Pays historiquement industrialisé, la Belgique réduit aujourd’hui ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et mise notamment sur le développement des énergies renouvelables en mer du Nord, la rénovation énergétique, le développement des réseaux et l’électrification des usages.

Emettrice de 103 Mt CO2 eq [1] de GES (8,8 t CO2 eq/hab.) en 2022, la Belgique se place à la 8e place de l’UE (moyennes : 116 Mt CO2 eq et 7,0 t CO2 eq/hab.). Le principal GES émis est de loin le dioxyde de carbone (CO2) (86% des émissions belges de 2022), suivi du méthane (CH4), du monoxyde d’azote (N2O) et des gaz fluorés. Le secteur des transports est le plus émetteur (23% des émissions belges en 2022, dont 96% dues au transport routier). Viennent ensuite les processus industriels, la transformation de l’énergie, le chauffage résidentiel, la combustion industrielle et l’agriculture. Ces dernières années, la plupart des secteurs ont vu leurs émissions diminuer, la trajectoire globale de réduction des émissions belges étant de -1,4%/an sur la période 2012-2022 [2].

Par ailleurs, la Belgique met en place des politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Pour réduire les émissions de GES, la Belgique vise l’élimination progressive des chaudières à mazout, des voitures utilisant des carburants fossiles, la réduction des biocarburants de 1re génération et mise sur les carburants renouvelables. En matière d’énergies renouvelables, l’accent est mis sur le potentiel de la mer du Nord (jusqu’à 3,5 GW d’énergie éolienne en mer d’ici 2030), sur le solaire flottant, le développement de la filière industrielle et d’importation de l’hydrogène, la culture d’algues pour produire des biocarburants et sur la réduction des taux pour l’installation de panneaux solaires et les pompes à chaleur. Elle souhaite augmenter l’efficacité énergétique par une baisse de la TVA sur les travaux de démolition-reconstruction, la rénovation massive des bâtiments, le développement de la chaleur renouvelable et l’électrification des moyens de transport. Elle entend accroître sa sécurité énergétique en augmentant la capacité de regazéification à Zeebrugge et, en renforcement du marché intérieur de l’énergie, se positionne comme pays de transit pour le gaz (à l’avenir l’hydrogène) et comme zone d’interconnexions électriques, dans un cadre de forte coopération internationale. La lutte contre la précarité énergétique s’appuie sur un tarif social pour l’électricité et le gaz naturel, des plafonds sur les profits de l’électricité et un soutien financier pour la rénovation et l’accès au logement. En outre, la Belgique s'engage à consacrer au moins 3% de son PIB à la R&D, en particulier sur l’hydrogène et le nucléaire (déchets, recherche médicale et fondamentale, et 100 M€ pour la recherche sur les petits réacteurs modulaires).

Cependant, le Royaume peine à s’inscrire dans les trajectoires de réduction fixées par l’Union européenne (UE) et de grands défis (financement, formation) se profilent pour permettre la transition alors que la Belgique est déjà confrontée aux effets du changement climatique sur son territoire.

Dans l’optique de parvenir à son objectif de neutralité carbone en 2050, l’UE a récemment réhaussé les objectifs européens intermédiaires pour 2030 (à présent à -55% d’émissions de GES pour 2030 par rapport à 1990). Dans ce cadre, la Belgique doit atteindre en 2030 une réduction de 47% par rapport à 2005 de ses émissions de GES pour les secteurs non-couverts par le système d’échange de quotas d’émissions de l’UE : transport, bâtiment, agriculture, déchets... Cependant, le projet de mise à jour du plan national énergie-climat belge [3] ne conduit selon les projections qu’à 42,6% de réduction.

Le projet prévoit pourtant un besoin de plus de 155 Md€ (28% du PIB2022) d’investissements stratégiques d’ici 2030. Si les investissements publics flamands et wallons soutiendront le développement des infrastructures, la formation, l’enseignement, la santé (et d’autres domaines en cas de risque de défaillance du marché), la Belgique souhaite faire un usage maximal des sources de financement européennes et tirer parti de l’investissement privé, du cofinancement et des partenariats public-privé. La formation constitue également un enjeu pour la réussite de la transition (besoin élevé dans les secteurs de la rénovation énergétique, des énergies renouvelables).

Ces besoins se font sentir alors que la Belgique observe d’ores et déjà les effets du changement climatique sur son territoire : les températures ont augmenté d’1,9°C depuis 1890, l’augmentation s’accélérant depuis 1954. 2020 et 2022 ont été les années les plus chaudes jamais enregistrées dans le pays, alors que des vagues de chaleur sont désormais observées chaque année et que le niveau de la mer a augmenté de 11 cm depuis 1950 à Ostende [4]. Dans un scénario où les émissions globales continueraient d’augmenter [5], les coûts engendrés par les effets du changement climatique en Belgique s’élèveraient à plus de 6 Md€/an en 2050, soit plus de 1% du PIB2022 [6].



[1] Emissions nettes totales (comme inventoriées dans les tableaux CRF (Common Reporting Format) de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques).

[2] Données : Agence européenne de l’environnement, EEA greenhouse gases – data viewer ; climat.be.

[3] Projet de mise à jour du Plan National Energie et Climat belge 2021-2030 (PNEC 2023).

[4] Source : climat.be.

[5] Scénario climatique RCP8.5.

[6] Source : Vito, EVALUATION DE L'IMPACT SOCIOECONOMIQUE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN BELGIQUE ÉTUDE COMMANDÉE PAR LA COMMISSION NATIONALE CLIMAT Résumé à l’intention des décideurs, juillet 2020.