Situation économique et financière

Avec un PIB de 42,6 Mds USD et un RNB par habitant de 1380 USD en 2016, le Ghana représente la 2ème économie de la CEDEAO, derrière le géant nigérian mais devant la Côte d’Ivoire. L’économie ghanéenne repose essentiellement sur l’exploitation de matières premières (or, pétrole, gaz, cacao, manganèse, bauxite) et les activités de service qui s’y adossent. Après une période de fort ralentissement entre 2012 et 2016, l’activité économique a redémarré en 2017 (+7,9%) et devrait connaitre l’un des taux de croissance les plus élevés au monde en 2018 (6,3% selon le FMI ; 8,3% selon la Banque Mondiale).

Outre la forte reprise de l’activité économique, la réduction de l’inflation à moins de 10% a permis plusieurs relâchements du taux directeur de la Banque centrale ghanéenne, aujourd’hui à 17%.  Depuis 2017, la monnaie bénéficie d'une relative stabilité et résiste pour l'heure à l'appréciation du dollar. Bien qu'elle ait conduit à l'augmentation des arriérés de paiement de l'Etat et à une diminution des investissements publics, la réduction sensible du déficit public (passé de 9,3% en 2016 à 6% en 2017) est bien engagée grâce au premier excédent primaire dégagé par le pays depuis 15 ans. 

Toutefois l’évolution favorable récente demeure essentiellement imputable au doublement de la production d’hydrocarbures en 2017, suite à la mise en exploitation des champs gaziers de Sankofa-Gye-Nyame, dans un contexte de hausse du prix du baril brut. Encore peu diversifiée, l’économie ghanéenne présente une forte dépendance au cours des matières premières qui la rendrait très vulnérable à un nouveau choc. Elle est aussi l'une des économies les plus endettées d’Afrique sub-saharienne : sa dette représente 71% de son PIB - dont 50% est libellée en dollar - et génère des intérêts financiers qui ont mobilisé 43% des revenus de l’Etat en 2017. Les faiblesses du secteur financier local et le niveau élevé de l’endettement public ont contraint le Ghana à se refinancer sur les marchés financiers internationaux et l’ont ainsi rendu dépendant des conditions de financement mondiales.

Un an après l’investiture du Président Akufo Addo, la plupart des indicateurs de l’économie ghanéenne sont donc au vert mais le défi d’une croissance basée sur l’économie réelle et sur un endettement public soutenable reste pour l’heure à relever. Les premiers succès engrangés demeurent à confirmer au-delà du programme d'aide accordé par le FMI, qui s'achèvera en avril 2019. 

 

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