Indicateurs et conjoncture

Avec un PIB de 65 Mds USD (2205 USD/habitant) en 2018, le Ghana représente la 2ème économie de la CEDEAO, derrière le géant nigérian mais devant la Côte d’Ivoire. L’économie ghanéenne repose essentiellement sur l’exploitation de matières premières (or, pétrole, gaz, cacao, manganèse, bauxite) et les activités de service qui s’y adossent.  Après une période de fort ralentissement entre 2012 et 2016, l'activité a redémarré en 2017 (+7,9%), puis en 2018 (+5,6%) et devrait connaitre l’un des taux de croissance les plus élevés au monde en 2019 (8,8% selon le FMI ; 7,4% selon la Banque Mondiale). Celle-ci est fortement liée à l'accroissement de la production d'hydrocarbures, qui pourrait encore doubler à l'horizon 2025, à 420 000 bpj.

Le programme FMI de quatre ans, dont le Ghana est sorti en avril 2019, a contribué à stabiliser sa situation macroéconomique. Outre la reprise de la croissance, la réduction de l’inflation à moins de 10% a permis plusieurs relâchements du taux directeur de la Banque centrale ghanéenne, aujourd’hui à 16%. Depuis 2017, la monnaie bénéficie d'une relative stabilité et s'est moins dépréciée vis-à-vis du dollar que la plupart des devises des pays émergents. Si la réduction du déficit public a été contrecarrée en 2018 par le plan de sauvetage du secteur bancaire - dont le coût pour les finances publiques a représenté 3,5% du PIB - elle reste toutefois bien engagée grâce aux excédents primaires dégagés par le pays ces deux dernières années, les premiers depuis 15 ans. 

Mais des vulnérabilités liées aux comptes publics perdurent. En 2018, leur amélioration relative a surtout été causée par une opération de rebasage du PIB  (se traduisant par une augmentation de 25% de sa valeur) et l’accroissement des recettes pétrolières (+86%). Le Ghana fait toujours partie des économies d'Afrique sub-saharienne qui présentent un risque de surendettement élevé : sa dette représente 60% de son PIB - dont 50% est libellée en dollar - et génère des intérêts financiers qui ont mobilisé 43% des revenus de l'Etat en 2018. La mobilisation fiscale progresse (à 14,6% du PIB) mais reste inférieure à la moyenne régionale (18%), avec une base qui apparait toujours aussi étroite. Pour combler ses besoins de financement, le Ghana est dépendant des investissements étrangers et de la demande des marchés financiers internationaux pour sa dette, ce qui le rend vulnérable au resserement des conditions de crédit dans le monde et à la volatilité des capitaux.  

Deux ans après l’investiture du Président Akufo Addo, la plupart des indicateurs de l’économie ghanéenne sont donc au vert. Mais le défi d’une croissance basée une économie diversifiée et un endettement public soutenable reste à relever.  Le sérieux fiscal et budgétaire de l'Etat, essentiel à la stabilité macroéconomique du pays, devrait demeurer sujet à caution jusqu'aux élections présidentielles de décembre 2020.

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