ÉRYTHRÉE
Indicateurs et conjoncture
Élements structurels de l'économie
Avec un PIB estimé à 3,3 Md USD en 2025, l'Erythrée figure parmi les plus petites économies d'Afrique et se classe au 13ᵉ rang (sur 15) des pays de la zone AEOI. Son PIB par habitant demeure inférieur à 900 USD, tandis que son niveau de développement humain reste très faible : avec un IDH de 0,493, le pays occupait la 176ᵉ place sur 193 selon le dernier classement du PNUD. L'économie repose principalement sur les services (environ 50 % du PIB), essentiellement le commerce, les transports et les services publics, suivis de l'industrie (près de 30 %), dominée par les activités extractives. L'exploitation de l'or, du cuivre, du zinc et, à terme, de la potasse constitue la principale source de devises du pays et concentre l'essentiel des exportations. Cette forte dépendance au secteur minier expose toutefois l'économie à la volatilité des cours mondiaux et à la demande chinoise, tandis que le développement du secteur reste freiné par l'insuffisance des infrastructures, un environnement des affaires très dégradé et les restrictions pesant sur l'investissement privé. L'agriculture, qui représente environ 20 % du PIB mais emploie près de 60 % de la population active, demeure peu productive et fortement dépendante des précipitations et exposée au changement climatique.
L'économie reste largement dominée par l'État, qui contrôle les principaux secteurs productifs ainsi que l'ensemble du système bancaire, composé de trois banques publiques. Le secteur privé demeure embryonnaire et les transferts de la diaspora constituent une source essentielle de devises, notamment via la taxe de 2 % prélevée sur les expatriés. Les perspectives de diversification restent limitées, même si les autorités affichent leur volonté de développer l'agriculture, la pêche, les activités portuaires et le tourisme, dont le potentiel demeure largement conditionné à une ouverture économique et politique encore incertaine.
Conjoncture économique, finances publiques et dettes publiques
Après une décennie de croissance erratique et une récession en 2020, l'économie érythréenne poursuit une reprise progressive, portée par le secteur minier. La croissance s'est établie à +3,2 % en 2025 (après +2,9 % en 2024 et +2,6 % en 2023), soutenue par la hausse de la production et des cours de l'or, du cuivre et du zinc, ainsi que par le dynamisme de la construction. L'inflation a poursuivi son ralentissement, à +3,9 % (contre +4,1 % en 2024 et +6,4 % en 2023), sous l'effet de la baisse des prix internationaux des produits alimentaires et de l'énergie et de la stabilité du nakfa érythréen. La Banque mondiale anticipe une poursuite de cette dynamique, avec une croissance de +3,3 % en 2026, puis +3,5 % en 2027, soutenue par l'expansion du secteur minier, les investissements dans les infrastructures et la mise en production attendue de la mine de potasse de Colluli à partir de fin 2027.
Les équilibres macroéconomiques restent relativement stables, malgré une dette publique toujours élevée. Le déficit public devrait se réduire progressivement, de -4,1 % du PIB en 2025 à -3,8 % en 2026, grâce à la progression des recettes minières et à une maîtrise des dépenses. La balance courante demeure largement excédentaire (14,1 % du PIB en 2025, après 14,5 % en 2024), portée par les exportations minières et par un contrôle strict des importations et des mouvements de capitaux. Cette situation reste néanmoins fragile : plus de 95 % des recettes d'exportation proviennent de l'or, du cuivre et du zinc, exportés à l'état brut, rendant l'économie particulièrement vulnérable à l'évolution des cours mondiaux des métaux et de la demande chinoise.
La dette publique érythréenne demeure insoutenable depuis 2018. Après avoir légèrement diminué à 211,8 % du PIB en 2024, elle devrait repartir légèrement à la hausse pour atteindre 212,5 % du PIB en 2025 selon la Banque mondiale. Cette trajectoire souligne que la réduction progressive du déficit budgétaire ne suffit pas à stabiliser le ratio d’endettement. La dette reste très majoritairement domestique (80 % du total). Le service de la dette extérieure demeure contraint par la faiblesse des recettes en devises, essentiellement issues du secteur minier.