Le commerce bilatéral France-Nigéria 2025
Les échanges commerciaux en biens entre la France et le Nigeria, qui reposent largement sur le commerce d’hydrocarbures, ont diminué de 5,7% en 2025 (4,7 Md EUR après 5,0 Md EUR en 2024) sous l’effet de la montée en puissance de la raffinerie locale Dangote. L’année 2025 a ainsi été marquée par une contraction des importations nigérianes de carburant et une baisse des exportations nigérianes de pétrole brut vers la France et le reste du monde. Le déficit commercial français, structurel avec le Nigeria, s’est légèrement réduit de 3,9%, pour atteindre 3,7 Md EUR. La France a reculé en part de marché (-1,6 pt, 4,6% des échanges de biens du Nigeria) mais conserve sa place de sixième partenaire commercial du Nigeria en biens en 2025.
La contraction des échanges en biens entre la France et le Nigeria est une conséquence de la transformation du secteur pétrolier nigérian
Les échanges commerciaux entre la France et le Nigeria se sont tassés pour la troisième année consécutive, avec une légere réduction du déficit commercial français. Après deux fortes augmentations successives en 2021 et 2022, d’environ +50% chacune, liées à la reprise du commerce international post pandémie, les échanges entre la France et le Nigeria diminuent depuis 2023. Ces derniers représentaient 5,4 Md EUR en 2022 pour se contracter chaque année jusqu’à 4,7 Md EUR en 2025 (diminutions successives de -5,4%, -2,3% et -5,7%). Le déficit commercial en biens de la France, structurel avec le Nigeria, s’est réduit de 3,9% en 2025, passant de 3,9 Md EUR à 3,7 Md EUR. Les exportations françaises (-12,3%) comme les importations françaises (-4,9%) se sont significativement contractées.
Les échanges entre la France et le Nigeria sont très largement dominés par les exportations nigérianes de pétrole brut. Les importations françaises représentent 4,2 Md EUR en 2025 soit 90% du volume d’échanges entre la France et le Nigeria (471 M EUR soit 10% pour les exportations françaises), elles-mêmes composées à 93% d’importations de produits pétroliers bruts. Les importations françaises de pétrole brut représentent ainsi 83% des échanges totaux de biens entre les deux pays. La contraction des échanges depuis 2022 est liée à un effet prix avec la baisse du cours du baril de brut nigérian (71 USD en moyenne en 2025, après 82 USD en 2024, 85 USD en 2023 et 105 USD en 2022), expliquant la contraction des exportations nigérianes de pétrole brut (-14% en 2025 en valeur malgré une augmentation en volume). La transformation du secteur pétrolier nigérian a contribué par ailleurs à remodeler la structure des échanges bilatéraux. La demande en pétrole brut de la raffinerie Dangote et sa production raffinée correspondent à une réduction de la demande nationale en carburant.
Les importations françaises en provenance du Nigeria se sont ainsi réduites de 5% par rapport à 2024, représentant 4,2 Md EUR en 2025. Les hydrocarbures naturels représentaient 93% des importations françaises en provenance du Nigeria en 2025 et ont diminué de 6,8%, passant de 4,2 Md EUR à 3,9 Md EUR. Les importations manufacturières ne représentent quant à elles que 4,9% (204 M EUR) des importations totales en provenance du Nigeria, elles se composent majoritairement de produits pétroliers raffinés et de coke (3,3% ; 139 M EUR). Ces derniers ont quasiment doublé, puisqu’ils représentaient 72 M EUR en 2024 (19 M EUR en 2023). Viennent ensuite les produits issus des industries agroalimentaires (0,9% ; 37 M EUR) en forte contraction par rapport à l’année précédente (-70%). En revanche, les importations françaises agricoles ont connu une croissance significative de +96% (de 34 M EUR à 96 M EUR).
La baisse des exportations françaises vers le Nigeria est principalement due à l’importante diminution des flux de produits pétroliers raffinés et de coke, déjà observée en 2024. Ces derniers ont représenté 54 M EUR en 2025, après 90 M EUR en 2024 et 215 M EUR en 2023, soit deux réductions successives de 58% et 40% respectivement. Ces performances sont à relier avec la baisse de 29% en 2025 de l’ensemble des importations de carburant du pays, concurrencées par la production locale de la raffinerie Dangote. Le solde des produits pétroliers raffinés s’est d’ailleurs inversé en deux ans (+196 M EUR en 2023, -85 M EUR en 2025).
Les exportations françaises à destination du Nigeria, représentant 471 M EUR, sont à 97% des produits issus de l’industrie manufacturière. Les équipements mécaniques, le matériel électrique, électronique et informatique (26% des exportations totales ; 124 M EUR) forment le premier poste d’exportation vers le Nigeria. Les autres postes d’exportation comprennent notamment les produits des industries agroalimentaires (25% ; 120 M EUR), les produits chimiques et cosmétiques (15% ; 70 M EUR), les produits pétroliers raffinés (11% ; 54 M EUR), et les produits métallurgiques (6% ; 30 M EUR). Les exportations de produits pharmaceutiques ont diminué drastiquement de 74%, déjà à un niveau faible depuis l’introduction de droits de douanes sur les importations du secteur en 2018.
La France se place sixième partenaire commercial du Nigeria en volume de biens échangés
La France est le sixième partenaire commercial du Nigeria en volume de biens échangés en 2025 (4,7 Md EUR soit 4,7% des échanges de biens du pays). La France se classe 11ème fournisseur avec 471 M EUR représentant 1,6% des importations nigérianes, après avoir été classée septième en 2024. La Chine a conforté sa place de premier fournisseur du Nigeria en 2025 (29% des importations nigérianes après 23% en 2024), suivie des États-Unis (13%), de l’Inde (10%) et des Pays-Bas (5%). La France est en parallèle le quatrième client du Nigeria avec 4,2 Md EUR en étant la destination de 7% des exportations du pays, elle était cinquième en 2023, deuxième en 2024. L’Inde (10%), l’Espagne (9%), les Pays-Bas (9%) se placent devant.
Après avoir renforcé son partenariat commercial avec le Nigeria en 2024, la France a vu sa part de marché se dégrader en 2025, conséquence de la transformation du secteur pétrolier et de la recomposition des échanges nigérians, de 2,7% des importations nigérianes en 2024 à 1,3% en 2025, et de 9,0% des exportations nigérianes en 2024 à 7,2% en 2025. En somme des échanges, la France représente 4,6% du commerce extérieur nigérian en 2025, après 6,2% en 2024 (4,2% en 2023).
Le Nigeria conserve sa première place parmi les partenaires commerciaux de la France en Afrique sub-saharienne, il est quatrième à l’échelle du continent africain
Si le Nigeria représente une part importante et croissante dans les importations françaises, (9,6% des importations françaises en 2025, après 8,7% en 2024 et 6,8% en 2023 – restant inférieure à son niveau pré-pandémie, 12,0% en 2019), il reste néanmoins un partenaire commercial marginal à l’échelle mondial en ne représentant que 0,1% des exportations françaises et 0,4% des échanges français de biens cumulés.
Après deux années consécutives de contraction, les échanges commerciaux entre la France et l’Afrique sub-saharienne ont crû en 2025 (25,1 Md EUR en 2025, soit +2,7%, après -0,3% en 2024). Le Nigeria a conservé sa place de premier partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne, notamment en raison du volume d’importations françaises (premier fournisseur de la France de la zone), puisque la réduction importante des exportations françaises à destination du Nigeria a rétrogradé depuis 2024 le pays à la 7ème place au classement des clients de la France dans la zone, alors qu’il était 4ème en 2023. Les échanges entre le Nigeria et la France représentent 18,6% des échanges commerciaux français avec l’Afrique sub-saharienne, 30% des importations françaises en provenance de la zone et 4% des exportations françaises à destination de la région (en recul par rapport à 2024 : 20,3% des échanges de biens, 33% des importations et 5% des exportations françaises dans la zone).
A l'échelle du continent africain, le Nigeria représente 7% des échanges commerciaux de la France (12% des importations françaises en provenance d’Afrique et 2% des exportations françaises vers l’Afrique). Le pays n’est devancé que par les trois pays du Maghreb : le Maroc (23%), l’Algérie (15%) et la Tunisie (14%).
Les échanges de biens franco-nigérianes et les parts de marché françaises ont été directement affectés par la transformation du secteur pétrolier nigérian et l’activité de la raffinerie Dangote. Le Nigeria demeure néanmoins le premier partenaire commercial français en Afrique sub-saharienne. La composition des échanges reste très peu diversifiée, la prépondérance du pétrole brut dans les importations françaises et la part du pétrole raffiné dans les exportations françaises souligne la dépendance des relations commerciales bilatérales aux évolutions du secteur. Le choc pétrolier en 2026 pourrait tirer à la hausse les échanges franco-nigérians. La remontée du cours du baril pourrait par ailleurs limiter la diversification de la composition des échanges.
Annexes
Source : Douanes françaises : Résultats du commerce extérieur
Annexe 1 : Évolution du commerce bilatéral en biens entre la France et le Nigeria
Annexe 2 : Partenaires commerciaux de la France en Afrique sub-saharienne (gauche) et en Afrique (droite) en biens échangés en 2025
Annexe 3 : Origines des importations françaises d’Afrique sub-saharienne (gauche) et d’Afrique (droite) en 2025
Annexe 4 : Destinations des exportations françaises vers l’Afrique sub-saharienne (gauche) et l’Afrique (droite) en 2025
Annexe 5 : Composition des exportations françaises à destination du Nigeria en 2025
Annexe 6 : Composition des importations françaises en provenance du Nigeria en 2025
Source : Bureau national des statistiques (NBS) du Nigeria
Annexe 7 : Composition des principaux fournisseurs du Nigeria en 2025
Annexe 8 : Composition des principaux clients du Nigeria en 2025
Annexe 9 : Evolution comparée de la part de marché de la France au Nigeria
Annexe 10 : Evolution comparée de la part de la France comme client du Nigeria
Annexe 11 : Evolution comparée de la part de la France comme partenaire commercial du Nigeria en volume de biens échangés