Au cours des dix dernières années, et surtout à compter de 2015, déclarée année de l'agriculture en Azerbaïdjan, le gouvernement azerbaïdjanais a largement renforcé ses soutiens à l'agriculture. L’un des premiers secteurs qui a pu bénéficier de cette aide est celui des  fruits et légumes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2005 et 2017 la production de légumes a progressé de  6,7%  (2,8 millions de tonnes) et celle des fruits de 34% (946 400 tonnes).

Bien que la production de fruits augmente d'année en année, la production de certains légumes peut encore varier grandement, ainsi 2005 a été une année record pour la pomme de terre et 2015 pour les pastèques, les melons et les concombres. Cependant, il semble que la production de certains légumes, notamment de la pomme de terre, de pastèques, de melons et de concombres a plutôt tendance à stagner. Il s’agit vraisemblablement d’une des conséquences de la  politique du gouvernement qui vise à étendre les surfaces dédiées à la culture du coton en Azerbaïdjan, notamment dans les régions chaudes où les précipitations sont très faibles et les ressources en eau font l’objet d’une forte concurrence entre ces légumes et le coton.      

Produit (1000 t)

2005

2010

2015

2016

2017

Légumes (total)

2574,2

2576,8

2599,6

2637,8

2757,6

Pastèque et melon

363,8

433,6

484,5

464,8

438,1

Pommes de terre

1083,1

953,7

839,8

902,4

913,9

Concombre

173,2

217,0

230,7

217,8

220,9

Tomate

458,3

434,0

515,2

502,8

624,2

Oignon

177,4

171,6

179,0

178,2

207,5

Autres légumes

352,4

413,8

392,2

464,1

689,5

Fruits (total)

623,8

727,6

886,5

880,6

946,4

Pomme

163,1

211,7

256,4

254,3

275,1

Poire

41,5

35,5

42,0

40,7

50,5

Noisette

28,0

29,5

32,6

34,3

45,5

Grenade

97,7

126,9

158,1

145,1

156,8

Kaki

109,0

142,2

146,6

142,9

147,2

autres fruits

184,5

181,8

250,8

263,3

271,3

 Source : Comité d’Etat des Statistiques

Le gros de la production est destiné à la consommation nationale mais la part dédiée à l’exportation a tendance à augmenter.  En 2017, 16% des légumes et 28% des fruits produits dans le pays ont été exportés. Selon le Ministère de l'agriculture, 95,5% des légumes et 84,6% des fruits exportés le sont à destination de la Russie[1]. Il existe cependant un courant d’affaires avec la  Géorgie, l’Ukraine, l’Allemagne et l’Italie. En 2017, les revenus provenant de l’exportation des fruits et des légumes ont respectivement augmenté de 56% et de 25% par rapport à l'année 2015. La présence d'un grand marché comme celui de la Russie pour l'exportation de fruits et légumes crée des opportunités pour le développement ultérieur de ce secteur en Azerbaïdjan.

En termes d’importations, au cours des 15 dernières années, l'Azerbaïdjan a importé des fruits et légumes, pour respectivement environ 9% et 14% de sa consommation. . Les fournisseurs principaux sont dans l’ordre la Turquie, l'Iran et l’Equateur (pour les fruits exotiques). 

Les conditions climatiques variées du pays et les habitudes historiques ont contribué à une spécialisation régionale y compris pour la culture de légumes. Elle est plus développée dans les régions de Guba-Khachmaz au Nord et de Lankaran au Sud. Parallèlement, la région d’Absheron s’est concentrée dans la production en serre (essentiellement tomates et concombres).

  • La pomme de terre est l’un des légumes les plus populaires en Azerbaïdjan. Elle est cultivée dans de nombreuses régions de l'ouest de la république, mais principalement dans la région de Ganja-Gazakh à l'Ouest, de Gusar au Nord et de Djalilabad au Sud. Après l’indépendance, la superficie ensemencée et la production de pommes de terre dans le pays ont diminué jusqu'en 1996 pour augmenter progressivement à nouveau. Le record de production a été atteint en 2005 avec 1 million de tonnes récoltées sur 70 700 hectares.  Elle reste cependant l’un des principaux légumes importés. En 2017, 168 000 tonnes de pommes de terre ont été importées, soit 10%  de la consommation nationale. Les pommes de terre sont essentiellement importées d'Iran, de Russie, de Géorgie et de Turquie.

La demande nationale pour les semences de pommes de terre en Azerbaïdjan est de 180 000 à 200 000 tonnes par an, dont 2-3% proviennent de la production nationale. Le gouvernement estime que dans les années à venir, 15% des besoins en semences de pomme de terre seront assurés par la production nationale.

  • La tomate a toujours occupé une place importante en Azerbaïdjan. Sa réputation n’est plus à faire et la Russie en est un des principaux amateurs. Elles sont cultivées traditionnellement dans les terres irriguées de Lankaran au sud, d’Absheron près de Bakou et d’Aran au centre du pays. Selon le Comité national des statistiques, en 2017, des tomates ont été plantées sur 21 331 hectares de terres pour une production de 624 200 tonnes, dont 25% ont été exportés. Le principal importateur de tomates est la Russie.
  • L’arboriculture est l’un des domaines les plus spécialisés de l’agriculture du pays. En fonction des conditions naturelles, les différentes régions du pays sont spécialisées dans la production de différents types de fruits. Ainsi, la région de Guba-Khachmaz au Nord est spécialisée dans la production de fruits à pépins, la région de Shaki-Zagatala au Nord-Ouest dans celle de fruits à coque (noix, noisettes et châtaignes), la république autonome du Nakhitchévan dans celle de fruits à noyau (abricot, pêche), la région d’Aran au centre dans celle de fruits subtropicaux secs (coings, grenades), la région de Lankaran au Sud dans celle d’agrumes (citrons, oranges, mandarines, feijoas), les régions de la péninsule d’Absheron dans celle de fruits méditérranéens (pistaches, amandes, figues, olives). La région de Guba est devenue la plus grande région productrice de fruits du pays (principalement de pommes) à destination du marché russe[2].

Au cours des dernières années, l’Azerbaïdjan a manifesté un intérêt considérable pour la création de nouveaux vergers. Selon des données statistiques récentes (2017), il y a environ 186 000 hectares de vergers dans le pays dont 138 000 hectares sont déjà à pleine maturité, soit 25,7% de plus qu'en 2014. Les principaux vergers du pays sont ceux de noisettes (35 800 hectares), de pommes (28 400 hectares), de grenades (19 600 hectares) et de kakis (9 800 hectares).

 

Le secteur de la transformation des fruits

On s’attend à ce que ce secteur devienne l’un des domaines clés du secteur non pétrolier en Azerbaïdjan au cours de la prochaine décennie. La création d'au moins 15 entreprises de moyenne et grande taille dans le secteur de la transformation des fruits en Azerbaïdjan au cours des 12 dernières années témoigne également de l'intérêt pour cette activité. Des entreprises telles que Azgranata, Balakans, la conserverie Gilan Gabala, la conserverie Gilan Guba, Miri Gande, Turaz exercent principalement des activités dans la production de jus de fruits, de bananes, de nectar de fruits, de confiture, ainsi que les complexes d'industrie de production agroalimentaire de Gamigaya et d'Agdash sont spécialisées dans le séchage des fruits (figues, cerises, dattes, pommes).

Toutefois, les données officielles montrent que le secteur de la transformation des fruits en Azerbaïdjan dépend toujours des importations de matières premières. Par exemple, au moins 70% des matières premières nécessaires pour la production du jus de certains fruits (pêches, abricots) sont importées de l'étranger. Selon les chiffres de 2017, le pays a importé au total 18 500 tonnes de produits de transformation de fruit d'une valeur de 29 millions de dollars. Alors que, en 2017, 15 500 tonnes de produits similaires ont été exportées du pays.


[1] L’importance de la diaspora azerbaïdjanaise en Russie explique en bonne partie ce lien privilégié

[2] L’Azerbaïdjan a ainsi profité des contre-sanctions russes frappant l’Union européenne.