Les échanges commerciaux entre la France et le Botswana

Les échanges commerciaux entre la France et le Botswana ont fortement évolué en 2022, la France enregistrant son premier déficit commercial (-23 MEUR) vis-à-vis du pays depuis plus d’une décennie, tandis que le montant des échanges est resté stable (+1%). Les exportations françaises à destination du Botswana ont poursuivi leur diminution (-78%), en raison de l’arrêt quasi-total des ventes de matériels de transport. Nos importations ont en revanche progressé de 305%, en raison d’un effet de substitution lié à la guerre en Ukraine (nouveau flux de houille, et poursuite de la reprise du secteur du diamant). Le Botswana reste toutefois un partenaire commercial marginal pour la France (191ème client et 134ème fournisseur), en raison de l’étroitesse de son marché (2,6 M d’habitants).  

1. Les exportations françaises à destination du Botswana ont poursuivi leur diminution (-78% en 2022, après -24% en 2021 et -65% en 2020), pour atteindre 6,4 MEUR, soit un point bas depuis 2014. Elles ont ainsi été divisées par plus de 8 par rapport à leur moyenne pré-crise (54 MEUR en moyenne entre 2017 et 2019), période à laquelle elles avaient toutefois atteint un pic historique (106 MEUR en 2019). A titre de comparaison, en 2022, les exportations françaises ont progressé de 19% au niveau mondial et de 9% vers l’Afrique subsaharienne.

 

  • Cette évolution s’explique principalement par l’arrêt quasi-total des exportations de « matériels de transport » (-98%, pour atteindre 344 000 EUR, soit une contribution négative de 64 points à la croissance des exportations). Après une année record en 2019 (72 MEUR d’exportations) en raison de l’exécution d’un contrat important dans le domaine de la sécurité, les ventes de matériel de transport avaient entamé une nette décrue dès l’année suivante (-66% en 2020 et -24% en 2021), atteignant toutefois toujours 18,5 MEUR en 2021 (majoritairement des véhicules à usages spéciaux).

  • Dans une moindre mesure, on constate aussi une baisse des exportations de (i) « produits informatiques, électroniques et optiques » (-59% à 1,9 MEUR, soit  une contribution négative de 9,4 points), en raison d’un arrêt quasi-total d’exportations d’ordinateur (25 000 EUR en 2022 contre 2,2 MEUR en 2021, soit une diminution de 99%) et de téléphones (-68% à 300 000 EUR) ; et (ii) de « produits de l’édition et de la communication » (165 000 EUR en 2022 contre 1,2 MEUR en 2021, soit -86%), en raison d’un arrêt de ventes de DVD (-1,1 MEUR). 

2. La structure des exportations françaises a ainsi fortement évolué en 2022. Les « équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques », deuxième poste d’exportations en 2021 (avec 20% du total, soit une part proche de celle observée avant la crise), ont représenté plus de la moitié (55%) des exportations françaises au Botswana en 2022, malgré une forte réduction en valeur (-38% par rapport à 2021), principalement due au poste « produits informatiques, électroniques et optiques ». Les « produits pharmaceutiques » (médicaments, toxines, vaccins), troisième poste d’exportations en 2021, se sont hissé en deuxième position cette année, comptant pour 22% du total, soit une part nettement supérieure à leur niveau historique (8% en 2021 et 10% en moyenne sur la période 2017-2019), et ce malgré une réduction d’un tiers en valeur.  Les « produits en caoutchouc et plastique et produits minéraux divers » complètent le podium, avec une progression significative (6% de part de marché, contre 0,05% en 2021). Les « matériels de transport », qui caracolaient en tête des exportations françaises ces dernières années (entre 65% et 75% du total entre 2018 et 2021), ne représentent en revanche plus que 5% du total en 2022.

3. Le Botswana est un débouché marginal pour les produits français, en raison notamment de l’étroitesse de son marché (2,6 M d’habitants en 2021 selon l’ONU), bien que la faiblesse du flux ne doive pas faire oublier le haut niveau de technologie des produits exportés. En valeur, le Botswana se positionne ainsi comme notre 191ème client (le 42ème en Afrique subsaharienne – perdant respectivement 45 et 10 places en 2022). La France est également un fournisseur marginal pour le pays (16ème au niveau mondial, avec une part de marché de 0,1%, loin derrière l’Afrique du Sud, dont proviennent 80,5% des importations botswanaises).  La France est le 7ième fournisseur européen du Botswana, précédée notamment par la Belgique (4,3% de part de marché) et l’Allemagne (1,4%) – deux pays très actifs dans le diamant et l’industrie.

4. En 2022, les importations françaises en provenance du Botswana ont progressé de 305% pour atteindre 29,7 MEUR, après une première hausse de 403% l’année précédente. Elles dépassent ainsi largement leurs niveaux pré-crise (19 MEUR en moyenne sur la période 2017-2019), n’atteignant toutefois pas leur niveau record de 2019 (35,4 MEUR). Cette forte augmentation en 2022 s’explique par des importations inédites de houille, à hauteur de 16,2 MEUR (contribution positive de 221 points à la progression des importations), en raison d’un effet de substitution partielle dans le contexte de la guerre en Ukraine (les importations françaises de houille en provenance de Russie ont dans le même temps décru de 62% en volume). Le Botswana est ainsi devenu ex nihilo en 2022 le 6ème fournisseur mondial de charbon de la France (44,2 Mt), derrière l’Afrique du Sud et la Russie. Les importations de diamants (« produits manufacturés divers ») ont par ailleurs poursuivi leur reprise (+83% en 2022 à 13,2M EUR, soit une contribution positive de 82 points), après un fort rebond en 2021 (+491%).

5. La structure des importations françaises en provenance du Botswana a été bouleversée en 2022 par l’apparition d’un nouveau flux de houille, qui en occupe désormais le premier poste (55% du total). Les diamants, qui représentaient 98% de nos importations en 2021 (et 74% en moyenne avant crise), ont été rétrogradés en deuxième position (44% du total), malgré une forte progression en valeur. A noter que le Botswana, second producteur mondial de diamant (après la Russie), a opéré ces dernières années une diversification de son industrie vers l’aval (développement des activités de polissage et de taille). 

6. Au niveau mondial, le Botswana est un fournisseur marginal de la France. En 2022, le pays se plaçait au 134ème rang de nos fournisseurs (162ème en 2021), avec une part de marché insignifiante (0,004%). Au niveau de l’Afrique sub-saharienne, le pays est notre 28ème fournisseur (0,2%).

7. Alors que la France recense habituellement un excédent commercial structurel vis-à-vis du Botswana, elle a enregistré en 2022 un déficit inédit vis-à-vis du pays (-23,3 MEUR), lié aux importations nouvelles de houille. L’excédent s’était progressivement réduit au cours des deux dernières années (-41% en 2021, après -49% en 2020), après un record de 71MEUR enregistré en 2019.

 

 

Disponible au téléchargement : 

  • Botswana - Commerce bilatéral en 2021- ANNEXE 
  • Botswana - Commerce bilatéral en 2020- ANNEXE 
  • Botswana - Commerce bilatéral en 2020 (juin 2021)
Publié le