En raison de la dégradation de la situation économique en Azerbaïdjan en 2015-2016, la diversification de l’économie est devenue une priorité pour les autorités. La politique actuelle de la République d’Azerbaïdjan envisage donc un développement global de l’économie, y compris le développement dynamique et la diversification de l’industrie fondée sur les hautes technologies dont la part dans le PIB national est encore très faible (1,6 % en 2017). L'une des démarches qui attire de plus en plus l'attention dans le développement économique du pays est la création de zones et parcs industriels.Par ce biais, le gouvernement azerbaïdjanais entend stimuler les investissements industriels dans la péninsule d’Abchéron et dans les régions, afin d'augmenter la production de produits compétitifs dans le pays et de pouvoir en premier lieu satisfaire la demande nationale. L’exportation des produits issus des parcs et des zones industrielles est également envisageable à termes, avec l’achèvemen

En raison de la dégradation de la situation économique en Azerbaïdjan en 2015-2016, la diversification de l’économie est devenue une priorité pour les autorités. La politique actuelle de la République d’Azerbaïdjan envisage donc un développement global de l’économie, y compris le développement dynamique et la diversification de l’industrie fondée sur les hautes technologies dont la part dans le PIB national est encore très faible (1,6 % en 2017). L'une des démarches qui attire de plus en plus l'attention dans le développement économique du pays est la création de zones et parcs industriels.

Sumgait

Par ce biais, le gouvernement azerbaïdjanais entend stimuler les investissements industriels dans la péninsule d’Abchéron et dans les régions, afin d'augmenter la production de produits compétitifs dans le pays et de pouvoir en premier lieu satisfaire la demande nationale. L’exportation des produits issus des parcs et des zones industrielles est également envisageable à termes, avec l’achèvement de plusieurs grands projets de connectivité visant à désenclaver le pays. Ainsi, deux grands projets nationaux de corridors ferroviaires en Azerbaïdjan seront bientôt complètement achevés : le corridor Nord/Sud (Astara-Bakou-Yalama) qui va lier l’Inde avec la Russie par l’Iran et l’Azerbaïdjan ; le corridor Est-Ouest (BTK : Bakou Tbilissi Kars) qui va lier l’Azerbaïdjan avec la Turquie par la Géorgie.    

Un parc ou une zone industrielle est conçu comme une surface de terrain destiné à développer des activités industrielles. Ils sont cependant gérés par des entités différentes. Ainsi, l'organisation et la réglementation du fonctionnement des zones industrielles ont été confiées à la SAO "Société d'investissement d'Azerbaïdjan" dont le président du conseil de surveillance est le Ministre de l’Economie, alors que  les parcs industriels sont chacun dirigé par une société différente.

Il existe des mesures incitatives pour les parcs et les zones industrielles, notamment des privilèges fiscaux et douaniers, une connexion aux infrastructures, des prix réduits pour la location de terrain, des prêts subventionnés et une simplification des procédures administratives. Ainsi, les résidents des parcs industriels sont exonérés de l'impôt sur le revenu, des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties pendant 7 ans, ainsi que de la TVA et des droits de douane pour les machines, les équipements et les dispositifs technologiques importés. En outre, il est également possible de bénéficier de tarifs favorables pour l’utilisation de l'énergie thermique, de l'électricité, de l'eau et du gaz, pour l'évacuation des eaux usées et pour la collecte des déchets, afin de mettre en œuvre d'une manière efficace l'activité entrepreneuriale dans les parcs industriels.

 

Il existe actuellement 4 zones industrielles et 7 parcs industriels dans le pays.

Les zones industrielles

  • La zone industrielle de Neftchala est la plus ancienne du pays, dont l'ouverture remonte au 24 septembre 2017. L’on y trouve 9 entreprises et 1 petit atelier d’affaires qui exercent les activités suivantes : production d’automobiles (usine de voiture de « Khazar » créée par un consortium irano-azerbaïdjanais), aliments pour poissons, produits en plastique, systèmes d’irrigation, tuyaux d’eau en polyéthylène, ainsi que production des gobelets en carton et de boissons, installation de bâtiments scolaires modulaires, traitement du poisson et conserves. 45,3 M AZN (26,6 M USD) ont été investis par les résidents de la zone industrielle. Elle fournit des services aux entrepreneurs : comptabilité générale, conseil juridique, assurance ou services médicaux. Il y existe également une poste, une bibliothèque technique, un bureau pour les "jeunes-pousses" et une cantine.
  • La zone industrielle de Masalli a été mise en service en 2018. Lors de la phase initiale, 10 projets d'une valeur de 5,2 M AZN (3 M USD) ont été présentés par des entrepreneurs spécialisés dans la production de meubles, de matériaux et d’accessoires de toiture, d'articles en fer, de matelas, d’articles en bois et de maisons en bois. Le Ministère de l'Économie fournit des services de soutien pour les entrepreneurs qui souhaitent créer ou développer leurs entreprises.
  • La zone industrielle de Hadjigabul a été créée en 2017 et les travaux de construction devraient être achevés d’ici à novembre 2019. Elle est destinée à la production de machinerie lourde, de matériaux de menuiserie et de composites spéciaux, de citernes d’eau et de récipients en plastique, d’automobiles, de matériaux de construction, d’engrais liquides et en poudre. Pour le moment, la zone industrielle de Hadjigabul a décidé de mettre en œuvre 7 projets d’un montant total de 60 M AZN (35,3 M USD). Une usine automobile GAZ pour un  montant total de 14 M AZN (8,2 M USD) sera également construite dans cette zone industrielle, avec une capacité de production de 1 000 unités par an. L'usine est un projet conjoint de "Azermash" OJSC et de la société russe "GAZ Group".
  • La zone industrielle de Sabirabad a été créée en 2017 avec pour objectif de réaliser des projets dans les domaines du traitement de la laine, de la production de matériaux de construction, d’engrais organiques, de systèmes de freinage pour divers équipements, ainsi que des produits agricoles et des pneus.

Les parcs industriels

  • Le Parc Industriel chimique de Sumgaït a été formellement créé en 2011 et sa construction a débuté en 2013. Il couvre actuellement 505 hectares de surface près de Sumgaït, ville industrielle datant de l’époque soviétique. C’est l’un des projets les plus importants du gouvernement et de SOCAR (compagnie pétrolière nationale) mais ce dernier ne compte à ce jour aucun investissement étranger. La société gérante de ce parc est la SARL "Parc industriel chimique de Sumgaït", qui est subordonnée au ministère de l'Économie de la République d'Azerbaïdjan. Un statut de résident a été accordé à 18 entreprises ("Azertexnolayn" SRL, "SOCAR Polymer" SRL, "AzerFloat" CJSC, "Azerbaijan Fibro Cement" SARL, "Société de Métaux aux non ferreux et de Ferroalliages de Bakou", Entreprise de production de silicium et de calcium, MST Engineering Services SARL, "Agrochemistry Azerbaijan" SARL, "Alco" SARL, "STDC" SARL, "Azerxalcha" OJSC, "Sumgait Technologies Park" SARL, "Tabaterra" CJSC, l’usine de carbamide de SOCAR, SumPlast SARL, Labdisc Azerbaijan SARL, "Nexus Labs" SARL et ARCHI GLASS SARL) qui ont conjointement investi plus de 2,8 Mds USD. Le parc industriel est actif dans la production de produits chimiques très variés (à destination du secteur agricole, de l’industrie, de la construction, du secteur médical, d’articles ménagers) mais aussi d’équipements industriels, de produits électroniques et de pièces automobiles.
  • Le parc industriel de Balakhani a été créé en 2011 à Bakou. Le territoire du parc s'étend sur 8,3 hectares. Il permet aux entreprises de mettre en œuvre des activités comme le traitement des déchets (recyclage) et la fourniture de services. "Tamiz Shahar" OJSC est la société gérante du parc. Actuellement, 14 résidents ont été enregistrés dans le parc industriel de Balakhani. L'objectif principal de ce parc est de créer des conditions favorables pour les entrepreneurs et des investisseurs intéressés par la production locale.
  • Le parc industriel de Mingäçevir a été établi en 2015 près du centre principal du pays de production d'électricité (centrale hydroélectrique et thermique) et couvre une surface de 14,8 hectares. Deux producteurs de fil de coton (Ring et Open End) de Mingäçevir Textiles SARL, résidentes du parc, ont été mis en service le 27 février 2018. La société gérante du parc est la SARL "Parc industriel chimique de Sumgaït", placée sous la tutelle du Ministère de l'Économie.
  • Le parc industriel de Garadagh a été créé dans le district de Garadagh à Bakou en 2015 sur une superficie de 72 hectares. Il n'a qu'un résident à ce jour -"Usine de construction navale de Baku" SARL. Une dizaine de projets de construction navale ont y été mis en œuvre et plus de 100 navires y ont  été réparés. Le chantier naval réalise divers projets de production et de réparation de navires citernes de grande capacité et d'autres types de navire. La société gérante du parc est la SARL "Parc industriel chimique de Sumgaït", placée sous la tutelle du Ministère de l'Économie.
  • Le parc industriel de Pirallahi a été créé sur l'île de Pirallahi en 2016 pour promouvoir et soutenir l'industrie pharmaceutique et réduire sa dépendance aux importations. Quatre résidents sont inscrits dans le parc industriel de Pirallahi : R-Pharm, l'entreprise commune russe-azerbaïdjanaise pour l'emballage et la production de médicaments (en association avec SERVIER); "Caspian Pharmed", l'entreprise commune irano-azerbaïdjanaise; "Diamed Co" SARL pour la production de différentes capacités de seringues jetables; "IFFA" LLC pour la production de couches pour bébé.

Le parc de Hautes Technologies a été créé en 2012 dans le district de Pirallahi à Bakou, sur 50 hectares, ainsi que le parc de Hautes Technologies de Mingäçevir à Mingäçevir sur une superficie de 1,3 hectare en 2015. La société gérante des deux parcs est la SARL "Le parc de Hautes Technologies – Parc HT", placée sous la tutelle du Ministère des Communications et des Hautes Technologies de la République d'Azerbaïdjan.

 

Investissements étrangers dans les parcs et zones industrielles.

L’Azerbaïdjan n’est pas membre de l’OMC et plusieurs obstacles aux investissements subsistent sur ce marché : le difficile accès aux financements pour les PME, l'absence de concurrence, l’existence de monopoles. Des efforts réels ont été menés en manière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. L’introduction de l’e-gouvernement (agence ASAN établie en 2013) a permis de supprimer la petite corruption pour la gestion de formalités administratives.

Bien conscientes que les investissements étrangers sont indispensables pour parvenir à la diversification de l’économie du pays, les autorités se sont lancées dans différents travaux afin d’améliorer le climat des affaires et faciliter la reprise de l’activité économique. Tous les opérateurs et observateurs notent avec satisfaction la réforme des douanes qui assure plus de transparence et d’équité. L’attribution des licences professionnelles a été profondément modifiée et simplifiée (décret présidentiel de décembre 2015) et sa gestion a été confiée à l’agence ASAN, garantie de transparence et d’absence de corruption. Les autorités ont également pris des mesures pour favoriser les investissements privés, notamment avec le lancement en 2016 d’une procédure simplifiée de validation d’un investissement, y compris étranger. D’importants avantages fiscaux sont accordés pendant une durée de 7 ans.

En dépit d’avantages comparatifs, le pays peine tout de même à attirer les investissements étrangers hors du secteur pétrolier, notamment européens en raison d’un environnement des affaires qui doit encore être amélioré. Pourtant, le gouvernement a réussi à attirer l’investissement russe et iranien dans la zone industrielle de Hadjigabul, dans celle de Neftchala et dans le parc industriel de Pirallahi. Il s’agit toutefois de projets de faible envergure à l’impact limité sur la dynamique de l’économie nationale.