Commerce extérieur chinois

Commerce extérieur en 2019 : la Chine a gagné des parts de marché dans le commerce mondial malgré les tensions sino-américaines

Dans un contexte de tensions commerciales et de ralentissement du commerce mondial en 2019 (-3 % en valeur ; -0,1 % en volume), les exportations de la Chine se sont maintenues à leur niveau de 2018 (+0,3 %) et ont été dynamiques en dehors du marché américain (-12,5 % vers les Etats-Unis ; +3,3 % vers le reste du monde), ce qui leur ont permis de réaliser des gains de parts de marché importants : hors Etats-Unis, de 11,7 % en 2018 à 12,7% en 2019. Les ventes de biens d’équipements hors téléphones et ordinateurs ont en particulier enregistré de bonnes performances (+6,2 % hors Etats-Unis).

Les importations chinoises ont quant à elles ralenti (-1,9 %), en provenance des Etats-Unis en premier lieu (-20,4 %) mais également du reste du monde (-0,5 %), en lien avec le ralentissement de la consommation privée. La tendance d’une baisse des achats liés au processing trade[1] (environ 40 % des imports en 2000 ; 30 % en 2010 ; 20 % aujourd’hui) et d’une orientation des importations vers des produits plus haut de gamme se poursuit. Les importations en provenance de l’UE ont légèrement augmenté tandis que la baisse des importations en provenance du Japon et de Corée du Sud au profit des autres pays asiatiques est marquée.

La Chine a en conséquence a enregistré en 2019 une hausse importante de son excédent commercial (de 382 Mds USD à 429 Mds USD), la baisse de l’excédent avec les Etats-Unis (de 324 Mds USD à 295 Mds USD) ayant été compensé par une hausse de ceux avec l’Union européenne (de 137 Mds USD à 151 Mds USD) et l’ASEAN (de 56 Mds USD à 73 Mds USD) et une baisse des déficits avec la Corée du Sud, le Japon et Taiwan (de 258 Mds USD à 209 Mds USD pour les trois pays).

Les relations commerciales sino-américaines ont été caractérisées en 2019 par (i) une escalade des tensions commerciales qui s’est traduite par une nouvelle hausse tarifaire en septembre ; (ii) la conclusion des négociations du deal phase-1, signé début janvier. Celui-ci devrait dynamiser les importations en provenance des Etats-Unis, sans doute au détriment des autres partenaires commerciaux : la Chine s’est engagée à quasiment doubler ses importations de biens et services américains d’ici 2021. Les ventes de la Chine aux Etats-Unis n’ont quant à elle pas vocation à retrouver leur niveau pré-guerre commerciale à court terme : les droits de douane devraient être maintenus à des niveaux très élevés, étant conditionnés par l’avancée des négociations phase-2.

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[1] Importations de matières premières ou de composants dont le produit fini est ensuite exporté

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