Petite économie ouverte portée par son industrie manufacturière et sa place financière, le Liechtenstein bénéficie d’une situation économique et financière prospère. Le pays se démarque par (i) un PIB/habitant très élevé, grâce notamment à un niveau de l’emploi équivalent à la taille de la population résidente ; (ii) une situation structurelle de plein-emploi ; et (iii) des finances publiques particulièrement saines.

La récession enregistrée dans le contexte de la crise du Covid-19 est estimée environ -6% du PIB, mais les indicateurs suggèrent une reprise rapide et un retour presque complet au niveau d’avant-crise au 1er trimestre 2021.

I. Le Liechtenstein génère le PIB/habitant le 2ème plus élevé au monde

Avec un PIB de 6,7 Mds CHF pour une population de 38.000 habitants en 2018 (40.000 en 2019), le Liechtenstein génère un PIB/habitant d’environ 180.000 CHF, soit le 2ème plus élevé au monde après Monaco et le double de celui de la Suisse d’après la Banque mondiale (ndr : données plus récentes non disponibles).

Si le secteur tertiaire est le 1er contributeur au PIB de la principauté (57%), l’industrie y occupe aussi une place très importante en comparaison internationale (43%), tandis que le secteur primaire est très modeste (<1%). Le tissu productif du Liechtenstein est constitué d’un grand nombre de très petites entreprises (le 4/5ème des 5 000 entreprises qui y sont établies comptent moins de 10 salariés). Ses entreprises bénéficient d’un libre accès à la fois au marché européen (membre de l’EEE) et au marché helvétique (union douanière et monétaire avec la Suisse – le franc suisse étant la monnaie nationale du Liechtenstein, pour qui la BNS joue le rôle de banque centrale).  

II. L’économie est soutenue par une industrie diversifiée et tournée vers l’export 

L’économie liechtensteinoise se distingue par un haut niveau d’industrialisation. L’industrie manufacturière est tournée vers l’export et la production de biens à forte valeur ajoutée (machines, outils, instruments de précision et d’optique, électronique, produits pharmaceutiques, produits dentaires, etc). Les plus grandes entreprises de la principauté sont actives dans (i) les outils pour professionnels de la construction (Hilti) ; (ii) les équipements automobiles (ThyssenKrupp Presta) ; (iii) l’agro-alimentaire (Hilcona) ; et (iv) les systèmes de chauffage/ventilation (Hoval).

L’innovation constitue l’un des principaux facteurs du succès de l’économie du Liechtenstein. Les dépenses de R&D, qui atteignent près de 5% du PIB (niveau très élevé en comparaison internationale), y sont majoritairement pourvues par le secteur privé.

 III. La place financière de Vaduz représente près de 25% du PIB du pays

Reflétant l’importance de la place financière de Vaduz, le secteur bancaire et financier est à l’origine de près de 25% du PIB de la principauté et emploie près de 16% de la main-d’œuvre. Il regroupe une diversité d’acteurs : banques, compagnies d’assurances, gestionnaires d’actifs, fonds, fiduciaires, fintechs. Les banques liechtensteinoises sont spécialisées dans les activités de banque privée (365 Mds CHF d’actifs sous gestion en 2020) et figurent parmi les mieux capitalisées d’Europe (le ratio Common Equity Tier1 des fonds propres du secteur bancaire  s’élève à 21,7% des actifs pondérés du risque).

La principauté a été retirée de la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE en 2009 (après avoir reconnu la norme relative à la coopération fiscale internationale et s’être engagée, au travers de plusieurs accords bilatéraux, à assurer une relative transparence de ses activités bancaires) et de la liste grise de l’UE en 2018 (ndr : le taux unique de l’impôt sur les sociétés est de 12,5%). 

IV. Une situation structurelle de plein-emploi

Les travailleurs frontaliers étrangers, qui représentent un peu plus de 70% de la main d’œuvre du pays, sont principalement originaires de Suisse (57% d’entre eux) et d’Autriche (39%).
Le pays se distingue par un effectif en emploi équivalent au nombre d’habitants. En baisse continue depuis 2015, le taux de chômage a atteint un plus-bas historique de 1,5% en 2019, avant de remonter très légèrement en 2020 sous l’effet de la crise covid, puis de retrouver un niveau très bas (1,9% en mars 2021). Autre particularité liechtensteinoise, le nombre d’offres de postes y est égal à plus du double du nombre de personnes sans emploi enregistrées auprès des autorités.

V. Des finances publiques particulièrement saines

Les finances publiques du Liechtenstein apparaissent particulièrement solides : le pays affiche une dette nette négative, enregistre régulièrement un excédent budgétaire et a ainsi pu accumuler une « réserve » budgétaire. Sa solvabilité est notée AAA par l’agence Standard’s & Poor chaque année depuis 1996. Les dépenses publiques sont principalement affectées à l’éducation et à la sécurité sociale.

 VI. La récession liée à la crise du Covid-19 atteindrait près de 6% du PIB en 2020

D’après les dernières estimations, la récession liée à la crise du Covid-19 atteindrait -5,7% du PIB en 2020, faisant revenir le PIB du Liechtenstein à son niveau de 2017. L’industrie a été fortement touchée par la chute du commerce mondial, au 1er semestre 2020.

L’économie de la principauté est relativement volatile car fortement dépendante de l’international. Elle semble être sur le chemin d’une reprise rapide : à la fin du 1er trimestre 2021, l’activité économique serait presque revenue à son niveau d’avant-crise. En outre, le marché du travail a été très peu perturbé (cf. partie IV). Cette performance est attribuée (i) à l’effet « stabilisateur » de sa composition sectorielle (le secteur financier et l’agro-alimentaire n’ont presque pas été affecté par la crise) ; et (ii) à la limitation de la contraction de l’activité dans le secteur de la construction (iii) le maintien de l’emploi industriel grâce au chômage partiel.

VII. Un soutien public limité à 1% du PIB, sans plan de relance

Pour faire face aux conséquences économiques de la crise, le Liechtenstein a adopté un programme de soutien budgétaire dont les crédits engagés atteignent 76 M CHF (1,1% du PIB) en mars 2021. Ses principales mesures sont similaires à celles mises en œuvre par les autres pays européens :

  • (i) un mécanisme de soutien à l’activité partielle (avec une contribution exceptionnelle à l’assurance-chômage représentant 68% des dépenses totales du programme global), auquel moins de 20% des entreprises ont eu recours (essentiellement industrielles et commerciales), et qui a concerné 16% de la main-d’œuvre au plus fort de la crise en mai 2020 (contre 4% en avril 2021) ;
  • (ii) des aides publiques directes à hauteur d’environ 0,1% du PIB (subventions) aux secteurs les plus affectés, en particulier pour les PME (hôtellerie-restauration, tourisme, sport d’intérieur, événementiel) ;
  • (iii) le report des échéances de paiement des impôts et des contributions à la sécurité sociale.

En outre, 45 M CHF ont été alloués à des prêts garantis par l’Etat (sans intérêts,) principalement à destination des PME (la période de souscription est close et l’enveloppe n’a pas été entièrement utilisée). Au printemps 2021, la tendance est à la réduction progressive des mesures de soutien pour un retour au fonctionnement normal de l’économie. A l’instar de la Suisse, le Liechtenstein n’envisage pas de se doter d’un plan de relance.