Indicateurs et conjoncture

Sur l'économie: la croissance du PIB 2017 est en hausse a + 4,1% (après +3,6% en 2016), soit la deuxième meilleure de la région après celle du Nicaragua (+4,4%). La situation du pays reste néanmoins complexe du fait des défis structurels considérables à relever (pauvreté, violence/insécurité, corruption). Le climat des affaires reste très sensible au degré de stabilité politique, malmenée depuis novembre 2017. On rappelle que l’économie est grandement tournée vers l'agro-industrie (60% des exports qui progressent bien ces dernières années: café (5ieme producteur mondial), huile de palme (7eme  producteur mondial et 3ème latino), bananes,  crevettes, etc.; et vers l'activité de ‘’maquilas’’ (textiles, produits électroniques et accessoires automobiles). 

 

On note une stabilisation après la crise politique au Honduras (générée au lendemain du scrutin électoral donnant gagnant, fin novembre, le Président sortant, qui a provoqué de violentes manifestations de rue et de fortes perturbations de l'activité économique). Elle reste encore au premier plan de l’actualité du pays et ses conséquences sur les perspectives économiques à venir, sur le climat des affaires et sur l’appréciation du risque-pays semblent encore difficiles à appréhender.

 

La crise de légitimité suscitée par la réélection du Président sortant, J.O Hernandez, est bien réelle au sein de l'opinion publique, avec nonobstant le sentiment que cette réélection a peut-être en définitive été la moins mauvaise des issues du scrutin présidentiel. Il faudra attendre le sort des négociations entre factions politiques opposées visant à permettre au Président élu de mettre en place une gouvernance politique réconciliatrice (négociations recommandées par l’OEA, mais actuellement dans l’impasse); et observer le comportement de l'économie sur l’année 2018, avant d'en dégager des conclusions définitives.

Dans ce contexte, le nouveau  gouvernement, en quête de respectabilité renouvelée, se met progressivement en place et s'efforce de rassurer le pays sur sa ferme volonté de poursuivre le train des réformes en cours et son action visant à relever les défis structurels du pays. Il espère ainsi impulser davantage le programme ‘’Honduras 2020’’, lancé en 2016 conjointement par le gouvernement et le secteur privé, visant à créer 600 000 nouveaux emplois (taux de chômage actuel : 7% et 70% d'activité informelle) et à générer plus de 10 MdsUSD de nouveaux investissements, notamment sur les façades Sud (pôles technologiques, énergies renouvelables, etc.) et Nord du pays (développement des maquilas et des call centers). La construction d’un canal sec interocéanique (corridor logistique avec des terminaux côtiers), voire celle d’un oléoduc reliant Puerto Cortes à Amapala (golfe de Fonseca) sont également envisagées. 

Pour l’heure, l’activité économique est en voie de normalisation. Les perspectives d’affaires dans le secteur privé et les annonces publiques sur la mise en œuvre de nouveaux projets d’infrastructures et d’équipements, inscrits notamment dans le programme Honduras 2020, ne paraissent pas, dans l’immédiat, être hypothéquées par les tensions politiques.

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