Le gouvernement israélien vient enfin de rendre public son programme de modernisation des infrastructures dont le montant prévisionnel s’élève à 50 Mds €. La majorité des projets concerne le secteur des transports, qu’ils soient ferroviaires (interurbain et urbain) ou aéroportuaires. La production d’énergie, le dessalement d’eau de mer et le traitement des déchets complètent ce vaste programme qui permettra à Israël de refaire une partie de son retard vis-à-vis des autres pays membres de l’OCDE. Sur le volet institutionnel, un accord de coopération entre les ministères français et israélien des Transports est en cours d’approbation.  

I- La majorité des projets concerne le secteur des transports

Le déficit d’Israël en termes d’infrastructures de transports en commun constitue un obstacle majeur au développement économique du pays. En privilégiant le transport individuel de préférence au transport de masse, les autorités israéliennes ont créé une situation intenable qui se caractérise aujourd’hui par des embouteillages monstres et une dégradation rapide de l’environnement. Les routes sont en effet hyper-saturées - la concentration de véhicules y est 3,5 fois supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE - et la croissance démographique du pays (+ 2%) ne fait qu’accentuer ce phénomène.

Classés en trois catégories, les projets suivants sont de nature à contribuer à la réduction de ce déficit structurel en transports de masse:

A – le Reseau urbain

  • Jérusalem : le projet comprend la construction de la ligne verte (19 km et 36 stations) et le prolongement (9 km) de la ligne rouge pour un montant total estimé de 11 Mds NIS. Alstom est membre d’un consortium qui a récemment répondu à cet appel d’offres. Pour ce qui est de la ligne bleue, la procédure de pré-qualification a été reportée en raison de l’opposition manifestée par plusieurs associations locales à ce projet.
  • Tel Aviv : Les appels d’offres pour les lignes verte (39 km et 62 stations) et violette (28 km et 43 stations) viennent de paraitre. La ligne brune, qui desservira  la banlieue sud de Tel Aviv, est en cours d’approbation et sera longue de 30 km (46 stations).

B – Le Reseau interurbain 

La construction d’un réseau de métro souterrain pour le Grand Tel Aviv (Gush Dan) est sans aucun doute le  projet le plus ambitieux de ce programme. Il prévoit la construction de trois lignes de métro pour un total de 140 km et de 110 stations dans une zone où l’on recense 43% de la population et 50% des emplois du pays. Ce projet prendra la forme d’un PPP et sera financé, pour un tiers, par l’État.

 metro

source: NTA

 

  • Transformation de la liaison Tel Aviv – Jérusalem - Haïfa - Beer Sheva en un réseau électrifié et à grande vitesse : ce projet, estimé à plus de 30 Mds €, ne figure pas dans le programme récemment dévoilé par le gouvernement. Il n’en est pas moins important et sera, à n’en pas douter, d’actualité dans les années qui viennent.
  • L’appel d’offres pour la gestion du projet de tram-train entre Haïfa et Nazareth a été publié fin mai 2018. 

 

C – La Construction d’un Nouvel aéroport international

Les études seraient bien avancées et devraient permettent aux autorités aéroportuaires de lancer très prochainement ce projet prioritaire compte tenu de l’engorgement de l’aéroport de Ben Gurion. Deux sites sont à l’étude pour la construction de ce nouvel aéroport international : Ramat David dans la région de Galilée et Nevatim au sud de Tel Aviv. Le mode de financement retenu est le Partenariat Public Privé.

II- Des investissements très significatifs sont également programmés dans l’énergie, le dessalement d’eau de mer et la gestion des déchets.

Le déficit d’Israël en termes d’infrastructures de transports en commun constitue un obstacle majeur au développement économique du pays. En privilégiant le transport individuel de préférence au transport de masse, les autorités israéliennes ont créé une situation intenable qui se caractérise aujourd’hui par des embouteillages monstres et une dégradation rapide de l’environnement. Les routes sont en effet hyper-saturées - la concentration de véhicules y est 3,5 fois supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE - et la croissance démographique du pays (+ 2%) ne fait qu’accentuer ce phénomène.

Au-delà du secteur des transports, Israël se caractérise par des investissements inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE dans un certain nombre d’autres domaines, en particulier dans l’énergie et l’environnement. Ce déficit sera en partie comblé par les projets suivants :

  • Production d’Energie : dans le prolongement de la réforme mettant fin au monopole de production d’électricité par l’Israeli Elecrtric Company, le ministère de l’Energie a confié à des opérateurs privés la construction et la gestion de 8 centrales à cycle combiné qui remplaceront progressivement les centrales au charbon. Le gaz, en provenance des gisements offshore de Leviathan et Karish-Tanin, devrait pouvoir être très rapidement mis à la disposition des opérateurs.
  • Energies Renouvelables : le ministre de l'Energie a fixé des objectifs ambitieux en matière de  transition énergétique : 17% d'énergies renouvelables d'ici 2030 contre 3% actuellement. Sept projets solaires, domaine dans lequel EDF occupe une position dominante en Israël, et éoliens pour une capacité de 1060 MW ont été sont approuvés.
  • Dessalement d’eau de mer : sept consortia, parmi lesquels Suez, ont manifesté un intérêt, au stade de la pré-qualification, pour la construction de la plus importante unité de dessalement d’eau de mer (SOREK 2) de la planète, d’une capacité de 200 Mm3 par an dès 2023.
  • Gestion de déchets : l’installation de 3 récupérateurs d’énergie, d’une capacité de 1000 à 1500 tonnes/jours pour un montant de 700 M€, et  la construction de 4 unités de traitement biologique des déchets, d’une capacité totale de 600 tonnes/jours, sont inscrites au programme.  Le dispositif sera complété par six unités de tri sélectif  de 1500 tonnes/jours chacune.