Situation économique de la République tchèque

  • Une croissance solide depuis 2014

L’économie tchèque avait renoué avec la croissance en 2014 (+2,7%) après deux années de récession (-0,8% et -0,5%, respectivement en 2012 et 2013). En 2015, la croissance du PIB avait atteint une performance exceptionnelle de 5,4% résultant d’une forte mobilisation des fonds structurels au titre du Cadre Financier Pluriannuel 2007-2013. Après un trou d’air en 2016 lié à l’épuisement des crédits du CFP 2007-2013, la croissance a atteint 3% en 2018. Le consensus anticipe une croissance de l’économie tchèque autour – mais sans doute inférieure à – de 3% en 2019.

L’économie tchèque a, durant la décennie écoulée, mis à profit sa position géographique au cœur du marché unique, son industrie historiquement puissante (aujourd’hui 38% du PIB), spécialisée notamment dans l’automobile (9% du PIB) ainsi que la qualité et le coût de sa main d’œuvre pour attirer les investissements directs étrangers qui ont été multipliés par 5 depuis 2000 (115,6 Mds EUR en 2016).

En décembre 2018, le taux d’emploi de la République tchèque s’élevait à 77,1% et le taux de chômage à 2,2% de la population active, niveau le plus faible parmi les Etats membres de l’Union européenne et incontestablement l’un des freins les plus importants aujourd’hui à la croissance tchèque.

  • Une politique monétaire en voie de normalisation

Après plusieurs années d’inflation proche de zéro, le rythme de l’inflation s’est accéléré en République tchèque en 2017 à 2,5% sur l’ensemble de l’année avec un pic d’inflation à 2,7% en décembre 2017. Le rythme est retombé en 2018 (2,1% sur l’ensemble de l’année). En 2019, la ČNB table sur une hausse temporaire en début d’année (2,5% en janvier 2019) qui devrait cependant revenir rapidement par la suite à la cible des 2% définie par la banque centrale tchèque.

Quatre années après ses premières interventions sur le marché des changes, la ČNB a mis un terme à sa politique d’arrimage de la couronne à l’euro le 6 avril 2017 (27 CZK/EUR), date à laquelle la cible d’inflation à moyen-terme (2% + ou – 1 point) a été atteinte. Dans la foulée, la couronne tchèque s’est presque continûment appréciée jusqu’en février 2018 et un taux de change autour de 25,1 CZK/EUR. Depuis cette date, elle s’est dépréciée et oscille entre 25,4 et 25,9 CZK/EUR. 

Depuis août 2017, la ČNB a augmenté sept fois son principal taux de référence par palier de 25 pdb et son taux directeur s’établit à 1,75% depuis novembre 2018. 

  • Des comptes publics en excédent depuis 2016 dont le corollaire est la baisse du ratio dette publique sur PIB

En 2018, la République tchèque a enregistré un excédent public (pour la troisième année consécutive) de 1,4% du PIB. En 2017, la dette publique a été ramenée à 34,7% du PIB, un étiage qui n’avait pas été atteint depuis 2010. Le ratio des dépenses publiques sur PIB décroît depuis 2012 (-12,3%), pour atteindre 39% en 201. En 2017, le ratio recettes fiscales/PIB en République tchèque s’est établi à 35,4% (moyenne européenne de 40,2%).

  • Avec des exportations représentant 80% du PIB, la République tchèque a dégagé en 2018 un excédent commercial de 15 Mds d’euros

L’Union européenne, et la zone euro plus spécifiquement, constitue le principal partenaire économique de la République tchèque. En 2018, les exportations tchèques ont été destinées à l’UE 28 à hauteur de 87%, dont 66,4% vers la zone euro. L’excédent commercial tchèque croît continûment depuis 2000, pour atteindre l’an dernier plus de 15 milliards d’euros. L’Allemagne reste le principal débouché des exportations tchèques (33,6% en 2018). Viennent ensuite la Slovaquie (7,9%), la Pologne (6,2%) et la France (5,2%). L’Allemagne continue d’être le principal fournisseur de la République tchèque (26,7% l’an dernier). Suivent la Chine (13% contre seulement 6,5% en 2010), la Pologne (7,8%), la Slovaquie (5%), l’Italie (4,3%) et la France (3,3%). Le solde commercial de la République tchèque avec l’UE28 demeure largement excédentaire (44 Mds EUR, en hausse de 10%). Les excédents commerciaux sont particulièrement élevés avec l’Allemagne (16,6 Mds EUR, +8,5%), la Slovaquie (5,2 Mds EUR, stable) et la France (3,4 Mds EUR, stable). Le principal déficit commercial de la République tchèque est avec la Chine (-20 Mds EUR, +25%). Les machines et les matériels de transports (notamment automobiles : 25,3% du total des exportations tchèques) continuent de dominer les exportations (58,2%) comme les importations (47,2%), postes pour lesquels la République tchèque dégage un solde excédentaire tandis qu’elle est déficitaire dans les échanges de produits chimiques et pharmaceutiques.

Le stock d’investissements directs étrangers (IDE) en République tchèque s’élevait à 115,6 Mds EUR en 2016 dont 9 Mds EUR en provenance de la France, soit 7,8% du total des IDE (derrière les Pays-Bas, l’Allemagne, le Luxembourg et l’Autriche).

  • Un environnement globalement propice aux affaires, en dépit de quelques pistes d’amélioration

Dans un rapport publié en février 2019, MONEYVAL reconnaît les progrès effectués en République tchèque pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme mais encourage les autorités à adopter une approche davantage proactive concernant les enquêtes sur le blanchiment de capitaux, notamment ceux issus de la corruption. Selon l’enquête Doing Business de la Banque mondiale, la République tchèque est 35ème (sur 190) concernant la « facilité de faire des affaires ». D’importantes améliorations restent cependant à réaliser dans l’obtention de permis de construire (156ème sur 190). En 2018, la République tchèque se classe 38ème (sur 180) pour l’indice de perception de la corruption (Transparency international) avec un score de 59/100 en amélioration constante ces dernières ; 29ème (sur 138) pour l’indice de compétitivité globale (Forum économique de Davos), en progression par rapport à 2017.

Les dépenses de recherche et développement ont régulièrement augmenté ces dernières années, passant de 1,1% du PIB en 2000 à 1,8% du PIB en 2016. C’est un niveau inférieur à celui de l’UE, qui dépense en moyenne 2% de son PIB dans la R&D, mais supérieur à celui de la Slovaquie (0,88%), de la Pologne (1,03%) et de la Hongrie (1,35%). Par ailleurs, la République tchèque est 27ème (sur 128) pour l’indice global de l’innovation (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), un classement stable depuis 2014.

Le pays compte trois établissements parmi les onze premières places du QS University Ranking pour les zones Europe centrale et orientale : l’université Charles à Prague (3ème rang), l’université technique de Prague (9ème rang) et l’université Masaryk à Brno (11ème rang). L’Institut de robotisation, de cybernétique ou d’automatisation (CIIRC) se positionne comme un acteur central et incontournable du paysage de l’Industrie 4.0 en République tchèque, en nouant des liens avec le secteur privé (Airbus, Skoda, Siemens) et le monde académique (universités techniques de Brno, d’Ostrava et de Plzen).

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