L’Argentine est dotée de trois réacteurs nucléaires qui produisent environ 5% de l’électricité du pays. Avec cinq réacteurs de recherche, l’Argentine est également très active dans le secteur de la médecine et bénéficie en la matièred’une reconnaissance internationale grandissante. Le programme nucléaire argentin est  toutefois actuellement à l’arrêt en raison du contexte économique, mais les autorités n’abandonnent pas leurs projets de construire un réacteur supplémentaire et de poursuivre le développement à l’export. Génération d’électricitéL’Argentine compte actuellement 3 réacteurs à eau lourde pressurisée qui génèrent environ 5% de l’électricité du paysAtucha I : d’une puissance de 362 MW, le réacteur a été réalisé par l’ancienne filiale nucléaire de Siemens KWU (à présent Framatome). Commencé en 1968, il est entré en service en 1974 et arrive actuellement en fin de vie.Atucha II dispose d’une puissance de 745 MW. Le contrat commercial avait été signé avec Siemens en 1980 pour u

L’Argentine est dotée de trois réacteurs nucléaires qui produisent environ 5% de l’électricité du pays. Avec cinq réacteurs de recherche, l’Argentine est également très active dans le secteur de la médecine et bénéficie en la matièred’une reconnaissance internationale grandissante. Le programme nucléaire argentin est  toutefois actuellement à l’arrêt en raison du contexte économique, mais les autorités n’abandonnent pas leurs projets de construire un réacteur supplémentaire et de poursuivre le développement à l’export.

Génération d’électricité

L’Argentine compte actuellement 3 réacteurs à eau lourde pressurisée qui génèrent environ 5% de l’électricité du pays

  • Atucha I : d’une puissance de 362 MW, le réacteur a été réalisé par l’ancienne filiale nucléaire de Siemens KWU (à présent Framatome). Commencé en 1968, il est entré en service en 1974 et arrive actuellement en fin de vie.
  • Atucha II dispose d’une puissance de 745 MW. Le contrat commercial avait été signé avec Siemens en 1980 pour une mise en marche prévue en 1987, mais son inauguration n’a finalement eu lieu qu’en 2014 après plusieurs suspensions du projet.
  • Embalse est un réacteur de type CANDU (technologie canadienne) de 648 MW entré en service en 1983 et qui est arrivé en fin de vie en 2015. Les travaux pour l'extension de vie de 30 ans sont quasiment terminés et porteront la puissance du réacteur à 683 MW.

Les projets de construction de nouvelles centrales sont à l’arrêt

Alors que l’accord initial souscrit par le gouvernement de Cristina Kirchner en février 2015 prévoyait la construction de 2 nouveaux réacteurs (Atucha III et IV), le gouvernement argentin a décidé d’annuler l’un des projets en mai 2018 en raison de la crise économique que connaît le pays.

  • Atucha III (annulé - technologie Candu) : l’accord-cadre de coopération avec la Compagnie Nucléaire Nationale Chinoise (CNNC) prévoyait la construction du quatrième réacteur argentin sur le site d’Atucha pour une puissance de 750 MW. Le projet a été annulé en mai 2018 en raison de la crise économique.
  • Atucha III (anciennement Atucha IV – technologie Hualong) : le second réacteur de l’accord-cadre devrait être maintenu et réalisé sur le site d’Atucha sur financement intégralement chinois et une mise en service en 2027 ou 2028. Il s’agirait du premier réacteur de ce type exporté par la Chine et le premier réacteur à eau légère en Argentine. Les détails devraient être connus au cours du premier semestre 2019.

L’Argentine souhaite trouver des partenaires pour exporter le réacteur CAREM

Les autorités misent sur le développement du réacteur à eau pressurisée de petite puissance (moins de 140 MW) qui permettrait d’alimenter des régions mal connectées aux réseaux électriques. Le prototype d’environ 30 MW, qui devrait entrer en fonctionnement en 2021 ou 2022. Le schéma commercial est en cours de développement et les autorités souhaitent trouver des partenaires.

Réacteurs de recherche et médecine nucléaire

Dans le domaine de la médecine nucléaire, l’Argentine (via la CNEA) occupe une place importante avec ses 5 réacteurs de recherche et sa spécialisation est reconnue à l’international. Avec une production assurée essentiellement par le réacteur RA-3 (10 MW, mis en service en 1967), l’Argentine représente environ 5% de la production mondiale de radio-isotopes.

Construction du réacteur de recherche RA-10

La CNEA souhaite remplacer le réacteur RA-3 par un réacteur plus moderne, le RA-10 (de 30 MW), dont la mise en chantier s’est déroulée en 2016. Ce réacteur de recherche, développé par l’Invap avec financement de l’Etat argentin, est en cours d’assemblage et devrait entrer en fonctionnement pour le deuxième semestre du 2020. Ce projet fait l’objet d’une coopération avec le Brésil, l’Invap participant également aux études d’ingénierie du réacteur polyvalent RMB.

Exportation de réacteurs de recherche

La livraison en 2007 du réacteur OPAL (20 MW) à l'Australian Nuclear Science and Technology Organisation (ANSTO) représente la plus grande réussite à l’export de la compagnie. L’Invap a également remporté en 2018, la conception et la construction du réacteur néerlandais Pallas. Actuellement, l’entreprise travaille sur des contrats en Inde (réacteur de production de Molibdeno-99 en cours de construction), en Arabie Saoudite et au Brésil.

Centres de médecine nucléaire

L’Argentine dispose de plusieurs centres de médecine nucléaire et recherche des partenaires pour son centre de protonthérapie en construction dans la province de Buenos Aires. La conception de ce centre avait bénéficié d’une assistance technique française. À l’export, un contrat signé en février 2018 avec la Bolivie portant sur la fourniture « clef en main » de trois centres de médecine nucléaire et de radiothérapie dans les villes d’El Alto, La Paz et Santa Cruz de la Sierra. Un centre de production radio pharmaceutique sera également construit à Tarija.

 

Atucha

Crédit illustration CC BY-SA 3.0