L’économie des Philippines suit une trajectoire de croissance soutenue et régulière, à 6,2 % en 2018, après 6,7 % en 2017, qui devrait se maintenir à un niveau élevé à moyen terme (6,5 % en 2019 et 6,6 % en 2020 selon le FMI). L'archipel dispose de fondamentaux macroéconomiques solides : le déficit budgétaire est maîtrisé, la dette extérieure modérée et les réserves de changes considérées comme adéquates. Ainsi, Standard & Poor’s a relevé d’un cran la notation souveraine du pays début mai, de « BBB » à « BBB+ », assortie d’une perspective stable. Dans ce contexte, l’archipel a émis avec succès des euro-obligations pour 750 M EUR et des obligations « panda » pour 2,5 Mds RMB (soit 363 M USD). Après s’être établie à 5,2 % l’an passé, l’inflation devrait s’inscrire en 2019 dans l'intervalle-cible de la Banque centrale (2 à 4 %). Le peso s'est également stabilisé face au dollar depuis janvier 2019, après une dépréciation de 5,4 % en 2018. En conséquence, en mai 2019, la Banque centrale a initié un assouplissement de sa politique monétaire en abaissant son principal taux directeur à 4,5 % (-25 points de base). Les autorités philippines poursuivent une politique budgétaire expansionniste, avec une hausse des dépenses publiques orientée vers le financement des infrastructures (programme « Build, Build, Build ») et les services sociaux (santé, éducation et lutte contre la pauvreté). Toutefois, malgré un policy-mix cohérent, des faiblesses structurelles persistent : secteur agricole sous-développé, appareil productif peu diversifié et environnement des affaires complexe et peu compétitif.