Dans ses dernières prévisions économiques, la Commission européenne anticipe une croissance de 2,3 % en 2022 et 3,6 % en 2023 ainsi que de fortes tensions inflationnistes en 2022 (9,8%) et 2023 (6,8%).Par ailleurs, elle fait part de ses recommandations dans trois domaines : l’assainissement et la durabilité des finances publiques, la mise en œuvre des fonds européens, et la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles majoritairement importés de Russie.

La Commission européenne demeure optimiste dans ses prévisions macroéconomiques

 

La Commission européenne rappelle que l’invasion russe en Ukraine devrait ralentir la relance de l’économie slovaque (+3,1% en 2021). En outre, la poursuite des problèmes relatifs aux chaînes d’approvisionnement du secteur manufacturier renforce les pressions inflationnistes et limite la croissance. La guerre en Ukraine devrait se traduire par une forte augmentation des prix des énergies et des marchandises provoquant  un impact négatif sur le commerce extérieur. Le flux des chaînes d’approvisionnement est aussi négativement impacté par les nouveaux confinements en Chine. En conséquence, selon la Commission, la croissance économique de la Slovaquie devrait s’établir à 2,3 % cette année (2,1 % selon le ministère des Finances) et à 3,6 % en 2023 (5,3 % selon le ministère des Finances).

La hausse de l’inflation devrait conduire à une détérioration du pouvoir d’achat des ménages impactant la consommation des ménages (+1,9 % en 2022 et 2023), notamment du fait du poids des dépenses liées aux énergies dans les dépenses totales des ménages. Ainsi, après 2,8 % en 2021, l’inflation devrait accélérer à 9,8 % cette année et demeurerait élevée en 2023 (6,8 %).

L’incertitude élevée devrait freiner l’investissement privé. Toutefois, les investissements publics financés par les fonds européens du Plan national de Relance et de Résilience devraient eux augmenter  La formation brute de capital fixe devrait augmenter  à hauteur de 10,8 % en 2022 et  13,4 % en 2023.

La baisse du chômage devrait également ralentir. Dans un contexte où certains secteurs font actuellement face à une pénurie de la main d’œuvre et où l’emploi a atteint les niveaux d’avant-crise,  la hausse de l’emploi devrait être freinée dans les prochains mois (+1,9 % en 2022 et +0,6 % en 2023). Le taux de chômage devrait légèrement baisser pour atteindre 6,7 % en 2022 et 6,3 % en 2023.

 

Le déficit public a atteint 5,5 % du PIB en 2020 et 6,2 % en 2021. Ce déficit résulte des mesures de soutien décidées pendant la pandémie. Avec la levée et suppression graduelle de ces mesures, le déficit devrait baisser à 3,6 % en 2022 et à 2,6 % en 2023. Les finances publiques profitent de la croissance nominale importante du PIB permettant l’augmentation des rentrées fiscales et des prélèvements sociaux issus de la rémunération salariale également en croissance. Toutefois, la Commission estime que les finances publiques pourraient être négativement impactées par les mesures pour contrer l’inflation ainsi que par l’aide apportée à l’Ukraine et aux réfugiés ukrainiens. La dette publique qui a connu une hausse significative ces dernières années pour passer de 48,1 % du PIB en 2019 à 63,1 % en 2021, devrait repartir à la baisse (61,7 % du PIB en 2022 et 58,3 % en 2023), notamment du fait de la forte croissance du PIB nominal.

 

Recommandations de la Commission dans son rapport pour la Slovaquie

 

Le 23 mai, la Commission a publié le « rapport 2022 pour la Slovaquie » ainsi que les recommandations du Conseil concernant le programme national de réforme. Le rapport met en exergue que la pauvreté et les inégalités sociales sont relativement faibles, mais que certains groupes demeurent désavantagés alors que les disparités régionales persistent. Le taux de chômage des personnes à faible qualification, des jeunes et le chômage de longue durée sont encore élevés par rapport aux autres pays européens. 

Le rapport rappelle également que le progrès dans le rattrapage économique s’est ralenti. Le modèle économique basé sur les exportations résultant des coûts bas de la main d’œuvre dans l’industrie est confronté à de nombreux défis, comme l’automatisation et la transformation verte et numérique. Par ailleurs, la Commission rappelle que le vieillissement de la population représente l’enjeu le plus important pour la soutenabilité des dépenses publiques de long terme. En effet, les dépenses liées aux retraites croîtront de 8,3 % du PIB en 2019 à 13,4 % en 2050 – l’une des augmentations les plus prononcées en Europe. Enfin, les recommandations s’articulent autour de trois thèmes :

  • Au plan budgétaire, la Slovaquie est invitée à assurer une croissance des dépenses courantes conforme à une orientation politique neutre et être prête à les adapter en fonction de l’évolution de la situation ; à accroître les investissements en faveur de la transition verte et numérique et de la sécurité énergétique ; à poursuivre au-delà de 2023 une politique budgétaire prudente à moyen terme ;
  • Concernant la mise en œuvre de son plan pour la reprise et la résilience, la Slovaquie est invitée à respecter les jalons et cibles et à présenter les documents de programmation de la politique de cohésion 2021-2027.
  • Enfin, il est demandé aux autorités slovaques de réduire la dépendance globale à l’égard des combustibles fossiles importés de Russie et de diversifier ses importations énergétiques ; d’accélérer le déploiement des énergies renouvelables ; et de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz naturel à des fins de chauffage et dans l’industrie et d’accélérer l’isolation des bâtiments.

prévisions CE