Situation économique et financière de la Belgique

Avec 12 millions d’habitants et un produit intérieur brut (PIB) de 642 Md€ en 2025, la Belgique est la 7ème économie de l’Union européenne (UE). Ouverte et fortement tertiarisée, elle constitue un carrefour commercial stratégique en Europe de l’Ouest, par sa position géographique et la densité de ses infrastructures, à l’image du Port d’Anvers-Bruges. Principalement portée par la demande intérieure, l’économie belge a fait preuve de résilience en 2025 avec une croissance de +1,0 %. Le Bureau fédéral du Plan prévoit une stabilisation à +1,1 % en 2026 et 2027, sous réserve des conséquences de la crise au Moyen-Orient. État fédéral complexe formé de trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale) et de trois communautés linguistiques, la Belgique se caractérise par un Nord dynamique et industriel et un Sud en proie à des difficultés structurelles. Si le marché du travail reste tendu, les mesures du gouvernement visent à soutenir l’offre de travail et limiter la hausse des coûts salariaux pour les entreprises, notamment celles exportatrices qui souffrent d’une faible compétitivité-coût. L’état des finances publiques est jugé préoccupant, avec des niveaux de déficit et d’endettement élevés, portés par le vieillissement de la population et la charge de la dette, ce qui a conduit la Commission européenne à ouvrir une procédure pour déficit excessif (PDE).

7ème économie européenne, la Belgique fait preuve de résilience mais n'est pas sans fragilités.

  • La Belgique est un État fédéral dont l’économie ouverte et fortement tertiarisée se caractérise par des écarts importants entre ses trois régions.

    Petite économie (PIB de 642 Md€ et PIB/hab. de 48 700 € en 2025, cf. annexe 1), le Royaume de Belgique constitue, du fait de sa position géographique et de la densité de ses infrastructures, un carrefour commercial dans le Nord-Ouest de l’Europe, au cœur de la « banane bleue ». Dans un contexte de turbulences économiques, de tensions géopolitiques et de perturbations logistiques, le Port d’Anvers-Bruges, 2ème ensemble portuaire européen, a enregistré un transbordement total de marchandises de 266,5 millions de tonnes en 2025, en recul de 4,1 % par rapport à 2024. L’économie belge est fortement tertiarisée (la valeur ajoutée des services représente près de 80 % du PIB et a augmenté de 0,2 pp. en 2025) et l’industrie (15 % du PIB) continue de se replier en 2025 (baisse de 0,3 pp.), après avoir déjà enregistré un recul de 0,7 pp. en 2024. Le secteur primaire (hors agro-industries) est marginal (0,8 %) et connaît lui aussi un repli en 2025 (cf. annexe 2). L’activité économique se concentre en Flandre, qui représente 60 % du PIB, contre 17 % pour Bruxelles-capitale (qui bénéficie de la présence des institutions internationales et de l’UE) et 23 % pour la Wallonie (cf. annexe 3). La Wallonie reste confrontée aux difficultés liées à la reconversion de ses anciennes filières industrielles (métallurgie, textile) mais dispose d’atouts encore solides (industries pharmaceutiques et biotechnologiques, défense).

  • La croissance de l’économie belge reste modérée, principalement portée par la demande intérieure dans un contexte de ralentissement de l’inflation et du pouvoir d’achat.

    Le PIB a crû de +1,1 % en 2024 et +1,0 % en 2025, soutenu par la consommation des particuliers. Selon le Bureau fédéral du Plan, la hausse des investissements privés et publics devrait permettre à la croissance économique d’atteindre +1,1 % en 2026 et 2027 (cf. annexe 4) – sous le niveau de celle de la zone euro (respectivement +1,3 % et +1,4 %) – alors que les exportations affichent une reprise modeste et le pouvoir d’achat ralentit malgré un niveau robuste de consommation des ménages. À noter que le plan national de reprise et de résilience, d’un montant de 5,3 Md€ (dont 57 % a déjà été versé à la Belgique, cf. annexe 5), devrait entraîner une hausse du PIB de l’ordre de 0,2 % d’ici à 2030. En parallèle, le marché du travail demeure tendu en Belgique, malgré un taux de chômage (6,2 % en 2025 et 6,5 % pour 2026 – cf. annexe 6) similaire à celui de la zone euro et les efforts du gouvernement pour soutenir l’offre de travail. L’inflation belge a atteint 3,0 % en 2025 (contre 4,3 % en 2024) – soit plus élevée que dans la zone euro (2,1 % en 2025) (cf. annexe 7) – et devrait poursuivre sa décrue progressive pour atteindre 2,2 % en 2026 et 1,7 % en 2027, sous réserve de la volatilité des prix de l’énergie, en particulier à la suite du conflit ouvert fin février 2026 avec l’Iran. Les mesures du gouvernement prévoient un plafonnement de l’indexation salariale en 2026, ce qui atténue la croissance des coûts salariaux.

  • Dépendante du commerce extérieur, la compétitivité de l’économie belge reste sous pression, mais elle résiste.

    La Belgique est très ouverte : en 2025, ses exportations de biens et de services ont atteint 485,9 Md€, soit 75,7 % du PIB. Dans un contexte de coûts déjà élevés, la hausse des coûts salariaux horaires s’est poursuivie (+3,1 % en 2025 dans le secteur privé selon la Banque nationale de Belgique/BNB). Les exportations de biens et de services en volume ont reculé (-0,2 %) tandis que les importations ont légèrement progressé (+0,1 %), signe d’un environnement extérieur moins porteur pour l’économie belge. Dans ces conditions, le solde des exportations nettes s’est davantage dégradé, à -11,6 Md€ en 2025 contre -2,4 Md€ en 2024. La BNB relève ainsi un creusement du déficit courant en 2025. Pour autant, la position extérieure nette du pays demeure structurellement positive et représente encore plus de 50 % du PIB (ce qui classe la Belgique au 3ème rang européen). Le Royaume de Belgique reste créditeur vis-à-vis du reste du monde et investisseur net à l’étranger, avec un stock d’IDE sortants de 679 Md€ et un stock d’IDE entrants de 540 Md€ en 2024. La dette extérieure brute de l’économie belge s’élevait à 1 562 Md€ au troisième trimestre 2025 (243% du PIB).

La situation des finances publiques est préoccupante mais le secteur financier demeure solide.

  • Les efforts budgétaires s’avèrent insuffisants pour réduire le déficit et stabiliser la dette de la Belgique.

    Dans ses projections de mars 2026, le Comité de monitoring prévoit un déficit public de -5,0 % du PIB en 2026, après -5,2 % en 2025 et -4,4 % en 2024 (cf. annexe 8). La croissance des dépenses primaires est inférieure à celle des recettes fiscales jusqu’en 2028, en raison d’une stabilisation des dépenses sociales. Cependant, la hausse des dépenses de défense pour atteindre la norme de 2 % de l’OTAN (0,6 % du PIB en 2028 contre 0,3 % en 2025), l’alourdissement des charges d’intérêts de la dette (3,3 % du PIB en 2028 contre 2,4 % en 2025), ainsi que la pression du vieillissement démographique exercée sur les dépenses de santé et les pensions, aggravent le déficit public, projeté à -5,7 % en 2029 et -6,3 % en 2031. La dette publique (690,7 Md€ en 2025) poursuit ainsi une trajectoire ascendante avec un ratio d’endettement atteignant 107,4 % du PIB en 2025, 109,8 % en 2026 et 116,6 % à la fin de la législature en 2029. Si les agences de notation ont maintenu leurs évaluations à 'AA' pour S&P et 'Aa3' pour Moody’s en octobre 2025, les efforts budgétaires du gouvernement sont jugés insuffisants : le gouverneur de la Banque Nationale de Belgique (BNB) estime à 11 Md€ l’ajustement supplémentaire nécessaire pour respecter les engagements européens et réduire le déficit public à 4,0 % d’ici 2029. Depuis le 26 juillet 2024, la Belgique fait effectivement l’objet d’une procédure en déficit excessif (PDE). Selon le Plan budgétaire et structurel à moyen termer (PSMT) de la Belgique adopté le 20 juin 2025, la croissance des dépenses primaires nettes ne devrait pas excéder 3,6 % en 2025, 2,5 % en 2026, 2,5 % en 2027, 2,1 % en 2028 et 2,1 % en 2029 – excluant les dépenses supplémentaires de défense. Si le projet de budget fédéral pour 2026 a été approuvé par la Commission en février, l’assainissement des finances publiques constitue l’un des défis principaux du gouvernement De Wever.

  • Le secteur financier demeure solide malgré les tensions géopolitiques.

    Selon la BNB, le secteur bancaire (actif de 1 450 Md€) bénéficie d’une rentabilité stable : au T3 2025, il enregistre un bénéfice net de 5,9 Md€ et un rendement de fonds propres (RoE) de 9,3 %. Il repose sur des niveaux adéquats de fonds propres (CET1 à 15 %) et de liquidités (LCR à 151 %). Les entreprises ont contracté davantage d’emprunts bancaires en 2025 avec un niveau d’endettement maîtrisé (cf. annexe 9). Le secteur de l’assurance est également caractérisé par des niveaux de rentabilité et de solvabilité toujours robustes. Quant au marché de l’immobilier, une reprise se dessine pour le sous-secteur résidentiel, malgré des coûts d’emprunts à long terme toujours élevé (3,4 % au T4 2025 pour des maturités supérieures à dix ans). Toutefois, le sous-secteur commercial constitue toujours un point de vigilance, concentrant des profils de risque accru et des niveaux d’endettement élevé. Le secteur financier belge est ainsi solide pour absorber d’éventuels chocs.



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