Relations bilatérales

Les chiffres-clés :

La France est aujourd’hui le 6ème investisseur en Inde au sein des pays du G20. Les investissements français ont quadruplé en dix ans pour atteindre 9,8 Mds USD en stock en 2020 (11ème rang et +2,7 Mds USD par rapport à décembre 2019), selon le département indien pour la promotion de l’Industrie et du commerce intérieur. La France se classe par ailleurs premier employeur européen avec 350 000 emplois. En contrepoint, les investissements indiens dans l’économie française (< 300 M€) apparaissent encore trop faibles au regard de l’importance des stocks d’IDE détenus vis-à-vis du reste du monde (150 Mds $).

Conséquence de la crise sanitaire qui a paralysé l’activité économique, le volume des échanges commerciaux bilatéraux entre la France et l’Inde a enregistré en 2020 un recul de 23,1% en glissement annuel pour s’établir à 9 Mds EUR. Déjà en baisse en 2019, une première depuis 2014, les ventes d’aéronefs ont chuté de moitié et ne représentent plus que 30% du total des exportations en 2020. Dans le même temps, les achats d’habillement marquent un repli de près de 20%, ce qui réduit le déficit français dans cette catégorie (-1,4 Mds EUR) alors que les importations d’hydrocarbures raffinés s’effondrent de 70% sous l’effet de la chute des cours internationaux. Seuls les produits pharmaceutiques semblent conserver leur dynamisme, tant pour les importations (+30,6% en g.a.) que pour les exportations (+6,7% en g.a.).

Dans ce contexte, le déficit de la balance commerciale s’est resserré l’an passé en défaveur de la France, pour atteindre 574 M EUR (contre 899 M EUR un an plus tôt), soit à un niveau comparable à 2018.

 

Etat des lieux du commerce bilatéral franco-indien pour l’année 2019

Evolution annuelle des échanges commerciaux bilatéraux (Mds EUR)

Les échanges, impactés par la crise sanitaire, affectés dans les deux sens

Conséquence de la crise sanitaire qui a entravé l’activité économique, le volume des échanges commerciaux bilatéraux entre l’Inde et la France a significativement baissé en 2020 pour s’établir à 9 Mds EUR, soit une réduction de 23,1% en glissement annuel. Les exportations françaises vers l’Inde ont été ramenées de 5,4 à 4,2 Mds EUR (-21,4% en g.a.), tandis que les importations passaient dans le même temps de 6,3 à 4,8 Mds EUR (-23,5%).

Dans ce contexte, le déficit de la balance commerciale s’est resserré l’an passé en défaveur de la France, pour atteindre 574 M EUR (contre 899 M EUR un an plus tôt), soit à un niveau comparable à 2018.

Le classement de l’Inde au rang des partenaires commerciaux de la France a peu évolué. En 2020, l’Inde est le 19ème client de la France (-1 place) entre le Portugal et l’Algérie, avec une part relative dans les exportations françaises de 1% et s’impose comme son 23ème fournisseur (-3 places), entre la Slovaquie et la Hongrie. Par ailleurs, l’Inde devient le 32ème déficit commercial dans le monde (27ème en 2019), entre la Russie et le Pakistan.

Au sein de la région Asie du Sud, l’Inde est le 3ème déficit derrière le Bangladesh et le Pakistan donc, le 1er client (85% des exportations, stable par rapport à 2019) et reste le premier 1er fournisseur de la France (56% des importations dans la région).

Les exportations de biens chutent, entrainées par la baisse de moitié des ventes d'aéronefs

Les exportations françaises vers l’Inde se sont contractées de 21,4% en g.a. pour atteindre 4,2 Mds EUR. S’il s’agit de la deuxième année consécutive de ralentissement (-3,1% à 5,4 Mds en 2019), la crise sanitaire et l’atonie de la demande globale qui en a résulté lui ont donné des proportions inédites.

La trajectoire subie par le secteur aéronautique est d’ailleurs révélatrice. La fermeture des frontières et la suspension des vols a drastiquement réduit la demande en aéronefs (-52% en g.a.), premier poste traditionnel à l’exportation. Ceux-ci, qui représentaient encore plus de 50% du total des exportations en 2018, sont tombés à moins de 30% en 2020 à 1,2 Mds EUR. Cette contreperformance a été toutefois partiellement compensée par l’augmentation des ventes d’instruments et appareils de mesures et de navigation, portées de 166 à 426 M.

Grâce au doublement de leurs ventes, portées de 92 à 200 M EUR, les équipements de communication arrivent en troisième position des exportations françaises en Inde. De même, les exportations de produits pharmaceutiques restent dynamiques (+6,7 % en g.a. après +26,9% en 2019) et représentent près de 5% du total des ventes françaises en Inde.

Les importations à la baisse, à l'exception notable des produits pharmaceutiques

Le volume des importations françaises en provenance d’Inde a chuté pour la première fois depuis 2015 pour s’établir à 4,8 Mds EUR, soit une réduction de 23,5% en glissement annuel.

Tous les principaux postes d’importations ont connu une trajectoire à la baisse. C’est le cas des achats de textiles et habillement (premier poste d’importations avec 29,8% du total et principal solde négatif dans les échanges franco-indiens), qui se réduisent de 19,1% en g.a. De même, si la chute des cours du pétrole, provoquée par la baisse globale de la demande, a bénéficié à l’Inde (importateur net d’hydrocarbures), elle a quand même généré aussi un impact négatif sur les ventes d’hydrocarbures raffinés (ramenées de 1 Md à 330 M EUR) dont le poids total dans les importations françaises a chuté de 17,4 à 6,9% entre 2019 et 2020.

Seuls les produits pharmaceutiques restent sur une tendance très dynamique. En augmentation de 30,6% en g.a, les importations se sont élevées à 270 M EUR en 2020 et représentent désormais 5,6% du total des importations depuis l’Inde.

Evolution du solde des échanges franco-indiens (Mds EUR)

La France, sixième investisseur du G20 en Inde et premier employeur européen

Selon le département indien pour la promotion de l’Industrie et du commerce intérieur, le stock d’IDE cumulés sur la période avril 2000 – décembre 2020 s’élève à 9,8 Mds USD pour la France, au 11ème rang (+2,7 Mds USD par rapport à décembre 2019). La Banque centrale indienne (RBI) considère pour sa part la France comme le 6ème investisseur G20, avec un stock de 7,8 Mds $ au 31 mars 2020. Premier employeur européen (environ 350 000 emplois), la France serait, selon Eurostat, le premier investisseur européen devant l’Allemagne au regard du nombre et du chiffre d’affaires de ses filiales.

Doublement des IDE français en Inde en dix ans

Selon le département indien pour la promotion de l’industrie et du commerce intérieur, le stock d’IDE français a été multiplié par 4,4 en dix ans pour s’établir à 9,8 Mds USD au 31 décembre 2020 (1,9% du total). Alors que l’année 2018 a été la plus faible en termes de flux d’investissements français en Inde depuis plus de dix ans (410,1 M USD contre une moyenne de 563 M USD par an entre 2010 et 2019), 2020 a été une année record avec près de 2,7 Mds USD. La France est le 7ème investisseur en flux en 2020, devant le Royaume-Uni (+2,1 Mds USD), le Japon (+1,4 Mds USD) ou encore l’Allemagne (+0,6 Md USD).

La progression de nos investissements directs s’explique aussi bien par le dynamisme de l’économie indienne des dernières années (croissance moyenne de 7,3% sur les vingt dernières années) que par son ouverture croissante aux IDE (les entrées de capitaux propres ont été multipliées par près de quatre en dix ans). La libéralisation du régime des IDE s’est accélérée grâce aux mesures prises en ce sens en 2015, 2016 et 2018.

La France, premier employeur européen en Inde

L’enquête INSEE/Eurostat recense officiellement 543 filiales françaises (et plus de 1000 implantations) en Inde. Selon les dernières données chiffrées de 2015, cette présence française générait 289 000 emplois, pour un chiffre d’affaires de 12,2 Mds€ et un investissement brut en biens corporels de 626 M€. Pratiquement tous les grands groupes français et sociétés du CAC 40 sont implantés en Inde. On dénombre également, malgré un marché très concurrentiel, entre 50 et 70 PME (mécanique, électronique, chimie-pharmacie) ainsi qu’environ 180 autoentrepreneurs.

Les 1051 implantations françaises en Inde couvrent l’ensemble du territoire, mais se concentrent surtout dans quelques Etats (Mahārāshtra, Région capitale, Karnataka et Tamil Nadu). Les centres de décisions sont quant à eux situés autour de quelques villes : Bombay 30% ; Delhi 27% ; Bangalore 15% ; Pune 10% ; Chennai 5%.

Les flux d’IDE indiens volatils et sujets à de fortes révisions

Les flux d’IDE indiens en France s’affichent souvent depuis 10 ans en territoire négatif, mais ont connu un rebond marqué en 2019 avec 202 M€ selon la Banque de France, pour un stock qui lui est estimé à 174 M€.
Près de 120 entreprises indiennes étaient présentes en France en 2019, selon Business France, et emploieraient près de 8000 salariés. L’INSEE recense 60 entreprises indiennes en France (hors-activités financières et d’assurance), pour un chiffre d’affaires de 780 M€ et 3 000 personnes employées.

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