Infrastructures et développement durable

La croissance de la population égyptienne, passée de 63 à 100 M entre 2000 et 2019 (estimation), et les mutations sociales qui l’ont accompagnée appellent d’importants travaux d’infrastructures dans les domaines des transports urbains et interurbains, de l’électricité (génération, transport, distribution) et de l’assainissement.

Le secteur des Transports

Le métro du Caire est la réalisation phare de la coopération économique franco-égyptienne depuis les années 1980 avec l’octroi de plus de 2 Mds€ de financements concessionnels liés et une participation des entreprises françaises à la construction (signalisation, génie civil, billettique, équipements de voirie et supervision) de l’ensemble des infrastructures utilisées quotidiennement par 3,5 M de personnes (Ligne 1, 2 et 3 phases 1 et 2).

L’Egypte met l’accent depuis quelques années sur le secteur des Transports pour le développement économique du pays (projet de ligne à grande vitesse mer Rouge – mer Méditerranéen, projets ferroviaires régionaux, projets de transports urbains dans la région du grand Caire et dans les villes secondaires) et les entreprises françaises du secteur sont mobilisées sur une partie de ces projets du fait de leur présence historique.

Afin d’accompagner cette dynamique, la DG Trésor finance directement sur don (instrument FASEP – Fonds d’Expertise et d’Assistance Technique au Secteur Privé) différents programmes d’amélioration du secteur des Transports : étude de faisabilité pour la mise en place de transports publics dans la ville de Mansoura, audit de sécurité de deux lignes ferroviaires représentatives du réseau et préconisations de modernisation, développement du vélo électrique à Alexandrie. Ces projets sont issus de l’identification par le Service Economique des besoins égyptiens en coordination avec les autorités égyptiennes et les entreprises françaises afin de mettre en valeur leurs solutions.

Le secteur des énergies

Le mix énergétique primaire égyptien se caractérise par une forte dépendance au gaz naturel, qui représente 54,2% du mix en 2018, contre 38,8% pour le pétrole, 3,3% pour l’hydroélectricité, 2,9% pour le charbon et 0.85% pour le solaire et l’éolien). Cette place prépondérante du gaz, premier composant du mix depuis 2016, devrait augmenter à moyen terme au détriment du pétrole, dont l’Egypte cherche à diminuer les importations.

Avec les découvertes récentes en méditerranée orientale, l’Egypte dispose en effet de réserves de gaz de 2100 Mds de m3, les 16èmes réserves mondiales, et sa production ne cesse de s’accroitre (+21% en 2017 et +20% en 2018) pour atteindre désormais 58,6 Mds m3/an en 2018. Cette augmentation a permis au pays de redevenir autosuffisant en gaz naturel à la fin de l’année 2018.

La génération d’électricité a augmenté de 3,5% entre 2017 et 2018, passant de 193,2 TWh à 200 TWh. Le mix électrique égyptien se caractérise lui aussi par une dépendance de plus en plus forte au gaz naturel (80,5% en 2018 contre 73% en 2016) en raison de la baisse du recours au pétrole (11% en 2018 contre 18,5% en 2016) et de la stagnation de l’hydro-électricité (6,8%).

Malgré le lancement de vastes programmes dans le secteur des énergies renouvelables qui ont permis une augmentation de 30% de la génération d’électricité à partir d’énergies renouvelables entre 2017 et 2018, les retards pris par les projets maintiennent la part du renouvelable sous les 2% du total, encore loin de l’objectif de 20% du mix électrique en 2022.

L’importance accordée aux projets dans le secteur des énergies renouvelables, notamment pour l’éolien et le solaire dont le potentiel approximatif de production est estimé respectivement à 30 GW (contre 1 GW installés fin 2019) et 50 GW (contre 1,5 GW installés fin 2019) peut cependant permettre à moyen et long terme de réduire cette dépendance au gaz. Le service Economique accompagne les entreprises françaises impliquées dans les projets photovoltaïques, en particulier sur le projet de plus grand parc solaire au monde sur le site de Benban (1,45 GW d’ici 2020), mais également dans les projets de développement éolien, notamment dans le Golfe de Suez.

De même, les initiatives visant à réduire les pertes d’électricité injectée dans le réseau (actuellement environ 30%) grâce à la mise en place de centres régionaux de contrôle (programme de l’AFD avec EETC) et de centres locaux de contrôle et de distribution peuvent permettre de limiter la consommation de gaz en Egypte à moyen terme et sont soutenues activement par le service économique. Enfin, l’opération et la maintenance des nouveaux réseaux urbains présentent également un potentiel de rationalisation de la consommation important ainsi qu’une opportunité pour nos groupes et devrait se développer dans les prochaines années.

 Le secteur de l’eau

Sur le plan intérieur, l’économie de la ressource en eau est promue en Égypte comme objectif prioritaire dans les secteurs de l’agriculture (amélioration de l’irrigation), de l’eau potable (lutte contre les pertes sur le réseau de transport et de distribution) et de l’assainissement (réutilisation des eaux usées).

Sa consommation totale avoisine actuelle les 80 Mds de m³ par an. Avec une population croissante (100 M d’habitants en 2019, plus de 150 M d’ici 2050), cette ressource est l’un des facteurs limitants de l’économie égyptienne. Les ressources en eau potable de l’Égypte sont en effet inférieures à 650 m³/hab./an et selon la FAO, le pays devrait atteindre le seuil du stress hydrique absolu (moins 500 m³/hab./an) d’ici 2025. Le remplissage du barrage « Renaissance en Ethiopie » risque d’aggraver encore la situation de l’Egypte.

Le Service Economique accompagne les autorités égyptiennes et les entreprises françaises sur les thématiques du traitement de l’eau, de la mise à niveau des infrastructures et de la désalinisation. De plus, la DG Trésor finance directement sur don (instrument FASEP – Fonds d’Expertise et d’Assistance Technique au Secteur Privé) la mise en œuvre d’un projet démonstrateur de plateforme de réutilisation des eaux usées traités dans une nouvelle communauté urbaine en Haute Egypte. Le projet vise à mettre en avant l’expertise et l’innovation française dans un secteur intéressant grandement les autorités égyptiennes qui y voient un moyen de préserver les ressources en eau du pays.   

Le secteur des déchets

Selon le ministère de l’Environnement, l’Egypte produit chaque année 80 M de tonnes de déchets (324 M de tonnes en France en 2014 selon l’ADEME). Le manque de ressources financières et humaines a encouragé le développement de solutions de court terme, telles que le dépôt sauvage ou l’incinération des déchets, et l’émergence d’un secteur informel devenu un acteur essentiel de cette activité. Pour faire face à cette situation, le ministère de l’Environnement travaille depuis 2012 à un Programme National pour la Gestion des Déchets Solides (NSWMP) pour la restructuration de la filière, qui devrait être entérinée par une loi d’ici le printemps 2020.

Le service économique soutient cet effort et met en avant les solutions françaises qui permettraient à l’Egypte d’améliorer le traitement des déchets municipaux et industriels.

 Le Club de la Ville Durable

Le Club de la Ville Durable des sociétés françaises en Egypte a été créé en décembre 2016, face au constat de l’ampleur du défi du développement urbain égyptien, dans la continuité des actions engagées par la « Task Force Ville Durable » du Medef International et du Service Economique du Caire pour promouvoir une offre intégrée des sociétés françaises sur tous les aspects de la ville durable et intelligente.

Ce club permet de développer des synergies entre les différents acteurs français de la filière. La structuration du secteur ville durable augmente la visibilité de l’offre française. Il facilite l’identification des segments de marchés à fort potentiel et des décideurs opérationnels. Les activités mises en œuvre par le Club de la Ville Durable contribuent à en faire un interlocuteur reconnu des autorités égyptiennes.

Jusqu’à présent, trois types d’actions ont pu être menées : collectives et transversales (salon Batimat Egypte, Forum ville durable), communication et visibilité (newsletter, site internet), et début d’une démarche en clusters sectoriels (transports urbains et interurbains, smart city). Pour les années 2019-2020, le Club se concentre sur ses acquis, et engage des actions ciblées sur des projets et interlocuteurs plus précis identifiés : Nouvelle capitale, nouvelles villes, port d’Alexandrie, Zone du canal de Suez. Des rencontres régulières avec des personnalités d’intérêt sont organisées. La task-force ville nouvelle du MEDEF international restera associée à ces opérations.

Club de la Ville Durable

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