1. COVID 19 : situation au 13 Novembre 2020

Ghana : la Banque mondiale décaisse 130 millions $ pour le plan de riposte contre la covid-19

La Banque mondiale a approuvé cette semaine un prêt supplémentaire de 130 MUSD via l’Association internationale de développement (IDA), pour financer le projet de préparation et de réponse aux urgences liées à la Covid-19 au Ghana. Les fonds vont permettre de renforcer les efforts de relance des activités socio-économiques,  aide à prévenir et contenir le virus et préparer le déploiement d’un futur vaccin.

Niger : L'UE débloque 38 M EUR pour lutter contre la covid-19

Après un premier décaissement d’urgence à hauteur de 31 M EUR, l’UE vient d’octroyer 38 M EUR à l’Etat du Niger pour la poursuite de mise en œuvre du plan global de réponse contre la COVID-19. L’annonce a été faite conjointement le 9 novembre par le Ministre des Finances Mamadou Diop et Dr Denisa-Elena IONETE Ambassadeur de l’UE au Niger. Cette dernière a également annoncé un troisième appui financier, prévu en fin d’année 2020. Cette facilité permettra à l’Etat de continuer à mettre en œuvre sa politique de développement, essentielle à la poursuite de l’amélioration du bien-être des citoyens nigériens.

2. Actualités générales

UE : 22,6 millions d’euros supplémentaires pour la stabilité et la sécurité au Sahel et au lac Tchad

L’Union européenne (UE) a annoncé l’octroi de 22,6 millions d’euros supplémentaires à cinq nouveaux programmes au titre du fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, afin de favoriser la stabilité et la sécurité dans la région du Sahel et du lac Tchad. Le fonds fiduciaire soutiendra entre autres la création d’un escadron polyvalent au sein de la Garde nationale du Niger afin de renforcer la sécurité de la population et de stabiliser la région. Ce programme d’un montant de 4,5 millions d’euros, faisant suite à une demande du ministère de l’intérieur du Niger, comprendra des activités de renforcement des capacités ainsi que la fourniture de matériel, équipement et véhicules. Le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé qu’un total de 92 MEUR seront déboursés pour le Tchad, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger, afin d’appuyer la mise en œuvre des plans de riposte à la pandémie, sans aggraver les niveaux d’endettement. Pour la sécurité et la résilience des Etats du G5 Sahel, près de 238 millions d’euros ont déjà été mobilisés pour des projets dans le domaine de la stabilisation des régions les plus vulnérables.

USA : allocation de 30 millions de dollars additionnels à la lutte contre le terrorisme au Sahel

Les États-Unis vont augmenter leur contribution financière à la lutte contre le terrorisme dans la région ouest-africaine du Sahel, a déclaré l’ambassadeur Nathan Sales, qui a été nommé lundi envoyé spécial des États-Unis auprès de la Coalition mondiale contre Daesh.  L’ambassadeur Sales, qui occupe aussi les fonctions de coordonnateur de la lutte contre le terrorisme au Département d’État, avait participé le jour même à une conférence virtuelle avec d’autres membres de la coalition composée de 82 pays dont le Nigeria. Ce financement additionnel des Américains arrive à un moment où la France a annoncé une réduction de ses troupes au Sahel, qui seront remplacées par les forces spéciales de l'Union européenne dans le cadre de la Task Force Takuba.

UEMOA : Octobre était le mois du consommer local

Pour la première fois, Octobre a été décrété "mois du consommer local" par les 8 États membres de l'UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo). Avec une consommation de plus en plus tournée vers les produits étrangers, l'économie ouest-africaine profite peu de la croissance de la demande de son marché intérieur. Les ministres du commerce de l'UEMOA (120 millions d'habitants) ont donc décidé d’instaurer le « mois d’octobre, mois du consommer local », c’est-à-dire « consommer UEMOA ». Une initiative destinée à encourager les efforts pour valoriser la transformation locale.

Ghana : une semaine de deuil national décrétée à partir du 13 novembre suite au décès de l'ancien président Jerry John Rawlings

Rawlings est décédé à Accra jeudi 12 novembre. John Mahama, candidat à la présidentielle du Congrès national démocratique (NDC), fondé par Rawlings, a annoncé qu'il suspendrait la campagne pour les élections du mois prochain afin de lui rendre hommage. Rawlings était un officier militaire et homme politique qui a dirigé le pays entre 1981 et 2001 et pendant une brève période en 1979. Il a dirigé une junte militaire jusqu'en 1992, avant de remplir deux mandats en tant que président démocratiquement élu du Ghana.

Le Niger n’est plus le pays le plus pauvre d’Afrique de l’Ouest

Selon les données de la Banque mondiale, le Niger affichait un PIB par habitant de 555 USD fin 2019, dépassant ainsi le niveau de richesse de la Sierra Leone (504 USD), désormais pays le plus pauvre de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. L’évolution positive du Niger, géographiquement pénalisé par son enclavement, résulte en bonne partie des réformes accomplies, et notamment en matière de bonne gouvernance et d’amélioration du climat des affaires. Ainsi, le pays a fait un bond considérable dans le classement international Doing Business de la Banque mondiale, passant de la 173e place en 2012 à la 132e place en 2020, et talonnant désormais le Nigeria (131e). Le pays doit toutefois faire face à d’importants défis, en particulier en ce qui concerne la bonne gestion des futures ressources qui proviendront de la montée en puissance de la production pétrolière, d’une part, et la lutte contre la menace terroriste venant de l’extérieur et d’intérieur de ses frontières, d’autre part.

Nigéria : visite de la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies dans l’Etat de Borno

Amina J. Mohammed, de nationalité nigériane, a visité dans la ville de Banki (frontalière du Cameroun), un camp accueillant des déplacés internes ainsi que des réfugiés nigérians revenant du Cameroun. Elle a déclaré que « les milliers de personnes déplacées veulent rentrer chez elles ». Mme Mohammed s'est également rendue à Maiduguri, où elle a rencontré le gouverneur de l'État de Borno. La Vice-Secrétaire générale est en visite de solidarité de deux semaines en Afrique de l'Ouest et au Sahel pour souligner le soutien de l'ONU aux pays pendant la pandémie de COVID-19. Elle avait commencé sa mission au Nigéria lundi, par une rencontre avec le président Buhari et les hauts responsables du Gouvernement Fédéral.

2. Actualités agricoles

Bénin : un projet financé par la BAD permet une hausse significative des rendements agricoles

Mis en œuvre depuis 2016 au Bénin, le Projet d’appui à la production vivrière et de renforcement de la résilience dans les départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines a permis d’améliorer de façon significative les rendements des exploitations agricoles. Le projet, financé à hauteur de 24 MUSD a notamment permis d’augmenter la productivité agricole sur plus de 24 000 hectares dans le pays, selon le rapport sur l’état d’exécution et des résultats (EER) publié le 2 novembre par la Banque africaine de développement. La mise en place de variétés de semences performantes, la formation couplée des producteurs leaders et agents d'encadrement et le suivi-appui-conseils rapproché ont augmenté les rendements de maïs et de riz. La productivité moyenne de maïs est passée de 1,5 t/ha en 2016 à 2,6 t/ha en 2020, soit une hausse de 73%. Celle du riz a atteint 4,2 t/ha, contre 3,3 t/ha en 2016. Quant au volume de production vivrière commercialisée, il a atteint presque 83 000 tonnes en 2020, alors qu’il se situait à moins de 5 000 tonnes en 2016.

Cameroun: augmentation de la capacité journalière de transformation du lait, sur financement de l’UE

Dans le cadre d'un programme de développement de la filière laitière, l'Union européenne finance à hauteur de 6,5 milliards FCFA l’installation de laiteries à Maroua, Garoua, Ngaoundéré et Meiganga. Le programme augmentera la capacité de transformation du lait de 2 000 litres par jour. Cela permettra la production et la vente locale de lait pasteurisé, de yaourt, de beurre, de crème fraîche et glacée et de fromage, ce qui devrait réduire l'importation de produits laitiers. De plus, le programme créera environ 120 emplois permanents et des centaines d'emplois indirects dans les quatre régions. Ce programme s’inscrit dans le cadre du programme d'amélioration de la productivité agricole (SAPEP) financé par l'UE à hauteur de 13,11 milliards FCFA. Les deux autres composantes visent la diversification des cultures dans les zones de production cotonnière et la relance de la filière cacao-café.

Ghana : mesures d’interdiction d’importation des produits aviaires

À la suite d'un foyer confirmé de grippe aviaire hautement pathogène de sous-type H5N8 aux Pays-Bas, en Allemagne, en Russie, au Danemark et au Royaume-Uni, le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, sur les conseils de la Direction des services vétérinaires, a interdit l'importation de poussins d'un jour, à couver œufs, poulets congelés, produits de volaille et aliments pour volaille de ces pays européens à compter du 12 Novembre. Tous les permis d'importation ont été invalidés avec effet immédiat.

Niger : Lancement du Projet Intégré de Modernisation de l’Elevage et de l’Agriculture pour la Transformation du Monde Rural au Niger (PIMELAN)

Prévu pour un délai d’exécution de six ans, le PIMELAN est financé par la Banque mondiale via un crédit IDA, d’un montant de 100 MUSD et la Société Financière Internationale (SFI) qui fournira 6 MUSD, les bénéficiaires contribueront pour 5,9 MUSD et les Institutions Financières Partenaires fourniront 23 MUSD (les banques BAGRI, BISIC et Atlantique). La zone d’intervention du projet couvre six régions dont trois affectées par un conflit, dites zones fragiles (Diffa, Tillabéri et Tahoua, ainsi qu’Agadez, Niamey et Zinder). Ce projet a pour objectif d’augmenter la productivité agricole et l’accès aux marchés pour les petits et moyens agriculteurs et les petites et moyennes entreprises agroalimentaires dans les régions participant aux projets. Sa finalité est la transformation du monde rural à travers l’amélioration durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les revenus des différents acteurs intervenant dans les chaines de valeur des filières végétales (oignon, niébé fourrager, sésame, pomme de terre, tomate, riz et poivron), des filières animales (bétail-viande, aviculture, lait et cuirs et peaux) et la pisciculture.

Nigéria : augmentation de l'importation de noix de coco, face à une production locale insuffisante

Selon United Nations Statistical Office, le Nigéria a dépensé 219 446 USD pour l'importation de noix de coco en 2019, et 186 094 USD en 2017. Selon Nma Okoroji, présidente de l'Association nationale des producteurs, transformateurs et commerçants de noix de coco du Nigéria (NACOPPMAN), les importations de noix de coco du Nigéria ont augmenté au fil des ans de plus de 80% depuis 10 ans. En 2020, 265 tonnes de noix de coco sont produites au Nigéria, dont 70% dans l'État de Lagos. Cependant,  80% des noix de coco utilisées dans le pays sont importées, principalement du Ghana et à un coût de plus en plus élevé.

3. Commerce

Des forêts du Cameroun aux temples du Vietnam, itinéraire d’une nouvelle mafia du bois

En quelques années, le Tali (Erythrophleum ivorense) et le Doussié (différentes espèces du genre Afzelia) sont parmi les essences les plus convoitées par les compagnies vietnamiennes, pour leurs qualités comme bois de construction ou d’ameublement, et le Cameroun est aujourd’hui leur premier fournisseur, une grande partie de ce commerce empruntant des circuits illégaux. La vingtaine d’entreprises vietnamiennes présentes au Cameroun n’exploitent pas directement les forêts et ne sont pas détentrices de concessions à travers lesquelles l’Etat confie au secteur privé la gestion de son patrimoine forestier. Elles agissent le plus souvent comme sociétés de négoce, en blanchissant du bois provenant de coupes illégales issues de petits permis attribués en dehors des grandes concessions. Vietnam et Cameroun s’étaient pourtant engagés à assainir leur commerce de bois dans le cadre de partenariats avec l’UE. Avec, dans le cas du Cameroun, plusieurs dizaines de MEUR versés pour accompagner l’administration forestière et les opérateurs du secteur sur le chemin de la légalité et de la traçabilité du bois exporté.

Nigéria : Après 3 ans de suspension, relance de l’exploration pétrolière du bassin du Lac Tchad

Suspendue après l’attaque islamiste de juillet 2017 contre des géologues de la société publique du pétrole (NNPC) les activités d’exploration du bassin du Lac Tchad, vont reprendre dès que possible, selon Timipre Sylva (Minister of State for Petroleum Resources). Les autorités se disent « confiantes sur le potentiel pétrolier du bassin du Lac Tchad » et souhaitent profiter d’une « accalmie sécuritaire suite aux succès récents de l’armée dans la région». Cette fois, les campagnes d’exploration seront sécurisées par un détachement de l’armée fédérale.

TOGO : vers l'adhésion à l'Institut mondial de la croissance verte

Le Conseil des ministres du Togo a démarré les démarches pour faire partie des pays membres de l’Institut mondial de la croissance verte (Global Green Growth Institute, GGGI), montrant sa volonté de se tourner vers une économie à la fois prospère et sobre en carbone. A terme, cette adhésion permettra au Togo de renforcer son ancrage dans une économie verte, lui dont l’actuel Plan national de développement (PND) qui vise une croissance de 7,6 % à l’horizon 2022 est déjà axé sur une économie durable et résiliente au climat. Créé le 16 février 2010 à Rio de Janeiro, le GGGI met en œuvre des programmes dans 27 pays partenaires, et pour l’heure, le Rwanda est le seul pays africain membre du GGGI.