Les IDE au Kenya ont bondi en 2017 pour atteindre 672 MUSD, soit une hausse de plus de 70 % par rapport à 2016. Ce sursaut s’explique par l’attractivité du pays dans son rôle de plateforme d’échanges régionale et le dynamisme de son marché intérieur. En stock, le Kenya est le treizième pays récipiendaire d’IDE en Afrique subsaharienne et le deuxième pays au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, derrière la Tanzanie et devant l’Ouganda. Le Kenya attire des IDE plus diversifiés que les pays voisins, vers lesquels l’essentiel des flux est généré par l’exploitation des ressources naturelles. Selon les données kényanes, la France était le 3ème investisseur étranger au Kenya en 2016, derrière le Royaume-Uni et Maurice. Les investissements français au Kenya représentent 10% du stock des IDE au Kenya, soit près de 500 MEUR. Cette position témoigne de l’attrait croissant du Kenya pour les entreprises françaises, nombreuses à s’implanter depuis cinq ans. En perspective, les flux d’IDE à de

Les IDE au Kenya ont bondi en 2017 pour atteindre 672 MUSD, soit une hausse de plus de 70 % par rapport à 2016. Ce sursaut s’explique par l’attractivité du pays dans son rôle de plateforme d’échanges régionale et le dynamisme de son marché intérieur. En stock, le Kenya est le treizième pays récipiendaire d’IDE en Afrique subsaharienne et le deuxième pays au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, derrière la Tanzanie et devant l’Ouganda. Le Kenya attire des IDE plus diversifiés que les pays voisins, vers lesquels l’essentiel des flux est généré par l’exploitation des ressources naturelles. Selon les données kényanes, la France était le 3ème investisseur étranger au Kenya en 2016, derrière le Royaume-Uni et Maurice. Les investissements français au Kenya représentent 10% du stock des IDE au Kenya, soit près de 500 MEUR. Cette position témoigne de l’attrait croissant du Kenya pour les entreprises françaises, nombreuses à s’implanter depuis cinq ans. En perspective, les flux d’IDE à destination du Kenya devraient croître significative­ment dès 2019 grâce à la croissance, notamment depuis la France, en raison de nombreux projets d’investissement programmés par les entreprises françaises.

 

1. Une reprise des flux d’IDE en 2017 tiré par le dynamisme de l’économie kenyane.

Les flux d’IDE à destination du Kenya sont repartis à la hausse en 2017, à 672 MUSD contre 393 MUSD en 2016 et 620 MUSD en 2015, en raison du dynamisme du marché intérieur et du  secteur des nouvelles technologies. Selon la CNUCED, les flux d’IDE au Kenya ont augmenté de 71 % en 2017 en glissement annuel, une tendance contraire à celle enregistré pour le continent, ce dernier ayant enregistré des flux d’IDE entrants en baisse de 21%. Ce rebond fait suite à la tendance baissière à l’œuvre depuis 2011, année au cours de laquelle le pays avait reçu 1 450 MUSD. Le Kenya n’est que le 14ème pays africain récipiendaire d’IDE, mais il gagne cependant six places par rapport à 2016. Les IDE vers le Kenya ont représenté 2,3 % des IDE à destination de l’Afri­que subsaharienne en 2017.

Les flux observés en 2017 s’expliquent principalement par les investissements réalisés dans le secteur de l’économie numérique par des firmes sud-africaines (Naspers, MTN et Intact Software) et américaines (Boeing, Microsoft et Oracle), ainsi que par les investissements de Diaego (Royaume-Uni) dans le segment des boissons alcoolisées ou de Johnson and Johnson (Etats-Unis) dans le secteur pharmaceutique.

Le stock d’IDE au Kenya s’élève à 11,9 Mds USD en 2017, plaçant le pays au 13ème rang des récipiendaires en Afrique, le 3ème dans la CAE. Le Kenya ne re­présente qu’1,9 % du stock d’IDE en Afrique Subsaharienne mais environ 26 % de celui de la CAE. Les pays voisins drainent d’importants flux liés à l’exploitation de leurs ressources naturelles. C’est le cas de la Tanzanie, dont le stock total d’IDE s’élève à 20,4 Mds USD, et depuis peu de l’Ouganda, à 11,9 Mds USD, qui bénéficient d’importants investissements liés à l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Les IDE vers le Kenya sont plutôt orientés vers les secteurs à valeur ajoutée pour le pays tels que l’industrie, les énergies renouvelables, l’économie numérique et les télécommunications. L’Europe est le premier investisseur au Kenya avec 48,5 % du stock d’IDE, dont 44,1 % en provenance de l’UE. L’Afrique, l’Asie et l’Amérique re­pré­­sen­tent respectivement .19,4 %, 18,9 % et 10,7 %. Le secteur financier et l’assurance concentrent la plus grande part du stock d’IDE, soit 34,5 % du total, suivi par l’industrie manufacturière (20,7 %), et par l’économie numérique et les télécommunications (20,0 %).

 

2. La France figure parmi les premiers investisseurs étrangers au Kenya.

Le stock d’IDE français représentait 10 % du stock total d’IDE au Kenya en 2016[1], soit environ 500 MUSD. La France serait ainsi le 3ème investisseur au Kenya derrière le Royaume-Uni (28,3 % des IDE) et Maurice (10,6 %), devant les EAU (6,8 %) et l’Inde (6,5 %). Cette part est stable depuis 2014. En 2016, les flux d’IDE français ont représenté environ 41 MUSD, soit 10,9 % du total.

L’intérêt des entreprises françaises pour le Kenya est croissant, le nombre d’implantations étant passé de 35 en 2012 à 110 en janvier 2019. Le Kenya est le point d’entrée du marché intégré de la CAE. La qualité des services logistiques, financiers et juridiques, ainsi que son environnement des affaires relativement stable et transparent en font une destination privilégiée pour l’implantation des entreprises françaises à partir de laquelle elles rayonnent dans l’environnement régional. La présence historique de Total, Lafarge et Bolloré, et le retour de Peugeot en sont le symbole, mais d'autres entreprises françaises ont franchi le pas au cours des cinq dernières années, comme Schneider-Electric, L'Oréal, Danone, Saint-Gobain, Essilor, Bonduelle, Vinci, Egis, Accor, Sodexho, Carrefour, Société Générale, etc. 

Ces implantations ne se traduisent pas nécessairement par des flux d’IDE ; d’abord parce que bon nombre des entreprises françaises commencent par établir un bureau de représentation, ensuite parce que l’implantation au Kenya passe souvent par une structure hors de France (Pays du Golfe, Afrique du sud, Pays-Bas ou encore Royaume-Uni) ou par un investissement réalisé par le partenaire local (Essilor, Peugeot). 

Parmi les entreprises françaises, les industriels sont naturellement les premiers investisseurs: Lafarge-Holcim qui détient 65% du capital de Bamburi Cement, Total Distribution Kenya qui a renforcé sa présence en 2017 par le rachat d’un réseau régional concurrent, ou encore Schneider-Electric et L’Oréal qui ont acquis leur partenaire industriel local en 2015.

La présence française se caractérise par sa très grande diversité ; la plupart des secteurs de l’économie française sont représentés : la construction mécanique (Peugeot, Renault Trucks, Chantiers Navals Ocea), l’aéronautique et la défense (Airbus, Thales), l’industrie cimentière (Lafarge), l’industrie pétrolière et gazière (Total E&P, Total Distribution, Vallourec, Maurel & Prom), l’énergie (GE, Siemens, Engie, Sagemcom, Urbasolar, Schneider Electric, Legrand, Voltalia, Innovent), la distribution (Carrefour, Décathlon, Yves Rocher, Madora), l’agro-alimentaire (Danone, Bonduelle, Moët-Hennessy, Pernod-Ricard, Afribon, Mane), les travaux publics et le bâtiment (Vinci, Eiffage, Colas, Razel-Bec, Saint-Gobain), la banque et l’assurance (Société Générale, Allianz, Olea), l’agriculture et l’horticulture (Limagrain, Meilland, Bigot Fleurs, Bayer France, Red Lands, Hubbard), l’eau et l’environnement (Veolia, Suez, CMI), les fonds d’investissement (Livelihoods, Moringa, Creadev, Amethis, Meridiam), l’ingénierie (Egis, BRL, Artelia, Ingerop, Seureca, Burgeap), les services aux entreprises (Sagaci, Cap Gemini, Dassault Systèmes, ONET), l’hôtellerie (Accor, Golden Tulip). Les entreprises françaises sont également présentes dans l’économie numérique au Kenya, en raison de l’écosystème de la Silicon Savannah : Jumia Internet (leader africain du commerce en ligne), Optimetriks et Altaï consulting (études de marché), ou encore Lelapa Fund (plateforme de financement). 

Le Kenya s’oriente vers une plus grande ouverture aux investisseurs étrangers pour libérer le potentiel de l’économie et a fait évoluer considérablement sa législation kényane en ce sens depuis 2015. Le dispositif[2] a été complété en septembre 2015 par le Business Registration Act et le Companies Act, qui visent à faciliter l’implantation des entreprises étrangères. Les pouvoirs publics ont également supprimé les restrictions à la participation étrangère dans les sociétés cotées à la bourse. Le dispositif des « Special Economic Zone » offre des avantages considérables aux investisseurs qui visent le marché de la CAE, tandis que celui des « Exports Processing Zones » encourage les activités exportatrices. La création d’un guichet unique d’accueil des entreprises et la mise en place d’une procédure accélérée pour l’enregistrement des sociétés a complété le dispositif. Ces mesures ont permis au Kenya de progresser pour la troisième année consécutive au classement Doing Business de la Banque mondiale, passant de la 108ème en 2016 à la 80ème place en 2018. Sur le plan bilatéral, la France et le Kenya ont signé un accord bilatéral de protection des investissements en 2010, qui offre de sérieuses garanties aux investisseurs, en ouvrant notamment la possibilité de recours à l’arbitrage international du CIRDI en cas de différend. Outre la poursuite de l’effort d’investissement dans les infrastructures, le président Kenyatta affiche quatre grandes priorités (les « Big Four »), qui visent à favoriser la sécurité alimentaire, l’accès à la santé, l’industrialisation et le logement abordable. Le Kenya souhaite mobiliser fortement l’investissement direct dans l’industrie et l’agriculture, et soutenir les partenariats avec le secteur privé en matière d’infrastructures, de logement et d’accès à la santé. Ces perspectives constituent des opportunités réelles pour les entreprises françaises.



[1] Les dernières données nationales disponibles, qui permettent une ventilation par pays émetteur et récipiendaire et par secteur, datent de 2015 et sont contenues dans le Foreign Investment Survey 2016.

[2] Invesment Promotion Act (2004), Private Public Partnership Act (2013), Foreign Invesment Protection Act.