Les relations économiques bilatérales France–Honduras en 2020

Résumé : Le Honduras reste notre premier partenaire commercial dans la région malgré une forte baisse de nos exportations entrainant le plus fort déficit pour la France depuis plus de dix ans. La présence économique française dans le pays reste modeste alors que quelques projets ainsi que le plan de reconstruction du pays post-ouragans pourraient redynamiser les IDE et nos exportations.
Un déficit record marqué par des exportations de produits manufacturés en berne

Historiquement déficitaire, le solde négatif de nos échanges avec le Honduras s’est fortement dégradé en 2020. Alors que nos échanges bilatéraux sont restés relativement stables à 130 MEUR en 2020 en baisse de 4%, le déficit pour la France a quant à lui augmenté de 53% selon les douanes françaises. Nos importations en présence du Honduras sont dès lors sept fois plus élevées que nos exportations.

Cette situation s’explique d’abord par la forte baisse de nos exportations, en recul de 57% en g.a., à 15 MEUR. Si l’année 2020 souffre d’une base de comparaison exceptionnellement haute en 2019, les exportations françaises ayant progressé de 96% entre 2018 et 2019 grâce à la vente ponctuelle de moteurs pour machines agricoles, elle reflète d’abord une baisse structurelle de nos exportations. Malgré une hausse de 49% de nos exportations de produits chimiques divers, devenant notre second poste avec 2 MEUR, nos principaux postes ont connu des baisses sensibles : -32% (à 2,7 MEUR) pour les machines diverses d’usage spécifique, -19% (à 1,3 MEUR) pour les produits pharmaceutiques et -94% pour les machines et équipements d’usage général. Nos exportations sont globalement volatiles, cinq secteurs ayant plus que doublé en 2020. Les exportations de produits laitiers et fromages, multipliées par 34 en 2019 pour atteindre 2,1 MEUR, sont redevenues nulles en 2020.

Selon les statistiques miroirs du Honduras, les importations du pays en provenance de France ont reculé de 47,3%, à 42,5 MUSD[1]. Notre part de marché passe ainsi de 0,8 à 0,5%, dans un contexte de baisse des importations honduriennes limité à 13,5%. Parmi nos principaux concurrents, l’Allemagne voit ses exportations vers le Honduras baisser de 18,7% (à 165,9 MUSD, soit 1,9% de part de marché), l’Espagne de 10,6% (à 87,9 MUSD) et l’Italie de 21,5% (à 72,6 MUSD). La France est le troisième pays identifié, derrière le Pérou et l’Equateur, dont les exportations vers le Honduras ont le plus diminué. Les trois principaux fournisseurs du Honduras, représentant conjointement 58% des importations du pays, enregistrent des sorts différents : -18,4% pour les Etats-Unis (à 2,8 Mds USD), -12,5% pour la Chine (à 1,3 Md USD) et +1,9% pour le Guatemala (à 1 Md USD).

Selon les douanes françaises, nos achats en provenance du Honduras ont atteint 114 MEUR en 2020, en progression de 14% g.a. Les produits de la culture et de l’élevage représentent 63% de nos importations et ont progressé de 13% sur l’année. Dans le détail, cette forte progression est notamment due au café, qui représente la moitié des importations à 54 MEUR (+5,5% malgré le passage des ouragans en novembre). La crevette, dont la France est le premier importateur européen, représente notre deuxième poste d’importation pour 13 MEUR (+49%). Les autres grands postes ont quant à eux connu des fortunes diverses : +20% à 18 MEUR pour les autres produits de la pêche, les minerais métalliques ont presque quintuplé pour atteindre 6,8 MEUR alors que les importations d’habillements et d’huiles végétales et animales ont respectivement baissé de 27% à 6,6 MEUR et 19% à 3,3 MEUR.

Selon les statistiques miroirs du Honduras, les exportations honduriennes vers la France ont représenté 64,6 MUSD[2] en 2020, en progression de 19%. Cette forte dynamique est d’autant plus marquée que les exportations globales honduriennes n’ont augmenté que de 0,6% et celles destinées à l’Europe que de 2%. La France reçoit 1,5% des exportations honduriennes, une part stable sur les dernières années. La France se place 7ème client européen derrière notamment l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique avec respectivement 6,6%, 5,6% et 2,8% des exportations. Les trois principaux débouchés des exportations honduriennes, représentant conjointement plus de la moitié du total des exportations du pays, demeurent les Etats-Unis (1,5 Md USD, en hausse de 2,2% en 2020), El Salvador (-3,6%, à 337 MUSD) et le Guatemala (+9,2%, à 318 MUSD). Il est à noter que l’Allemagne, anciennement troisième marché du Honduras, a vu ses importations baisser de 7% en 2020 et devient le quatrième client du pays.

En comparaison régionale, le Honduras représentait 14% de nos exportations vers le CA-4 en 2020 (contre 24% un an plus tôt) et 54% de nos importations (contre 44% en 2019).

Une présence française modeste, marquée par des opportunités liées à deux FASEP

Dans un contexte de pandémie et de catastrophes climatiques, la présence économique française est restée modeste en 2020.  En revanche, le consortium Thales / Gemalto / Selp a remporté l’appel d’offres relatif aux nouvelles cartes d’identité. A l’échelle macroéconomique, la Banque centrale hondurienne rapporte des flux d’IDE français nuls[3] à la fin du troisième trimestre 2020.



[1] Cette donnée ne prend cependant pas en compte les investissements réalisés par les filiales françaises basées dans la région (Mexique, Colombie, Panama notamment) et contribuant au développement du pays

[2] L’écart avec les statistiques des douanes françaises pouvant être dû notamment à des centres de distributions régionaux basés au Guatemala, approvisionnant les marchés hondurien et salvadorien depuis ce pays, mais étant enregistrés comme des exportations vers le Guatemala dans les statistiques des douanes françaises.

[3] L’écart avec les données des douanes françaises tient notamment à la prééminence des ports d’Hambourg et Rotterdam dans le transit des exportations honduriennes vers la France, aboutissant à comptabiliser, dans les statistiques honduriennes, vers l’Allemagne ou les Pays-Bas des exportations en réalité destinées à notre pays.

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