Le secteur minier au Gabon

Le secteur minier au Gabon est principalement centré encore sur l’exploitation du manganèse, les autres ressources naturelles du pays n’étant pas encore exploitées, à l’exception de l’or. Le secteur représente aujourd’hui 6% du PIB, 6% des exportations du pays et 3% environ de l‘emploi privé. Les mines devraient représenter dans le PIB, à un horizon de 15-20 ans, une part bien supérieure à celle qui est la leur aujourd’hui. Outre le manganèse et l’or, le minerai de fer, dont le Gabon détient des réserves abondantes, figure parmi les ressources naturelles stratégiques du Gabon, alors que le sous-sol renfermerait aussi des métaux comme le niobium, des terres rares, de l’uranium, du cuivre, du zinc etc. Le Gabon a adopté un nouveau code minier l’année dernière dans le but de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus stable aux investisseurs. Mais les cours mondiaux des matières sont aujourd’hui un handicap sérieux à l’exploitation de ces ressources.

Les principaux acteurs du secteur minier

1. L’opérateur national : la Société Equatoriale des Mines

Si de nombreuses licences d’exploration ont à ce jour été accordées par les autorités gabonaises (environ 75), on dénombre encore très peu de projets actifs ou de taille industrielle, hormis dans le secteur du manganèse (COMILOG) et de l’or (Morroco Managem), une vingtaine de permis d’exploration-prospection ayant par ailleurs été délivrés.

2. L’exploitation industrielle : manganèse (COMILOG) et or (Morroco managem)

La compagnie historique COMILOG (Compagnie Minière de l’Ogooué), filiale de l’entreprise française ERAMET, est détenue à 63,7% par celle-ci et par l’Etat gabonais, ce dernier devant à moyen terme monter à 35% du capital, suite à un accord intervenu avec le gouvernement. La compagnie extrait 90% du manganèse issu du sous-sol gabonais (environ 4 Mt), assure une première transformation et a ouvert en juin dernier le Complexe Métallurgique de Moanda pour la production de manganèse métal électrolytique et de silico-manganèse utilisés dans la production d’acier.

Le reste de la production de manganèse se partage entre le chinois CICMHZ (Compagnie industrielle des mines de Hangzhou) pour près de 10% du total, et l’entreprise NGM (Nouvelle Gabon Mining), détenue par des investisseurs basés à Singapour[1]  qui exportent pour l’heure le minerai brut.

Maboumine, filiale de la COMILOG[2]  (76%), porte également le projet d'exploitation du gisement polymétallique de Mabounié au Gabon. Le site, encore inexploité, recèle  plusieurs métaux, dont du niobium (2ème gisement mondial), des terres rares, du tantale, du scandium, des phosphates et de faibles quantités d’uranium.

La production aurifère gabonaise (2 tonnes par an) est effectuée pour deux-tiers par la compagnie Ressources Golden Grams (REG), filiale du marocain Managem[3]  et pour l’autre tiers par des producteurs locaux artisanaux. L’investissement de REG, dans la mine à ciel ouvert de Bakoudou, s’est élevé à 40 MUSD environ et la production a commencé en 2012. Managem Gabon filiale entièrement détenue par la société marocaine détient aussi un permis d’exploration dans la zone d’Eteke près de Mouila. Les réserves d’Eteke sont estimées à plus de 23 tonnes.

La compagnie d’exploration Goldstone Resources Ltd, côté au London Stock Exchange, a obtenu, par ailleurs, des licences d'exploration dans les sites d’Oyem et de Ngoutou, où elle aurait réalisé des forages concluants.

Le Comptoir gabonais de collecte de l’or (CGCO), filiale de la SEM, a vocation à collecter l’or auprès des orpailleurs, via cinq comptoirs présents à travers le pays (55 kg d’or ont été ainsi récupérés en 2015). Les ressources nationales d’or s’élèveraient à 40 tonnes selon les estimations. La SEM effectue par ailleurs à l’heure actuelle des travaux de prospection sur trois sites, et devrait démarrer la production d’ici la fin de l’année 2016.

3. L’exploration-prospection : fer, uranium et diamants

Le fer ne fait pas encore l’objet d’exploitation. Le principal gisement au Gabon se trouve à Belinga, au nord-est du pays. Il est l'un des derniers grands gisements au monde (réserves estimées à un milliard de tonnes). Si le contrat d’exploitation de ce gisement a été accordé à une société chinoise d’équipement en 2007 (China Machinery Equipment Corporation), la licence est retombée dans le domaine public fin 2013. Un contrat d’évaluation a été signé en 2014 avec le groupe anglo-saxon SRK consulting afin d’évaluer le potentiel des sites en question. Ses travaux se poursuivent.

Les mines de Milingui (province de la Nyanga) et celles des Monts de Cristal (nord de Libreville) contiendraient, par ailleurs, quant à elles, des réserves estimées à 150 et 100 millions de tonnes de minerai de fer chacune. Plusieurs compagnies Australiennes se partagent aussi l’exploration de plusieurs autres sites : Ironridge Resources pour les gisements de Tchibanga, Tchibanga nord, Waratah ressources pour le gisement de Mekambo-est, et enfin Keras Resources PLC (ex Ferrex PLC) pour le gisement de Mebago. 

L’uranium a été exploité par AREVA jusqu’en 1999. L’entreprise dispose de deux filiales au Gabon, COMUF[4]  (Compagnie des Mines d'Uranium de Franceville) créée en 1958, suite à la découverte en 1957, du gisement de Mounana au Gabon par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) et AREVA Gabon. AREVA dispose de quatre permis de prospection de 2 000 km2 chacun (zones de Mopia, Andjogo, Lekabi et N’Goutou).

Le Gabon disposerait également d’un potentiel diamantifère. Plusieurs sociétés dont DeBeers, Southernera (Canada) et Motopa (Australie) ont mené des campagnes d’exploration. L’exploration dans ce secteur est, pour l’heure, suspendue et ces permis sont depuis retombés dans le domaine public.


 

[1] NGM a acquis en 2013 les droits miniers détenus par le groupe BHPBilliton,

[2] La répartition du capital fait apparaitre au côté de la Comilog, les sociétés privées gabonaises Compagnie du Komo et Delta Synergie

[3] L’Etat détient 25% du capital de REG. La mine à ciel ouvert est la méthode retenue pour l’exploitation du gisement aurifère du projet Bakoudou.

[4] L'Etat gabonais possède 25,8 de la COMUF. De 1961 à 1999, la COMUF a exploité 5 gisements d'uranium en mines à ciel ouvert et en mines souterraines dans la province du Haut-Ogooué. Elle  a cessé son exploitation en juin 1999 après l’épuisement des derniers gisements économiquement exploitables.

 Le nouveau code minier gabonais

Initié par le Président de la République Ali Bongo Ondimba dans le cadre du PSGE (Plan stratégique Gabon émergent) depuis plus de quatre ans, le nouveau code minier s’est donné pour objectif de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus favorable aux investisseurs en reconnaissant l’inviolabilité des titres miniers, ainsi qu’en créant des mécanismes de garantie et des procédures d’arbitrages. De nouvelles obligations ont également vu le jour :

- obligation de réaliser une étude d’impact approuvée par le ministère de la Protection  de l’Environnement et des Ressources naturelles, de la Forêt et de la Mer et par le ministère des Mines et de l’Industrie avant de réaliser une opération d’exploration.

- obligation de verser de 1 à 5% des recettes dans deux fonds développant des projets de RSE, le fonds de responsabilité industrielle et le fonds de responsabilité sociale.

- instauration d’une préférence nationale pour les Gabonais et plafonnement du taux de travailleurs étrangers à 10% dans les entreprises.

- obligation d’accueillir une prise de participation gratuite de l’Etat de 10% dans tout nouveau projet, une prise de participation optionnelle et payante de 25% pouvant également être mise en œuvre.

Le texte offre, par ailleurs, plus de flexibilité en matière d’imposition selon la nature et la taille de la mine, et met en place un taux à 0% pendant la période de  recherche. Sur la fiscalité minière d’aval, la taxe ad valorem fixée dans la convention minière est prélevée entre 3 et 5% pour les métaux basiques, entre 5 et 8% pour les métaux précieux et entre 8 et 10% pour les pierres précieuses. Les compagnies auront, en revanche, droit à 5 ans d’exonération d’impôt sur les sociétés (toujours fixé à 35%) sur tout nouveau projet et à une exonération de droits de douane sur les équipements importés.

Actualité et perspectives du secteur minier

Le secteur minier gabonais dans son ensemble a été affecté par la poursuite de la baisse des cours des matières premières en 2015. COMILOG a néanmoins continué sa progression dans les domaines minier et métallurgique, tandis que les projets de mise en exploitation des gisements de fer sont encore retardés. Les infrastructures continuent, par ailleurs, de se développer à la faveur d'investisseurs privés : rénovation du Transgabonais (SETRAG) - quai minéralier d'OLAM en partenariat avec l'Etat.

Manganèse

Malgré la forte baisse des prix du manganèse sur les marchés internationaux, COMILOG-ERAMET s’appuie sur un positionnement compétitif de son gisement de minerai ; le ramp-up du Complexe Métallurgique de Moanda se poursuivra tout au long de l'année 2016 et en 2017. La production de minerai a atteint un record historique à 3,9 millions de tonnes transportées, grâce aux progrès à la fois sur la mine et le chemin de fer du Transgabonais, qui relie la ville de Moanda au port d'Owendo, géré par la COMILOG-SETRAG, et dont la rénovation est en cours (projet d'investissement de près de 300 Me). Le chiffre d'affaires du groupe (y compris filiales hors Gabon) s'est établi ainsi à 500 Mds FCFA, avec un résultat opérationnel de19 Mds.

La dépression du secteur risque néanmoins de peser sur l’activité de l’entreprise et ses résultats en 2016. Le projet de Maboumine, dans le contexte, est suspendu. L’Ecole des Mines et de la Métallurgie de Moanda, fruit d’un partenariat entre l’Etat et ERAMET-COMILOG, a été inauguré en juin 2016. L’Université de Lorraine (Nancy) assure, depuis le démarrage du projet, son accompagnement pédagogique.

NGM, a annoncé pour fin 2016, le début de sa production.

Minerai de fer

Aucune perspective à moyen terme d’exploitation des gisements n’est prévisible. Les enjeux liés à ces gisements sont, par ailleurs, majeurs, car au-delà de la mise en exploitation, ils concernent aussi la réalisation des infrastructures nécessaires.

Infrastructures

En matière d’infrastructures, outre la rénovation du chemin de fer Transgabonais reliant Franceville à Libreville (Owendo) et par lequel transite la plupart des minerais, des grumes, des voyageurs et des marchandises, est évacué le manganèse, un nouveau quai minéralier est en cours de construction au port d'Owendo. Ce nouveau quai, qui jouxtera le quai en concession de la COMILOG pour l'exportation du minerai produit à Moanda, est le fruit d'un partenariat entre l'Etat et OLAM International représenté par la société « Gabon Special Economie Zone Mineral port ». Il s'articule autour de 3 axes: port, chantier naval et terminal d'agrégats. L'investissement, financé par la Banque de Développement des États d'Afrique Centrale (70%) et le groupe BGFI Bank (30%), est de l'ordre de 80 M€.

 

 

Le secteur Le Lsecteurminier Le seau Gabon est principalement centré encore sur l’exploitation du manganèse, les autres ressources naturelles du pays n’étant pas encore exploitées, à l’exception de l’or. Le secteur représente aujourd’hui 6% du PIB, 6% des exportations du pays et 3% environ de l‘emploi privé. Les mines devraient représenter dans le PIB, à un horizon de 15-20 ans, une part bien supérieure à celle qui est la leur aujourd’hui. Outre le manganèse et l’or, le minerai de fer, dont le Gabon détient des réserves abondantes, figure parmi les ressources naturelles stratégiques du Gabon, alors que le sous-sol renfermerait aussi des métaux comme le niobium, des terres rares, de l’uranium, du cuivre, du zinc etc[1]. Le Gabon a adopté un nouveau code minier l’année dernière dans le but de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus stable aux investisseurs. Mais les cours mondiaux des matières sont aujourd’hui un handicap sérieux à l’exploitation de ces ressources.



[1] La 3ème édition de la Carte Géologique et des Ressources Minérales de la République gabonaise a été réalisée dans le cadre du projet " Constitution d'une base de données géologiques et minières - Gabon ", associant le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières, France). Ce projet a été financé par l'Union Européenne (fonds SYSMIN) et l'Etat gabonais.

Le secteur minier au Gabon est principalement centré encore sur l’exploitation du manganèse, les autres ressources naturelles du pays n’étant pas encore exploitées, à l’exception de l’or. Le secteur représente aujourd’hui 6% du PIB, 6% des exportations du pays et 3% environ de l‘emploi privé. Les mines devraient représenter dans le PIB, à un horizon de 15-20 ans, une part bien supérieure à celle qui est la leur aujourd’hui. Outre le manganèse et l’or, le minerai de fer, dont le Gabon détient des réserves abondantes, figure parmi les ressources naturelles stratégiques du Gabon, alors que le sous-sol renfermerait aussi des métaux comme le niobium, des terres rares, de l’uranium, du cuivre, du zinc etc[1]. Le Gabon a adopté un nouveau code minier l’année dernière dans le but de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus stable aux investisseurs. Mais les cours mondiaux des matières sont aujourd’hui un handicap sérieux à l’exploitation de ces ressources.



[1] La 3ème édition de la Carte Géologique et des Ressources Minérales de la République gabonaise a été réalisée dans le cadre du projet " Constitution d'une base de données géologiques et minières - Gabon ", associant le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières, France). Ce projet a été financé par l'Union Européenne (fonds SYSMIN) et l'Etat gabonais.

secteur minier au Gabon est principalement centré encore sur l’exploitation du manganèse, les autres ressources naturelles du pays n’étant pas encore exploitées, à l’exception de l’or. Le secteur représente aujourd’hui 6% du PIB, 6% des exportations du pays et 3% environ de l‘emploi privé. Les mines devraient représenter dans le PIB, à un horizon de 15-20 ans, une part bien supérieure à celle qui est la leur aujourd’hui. Outre le manganèse et l’or, le minerai de fer, dont le Gabon détient des réserves abondantes, figure parmi les ressources naturelles stratégiques du Gabon, alors que le sous-sol renfermerait aussi des métaux comme le niobium, des terres rares, de l’uranium, du cuivre, du zinc etc. Le Gabon a adopté un nouveau code minier l’année dernière dans le but de clarifier les règles de l’exploitation minière et de donner un cadre plus stable aux investisseurs. Mais les cours mondiaux des matières sont aujourd’hui un handicap sérieux à l’exploitation de ces ressources.
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