Echanges bilatéraux entre la France et la Chine

Echanges de biens

La Chine représente le premier déficit bilatéral de la France. Il a atteint un nouveau record en 2020 : 38,9 Md€ (à comparer à 32,3 Md€ en 2019). Après avoir été stables en 2019, les exportations ont fortement été pénalisées par l’aéronautique, dont la chute en 2020 tire le montant global des ventes vers le bas. Les autres secteurs ont enregistré de bonnes performances en dépit de la baisse globale des achats chinois. Les importations quant à elles ont significativement augmenté, portées par les achats massifs de produits médicaux à partir d’avril (masques importés de Chine pour près de 5 Md€ en 2020). Les importations ont baissé dans presque tous les autres secteurs, tendance liée au contexte de ralentissement de l’activité en France.

Les exportations françaises chutent lourdement (-16,3 % à 17,5 Md€) du fait des faibles ventes aéronautiques

Les exportations françaises vers la Chine ont chuté fortement en 2020 : -16,3 % à 17,5 Md€. Cette baisse s’explique exclusivement par le secteur aéronautique dont les exportations ont baissé de 64 % par rapport à 2019. Hors aéronautique, les exportations françaises ont été dynamiques : +10,1 % à 14,9 Md€. Cette évolution est à mettre en contraste avec la forte baisse des exportations françaises dans le reste du monde (-12,6 % pour les exportations hors aéronautique hors Chine). Les produits agricoles en particulier ont soutenu le commerce avec la Chine : + 115 % à 1,0 Md€, portés par les céréales (+150 % à 850 M€). Les produits agroalimentaires ont quant à eux stagné (+0,9 % à 2,3 Md€), avec un contraste entre les vins (-20 % à 400 M€[1]), les produits laitiers (-2 % à 700 M€), le Cognac (en légère baisse en 2020 à 400 M€ malgré le redressement enregistré au second semestre) et la viande porcine (+33 % à 500 M€). Les exportations de textiles (+37 % à 1,6 Md€), de produits chimiques (+11 % à 2,9 Md€) et de produits pharmaceutiques (+15 % à 1,6 Md€) ont augmenté.  Les exportations de biens d’équipements (-2 % à 3,4 Md€) et de produits métallurgiques (-7 % à 600 M€) ont quant à elles baissé.

A 1,5 %, la part de marché de la France en Chine[2] est en légère baisse (1,6 % en 2019) ; elle reste loin derrière celle de l’Allemagne (5,1 %). Nos entreprises sont bien positionnées dans les secteurs des spiritueux (1er fournisseur loin devant le Royaume-Uni), de l’aéronautique (2e derrière les États-Unis), du vin (2e derrière l’Australie  depuis 2019), des cosmétiques (2e derrière le Japon) et des produits pharmaceutiques (3e derrière l’Allemagne et les États-Unis).

Les importations françaises de biens chinois augmentent significativement (+6,0 % à 56,4 Md€) dans le contexte des approvisionnements de matériel médical

Les importations françaises de biens chinois ont progressé en 2020 : +6,0 % à 56,4 Md€. Cette hausse s’explique par l’explosion des achats de matériel médical à partir du mois d’avril, masques en premier lieu (de 165 M€ en 2019 à 4,9 Md€ en 2020) malgré la baisse des importations au dernier trimestre. Les importations d’ordinateurs (+8 % à 5,7 Md€) ont également enregistré une hausse, en lien probable avec le confinement et le développement du télétravail. Quasiment tous les autres postes d’importations sont en baisse dans le contexte du ralentissement de l’économie française : -12 % à 5,1 Md€ pour les articles d’habillement ; -6 % à 3,9 Md€ pour le matériel électrique ; -6 % à 2,5 Md€ pour les articles de sports et jouets. Hors masques, les importations en provenance de Chine ont baissé de 2,9 %.

 

Echanges de services

Dans les services, la France est excédentaire vis-à-vis de la Chine : en 2019, notre excédent a atteint 4,8 Md€, principalement du fait des dépenses des touristes chinois sur le territoire français (3,4 Md€).

 

Investissements croisés

Les investissements croisés France-Chine ont, ces dernières années, connu une augmentation forte et dissymétrique. Le stock des IDE français en Chine (28,8 Mds EUR en 2019 selon la Banque de France) est supérieur au stock des IDE chinois en France (2,6 Mds EUR par investisseur immédiats, 8,6 Mds EUR en 2018 par investisseur ultime), mais les flux d’investissements chinois sont les plus dynamiques.  Les investissements chinois à l’étranger, qui ont connu une hausse fulgurante depuis le début des années 2000, sont en perte de vitesse ces dernières années (de 196 Mds USD de flux en 2016 à 136 Mds USD en 2019) du fait de mesures restrictives de la part des autorités chinoises et de contrôles renforcés dans les principaux pays récipiendaires.

La présence française en Chine est ancienne ; les entreprises françaises s’y sont très tôt impliquées dans des projets emblématiques (construction de la centrale nucléaire de Daya Bay par EDF initiée en 1994). Aujourd’hui, près de 2 100 entreprises françaises, essentiellement des grands groupes, sont présentes en Chine, et emploient plus de 480 000 personnes (chiffres OFATS/Eurostat).

Par ailleurs, les investisseurs français ne bénéficient pas du même niveau d’ouverture en Chine que leurs homologues chinois sur le marché français.


[1] Ces chiffres n’incluent pas les exportations qui transitent par Hong Kong (vin) et Singapour (Cognac)

[2] Données douanes chinoises

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