Situation économique et financière en 2025

La reprise économie amorcée en 2024 (+1,1%) s’est confirmée en 2025 avec une hausse du PIB de 2,5 % à 350 Md€. La stabilisation de l’inflation, à 2,5 %, comme la progression continue des salaires réels depuis le T4 2021, ont permis à la consommation des ménages d’être le premier moteur de la croissance, en dépit d’un haut niveau d’épargne (18,4%). Les investissements ont stagné, mais, après deux années de baisse, la production industrielle a progressé. La banque nationale tchèque (CNB) a maintenu une politique monétaire plutôt restrictive en laissant son principal taux directeur à 3,5 %, entrainant une appréciation de la couronne tchèque à 24,2 CZK pour 1€ en fin d’année.

1/ La croissance une nouvelle fois portée par la consommation et la demande extérieure

Avec une croissance moyenne de 2,5 % en 2025, le PIB a crû au cours des quatre trimestres[i] et atteint 350 Md€. La croissance a été portée par : (i) la consommation des ménages[ii] (+2,9 % en moyenne sur les trois premiers trimestres), résultant de la hausse des salaires réels (+3,9 %, +5,3 %, +4,5 % aux T1, T2 et T3) et d’une légère baisse du taux d’épargne (18,4% au T3), tout en restant toutefois inférieure au niveau de 2019 ; (ii) les dépenses gouvernementales (+2,1%) ; et (iii) le commerce extérieur. Sur les trois premiers trimestres, les investissements ont stagné (+0,3%), après une année 2024 de baisse (-3 %), et demeurent inférieurs au niveau de 2023. Au niveau sectoriel, la production industrielle[iii] et la construction[iv] ont progressé respectivement de 1,5 % et 5,3 %. Les services[v] et les ventes au détail[vi] ont connu des croissances respectives de + 1,8 %, + 3,5 % sur l’année. Enfin, la fréquentation touristique, qui a dépassé son niveau pré-covid de 2019 l’an passé, a vu les arrivées et les nuits réservées progresser de 4,1 % et de 5 % respectivement[vii].

2/ Emploi : la pénurie de main d’œuvre demeure malgré une légère hausse du taux de chômage

La Tchéquie dispose d’un taux de chômage parmi les plus faibles de l’UE (3,2 % en décembre[viii], soit ~158 k personnes). Si le nombre de demandeurs d’emplois a progressé de 0,5 point de base en un an, les responsables politiques considèrent cette évolution plutôt comme une opportunité pour gérer la pénurie de main d’œuvre d’ensemble, par réallocation des emplois vers les secteurs d’avenir. Ainsi, la baisse continue depuis 2018 du nombre de salariés dans le secteur secondaire a été très facilement absorbée par les services. L’apport de travailleurs étrangers est également devenu essentiel jusqu’à représenter près d’un cinquième des actifs du pays (1 M)[ix], sans que les quotas d’accueil ne soient toutefois atteints. Ce manque structurel de main d’œuvre s’explique par un solde naturel négatif depuis 2020, une population vieillissante où le nombre et la part des actifs diminuent tendanciellement. Cette contrainte favorise l’entrée sur le marché du travail des femmes[x], ainsi que la hausse du taux d’emploi des seniors, le recours au temps partiel restant limité (504 k emplois)[xi].

3/ Equilibres externes : un solde courant légèrement excédentaire

Sur l’année, l’excédent commercial des biens s’est élevé à 26,86 Md€[xii], en baisse de 3,7 % par rapport au record de 2024. Sur les trois premiers trimestres, la balance des services était excédentaire de 2,98 Md€, le solde des revenus étant lui déficitaire (-12,5 Md€) du fait de la position extérieure nette débitrice des investissements étrangers (- 149,7 Md€) alimentant les sorties de dividendes. Selon la CNB, le solde courant était de 0,9 Md€ entre le T1 et T3 2025. Si la position extérieure nette globale est déficitaire (~33 Md€ soit 9,4 % du PIB[xiii] ), les actifs de réserve de la banque centrale demeurent élevés (150,1 Md€ fin décembre, en hausse de 9,3 Md€ sur un an, soit 42,9 % du PIB[xiv]). La dette externe représente quant à elle ~228 Md€ soit 65,1 % du PIB[xv].

4/ Finances publiques : pause de la consolidation budgétaire en 2025

Selon les premières estimations, le déficit public devrait atteindre 2 % du PIB et la dette s’établirait à 44,6 % du PIB au 31 décembre 2025, des niveaux similaires à ceux de 2024 : déficit de 2 %/~6,5 Md€ et dette de 43,3 % /~139 Md€[xvi]. La très forte consolidation budgétaire entreprise par la précédente coalition (hausses d’impôts, réforme du système des retraites et allongement de la durée de cotisations, baisse des dépenses de fonctionnement des ministères, etc.), a permis de faire passer le déficit public de 5% en 2021 à 2% dès 2024, baisse accélérée par la reprise économique des deux dernières années. 

5/ Inflation, politique monétaire et taux de change : la CNB a stoppé son cycle d’assouplissement monétaire compte tenu d’une inflation se situant dans la zone de tolérance 2 %-3 %

L’inflation moyenne s’est élevée à 2,5 % en 2025, contre 2,4 % en 2024, oscillant entre 1,8 % en avril et 2,9 % en juin. Les variations du taux d’inflation cette année ont été largement causées par les prix des aliments, oscillant entre 1,7 % et 6,2 %. Les prix de l’électricité et du gaz ont diminué de 4,5 % et de 8,1 % sur l’année. Les prix des biens et services ont progressé respectivement de 1,1 % et de 4,7 %. Compte tenu de la stabilisation des prix, la CNB a réalisé deux baisses de 25 points de base de son taux directeur en février et mai le ramenant à 3,5 %. Si le Conseil des gouverneurs maintient l’objectif d’une inflation à 2%, les pressions inflationnistes demeurent avec les hausses des salaires, des prix des services et des loyers. Compte tenu de la politique monétaire restrictive adoptée par la CNB, le taux de change de la couronne tchèque s’est apprécié par rapport à l’euro avec environ 1 € pour 24,2 CZK, contre 25,1 CZK à la fin de l’année 2024, proche du niveau de 2023 (1€ pour 24 CZK).

6/ Un secteur bancaire solide dominé par des groupes étrangers

Concentré et largement contrôlé par des groupes étrangers, les cinq premières banques représentant 68 % des actifs et 72 % des dépôts, le secteur bancaire est rentable, sain et bien capitalisé. Une taxe exceptionnelle (windfall tax) a été appliquée sur leurs bénéfices exceptionnels réalisés en 2023-2025[xvii]. Les risques macro-financiers domestiques sont limités au marché immobilier[xviii]. En 2025, les principaux indicateurs ont progressé[xix] : les actifs (+ 7,2 % sur l’année), les dépôts (+6,1 %), les prêts (+7 %), le produit net (+6,2 %) et les profits (+10,3 % sur les trois premiers trimestres).

7/ Publication d'une nouvelle stratégie économique

La nouvelle coalition gouvernementale, issue des élections des 3 et 4 octobre 2025, a publié le 20 février une nouvelle stratégie économique pour améliorer le potentiel de croissance du pays, les priorités sont principalement les infrastructures (transports/énergie/logements), la R&D, le marché du travail, le développement du commerce extérieur.



[i] Avec respectivement des croissances de 2,4 % au T1, 2,6 % au T2, 2,8 % au T3, et 2,4 % au T4 en glissement annuel.

[iii] Selon les données de l’office tchèque des statistiques la production a progressé sur les 4 trimestres avec une forte accélération au T4 (+3,5 % en g.a.). Le nombre d’employés dans le secteur a baissé de 1,8 % en 2025 après une baisse de 2 % en 2024, les salaires nominaux ont progressé de 5,8 % en 2025, contre 6,7% en 2024.

[ix] Les travailleurs étrangers représentent près d’un actif sur 5 en 2023, soit près de 825 000 personnes sur les 4,23 millions d’actifs du pays.

[x] Selon les données de l’office tchèque des statistiques, le nombre de femmes disposant d’un emploi s’est accru de 103,9 k entre les T3 2024 et 2025, après une hausse de 114 k entre les T3 2023 et 2024.

[xi] Et ce malgré une augmentation de 30 % depuis 2018.

[xii] Selon les données de l’office tchèque des statistiques concernant les mouvements transfrontaliers de marchandises

[xiii] Selon les données de la CNB :-27,89 Md€ au T1 2025, -33,6 Md€ au T2 et -33,2 Md€ au T3.

[xv] Selon les données de la CNB, la dette extérieure en 2025 : 211,7 Md€ au T1, 216,4 Md€ au T2 et 228 Md€ au T3.

[xvii] Selon le ministère des finances, la windfall tax a rapporté un total de 109 MD CZK entre janvier 2023 et septembre 2025. 57,66 Md CZK en 2023, 36,67 Md CZK en 2024 et 14,67 entre janvier et septembre 2025. 60 Md CZK ont été versés par CEZ.

[xviii] Les prix des nouveaux appartements ont augmenté de 10 % entre juillet 2024 et juin 2025. Les prêts immobiliers représentant 62 % du total des prêts consentis.
 

 

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