Salle Pierre Laroque du ministère du Travail et des Solidarités,
14 Avenue Duquesne
75007 Paris
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L’objectif du séminaire « Politiques de l’emploi - Interactions de l’économique et du juridique » est de permettre la confrontation objective des points de vue entre économistes et juristes, et plus largement entre les acteurs intéressés par la réflexion sur les politiques d’emploi, universitaires comme praticiens.

Le séminaire « Politiques de l'emploi - Interactions de l'économique et du juridique » est présidé par Gilbert Cette, Président du Conseil d'orientation des retraites, Professeur d'économie à la Neoma Business School et Jean-Emmanuel Ray, Professeur émérite à l'École de droit de l'Université Paris I - Sorbonne.

Le séminaire du mardi 16 juin 2026 portera sur le thème « Comment faire évoluer le management à la française ? », avec des interventions croisées de :

  • Salima Benhamou, Économiste au Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan ;
  • Frédéric Laloue, Inspecteur général des Affaires Sociales à l'IGAS ;
  • Rémi Lugagne, Directeur des Relations Humaines Europe de L'Oréal

Pour s’inscrire au séminaire, merci d’écrire à seminaire.emploi@dgtresor.gouv.fr

Problématique de la séance

Les comparaisons internationales montrent les limites du management à la française, caractérisé par des pratiques verticales et une reconnaissance du travail jugée insuffisante par les salariés. Selon l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS, 2024), 58 % des travailleurs français déclarent une faible autonomie (contre 41 % en Allemagne), 56 % estimant leur travail reconnu (contre 75 % en Allemagne). Ces caractéristiques vont de pair avec un niveau de confiance assez faible dans l'autre et dans les institutions, comparé à de nombreux autres pays, et avec une démocratie sociale moins dynamique dans la production de normes. Contrastant avec les principes aujourd'hui partagés d'un management fondé sur la participation, l'autonomie et la valorisation des salariés.

La France dispose pourtant de l'un des cadres juridiques les plus complets d'Europe en matière de pratiques managériales. Obligation générale de prévention des risques de l'employeur, obligations liées à la qualité de vie et aux conditions de travail (QVCT), harcèlement moral managérial créé par la jurisprudence : autant de dispositifs parfois lourdement sanctionnés. Mais le modèle français repose prioritairement sur la norme juridique, là où d'autres pays privilégient la négociation collective et le dialogue professionnel.

Ce séminaire veut éclairer le débat public sur les enjeux du management en France, en croisant les analyses économiques, juridiques et pratiques, en identifiant des leviers concrets d'amélioration.

D’un point de vue économique, la qualité du management, favorisée notamment par des organisations du travail de type apprenantes, constituerait un levier déterminant de performance pour les entreprises. Une étude France Stratégie sur 27 pays européens a notamment montré que les organisations de type apprenantes, reposant sur une forte participation des salariés et d'autonomie, affichent de meilleurs scores en matière de qualité du management, améliorent la qualité de l'emploi et la diffusion des innovations. La France est ici en retard par rapport à d'autres ays européens : ce qui pourrait y retarder la duffusion des transformations technologiques, avec à terme une productivité moins dynamique. 

 

D’un point de vue juridique, le critère du contrat de travail, la "subordination juridique permanente" de l'usine fordiste renvoie à une conception verticale du management ne correspondant plus à la culture des collaborateurs d'aujourd'hui. La motivation de l'ouvrier sur chaîne était par ailleurs extrinsèque, celle du travailleur du savoir est intrinsèque : du chef au leader. La montée en puissance jurisprudentielle du harcèlement managérial, désormais lourdement sanctionné, est révélatrice d'une évolution nécessaire.

 

Du point de vue des entreprises, améliorer les pratiques managériales est un enjeu de prévention et d'attractivité. Un management de qualité est associé à un plus faible absentéisme et un plus faible turnover, constituant ainsi un levier d'attractivité et de fidélisation des salariés dans un contexte de tensions de recrutement dans plusieurs secteurs. Bien que non abouti, le projet d'accord national interprofessionnel (ANI) d'avril 2024 sur un "pacte de la vie au travail" témoignait d'une prise de conscience partagée entre partenaires sociaux quant au rôle central des pratiques managériales dans l'amélioration de la qualité de vie au travail.

Plusieurs pistes concrètes de solutions seront examinées, en s'inspirant notamment de bonnes pratiques étrangères: renforcement de la formation des managers, meilleure articulation entre formation initiale et entreprise, développement de programmes d'innovation managériale.