4ème investisseur et 3ème employeur étranger en Suisse, la France y est présente à travers près de 1 700 entreprises qui génèrent plus de 77 000 emplois. Les investissements français en Suisse s’orientent principalement vers l’industrie manufacturière, le commerce, la construction, les services financiers et les hautes technologies.

 I. La France est un investisseur important en Suisse, y compris pour mener des activités financières de niveau mondial, avec un nombre croissant de filiales et d'emplois

1. La France est le 4ème investisseur étranger en Suisse

Fin 2020, la France se classait au 4eme rang des investisseurs étrangers ultimes en Suisse (+1 place par rapport à 2019), derrière les Etats-Unis, l’Irlande et les Pays-Bas. D’après la Banque nationale suisse (BNS), le stock d’IDE français en Suisse s’élevait à 59 Mds CHF fin 2020, soit 4,3% du stock total d’IDE en Suisse, un montant stable par rapport à l’année précédente – ce qui témoigne de la bonne résistance des investissements français en Suisse pendant la crise du Covid-19. Les données issues de la Banque de France divergent quelque peu de celles de la BNS : le stock d’IDE français immédiats en Suisse atteint 41 Mds EUR en 2020 selon les statistiques françaises.

Tableau 1. Stock d’investissements directs étrangers en Suisse par pays de l’investisseur ultime en 2020

Pays

Stock d’IDE en Suisse

(Mds CHF)

Part dans le stock total d’IDE en Suisse (%)

Etats-Unis

576,6

47,4

Irlande

112,3

9,2

Pays-Bas

64,7

5,3

France

58,6

4,8

Allemagne

38,3

3,1

Royaume-Uni

30

2,5

Source : Banque nationale suisse, Stock d’IDE en Suisse fin 2020 (décembre 2021)

2. Les entreprises françaises génèrent plus de 77 000 emplois directs en Suisse

En 2020, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), 764 groupes français étaient implantés en Suisse via 1 680 entreprises employant 77 393 salariés. La France se classait ainsi au 3eme rang des pays d’origine de filiales étrangères et des employeurs étrangers en Suisse, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis. Les effectifs des filiales suisses de groupes français ont progressé de 17 % entre 2017 et 2020.

Tableau 2. Filiales d’entreprises étrangères en Suisse, par pays d’origine en 2019

Pays

Nombre de filiales

Nombre d’employés

Allemagne

3 435

126 481

Etats-Unis

2 301

100 509

France

1 680

77 393

Royaume-Uni

1 512

34 921

Source : Office fédéral de la statistique, groupes d’entreprises multinationaux, données provisoires (décembre 2021)

 II. Les investissements majeurs des entreprises françaises en Suisse ont été réalisées dans l'industrie manufacturière, le commerce, la construction et les services financiers 

1. Une concentration des investissements dans un nombre restreint de secteurs

D’après les données de la Banque de France, le stock d’IDE français en Suisse se concentre sur un nombre relativement restreint de secteurs : industrie manufacturière, énergie, immobilier, transports, commerce, services administratifs, information-communication ou encore finance et assurance. Cette répartition est en partie liée à la domiciliation en Suisse d’activités de négoce, de distribution et de sièges sociaux de portée mondiale. 

Selon l’OFS, les entreprises françaises présentes en Suisse sont principalement actives dans les secteurs de la finance et l’assurance (24 % des filiales d’entreprises françaises et 15 % des effectifs), du commerce (23 % des filiales, 16 % des effectifs), des activités spécialisées, scientifiques et techniques (14 % des filiales, 6 % des effectifs), de l’industrie manufacturière (10 % des filiales, 15 % des effectifs) et de la construction (5 % des filiales, 13 % des effectifs) (cf. annexe 1).

2. Des grands groupes ont implanté en Suisse des filiales exerçant des activités mondiales, afin de bénéficier de conditions cadres favorables

De nombreuses entreprises françaises sont implantées en Suisse pour y exercer des activités mondiales. Elles bénéficient historiquement de conditions cadres (notamment la convertibilité du change) et fiscales favorables, même si la réforme fiscale entrée en vigueur début 2020 a réduit les marges de manœuvre des cantons du point de vue de la concurrence fiscale et que la Suisse entend appliquer l’accord de l’OCDE sur la fiscalité des multinationales dès 2024. Les filiales suisses de ces multinationales françaises exercent notamment des activités de négoce, de centrale d’achat, de gestion de trésorerie ou entrant dans la catégorie d’activités de holding.

3. Dans le secteur industriel, les filiales suisses d’entreprises françaises mènent souvent des activités à fort contenu technologique et sont bien implantées dans le domaine de la construction

Les entreprises françaises sont bien positionnées dans le secteur des hautes technologies. Elles sont par exemple actives dans le domaine du contrôle et de la signalisation ferroviaire, de la défense, de l’aéronautique, des équipements électriques des produits électroniques de pointe ou des instruments de précision.

Elles bénéficient également d’une forte présence dans le domaine des sciences de la vie, de la pharmacie, de la chimie et des biotechnologies, où elles mènent en Suisse des activités de recherche et de production, en partenariat avec des acteurs helvétiques historiques.  

En dépit d’un accès difficile, la pénétration dans le secteur de la construction est remarquable : les multinationales françaises possèdent plusieurs filiales spécialisées (production de matériaux, routes, bâtiments résidentiels, gestion et techniques du bâtiment) réparties sur l’ensemble du territoire suisse.

4. Dans le secteur tertiaire, les entreprises françaises sont bien représentées dans les services financiers, bancaires et informatiques

Les grandes sociétés françaises spécialisées dans les services en informatique sont bien représentées en Suisse, où elles se positionnent notamment sur les segments du conseil en informatique, des services informatiques pour les milieux bancaires et financiers, de l’externalisation et de la programmation informatique.  

L’activité bancaire des groupes français se concentre quant à elle dans la banque privée (gestion de fortune, gestion de patrimoine), la gestion d’actifs et la banque d’investissement (conseil et financement des entreprises). La ligne de métier du financement des matières premières a en revanche été fortement réduite.

En outre, des prestataires d’assurance français figurent parmi les principaux assureurs de Suisse.

5. La plupart des grands groupes français dans le commerce et la distribution sont implantés en Suisse

Pour les entreprises françaises, la Suisse est un marché porteur et de proximité. De nombreuses filiales y distribuent leurs produits dans l’agroalimentaire, la cosmétique, les produits culturels, l’habillement ou les équipements sportifs.  Elles y développent aussi leurs offres de vente par correspondance.

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