Indicateur et conjoncture

Eléments structurels

La Guinée est un PMA de 13 millions d’habitants avec un PIB par tête de 702 USD. Le pays est classé 183e (sur 188) en termes d’IDH (classement 2017) et 49e en Afrique. En dehors des filières agricoles dont le gouvernement entend favoriser l’essor, les espoirs d’accélération de la croissance reposent sur les développements attendus dans le secteur minier qui, avec la bauxite/alumine, le fer, l'or et plus marginalement le diamant, assure 85% des exportations du pays.

Les services de base (eau, électricité, transport) sont irrégulièrement assurés et nécessitent des investissements lourds, notamment dans le secteur électrique. Néanmoins, le barrage hydroélectrique de Kaleta, d’une capacité de 240 MW est entré en production en 2015. Il permet une amélioration sensible de l’approvisionnement électrique de Conakry. Le port de Conakry a également effectué des travaux d’extension du terminal à conteneurs de ce port et une ligne de chemin de fer reliant Conakry à port Kegbelen est en projet.

Conjoncture économique

Après le ralentissement économique dû à la crise Ebola, l’économie guinéenne a renoué avec une croissance significative estimée à 6,7% en 2017 et prévue à 5,8% en 2018. Cette croissance est confirmée par le trafic conteneur au port de Conakry : +12% en 2017 et prévision de +7% en 2018. Cette dynamique est essentiellement tirée par les investissements dans le secteur minier (bauxite et or) et, dans une moindre mesure, par la production agricole (riz, café, cacao, anacarde) et l’augmentation de la production d’électricité. La bauxite et l’or représentent respectivement 50% et 30% des exportations totales de biens en 2016. La Guinée dispose du quart des réserves mondiales de bauxite, soit 7 000 millions de tonnes (Mt). D’après le Programme national de développement économique et social (PNDES), la contribution du secteur minier à la croissance est compris entre les deux tiers (4,3% sur 6,6% en 2016) et la moitié (3,4% sur 6,7% pour 2017). L’investissement public, le moteur de croissance de nombreux pays dans la région, est demeuré modeste en 2017, à 5,4% de PIB contre 7,6% en 2015.

L’inflation s’est stabilisée au voisinage de 8% depuis 2015. La balance des paiements, relativement proche de l’équilibre, après les déficit de 2014 et 2015, bénéficie d’un excédent du compte financier (flux positifs d’IDE et financements publics extérieurs notamment) qui compense le déficit courant estimé à -25% du PIB en 2017 et prévu à -30% en 2018. Les réserves de changes, mesurées à 2,2 mois d’importations en 2015, ont atteint 3 mois fin 2016.

Situation de la dette

Les autorités guinéennes ont suivi les recommandations du FMI et procédé à un ajustement important en 2016 via l’accroissement des taxes, la réduction des dépenses courantes et des dépenses d’investissements sur ressources extérieures. Au total, le solde budgétaire (base caisse) est passé de -6,8% en 2015 à -0,1% en 2016 et -0,5% en 2017. Le taux de pression fiscal est de 14,8% du PIB, soit 5 points de moins que la norme UEMOA.

Le risque de surendettement de la Guinée est jugé « modéré » par le FMI. Le pays a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2012, ce qui a permis de réduire le ratio « dette publique sur PIB » de 100% en 2010 à 32%. En raison d’une révision du PIB, le ratio dette sur PIB est redescendu à 41% en 2016, contre 62% avec l’ancienne série. Le ratio est de 41,2% en 2017 et est anticipé à 46% en 2018.

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