Relations bilatérales

Les chiffres-clés :

La France est aujourd’hui le 6ème investisseur en Inde au sein des pays du G20. Les investissements français ont quadruplé en dix ans pour atteindre 8,5 Mds USD en stock (9ème rang et +1,5 Mds USD par rapport à septembre 2019), selon le département indien pour la promotion de l’Industrie et du commerce international. La France se classe par ailleurs première nation européenne en termes de stocks d’IDE en Inde. C’est également le premier employeur européen avec 350 000 emplois. En contrepoint, les investissements indiens dans l’économie française (< 300 M€) apparaissent encore trop faibles au regard de l’importance des stocks d’IDE détenus vis-à-vis du reste du monde (150 Mds $).

Le déficit commercial a atteint 882 M€ en 2019, pour un volume des échanges resté à l’équilibre (11,6 Mds€). Pour la première fois depuis 2014, les ventes d’aéronefs, qui représentent près de la moitié des exportations françaises vers l’Inde, ont chuté de 13,8%, ce qui explique la contraction des exportations de 3,1% à 5,4 Mds€. La dégradation du solde bilatéral tient surtout au creusement du déficit français dans la catégorie de l’habillement (+3,8% à 1,8 Mds€), alors que les importations d’hydrocarbures raffinés se maintiennent à haut niveau (1,1 Mds€).

Au premier semestre 2020, les échanges bilatéraux ont été très affectés par la pandémie de Covid-19. Ils diminuent de 31% en g.a. Le solde commercial reste toutefois à l’étale par rapport à l’année précédente, soit -790 M EUR. On relève une diminution très marquée à la fois des importations (- 27% en g.a) comme des exportations (- 36% en g.a.), et en particulier les exportations de produits aéronautiques (- 68% en g.a). A fin juin 2020, la France se positionne comme le 20ème client de l’Inde (perte de 8 places) et son 29ème fournisseur (-3 places).

Etat des lieux du commerce bilatéral franco-indien pour l’année 2019

Commerce bilatéral franco-indien (M EUR)

Les échanges, portés par les importations, ont creusé le déficit de la balance commerciale

Le volume des échanges commerciaux bilatéraux est resté quasiment étale en 2019 pour s’établir à 11,6 Mds€, soit une hausse de 0,5% en glissement annuel. Les exportations françaises vers l’Inde ont été ramenées de 5,5 à 5,4 Mds€ (-3,1% en g.a.) tandis que les importations en provenance de ce pays passaient dans le même temps de 6 à 6,2 Mds€ (+3,8%). Dans ce contexte, le déficit de la balance commerciale a presque doublé en 2019 en défaveur de la France, pour atteindre 882 M€ (contre 464 M€ un an plus tôt). Ces chiffres confirment le renversement de tendance à la résorption du déficit bilatéral, revenu d’un pic de 2,5 Mds€ en 2014 à respectivement 770 et 15 M€ en 2016 et 2017.

Le classement de l’Inde au rang des partenaires commerciaux de la France a peu changé. En 2019, l’Inde est le 18ème client de la France (-3 places) et s’impose comme son 20ème fournisseur. En revanche, l’Inde devient le 27ème déficit commercial de la France (35ème en 2018). Au sein de la région Asie du Sud, l’Inde est le 2ème déficit derrière le Bangladesh, le 1er client, et devient le 1er fournisseur (+1 place) de la France.

Les exportations de biens se contractent pour la première fois depuis 2014

Les exportations françaises vers l’Inde se sont contractées de 3,1% en g.a. pour atteindre 5,4 Mds€, une première depuis 2014. C’est notamment la trajectoire subie par le secteur aéronautique, principal poste à l’exportation (2,6 Mds€ soit 47,6% du total des exportations françaises en Inde et près de 7% de parts de marché dans le monde), dont les ventes d’aéronefs ont chuté de 13,8% à 2,5 Mds€ tandis que celles des instruments et appareils de mesures sont restées quasi stables à 194 M€ (-1%).

Les importations continuent de suivre, en revanche, une trajectoire dynamique

Le volume des importations françaises en provenance d’Inde a cru de nouveau en 2019 pour s’établir à 6,2 Mds€, soit une augmentation de 3,8% en g.a. Cela se traduit notamment par la hausse des achats de textiles et d’habillement, très déséquilibrés au profit de l’Inde (+3,7% à 1,8 Mds€) ainsi que le maintien au même niveau des achats d’hydrocarbures raffinés (1,1 Mds€ équivalents à 17,6% du total des importations) dont la baisse du cours en 2019 suggère une augmentation des volumes importés.

Evolution du solde des échanges franco-indiens (Mds EUR)

Le ralentissement des échanges, déjà perceptible au début du premier semestre 2020, s’est creusé en raison de la crise sanitaire

Commerce bilatéral franco-indien au S1 2020 (M EUR)

A l’issue du S1 2020, le solde des échanges bilatéraux s’établit à 789,5 M€ en défaveur de la France, soit une augmentation marginale de 0,4% en g.a. par rapport au S1 2019. Les exportations vers l’Inde atteignent 1 642 M€ soit une chute de 36% par rapport au S1 2019 (en g.a.). Les importations se montent à 2 432 M€, soit une diminution de 27% par rapport au S1 2019 (en g. a.).

Deux tendances se dégagent au cours de la période sous-revue. Tout d’abord, dès le début du S1 2020, les échanges ralentissent par rapport au S2 2019. Néanmoins, les résultats du S1 2020 restent comparables aux résultats du S1 2019 jusqu’à fin mars et le début du confinement lié à la crise sanitaire (en France du 17 mars au 11 mai et en Inde du 25 mars au 8 juin). En effet, les résultats de la seconde moitié du semestre témoignent de l’effet conjoncturel du Covid-19 sur le commerce bilatéral franco-indien. En conséquence, toutes les valeurs diminuent en avril (-49% en glissement mensuel) et en mai (-18% en g.m.) tandis que les exportations et importations chutent respectivement de 69% et 30% (en g.m.) rien que pour le mois d’avril. En juin, la sortie du déconfinement et la reprise partielle de l’activité sont à l’origine d’une amélioration des échanges (+57% en g.m.), et en particulier des exportations (+13% en g.m.).

Au total, les échanges ont diminué de 29% par rapport au semestre précédent (5 757 M€ au S2 2019) et de 31% par rapport à la même période en 2019 (5 905 M€ en 2019 et 4 074 M€ en 2020). Les exportations diminuent de 36% par rapport au S1 2019 et de 41% par rapport au S2 2019, tandis que les importations diminuent de 27% par rapport au S1 2019 et de 18% par rapport au S2 2019.

A l’issue du premier semestre 2020, la France est le 20e client de l’Inde (12e au S1 2019) et son 29e fournisseur (26e au S1 2019).

En raison du Covid-19, les exportations aéronautiques chutent alors que celles de produits chimiques et pharmaceutiques se maintiennent à bon niveau

L’aéronautique est depuis plusieurs années le secteur d’exportation majeur de la France en Inde et représentait respectivement 52% et 46% de celles-ci en 2018 et 2019. Mais la crise sanitaire a fortement affecté les exportations des produits de l’industrie aéronautique ; ainsi, entre avril et mai 2020, les exportations d’aéronefs sont tombées respectivement à 1 et 2 M€ pour ne plus représenter que 1% du total des exportations. A noter toutefois que, sous l’effet du déconfinement progressif en Inde, les exportations ont repris en juin pour atteindre 58,8 M€. Aux termes du S1 2020, les produits de l’industrie aéronautique ne représentent plus que 23% des exportations, contre 46% au terme du S1 2019, soit une diminution de 68% en g.a.

Evolution des exportations d'aéronefs et engins spatiaux (M EUR)

Les produits chimiques et pharmaceutiques constituent le poste d’exportation le plus robuste et le seul qui n’a pas souffert de profond ralentissement face à la crise sanitaire. Si le montant des exportations de produits chimiques et pharmaceutiques reste stable du S2 2019 au S1 2020, il faut noter cependant l’augmentation de la part de ces produits (7% en g.a.) dans les exportations françaises en Inde au S1 2020, qui représentent 21% du total des exportations contre 14% au S1 2019.

Exportations de produits chimiques et pharmaceutiques (M EUR)

Le tassement des importations dans un contexte de ralentissement global des échanges

La diminution des importations, déjà constatée au S2 2019, est accentuée par la crise du COVID-19 avec une contraction de 27% en g.a. au S1 2020. Les importations ont été ramenées de 3 346 M€ au S1 2019 à 2 432 M€ au S1 2020. La diminution des importations la plus importante est celle des d’hydrocarbures (-52% par rapport à S2 2019), conséquence de la crise sanitaire mais aussi de la baisse du prix des cours du pétrole (16,97€ le baril en mai). S’en suivent les produits pétroliers, raffinés et coke (-43% par rapport à S2 2019) et enfin les matériels de transport (-42% par rapport à S2 2019). Les produits agricoles et les produits pharmaceutiques sont les seuls postes d’importation en hausse.

La ventilation des importations ne change pas sous l’effet de la crise sanitaire, les quantités importées diminuent mais il n’y a pas de réorganisation des postes d’importation liée au Covid-19.

La France, sixième investisseur du G20 en Inde et premier européen

Selon le département indien pour la promotion de l’Industrie et du commerce international, le stock d’IDE cumulés sur la période avril 2000 – mars 2020 s’élève à 8,5 Mds USD pour la France, au 9ème rang (+1,5 Mds USD par rapport à septembre 2019). La Banque centrale indienne (RBI) considère pour sa part la France comme le 6ème investisseur G20, avec un stock de 6,6 Mds $ au 31 mars 2019. Premier employeur européen (environ 350 000 emplois), la France serait, selon Eurostat, le premier investisseur européen devant l’Allemagne au regard du nombre et du chiffre d’affaires de ses filiales.

Doublement des IDE français en Inde en dix ans

Selon la Banque centrale indienne, le stock d’IDE français a doublé depuis la crise financière et triplé en dix ans pour s’établir à 6,6 Mds € au 31 mars 2019 (2% du total) pour l’exercice 2018-19 (avril 2018 – mars 2019). En recul pour la deuxième année consécutive (+ 614 M€ en 2017-18, + 511 M€ en 2018-19, 406 M € sur l’exercice 2018-19), ce stock continue en revanche à progresser au regard des seuls capitaux propres, pour lesquels la position française s’affichait à 5,8 Mds € fin 2018. La progression de nos investissements directs s’explique aussi bien par le dynamisme de l’économie indienne des dernières années (croissance moyenne de 7,3% sur les vingt dernières années) que par son ouverture croissante aux IDE (les entrées de capitaux propres ont été multipliées par près de quatre en dix ans). La libéralisation du régime des IDE s’est accélérée grâce aux mesures prises en ce sens en 2015, 2016 et 2018.

La France, premier employeur européen en Inde

L’enquête INSEE/Eurostat recense officiellement 543 filiales françaises (et plus de 1000 implantations) en Inde. Selon les dernières données chiffrées de 2015, cette présence française générait 289 000 emplois, pour un chiffre d’affaires de 12,2 Mds€ et un investissement brut en biens corporels de 626 M€. Pratiquement tous les grands groupes français et sociétés du CAC 40 sont implantés en Inde. On dénombre également, malgré un marché très concurrentiel, entre 50 et 70 PME (mécanique, électronique, chimie-pharmacie) ainsi qu’environ 180 autoentrepreneurs.
Les 1051 implantations françaises en Inde couvrent l’ensemble du territoire, mais se concentrent surtout dans quelques Etats (Mahārāshtra, Région capitale, Karnataka et Tamil Nadu). Les centres de décisions sont quant à eux situés autour de quelques villes : Bombay 30% ; Delhi 27% ; Bangalore 15% ; Pune 10% ; Chennai 5%.

Les flux d’IDE indiens volatils et sujets à de fortes révisions

Les flux d’IDE indiens en France s’affichent souvent depuis 10 ans en territoire négatif, mais ont connu un rebond marqué en 2019 avec 202 M€ selon la Banque de France, pour un stock qui lui est estimé à 174 M€.
Près de 120 entreprises indiennes étaient présentes en France en 2019, selon Business France, et emploieraient près de 8000 salariés. L’INSEE recense 60 entreprises indiennes en France (hors-activités financières et d’assurance), pour un chiffre d’affaires de 780 M€ et 3 000 personnes employées.

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