INDICATEURS & CONJONCTURE

 

La croissance économique se maintient à un niveau soutenu malgré les chocs subis en 2017, révélant une certaine résilience de l’économie ivoirienne et une bonne gestion budgétaire des autorités. A court terme, une attention particulière doit être portée à la gestion budgétaire, marquée par un creusement du déficit à -4,2% en 2017 (mais qui doit se résorber progressivement jusqu'à -3% en 2019) et une augmentation sensible de la dette prévue à 48,1% fin 2018. Le maintien de la dynamique économique à moyen terme passe par un certain nombre de réformes visant une meilleure mobilisation des recettes fiscales, la rationalisation des dépenses, l’efficacité de l’investissement public et l’amélioration significative du climat des affaires et de la compétitivité.

Eléments structurels

La Côte d'Ivoire fait figure de puissance sous régionale. Elle contribue à hauteur de 36% du PIB (40,3 Mds USD en 2017) de l'UEMOA et à 60% de ses exportations agricoles. Sa population est estimée à 25 millions d'habitants dont 4,5 millions d’étrangers. Le PIB par habitant demeure néanmoins modeste (1 615 USD fin 2017), soit à un niveau en dessous de la moyenne d’Afrique subsaharienne (1776 USD). Le pays se classe au 171e rang mondial (sur 188 pays) de l'indice de développement humain du PNUD et au 37e rang africain (sur 54 pays). Le taux de pauvreté atteint 46,3% de la population en 2015 (moins de 1,90 $ par personne et par jour).

La Côte d’Ivoire possède de solides atouts, notamment sa situation géographique côtière, des infrastructures de transport relativement développées et une diversification sectorielle qui favorise sa stabilité économique. Sa puissance économique repose notamment sur le secteur agricole (28% du PIB) ; la Côte d’Ivoire est le 1er producteur mondial de cacao (plus de 35 % du marché). Le secteur secondaire (25%) concerne principalement l’énergie (raffinage de pétrole brut), le BTP et l’agro-alimentaire. Le secteur tertiaire (47%) est dominé par les TIC (téléphonie mobile), les services financiers (banques), les transports et la distribution.

Le gouvernement ivoirien a adopté en décembre 2015, un plan national de développement (PND) qui prévoit un volume d’investissement de 45 Mds EUR sur la période 2016-2020, mobilisant notamment l’investissement privé via les PPP.

Depuis juillet 2014, la Côte d’Ivoire bénéficie d’une notation de sa dette souveraine. Fin 2015, Moody’s et Fitch ont respectivement relevé la note de long terme du pays de B1 à Ba3 et de B à B+, avec des perspectives stables. Ces notes ont été maintenues jusqu’à présent.

Conjoncture économique

Le pays enregistre une croissance de l’ordre de 8% depuis 2012 (7,8% en 2017). Ces performances reposent sur un effet de rattrapage qui s’atténue, des facteurs structurels tels que la stabilité politique et monétaire (appartenance à la Zone franc), une économie relativement diversifiée, et sur l’amélioration du climat des affaires.

La Côte d’Ivoire a également tiré un avantage majeur dans le processus de désendettement issu de l’initiative PPTE, qui a lui permis de retrouver des marges de manœuvre financières pour mettre en œuvre son programme d’investissements publics grâce à un recours aux marchés financiers régional (bons et obligations du Trésor) et international (eurobonds).

En raison de la chute du prix du cacao et des dépenses supplémentaires générées par les revendications financières des militaires et des fonctionnaires, le déficit s’est creusé en 2017 à - 4,2%. Le choc a cependant été relativement bien géré par la Côte d’Ivoire, démontrant la capacité de résilience financière du pays. La loi de finances 2018 prévoit une amélioration du déficit (3,75% du PIB). Le ratio recettes fiscales sur PIB demeure à 15,5% depuis 2016. Pour mémoire, l’objectif UEMOA est fixé à 20%. La croissance du pays reste ainsi dépendante en grande partie des emprunts réalisés sur les marchés financiers.

Les prévisions du FMI pour 2018 restent bonnes : après 7,8% en 2017, la croissance serait de 7,4%, le déficit diminuerait à 3,8% avant de revenir en dessous du critère de convergence de 3% en 2019. Enfin, l’inflation demeure contenue en dessous de 2%.La Côte d’Ivoire a achevé avec succès en 2015 un programme de réformes avec le FMI et un nouveau programme est en cours sur la période 2017-2019.

Au niveau du climat des affaires, de nombreux progrès ont été réalisés depuis 2011, sur le plan juridique (codes des investissements, minier, de l’électricité, des télécommunications…) et institutionnel (création du tribunal du commerce, du guichet unique …). En 2017, le pays a gagné 3 places dans le classement Doing Business de la SFI (rapport 2018) pour se situer à la 139e position mondiale et figure comme le mieux classé en Afrique de l’Ouest.

Néanmoins, la mise en œuvre des textes reste déficiente, en particulier dans le domaine fiscal, douanier et des marchés publics. La réforme du droit foncier reste à réaliser. Les délais de paiement de l’administration sont trop élevés. La justice reste longue et aléatoire. Des progrès restent à accomplir en matière de gouvernance (le pays se situe à la 108e place sur 176 pays dans le classement de Transparency International). Les PME ont un accès limité au financement bancaire. L’investissement dans le capital humain doit enfin être renforcé (éducation, formation, filets sociaux), étant donnée leur position dans le bas du classement de IDH.

Situation de la dette

La dette publique a atteint 46,4% du PIB fin 2017. Malgré la croissance de l’économie depuis 2012 et l’allègement progressif de la dette publique généré par le C2D, le ratio dette publique sur PIB s’accroit sensiblement chaque année. Le FMI estime le ratio d’endettement à 48,1% à fin 2018.

La dette est financée principalement par appel aux marchés financiers et aux bailleurs de fonds asiatiques (Chine). En plus de recourir fréquemment au marché régional, l’Etat ivoirien émet des obligations en euros (eurobonds). En mars 2018, il a émis pour 1,7 Md d’Eurobonds. Cette émission, la plus importante réalisée exclusivement en Euro par un pays africain, constitue la quatrième émission de l’Etat ivoirien sur les marchés internationaux, après celles de juillet 2014 (500 MUSD), février 2015 (1 Md USD) et juin 2017 (1250 MUSD et 625 MEUR).

Depuis début 2017, et comme la plupart des autres membres de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire éprouve des difficultés, à lever des fonds sur le marché régional. La BCEAO a en effet durci récemment les conditions de refinancement des titres publics détenus par les banques commerciales.

 

Indicateurs

Côte d'Ivoire

Population (M hab.)

25,0

Macroéconomie

 

PIB (Mds$)

40,3

PIB / Hab ($)

1 615

Croissance PIB réel (%)

7,8

Inflation (%)

1,0

Finances Publiques

 

Déficit public (%PIB)

-4,2

Dette publique (%PIB)

46,4

Pression fiscale (%PIB)

15,5

Risque Pays

B

Echanges

 

Balance commerciale (%PIB)

7

Exportations françaises vers (M$)

1 187

Importations françaises depuis (M$)

871

Balance courante (%PIB)

2

Réserves de change (mois d'import)

4

Aspects qualitatifs

 

IDH (2016)

171

Doing Business (2016)

139

Environnement des affaires

C

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