Indicateurs & Conjoncture

Eléments Structurels

La Guinée-Bissau compte 1,7 million d’habitants. Classée parmi les douze pays les plus pauvres du monde, ses indicateurs socio-économiques se situent très en-deçà des normes internationales : 178ème sur 188 selon le classement de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD en 2016. L’espérance de vie moyenne est de 57 ans (2015), le PIB par habitant de 761 USD (2017) et un tiers de la population vit en situation d’extrême pauvreté. Elle a intégré le Zone franc le 1er janvier 1997.

L’économie est caractérisée par l’importance des activités informelles, y compris les trafics illicites (drogues et bois). Le pays se situe à la 176ème place sur 190 pays dans le classement Doing Business 2018 de la Banque mondiale.

Le secteur primaire représente 46% du PIB de la Guinée Bissau et 80% des emplois, avec principalement l’exploitation de la noix de cajou non transformée (73% des exportations en valeur en 2017, 30% du PIB) et du riz destiné au marché local. Le pays est le 4ème exportateur mondial (après la Côte d’Ivoire, l’Inde et la Tanzanie) de noix de cajou, avec une production exportée 192 661 tonnes en 2017. Les exportations de noix de cajou ont rapporté environ 84 Mds de FCFA de recettes fiscales en 2017, soit 48% du montant total collecté.

Le très important potentiel halieutique est encore largement inexploité même si des licences sont accordées à des sociétés étrangères. Bien qu’aient été concédées des licences, les ressources minières ne sont pas encore exploitées (phosphates, bauxite, ilménite et zircon) et l’existence de ressources en pétrole annoncée en 2014 par la société australienne Far Ltd demande à être confirmée.

Le pays est dans une situation de sous-équipement structurel du secteur électrique, le réseau public n’assurant qu’un vingtième des besoins nationaux, avec une concentration sur Bissau, la capitale. Le réseau routier est assez peu développé et ne permet pas le désenclavement des régions présentant un potentiel agricole. Les services publics de base (santé, éducation, eau, électricité, justice, sécurité) ne sont présents qu’à Bissau.

Conjoncture économique

Le pays connait depuis 2015 une croissance économique soutenue, alors que le PIB réel a quasiment stagné en moyenne entre 2000 et 2014. Grâce au soutien continu de la dépense publique, le paiement d’arriérés, et l’augmentation en valeur des exportations de noix de cajou, la croissance a été de 4,8% en 2015, de 5,8% en 2016 et 5% en 2017 (pour une croissance démographique estimée à 2,5% par an). Le taux d’inflation moyen, qui avait atteint 5,1% en 2011, a décéléré pour atteindre 1,5% en 2016 et 2,8% en 2017.

L’investissement privé tout comme les crédits à l’économie ne progressent néanmoins que très peu. Deux projets en préparation pourraient avoir un effet sensible sur la croissance en 2018. Le premier concerne les investissements permettant aux opérateurs Orange et MTN de relier la Guinée Bissau au câble de fibre optique sous-marin pour le haut-débit d’internet au large de Dakar (atterrissement prévu en juin 2018). Le second projet est celui de la mine de phosphate de Farim dont le début de l’exploitation est prévu en 2018.

Situation de la dette

La Guinée-Bissau a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en décembre 2010 qui s’est traduit par allègement de sa dette publique de 1,2 Md USD. Au total, la dette externe est passée de 122% du PIB fin 2009 à 24% du PIB en 2011. En 2016, elle représentait 14,4% du PIB et était estimée à 12,5% du PIB pour l’année 2017. Le taux d’endettement public était lui estimé à 54,6% du PIB en 2016 et 49,9% du PIB en 2017. L’analyse de viabilité de la dette par le FMI indique que la Guinée Bissau fait face à un risque modéré de son endettement.

Fin 2017, le déficit budgétaire (dons compris) s’établissait à -1,7% du PIB, contre -4,7% du PIB en 2016. Les recettes globales représentaient alors 15,9% du PIB, contre 16,2% en 2016.Du côté des recettes, le taux de pression fiscale est de l’ordre de 10%. Les recettes fiscales ont augmenté entre 2015 et fin 2017, passant de 61,9 Mds FCFA à 72,9 Mds FCFA. Les dons projets de l’ordre de 5% du PIB viennent compléter les recettes budgétaires.

L’ensemble des ressources budgétaires est consacré au paiement des dépenses courantes (15% du PIB), dont environ un tiers pour les salaires des fonctionnaires. Les dépenses d’investissement sont financées exclusivement par l’APD. Entre 2015 et 2017 les dépenses ont augmenté en valeur absolue (hausse de 8,3 Mds FCFA, soit 137 Mds de FCFA fin 2017), mais diminué relativement au PIB (baisse de 7,1 pts de pourcentage, soit 17,6% du PIB fin 2017).

 

 

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