Breves ASEAN

Faits saillants

► Les flux d’IDE à destination des pays d’Asie du Sud-Est progressent de 11 % en 2018

► A Singapour, les investissements dans les fintech ont doublé en 2018, atteignant 365 M USD

► Le Cambodge est à nouveau placé sur la liste de surveillance en matière de lutte contre le blanchiment d’argent du GAFI

En Image

Réunion de travail entre la ministre des finances de l’Indonésie et 32 entreprises françaises

Rencontre Sri Mulyani entreprises françaises

Le Service économique de Jakarta a organisé cette semaine une rencontre entre la ministre des finances indonésienne, Sri Mulyani Indrawati, et les représentants de 32 entreprises françaises présentes dans le pays pour échanger sur le climat des affaires et les mesures pour l’améliorer. La ministre a dressé un bilan positif de la situation économique du pays en regard des résultats de la croissance (5,2 %) et des équilibres externes (déficit courant de 2,98 % du PIB) en 2018. Elle a aussi rappelé les priorités du gouvernement : investissements dans les infrastructures et le capital humain. La réunion s’est poursuivie par un dialogue avec les entreprises qui ont présenté leurs projets, leur contribution à la réalisation des objectifs décrits par la ministre et les difficultés rencontrées.

Région

  • Les flux d’IDE à destination des pays d’Asie du Sud-Est ont progressé de 11 % en 2018, à 145 Mds USD, et représentent désormais 12% des flux mondiaux, d’après les données préliminaires de la CNUCED. A l’inverse, les flux mondiaux reculent (1 200 Mds USD en 2018, après 1 470 Mds en 2017, en baisse de -13 % en Amérique du Nord et -73 % en Europe), du fait notamment d’un rapatriement des profits des entreprises américaines. Singapour concentre 53 % des investissements à destination de l’Asie du Sud-Est (77 Mds USD en 2018, après 62 Mds en 2017, ce qui classe la cité-Etat au rang du 5ème pays récipiendaires dans le monde. Les investissements à destination de la Thaïlande sont également en forte hausse (+60 %, à 11 Mds USD), et atteignent 21 Mds USD en Indonésie, proche du niveau record de 2017.

  • Les trois pays membres du Conseil international tripartite du caoutchouc (IRTC, regroupant l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande, premiers producteurs mondiaux de caoutchouc) ont décidé de réduire leurs exportations d’un volume qui pourrait aller jusqu’à 300 000 tonnes. Les gouvernements doivent encore décider de la répartition des quotas de baisse ainsi que d’un calendrier de mise en œuvre de la mesure. Des mesures pour accroître la demande domestique en caoutchouc et des programmes de replantation pour soutenir la production ont également été décidées. Pour rappel, le prix du caoutchouc naturel a baissé d’environ moitié depuis 2017.

Indonésie

  • La simplification des remboursements d’impôt opérée en avril 2018 a généré une hausse des remboursements de 91 % en g.a., à 1,45 Md USD, entre mai et décembre 2018. Cette procédure, qui concerne principalement la TVA et les impôts perçus sous forme d’acompte, a été réduite d’un an à un mois. La mesure avait pour but de stimuler l’activité économique en améliorant la trésorerie des entreprises. Elle a toutefois engendré une baisse des recettes de TVA sur les produits domestiques de presque 20% entre mai et décembre 2018, par rapport à la même période en 2017.

  • Le trafic aérien en Indonésie a progressé de 9 % en 2018. Le trafic aérien annuel a quasiment doublé en 4 ans, passant de 1,4 million de vols en 2014 à 2,4 millions de vols en 2018, après 2,2 millions en 2017. L’île de Java concentre la majorité du trafic aérien avec 40 % de vols, suivie de Sumatra avec 16 %. L’entreprise publique de gestion du trafic aérien, AirNav, prévoit d’investir 190 M USD en 2019 pour améliorer ses services.

  • Le satellite Nusantara Satu, qui doit fournir internet à 10 000 villages indonésiens, a été lancé. Ce satellite de l’entreprise de télécommunication Pasifik Satelit Nusantara (PSN) a une capacité de 15 000 Mbps et sera en orbite au-dessus de la Papouasie, ce qui lui permettra de fournir une connexion allant jusqu’à 3 Mpbs dans l’est du pays. Selon PSN, 25 millions d’Indonésiens habitant dans ces régions n’ont pas accès à internet faute d’infrastructures suffisantes. Le prix du gigabyte sera toutefois 100 fois supérieur à celui que les consommateurs payent sur Java.

Malaisie

  • La confiance des entreprises s’agissant de leurs performances à horizon de 6 mois est en baisse de 2,2 % en ce début 2019, alors qu’elle était en hausse de 7,8 % au T4 2018, selon une enquête de la direction malaisienne des statistiques (DOSM). Les secteurs de l’industrie, du commerce de gros comme de détail sont pessimistes quand le secteur des services affiche plutôt de l’optimisme. Cela rejoint une enquête réalisée par la FMM (Federation of Malaysian Manufacturers) et MIER (Malaysian Institue of Economic Research), selon laquelle l’indice Business Conditions est passé de 124 au T4 2018 à 101 au T1 2019. Pour autant, le président de la FMM estime que l’investissement devrait reprendre au premier semestre 2019.

Singapour

  • Les investissements dans le secteur de la fintech ont plus que doublé en 2018, atteignant 365 M USD, après 180 M USD en 2017, indique le cabinet de conseil Accenture. Parmi les pays d’Asie Pacifique, Singapour est le 5ème pays le plus dynamique, derrière la Chine (qui concentre 46 % de l’investissement dans les fintech en 2018), l’Australie, l’Inde et le Japon. Près de 28 % des fonds investis dans les fintech dans la cité-Etat étaient dirigés vers des solutions de prêt, 26 % dans des solutions de paiements et 20 % dans des solutions appliquées au secteur de l’assurance.

  • La production manufacturière a reculé de 3,1 % en janvier 2019 en g.a., pour la première fois en 13 mois. C’est dans les secteurs de l’électronique (-13,7 %, après -11,5 % en décembre 2018) et de l’ingénierie de précision (-15,7 %, après -7 % en décembre 2018) que le recul est le plus marqué.

Vietnam

  • Le ministère des transports a soumis au Premier ministre l’étude de préfaisabilité du projet de chemin de fer à grande vitesse Nord-Sud, réalisée par le consultant vietnamien TEDI et les cabinets étrangers Padeco, Fukken, Yachio et Ernst & Young. Pour développer le réseau ferroviaire, l’amélioration de la ligne existante est préconisée en parallèle de la construction d’une ligne grande vitesse. La construction est conseillée en deux temps : de 2020 à 2032 le déploiement de deux sections grande vitesse Hanoi - Vinh et Saigon - Nha Trang, puis de 2032 à 2050 le raccordement des deux sections. Pour financer le projet, estimé à 58,3 Mds USD, les consultants préconisent le recours à un modèle PPP, dans lequel l’Etat vietnamien apporterait 80 % des capitaux.

  • Kookmin Bank, l’une des plus grandes banques de Corée du Sud, a ouvert sa première filiale à Hanoï, après avoir reçu l’autorisation de la banque centrale du Vietnam. Kookmin Bank peut désormais offrir un ensemble de services financiers aux entreprises coréennes présentes au Vietnam. La banque prévoit aussi de développer des offres  pour les consommateurs vietnamiens et mise sur les services bancaires numériques.

Thaïlande

  • Le ministre de l’énergie a annoncé le lancement en juin de nouvelles licences pour l’exploration et l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans le Golfe de Thaïlande. Ces licences devraient être attribuées dans le cadre de contrats de partage de production, avec une part de 25 % réservée aux entreprises d’état thaïlandaises. Cette annonce est intervenue lors de la signature des contrats de concession pour les champs de gaz d’Erawan et Bongkot à partir de 2022 et 2023, attribués au thaïlandais PTTEP (60 % du champ d’Erwan, aux côtés de la filiale de l’émirati Mubadala Petroleum, MP G2, et 100 % du champ de Bongkot).

  • Les banques TMB et Thanachart ont signé un protocole d’entente en vue de leur fusion, qui doit intervenir avant la fin de l’année. Les principaux actionnaires de la nouvelle entité seraient Thanachart Capital (TCAP), ING, et le ministère des finances thaïlandais. Actuellement, Thanachart est détenue par TCAP (51 %) et la banque canadienne Nova Scotia (49 %), tandis que le ministère des finances et ING sont les principaux actionnaires de TMB avec une participation respective de 25,9 % et 25,0 %. A l’issue de la fusion, la nouvelle entité détiendrait l’équivalent de 60 Mds USD d’actifs et compterait 10 millions de clients particuliers.

Philippines

  • En 2018, le déficit budgétaire des Philippines s’est établi à 10,8 Mds USD, soit 3,2 % du PIB, contre 2,2 % l’an passé. Le déficit budgétaire du pays s’est creusé de 59 % en glissement annuel et se situe légèrement au-dessus de la cible du gouvernement (3 % du PIB). Les dépenses publiques ont progressé de 21 % à 65,8 Mds USD, tandis que les recettes ont enregistré une hausse de 15 % à 55 Mds USD. Ces progressions sont attribuables à une forte hausse des dépenses d’investissements dans les infrastructures et de protection sociale, couplée à l’entrée en vigueur de la réforme fiscale. En 2018, la dette du pays s’est établie à 41,9 % du PIB, contre 42,1 % un an plus tôt.

  • La première phase de la construction du Metro Manila Subway Project (MMSP), menée par un consortium philippino-japonais pour un investissement de près de 6,9 Mds USD, a débuté. Cette ligne de métro de 36 kilomètres comprenant 15 stations reliera Quirino Highway (Quezon city) au Terminal 3 de l’aéroport Ninoy-Aquino (Pasay) et au Food Terminal Inc. (Taguig). Trois stations devraient être opérationnelles d’ici 2022 (Quirino Highway, Tandang Sora et North Avenue). La ligne entière devrait être finalisée en 2025. MMSP, considéré comme le plus gros projet du programme Build Build Build de l’administration Duterte, sera le premier réseau ferré souterrain du pays.

Birmanie

  • La Conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi a appelé les investisseurs étrangers à développer le potentiel économique de l’Etat Rakhine, à l’occasion du Rakhine Investment Fair, qui s’est tenue fin février à Ngapali, dans le Rakhine. Plusieurs centaines de représentants d’entreprises, principalement birmanes, et des représentants officiels étrangers étaient présents à cet événement, majoritairement sponsorisé par les agences japonaises de développement JICA et de promotion du commerce extérieur JETRO. Le développement économique du Rakhine est perçu par les gouvernements régional et national comme une des principales solutions apportées à la résolution de la crise de la minorité musulmane Rohingyas.

  • Le ministère de l’énergie et de l’électricité a annoncé l’organisation d'appels d'offres internationaux pour 18 blocs onshore et 15 blocs offshore dans l'État Rakhine au cours de l’année, pour la 1ère fois depuis 2015. Cette annonce est faite dans un contexte de production de gaz et de pétrole très inférieure à la demande nationale. Une augmentation importante de la production nécessite l’utilisation de technologies sophistiquées et des CAPEX élevés. Certains analystes du secteur énergétique du pays estiment que le gouvernement devrait réformer les termes des contrats de partage de production entre la Birmanie et les compagnies pétrolières internationales, ceux-ci étant actuellement peu profitables pour les compagnies étrangères.

Cambodge

  • Après en avoir été retiré en 2015, le Cambodge a réintégré la liste des pays « hautement exposés au blanchiment d’argent » du GAFI (groupe d’action financière internationale). Cette décision a été prise à l’issue d’une période d’observation de 13 mois. Le Cambodge a accepté de mettre en œuvre le plan d’action qui lui a été proposé et exprimé son engagement de mettre en place un cadre législatif et réglementaire en conformité avec les standards internationaux.

  • En marge de la visite officielle du président vietnamien à Phnom Penh, le Cambodge et le Vietnam se sont engagés à renforcer leurs relations bilatérales. Les chefs d’Etat des deux pays ont signé cinq mémorandums d’entente, parmi lesquels un accord d’aide de 25 M USD. Les deux parties s’engagent à faciliter les transports fluviaux et terrestres transfrontaliers, leurs échanges commerciaux et leur coopération touristique.

Laos

  • Le ministre des finances a signé une directive ministérielle définissant les nouvelles procédures que doivent respecter les organismes publics dans l’utilisation des fonds publics et rendant obligatoire la passation d’un appel d’offres pour l’achat de biens et services d’une valeur supérieur à 500 millions de kips (58 000 USD). Si le coût des biens et des services se situe entre 5 à 500 M LAK (600 à 58 000 USD), ces organismes doivent rechercher des offres de prix comparables avant de sélectionner le fournisseur.

 

Rédigé par : Service économique régional de Singapour
Contributions : Services économiques de Bangkok, Hanoï, Jakarta, Kuala Lumpur, Manille, Rangoun, Phnom Penh et Antenne de Vientiane