La Hongrie a, dès le début des années 1990, élaboré un cadre juridique et économique très favorable aux investisseurs étrangers, facilitant un très large programme de privatisations qui ont conduit à un transfert d’importants flux de capitaux étrangers vers l’économie hongroise. Le stock d’investissements directs étrangers,s’élevait à 77,53 Mds € à la fin de l’année 2018, légèrement supérieur à celui atteint en 2017 et 2016 (respectivement 75,64 Mds€ et 76,20 Mds€). Ce stock est le deuxième plus élevé en pourcentage du PIB en Europe centrale derrière la République tchèque, et le troisième par habitant derrière la République tchèque et la Slovaquie. Le pays est particulièrement dépendant de l’Europe, notamment de la zone euro, 78,6% du stock total d’IDE en Hongrie provient de l’UE dont 22,9% d’Allemagne. En 2018, le flux d’investissements s’est élevé à 5 370,3millions €après 2 909,1 millions € en 2017.La plus grande partie des investissements a été réalisée dans l’industrie manu

La Hongrie a, dès le début des années 1990, élaboré un cadre juridique et économique très favorable aux investisseurs étrangers, facilitant un très large programme de privatisations qui ont conduit à un transfert d’importants flux de capitaux étrangers vers l’économie hongroise.

Le stock d’investissements directs étrangers, s’élevait à 77,53 Mds € à la fin de l’année 2018, légèrement supérieur à celui atteint en 2017 et 2016 (respectivement 75,64 Mds€ et 76,20 Mds€). Ce stock est le deuxième plus élevé en pourcentage du PIB en Europe centrale derrière la République tchèque, et le troisième par habitant derrière la République tchèque et la Slovaquie. Le pays est particulièrement dépendant de l’Europe, notamment de la zone euro, 78,6% du stock total d’IDE en Hongrie provient de l’UE dont 22,9% d’Allemagne.

En 2018, le flux d’investissements s’est élevé à 5 370,3 millions € après 2 909,1 millions € en 2017.

La plus grande partie des investissements a été réalisée dans l’industrie manufacturière (notamment fabrication de machines et équipements, fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques, les industries automobile et pharmaceutique). A noter la forte baisse des investissements dans le secteur des services chaque année, ce dernier perdant ainsi son premier rang.

Les investissements directs étrangers ont permis la modernisation rapide de l’outil industriel et constituent le moteur des exportations hongroises

Contexte général

Dès son adhésion à l’économie de marché, la Hongrie a accueilli les investissements étrangers sans restriction sectorielle. La décennie suivante a été caractérisée par le développement très rapide du secteur privé, qui contribue aujourd’hui à hauteur d’environ 70% de la valeur ajoutée du pays, contre 10% en 1990. Cette évolution est en grande partie due à la privatisation des sociétés d’État (1 570 sur 1 700) et parallèlement à l’implantation de sociétés étrangères qui réalisent désormais près du quart de la valeur ajoutée de la Hongrie. La plupart des entreprises industrielles (énergie, chimie, agro-alimentaire…) et de nombreuses activités de service public ont été cédées partiellement ou totalement à des opérateurs étrangers (téléphonie, distribution du gaz et de l’électricité...), qui ont assuré la modernisation de l’outil industriel hongrois, le développement des services et aussi contribué de manière significative au financement du déficit des comptes courants. Le mouvement s’inverse depuis 2010 avec la volonté du gouvernement de renationaliser les activités de service public. 

En 2018 et 2017 les flux d’investissements nets sont redevenus positifs (respectivement de 5 370,3 millions € et de 2 909,1 millions €) après les années 2015  et 2016 négatives (respectivement de -5 094,0 millions € et -13 101,7 millions €). En 2015 et 2016, ont été recensés de très nombreux capitaux en transit sortants de la Hongrie (essentiellement des instruments de dette résultant d’opération intra-groupes), ce qui explique ces données négatives des flux d’IDE pour ces deux années.

Le stock d’investissements directs étrangers en Hongrie a atteint 77,53 Mds € à la fin de l’année 2018, dont 77,09 Mds € en prise de participation, actions, et bénéfices réinvestis et 439,4 M € d’autres types de créances.

Répartition des sources d’IDE

D’après les analyses sur les investisseurs ultimes de la Banque Centrale (MNB) la France est de fait le 4e investisseur étranger en Hongrie.[1] Il existe des divergences importantes entre les statistiques des investisseurs directs et ultimes. Ainsi, l’Allemagne est le premier investisseur en Hongrie avec 29,0% (22,1 Mds €), suivi par les États-Unis (15,3%, 11,7 Mds €) et l’Autriche (6,9%, 6,0 Mds €). La France joue un rôle important en Hongrie avec 5,5% des investissements (3,9 Mds € +7,7% en g.a.). Les autres investisseurs majeurs sont l’Italie (3,6%, 2,8 Mds €), le Royaume-Uni (2,9%, 2,2 Mds €), le Japon (3,1%, 2,4 Mds €), les Pays-Bas (2,9%, 2,2 Mds €), L’Inde (2,7%, 2,1 Mds €), la Chine (1,8%, 1,8 Mds €).

Répartition sectorielle des IDE

La moitié des IDE sont concentrés dans le secteur des services (37,9 Mds €, 49,9%), notamment dans le commerce et la réparation (8,2 Mds €, 10,8% le niveau le moins élevé depuis 2004),  les transactions immobilières (5,9 Mds €, 7,7%), le secteur bancaire (le niveau le plus élevé depuis 2010 soit 5,2 Mds €, 6,9%,), les activités de conseil en gestion d’entreprise (4,7 Mds €, 6,2%) les télécommunications (3,1 Mds €, 4,1%), les « autres activités de soutien aux entreprises » (14,4 Mds €, 19,1%), et les activités de transport et stockage (2,5 Mds €, 3,3%). Pour rappel, l’importance du stock d’IDE dans les activités de conseil en gestion d’entreprise et les « autres activités de soutien aux entreprises » est principalement liée aux sociétés holding qui ont des filiales hongroises dans les industries manufacturières.

43% des IDE ont été injectés dans l’industrie de transformation (22,4 Mds €, +46% en g.a.), niveau le plus élevé depuis 2004, et plus particulièrement dans le secteur de fabrication des matériels de transport (11,2 Mds €, 14,7%), dans l’industrie pharmaceutique (3,2 Mds €, 4,3%), des produits informatiques, électroniques et optiques (3,4 Mds €, 4,3%), dans l’agroalimentaire (2,3 Md €, 3,0%), dans la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique (2,6 Mds €, 3,4%), dans l’industrie des métaux (1,9Md €, 2,5%), dans l’industrie du papier et l’imprimerie (1,6 Md €, 2,1%), dans l’industrie chimique (1,4 Md €, 1,8%) et dans le secteur de la fabrication de produits minéraux non métalliques (1,4 Md €, 1,8%).

Il convient également de noter l’importance des investissements étrangers dans le secteur de l’énergie (1,9 Mds €, 2,5%) et dans l’immobilier (1,7 Md €, 2,2%).

La Hongrie demeure une destination régionale privilégiée par les investisseurs

En ce qui concerne le ratio du stock d’IDE rapporté au PIB, c’est le stock hongrois qui est le deuxième plus élevé dans la région (61,2%), après la République Tchèque (62,7%) et suivie par la Slovaquie (54,9%), puis par la Pologne (42,8%), la Roumanie (40,4%), et la Slovénie (31,8%).

Le pays se situe au 3e rang régional en termes de stock d’IDE par habitant (7 766 €) après la République tchèque (12 200 €) et la Slovaquie (8 566 €), et devant la Slovénie (6 616 €) la Pologne (5 241 €) et la Roumanie (3 885 €). 16,8% des investissements effectués dans les V4+2[2] sont réalisés en Hongrie. Le flux d’IDE par habitant a atteint 460 €/ hab. et le flux d’IDE rapporté au PIB 3,6% en 2017.


[1] Données de l’année 2016, les données 2017 seront publiées en septembre 2019.

[2] Pays Višegrad + Slovénie et Roumanie

 

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