Lettre AGRO Japon – Corée

N° 56 - octobre 2021

 

  drapeau Japon

Sommaire

IMAGE DU MOIS :   Dîner en toute sécurité dans un hôtel de luxe à Tokyo 

Dîner en toute sécurité dans un hôtel de luxe à Tokyo

Source : Journal Mainichi
Japon
  • Levée de l’état d’urgence et des restrictions pour les bars et les restaurants
  • Premier discours du nouveau ministre japonais chargé de l’Agriculture
  • Augmentation des surfaces cultivées de blé panifiable
  • Condamnation pour corruption du directeur d’Akita Foods Co.
  • Quotas d’importation de beurre et de lait écrémé en baisse
  • Simplification de la procédure de certification de l’agriculture biologique
  • Deux nouveaux foyers de peste porcine classique en octobre
  • Renforcement des mesures de biosécurité dans les élevages
  • Lobbying continu afin de lever les restrictions sur les produits agricoles de Fukushima

 

Corée
  • Pénurie de main d’œuvre étrangère préoccupante pour la production agricole
  • Augmentation des exportations de produits agroalimentaires coréens
  • Nouveau foyer de peste porcine africaine
  • Baisse du nombre de volailles

 

 

Japon

Covid-19

Levée de l’état d’urgence et des restrictions pour les bars et restaurants

Dans un contexte de baisse du nombre de cas quotidiens (200 en moyenne fin octobre) et d’augmentation rapide du taux de vaccination (70,1% des Japonais avaient reçu 2 doses de vaccination le 27 octobre), l’état d’urgence encore en place dans certaines préfectures dont Tokyo a été levé le 30 septembre. Depuis le 25 octobre, les préfectures de Tokyo, Saitama, Chiba, Kanagawa et Osaka autorisent à nouveau les restaurants qui respectent les mesures sanitaires à servir de l’alcool après 20h et à rester ouverts après 21h. À Tokyo, les restaurants qui ne sont pas considérés par les autorités comme respectant ces mesures sont incités à ne pas servir d’alcool après 21h et à ne pas accepter plus de 4 clients par table.

En septembre, le secteur de la restauration n’avait pas complètement retrouvé le niveau d’activité enregistré avant la crise de la Covid-19 : le chiffre d’affaires du secteur représentait alors 78,3% de celui du mois de septembre de l’année 2019 et 91,8% de celui du même mois de l’année 2020. Les bars et izakayas sont les plus affectés, avec un chiffre d’affaires du mois de septembre équivalent à 19,6% seulement de celui réalisé au même mois en 2020 et 9,5% de celui enregistré pour le mois de septembre 2019.

Sources : NHK, Yomiuri, Food service association

 

a) Actualité politique et économique

Premier discours du nouveau ministre japonais chargé de l’Agriculture

Le 8 octobre, M. Genjiro KANEKO, ministre de l’Agriculture, de la Forêt et des Pêches (MAFF) du gouvernement du nouveau Premier ministre japonais, a prononcé un premier discours axé sur le relèvement des quotas de pêche, la relance de l’agriculture japonaise affectée par la pandémie de la Covid-19 et le maintien de la politique de renforcement des exportations agricoles. M. KANEKO poursuit donc l’ouverture sur l’export initiée par le gouvernement de l’ancien Premier ministre M. Shinzo ABE, alors même que le taux d’autosuffisance alimentaire du Japon est en baisse (37% en 2020, soit une perte d’1 point par rapport à 2019). Concernant la pêche, M. KANEKO a annoncé que le sous-comité de la Western and Central Fisheries Commission (WCPFC) avait accepté la demande japonaise d’augmenter de 15% le quota pour les poissons de grande taille, décision qui devra toutefois être entérinée lors de la réunion annuelle de décembre.

Dans les discours suivants, le ministre chargé de l’Agriculture a affirmé son attachement au modèle de l’agriculture familiale et au secteur défavorisé de l’agriculture dans les zones de montagne. Très préoccupé par la baisse continue du prix du riz, il a décidé l’achat par le MAFF de 150 000 tonnes de riz pour maintenir un prix de vente correct pour les agriculteurs.

Source : MAFF

 

Augmentation des surfaces cultivées de blé panifiable

Les surfaces cultivées de blé panifiable ont été multipliées par 2,5 entre 2010 et 2020, passant de 20 000 ha à 50 000 ha. Cette augmentation suit l’évolution des habitudes culinaires japonaises : la consommation de pain et de nouilles chinoises progresse et concurrence celle du riz et des nouilles japonaises (udon et soba). Elle permet également d’amortir la flambée des prix du blé importé. In fine, la surface totale de blé cultivé reste la même mais la proportion de blé dédié à la fabrication de pain et de nouilles chinoises, autrefois très faible, s’élève en 2020 à 23% de la surface totale de blé cultivé. Les instituts de recherche comme le National Agriculture and Food Research Organization (NARO) ou le RIKEN développent des variétés de blé panifiable résistantes à la germination, caractéristique importante au Japon pour faire face à la saison des pluies, de plus en plus précoce.

Source : Japan Agricultural News

 

Condamnation pour corruption du directeur d’Akita Foods Co.

M. Yoshiki AKITA, ancien directeur d’Akita Foods Co., grande entreprise japonaise spécialisée dans la production d’œufs, a été condamné par la Cour de Tokyo à 4 ans de prison dont 20 mois fermes pour avoir corrompu un ancien ministre chargé de l’Agriculture, M. Takamori YOSHIKAWA. Les 5M¥ (40 000 €) versés en espèces à l’ancien Ministre entre novembre 2018 et août 2019 avaient pour but d’empêcher la mise en œuvre par le Ministre de normes internationales strictes sur le bien-être animal, et d’étendre l’application d’un programme d’aides destiné à couvrir les pertes des éleveurs en cas de chute brutale du prix des œufs, mesures qui auraient augmenté les coûts de production des éleveurs. Selon le président du tribunal, cette affaire a sérieusement entamé la confiance de la population japonaise vis-à-vis des dirigeants publics et privés du domaine agricole.

Source : Kyodo news

 

Quotas d’importation de beurre et de lait écrémé en baisse

Les réserves nationales étant encore suffisantes, les quotas d’importation de beurre et de lait écrémé en poudre pour 2021 ont diminué par rapport à l’an dernier : 9 500 tonnes pour le beurre, contre 20 000 t en 2020 ; 750 t pour le lait écrémé en poudre contre 4000 t en 2020. La quantité totale stockée de 137 000 tonnes d’équivalent en lait liquide reste ainsi inchangée pour 2021. Elle représente 42 410 t de beurre et 90 547 t de lait écrémé en poudre.

Source : MAFF

 

Simplification de la procédure de certification de l’agriculture biologique

À compter d’octobre 2021, la procédure de certification des agriculteurs convertis à l’agriculture biologique est simplifiée afin d’encourager les agriculteurs à cette conversion. Ainsi, les agriculteurs ne sont plus contraints d’obtenir du MAFF une autorisation d’emploi des engrais ainsi que d’autres produits chimiques avant toute utilisation. Le MAFF a également la possibilité de réaliser ses enquêtes annuelles à distance et non obligatoirement in-situ comme c’était le cas jusqu’à présent. Ces évolutions réglementaires sont à mettre en relation avec le système d’aides publiques mis en place par le MAFF pour soutenir les projets de coopération entre agriculteurs, distributeurs et chercheurs engagés dans l’agriculture biologique (cf. Lettre agro de septembre).

Sources : Japan Agricultural News


b) Actualité sanitaire et phytosanitaire

Deux nouveaux foyers de peste porcine classique en octobre

Le 6 octobre, un nouveau foyer de peste porcine classique a été confirmé dans un élevage de 1 400 porcs de la préfecture de Shiga (près de Kyoto). Le 19 octobre, c’est dans la préfecture de Gunma qu’un nouveau foyer a été notifié, dans un élevage de 3 450 porcs, entraînant l’abattage de ces animaux ainsi que des 450 porcs d’un élevage qui lui était épidémiologiquement lié. Ces deux nouveaux foyers concernent des préfectures déjà contaminées du centre de l’île principale du Japon, Honshu, qui constitue le point de départ de l’épizootie en septembre 2018 (préfecture de Gifu pour mémoire). Le virus circule donc toujours dans cette zone où toutes les préfectures ont procédé à la vaccination, non seulement des sangliers sauvages, mais aussi des porcs domestiques.

Sources : MAFF, MAFF

 

Renforcement des mesures de biosécurité dans les élevages

À compter du 1er octobre, le MAFF renforce les mesures de biosécurité applicables aux élevages pour prévenir l’apparition de maladies contagieuses. Le Japon est en effet touché par la peste porcine classique depuis septembre 2018 et vient d’essuyer de lourdes pertes dans les élevages de volaille suite à une épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène (plus de 10 millions de volailles abattues). Chaque élevage doit ainsi désigner un responsable sanitaire, qui se verra confier la surveillance d’au maximum 100 000 animaux dans les élevages de volaille et 3 000 dans les élevages de porcs. Plusieurs responsables sanitaires seront donc nécessaires dans les élevages de grande taille. Pour les élevages de bovins, cette mesure s’appliquera à compter du 1er octobre 2022. Les responsables d’exploitation doivent par ailleurs identifier, avant toute épizootie, un lieu d’enfouissement ou d’incinération approprié pour les animaux : cette règle s’applique dès le 1er octobre pour les grandes exploitations de volailles (à savoir plus de 500 000 poules pondeuses ou 200 000 poulets de chair), et à partir d’avril 2023 pour les grands élevages de porcs (10 000 porcs et plus). Enfin, les grands élevages devront rédiger un plan d’intervention en cas d’épizootie, précisant les règles de circulation, le matériel et le personnel nécessaires, ainsi que les procédures à mettre en œuvre.

Source : Japan agricultural news

 

Lobbying continu afin de lever les restrictions sur les produits agricoles de Fukushima

En septembre, les Etats-Unis annonçaient lever toute restriction sur les produits agricoles issus de Fukushima et des préfectures touchées par l’accident nucléaire de 2011, tandis que l’Union européenne affichait de nouveaux allègements des contrôles à l’importation de ces produits sur son territoire (cf. Lettre agro de septembre). C’est au tour du Royaume-Uni d’être la cible des pressions du gouvernement japonais pour lever toute restriction, pressions particulièrement fortes en cette année de dixième anniversaire de l’accident nucléaire. Le Premier ministre britannique a ainsi promis à son homologue japonais d’étudier la possibilité de lever complètement les restrictions encore appliquées. Sorti de l’Union européenne depuis le début de l’année, le Royaume-Uni, qui appliquait jusqu’à l’an dernier les mesures décidées par la Commission européenne, doit désormais négocier bilatéralement avec le Japon.

Source :  FDA, Japan agricultural news, Nikkei

 

Corée du Sud

 a) Actualité politique et économique

Pénurie de main d’œuvre étrangère préoccupante pour la production agricole

La fermeture des frontières coréennes suite à la pandémie de la Covid-19 entraîne une pénurie de main d’œuvre étrangère dans le secteur agricole, qui compromet les récoltes. Seulement 1 590 travailleurs étrangers (originaires de pays asiatiques essentiellement) ont été admis sur le territoire sud-coréen entre janvier et août 2021, soit une baisse de -82% par rapport à 2019. Le système sud-coréen propose 3 types de visas, E-8, E-9 et C-4, qui permettent à des étrangers en provenance de 16 pays asiatiques de venir travailler dans des secteurs peu qualifiés comme la pêche et l’agriculture. Ce système est avantageux pour les travailleurs étrangers, qui obtiennent un emploi temporaire mieux rémunéré que dans leur pays d’origine, mais aussi pour les agriculteurs coréens, qui peuvent rémunérer ces travailleurs étrangers à moindre coût. Toutefois, depuis le début de la crise de la Covid-19, très peu de visas sont délivrés, ce qui entraîne un manque de travailleurs étrangers admis sur le territoire et une augmentation de leurs salaires (jusqu’à un doublement selon certains agriculteurs). En conséquence, certaines exploitations agricoles sont contraintes de réduire leur production, parfois drastiquement, et les prix des produits agroalimentaires ne cessent d’augmenter : au 2ème trimestre 2021, la Corée se classait ainsi au 3ème rang des pays de l’OCDE ayant connu la plus forte augmentation de ces prix. Pour aider les agriculteurs, certaines provinces sud-coréennes proposent de louer du matériel agricole à prix réduit, ou encore de mobiliser certains de leurs employés pour aider les agriculteurs. Ces derniers attendent toutefois des mesures plus conséquentes, comme des aides publiques pour pouvoir supporter les coûts plus élevés liés à l’embauche de travailleurs étrangers. Le gouvernement quant à lui redoute que les agriculteurs emploient de la main d’œuvre non déclarée.

Source : Yonhap

 

Augmentation des exportations de produits agroalimentaires coréens

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2021, les exportations de produits agricoles sud-coréens ont augmenté de 12,3%, soit dans le détail : +14,1% pour le kimchi (chou fermenté et épicé) ; +22,9% pour les produits à base de ginseng ; +16,5% pour les sauces et +8,6% pour les nouilles instantanées. Ces produits sont majoritairement exportés vers les pays d’Asie du Sud-Est puis le Japon, la Chine et enfin les Etats-Unis. Cette augmentation est à relier avec la popularité croissante de la culture coréenne (K-pop, K-drama, etc.), encore qualifiée de vague « hallyu », qui a des effets sur l’ensemble des produits coréens, dont la gastronomie. Les produits agroalimentaires considérés bénéfiques pour la santé comme le kimchi ou les produits à base de ginseng sont par ailleurs particulièrement appréciés depuis la pandémie de la Covid-19. Sur la même période, les importations de kimchi, en provenance de Chine majoritairement, ont baissé de -9,7% : la balance commerciale pour ce produit devient ainsi positive pour la première fois depuis 12 ans (près de 22 M€ de gains). La baisse des importations fait suite à la diffusion en mars d’une vidéo montrant des pratiques insalubres de saumurage du choux dans une usine chinoise. Le kimchi chinois reste toutefois bien meilleur marché que le kimchi coréen, si bien que 8 restaurants coréens sur 10 servent du kimchi chinois. Le ministère coréen en charge de la sécurité sanitaire des aliments (MFDS) a donc dû rappeler qu’il effectuait des contrôles sur le kimchi importé pour rassurer la population.

Sources : Yonhap, Yonhap, Korea JoongAng Daily


b) Actualité sanitaire et phytosanitaire 

Nouveau foyer de peste porcine africaine

Le ministère coréen de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales (MAFRA) a déclaré le 6 octobre un nouveau foyer de peste porcine africaine dans un élevage de 550 porcs situé dans la province d’Inje, à moins de 200 km à l’Est de Séoul. Aucun autre élevage n’était situé dans un rayon de 10 km autour du foyer. Le précédent foyer datait de plus d’un mois et trois autres avaient été notifiés plus tôt dans l’année. Le total, depuis le début de l’épizootie en septembre 2019, s’élève à 21 foyers dans des élevages porcins (14 foyers en 2019 et 2 en 2020), chiffre relativement peu élevé. Néanmoins, le virus continue de circuler dans la faune sauvage et dans la population domestique.

Source : Yonhap

 

Baisse du nombre de volailles

Le nombre de poules pondeuses a baissé de -4,2% au 3ème trimestre 2021 comparativement à la même période l’an dernier et atteint 70,7 millions (contre 73,8 millions l’an dernier). Cette réduction est à mettre en relation avec l’épizootie d’influenza aviaire hautement pathogène des derniers mois, qui a entraîné l’abattage de 30 millions de volailles. Le MAFRA a en effet procédé, pendant un temps, à l’abattage préventif des élevages situés dans un rayon de 3 km autour des foyers pour endiguer la propagation du virus. Le cheptel de volailles est toutefois en cours de reconstitution par rapport aux mois précédents : fin mars, la Corée n’enregistrait que 62,1 millions de poules pondeuses, chiffre le plus bas depuis plus de 3 ans. Cette reconstitution devrait s’accompagner d’une stabilisation du prix des œufs, très attendue après la flambée des derniers mois. Dans le même temps, le cheptel bovin a augmenté de 4,3% et le cheptel porcin de 0,9%.

 Source:Yonhap

 

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Rédigé par : Le pôle agricole et agro-alimentaire du Service économique régional de Tokyo.

Contact : Jérôme Perdreau Conseiller agricole , jerome.perdreau@dgtresor.gouv.fr                                                             
Gaël Thévenot, Conseillère agricole adjointe, gael.thevenot@dgtresor.gouv.fr
Ryoko ISODA, Attachée sectorielle pôle agriculture et alimentaire , ryoko.isoda@dgtresor.gouv.fr