Indicateurs et conjoncture

Le Burkina Faso est un pays d’Afrique subsaharienne à faible revenu dont l’économie est fortement dominée par l’agriculture qui emploie près de 80% de la population active. Entouré par le Mali, le Niger au Nord, et par le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire côté Sud, il ne possède pas de façade maritime et la région Nord du pays est située en zone Sahel.

L’actuel Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré a été élu en novembre 2015, après la chute du régime Blaise Compaoré (27 ans), tombé par une insurrection populaire en 2014, suivie par une brève période de transition. Sous la conduite du Premier ministre Paul Kaba Thiéba depuis 2016, le gouvernement poursuit une politique d’investissement massif dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES 2016-2020). Néanmoins, la relance économique tarde à se mettre en place et la situation demeure fragile. Les attentes de la population touchée par la pauvreté, le chômage, et la corruption sont multiples et la grogne sociale est latente.

Le renforcement de la sécurité est aujourd’hui la priorité du gouvernement, depuis notamment l’attaque terroriste du 15 janvier 2016 qui a fait 30 victimes en plein cœur d’Ouagadougou et, plus récemment, le 2 mars 2018, les attaques simultanées de l’ambassade de France et de l’État-major général des Armées. Compte tenu d’un environnement sécuritaire régional instable et de la recrudescence des attaques dans le pays même, qui pèsent indéniablement sur le climat des investissements, les autorités burkinabè doivent faire face à de nombreux enjeux géopolitiques tels que la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des populations dans les zones frontalières avec le Niger et le Mali.

  • Éléments structurels sur l’économie

Avec un PIB de 696 USD par habitant en 2017 (FMI), le Burkina Faso (19 millions d’habitants vivant à 86% dans les zones rurales) est un pays pauvre (185ème rang sur 188 nations au dernier classement de l’Indice de développement humain 2016 du PNUD, juste devant le Tchad, le Niger et la RCA) dont 40,1% de la population vivrait toujours sous le seuil de pauvreté (Banque Mondiale 2014), voire même 70,4% des habitants dans la région Nord, contre moins de 10% dans la capitale. La forte pression démographique (+3,1% par an) absorbe une part importante de la croissance économique.

Le secteur primaire burkinabè représente 30% du PIB, principalement porté par la culture du coton. Le secteur secondaire constitue 20% du PIB. Il est à majeure partie constitué des secteurs miniers, du BTP, et manufacturier. Enfin, le secteur tertiaire constitue la part la plus importante avec 50% du PIB. Il bénéficie actuellement du développement des services financiers et des télécommunications.

L’aide au développement (en moyenne 10% du PIB sur les cinq dernières années) et l’exploitation aurifère (61,6% du total des exportations en 2016, avec une production record de 45 tonnes d’or en 2017) ont contribué au dynamisme de l’économie burkinabè au cours des dernières années.

  • Conjoncture économique

Après les chocs externes des années 2014 et 2015, l'économie burkinabè a connu un net rebond en 2016 (+5,9%) et a continué sa progression en 2017 avec une croissance de 6 %, qui devrait se stabiliser à 6 % en 2018. Cette performance est le résultat, d’une part, de la progression de la production d’or (+19% entre 2016 et 2017) suite à l’ouverture de deux nouvelles mines, et d’autre part, de la hausse de la production cotonnière (+16%).

La reprise des investissements publics (12,3% en 2017 contre 7,3% en 2016), notamment dans le cadre du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES 2016-2020), doit jouer un rôle déterminant dans le redressement de l’économie. Les partenaires techniques et financiers du Burkina Faso ont unanimement confirmé leur confiance lors de la Conférence des bailleurs pour le financement du PNDES organisée à Paris mi-décembre 2016. Le PNDES prévoit pour la période 2016-2020 plusieurs projets visant notamment à améliorer l’offre d’électricité défaillante (coupures récurrentes) et les infrastructures de transports. Il s’insère également dans une politique de réduction des tensions sociales en poursuivant l’objectif de réduction du taux de pauvreté fixé à 35% pour 2020.

L’inflation est maitrisée et reste modérée dans le pays (+2,1% selon le FMI en 2017).

Le déficit budgétaire, encore proche du plafond UEMOA en 2016 (3,1% contre 2% en 2015), s’est fortement dégradé et a atteint 8% en 2017. Plusieurs raisons structurelles expliquent ce creusement : la hausse des dépenses courantes (pressions fortes provenant de la masse salariale estimée à 50 % environ des recettes et poussée à la hausse par les revendications salariales) et surtout la hausse des dépenses sécuritaires (Défense +21%, Sécurité +9%), au détriment des dépenses d’investissements massives prévues dans le PNDES

Selon la loi de finances 2018, les recettes devraient atteindre 1.757 Mds FCFA soit une hausse de 26,5% par rapport à 2017. Le taux de pression fiscale était de 16,5% en 2017, et le gouvernement Burkinabè a mis en place la même année des mesures allant dans le sens d’une mobilisation accrue des ressources intérieures. Dans le cadre du nouveau programme contracté avec le FMI en mars 2018, les autorités se sont engagées à revenir à un  niveau de déficit de 5% du PIB en 2018 et de 3% en 2019. Le FMI a ainsi demandé aux autorités un gel de 15% des dépenses jusqu'en juin 2018, qui pourra être levé en fonction des performances en matière de mobilisation des ressources.

Le Burkina Faso fait face à un risque croissant de choc sur la dette en raison des passifs conditionnels (présents et futurs) liés aux entreprises publiques et à d’éventuels PPP. Cela étant, le risque de surendettement extérieur du Burkina Faso reste modéré. La dette extérieure représente 63% de la dette publique et est principalement contractée en termes concessionnels, auprès d’institutions multilatérales et bilatérales.

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