un an plus tôt. Ces chiffres suggèrent ainsi un renversement de la tendance à la résorption du déficit bilatéral, revenu d’un pic de 2,5 Mds € en 2014 à respectivement 770 et 15 M€ en 2016 et 2017. La bonne orientation du poste aéronautique n’est pas suffisante pour pallier le creusement du déficit associé aux échanges d’hydrocarbures.

Le solde hors-aéronefs est déficitaire de 3,3 Mds € au détriment de la France en 2018 (contre 2,6 Mds € en 2017), tandis que le solde hors-aéronefs et hydrocarbures affiche un déficit de 2,2 Mds € en 2018, contre 2,1 Mds € un an plus tôt. Si le creusement du déficit lié aux hydrocarbures (1 Md € en 2018), qui résulte essentiellement de facteurs exogènes, est susceptible de se poursuivre, les échanges d’aéronefs, dont les perspectives demeurent positives, devraient permettre de limiter le déficit cette année. On relèvera par ailleurs que le déséquilibre subi par la France au titre des produits textiles et de l’habillement, est resté stable à 1,2 Md € en 2018, et continue à expliquer l’essentiel du déficit français dans les autres catégories de biens. Dans l’attente de la publication des chiffres du T4 pour les services, le solde des échanges de biens affiche un déficit de 464 M € en défaveur de la France.

Evolution du solde des échanges franco-indiens, 2008-18

Alors que le déficit des échanges bilatéraux de services se réduit

Structurellement déficitaire, le déficit des échanges de services, évalué à l’aune des données d’Eurostat (qui différent des données des douanes françaises), se contracte pour atteindre 423 M€ en en faveur de l’Inde en 2018, contre 736 M€ en 2017. Le déficit français vis-à-vis de l’Inde se concentre ainsi, pour l’essentiel, sur deux postes : les services liés aux TIC et les « services divers aux entreprises » (R&D, conseil et gestion principalement), dont les soldes s’affichaient à respectivement – 192 et – 662 M€ en 2018 (contre - 343 et – 656 M€ en 2017). Le solde des services liés aux transports, à l’entretien et réparation ainsi qu’aux voyages demeure, inversement, à l’avantage de la France (487 M€ en 2018 – dont 258M€ pour la seule composante, « transports »). Il en va de même pour les prestations liées à l’usage de la propriété intellectuelle (+ 91 M€).

Solde des échanges de services, 2008-18

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