Le commerce extérieur a enregistré une progression dynamique en 2017 et représentait  412,732 milliards d’euros. Cette tendance se poursuit entre janvier et octobre 2018 (+8,5% pour les importations et +5,6% pour les exportations par rapport à la même période en 2017. Le principal partenaire commercial de la Pologne est l’Allemagne, avec laquelle elle réalise un quart de son commerce extérieur. La structure du commerce extérieur polonais n’a, pour l’essentiel, pas subi d’inflexion majeure en termes de produits en 2017 et en 2018 sur les 9 premiers mois. Dans cette période, la Pologne continue de diversifier ses importations, la Chine se positionne désormais comme deuxième fournisseur derrière l’Allemagne.

La résorption du déficit commercial participe à la réduction du déficit courant

 

Fort excédent des échanges de services

D’après Eurostat, qui a repris les chiffres de la Banque centrale polonaise, le solde échanges de services présentait en 2016 un excédent de 13,7 Mds € en hausse de 25,6% eu égard à la forte hausse des exportations (+8,9%) comparée à celle modérée des importations (+2,7%). Dans le détail, les principaux postes d’échanges de services comprennent les services de transport (excédent de 5,0 Mds € en hausse de +11,6%), les activités de transformation de biens pour des non-résidents (+25,0% à 2,9 Mds €) et le tourisme (+18,5% à 2,7 Mds €). Dans le secteur des télécommunications et des TIC, les échanges semblent s’intensifier, ce qui lui permet d’enregistrer un excédent de 1,9 Md€ (+28,9%), tandis que les divers services aux entreprises, qui constituent le 2e poste à l’export, affichent un excédent de 2,4 Mds € (+30,6%). En revanche, les opérations au titre des droits de propriété intellectuelle laissent apparaître le plus fort déficit (+12,7% à 2,05 Mds €), alors que tant les services d’assurance que les services financiers continuent d’afficher des déficits, respectivement de 334,2 M€ (+18,5%) et de 145,8 M€ (-47,0%). Enfin, les services personnels, culturels et relatifs aux loisirs enregistrent un déficit de 89,4 M€, qui tend, cependant, à se résorber (-63,0%). Cumulés, les soldes des échanges de biens et services ont généré un excédent net de 16,5 Mds € en 2016 (+23,9% par rapport à 2015), les exportations de biens et services (+4,2%) s’étant accrues plus rapidement que les importations (+2,8%).

Regard sur les exportations industrielles

L’économie polonaise bénéficie d’une forte diversification des secteurs manufacturiers, dont elle exporte une partie des produits. Le dynamisme des exportations industrielles polonaises repose dans une large mesure sur celui des industries intermédiaires et d’équipement, toujours caractérisées par la présence de nombreuses entreprises à capital étranger qui assureraient, d’après l’Institut d’études sur le marché, la consommation et la conjoncture (IBRKK), près de la moitié de l’ensemble des échanges extérieurs de biens polonais (contre un peu plus des trois cinquièmes au milieu des années 2000). Parmi les 53,9 Mds € de stocks d’IDE entrants recensés par la Banque centrale au 31 décembre 2015 dans le secteur manufacturier (soit près d’un tiers de l’encours total), 11,1 Mds € étaient ainsi dévolus aux industries agro-alimentaires, 9,7 Mds € à la transformation des produits pétroliers, chimiques, pharmaceutiques et plastiques, 8,6 Mds € à des industries automobiles principalement consacrées à la fabrication de pièces détachées et 8,3 Mds € au secteur du meuble. Reproduisant pour l’essentiel la structure des exportations polonaises, la décomposition des importations polonaises dénote la nature essentiellement transformatrice d’un commerce extérieur bénéficiant directement de l’intégration de l’industrie polonaise à la chaîne de production centre-européenne

La montée en gamme de la Pologne s’est traduite par une hausse de ses parts de marché dans les biens à fort contenu technologique plus rapide que dans les autres catégories de biens : alors qu’ils étaient essentiellement représentés, dans le commerce de biens mondial, au travers leurs exportations de produits manufacturés à forte intensité de main d’œuvre en 1995, la Pologne a amorcé, au cours des vingt années suivantes, un glissement vers les produits à contenu technologique intermédiaire, dont la part de marché a été multipliée par cinq entre et qui constituent désormais l’essentiel de ses exportations tout en étant parvenue à maintenir sa position pour les produits à faible contenu technologique en dépit de la concurrence des pays émergents. Le processus de montée en gamme a continué en Pologne – malgré la crise – dans le commerce de biens à fort contenu technologique depuis 2008, et surtout dans les exportations de biens de sophistication intermédiaire. Alors que les exportations à fort ou moyen contenu technologique ne représentaient en 2004 que 39,2% des exportations polonaises totales, elles ont, selon la CNUCED, progressé à 67,6% de ces dernières en 2016.

exportationsimportations

 

Analyse géographique du commerce extérieur polonais

Le commerce extérieur polonais s’avère relativement diversifié : l’Allemagne, avec une part de marché de 22,9 %, a été en 2016 le premier fournisseur du pays devant la Chine (12,4 %), la Russie (6,1 % contre 14,6 % en 2012), l’Italie (5,1 %) et la France (3,9 %) ; les exportations polonaises ont été l’année dernière principalement destinées à l’Allemagne (27,3%), au Royaume-Uni, à la République tchèque (6,6% chacun), à la France (5,4%) et l’Italie (4,8%).

répartition

Les principaux clients

En 2016, les principaux clients de la Pologne étaient l’Allemagne (27 %), le Royaume-Uni, la République tchèque (6,0 %, chacun), la France (5,4 %) et l’Italie (4,8 %). On remarque que les quatre principaux marchés à l’export hors Allemagne présentent autant d’importance du côté polonais depuis 2005 (entre 5 et 6,5 % des exportations totales). Cependant, les marchés italien et français semblent moins privilégiés, leurs parts dans les exportations ayant décliné de, respectivement, 0,7 et 0,9 pp en dix ans. Par ailleurs, on peut noter une diversité accrue des marchés pour les biens polonais comme l’illustre la moindre importance du marché allemand (-9 pp en 15 ans) qui est due, également, à la montée en gamme des produits polonais (des biens intermédiaires aux produits semi-finis) ainsi qu’à la plus forte intégration des économies d’Europe centrale, dont le poids s’est accru de 4,6 points sur la période.

En volume, les marchandises polonaises à destination de l’Europe centrale affichent la plus forte progression (+1.081 % depuis 1999), devant la destination britannique (+1.074 %). Mécaniquement, les exportations polonaises à destination de l’Allemagne croissent le moins rapidement (+440 %) parmi les principaux clients de la Pologne. Avant l’embargo, les exportations vers la Russie présentaient la plus forte dynamique, avec une hausse de 1.125 % en 2013.

Les principaux fournisseurs

En 2016, l’Allemagne constituait le premier fournisseur de la Pologne, suivie de la Chine, des Pays-Bas et de l’Italie. Fortement corrélé à l’industrie allemande, le marché polonais est dominé par l’Allemagne (22,9 %) dont la PDM est restée stable autour des 20-25 % depuis 1999. Montant progressivement dans la chaîne de valeur européenne, la Chine est devenue en 2014 le deuxième fournisseur de la Pologne et présentait l’année dernière une part de marché de 12,4 %. Avec des productions imbriquées les unes aux autres, la République tchèque, avec une PDM de 3,5 % en 2016, ainsi que le reste du groupe de Visegrad (PDM de 7,2 %) ont un accès  privilégié au marché polonais en tant que fournisseurs de pièces détachées leur permettant de devenir le 3e fournisseur de la Pologne aux dépens de la Russie. Historiquement le deuxième fournisseur de biens étrangers en Pologne, la Russie a connu un net repli de ses importations (-54,3 %) suite à l’introduction par l’UE de sanctions économiques à son encontre en mars 2014. Par rapport à 2013, la Russie a perdu 6,2 pp de PDM qui a atteint 6,1 % en 2016. Bénéficiant de son rôle de porte d’entrée de marchandises d’origine extra-européenne, les Pays-Bas disposent d’une part non négligeable du marché polonais (2016 : 3,7 % selon le critère d’origine et 6,0 % selon le critère de provenance]). L’importance de l’Italie, illustrée par la présence des usines polonaises du groupe Fiat, n’a fait que décroître à partir de 2003 (-3,2 pp à 5,1 % en 2016) en raison de l’implantation d’une usine de composants à Bielsko-Biala fabricant des pièces destinées à plusieurs modèles automobiles (dont Fiat, GM et Suzuki). Sa part de marché est également dépendante des livraisons des rames de train « Pandolino » produites par Alstom en Italie. Enfin, la France, dont de nombreux grands groupes ont implanté des filiales en Pologne, observe un déclin graduel de sa PDM à l’import en Pologne, -3,2 pp de 2003 à 2016, étant donné que les importations de marchandises françaises, bien qu’ayant progressé de 134 %, affichent, en-dehors de l’Italie (+124 %), la plus mauvaise performance  en l’espace de 17 ans (+311 % tous fournisseurs confondus).

 

L’évolution du commerce extérieur en Pologne est à relier avec le processus de transition de l’économie polonaise d’une économie planifiée vers une économie de marché à partir des années 1990, et les gains de compétitivité à l’international. En raisonnant en valeur ajoutée, la compétitivité-coût expliquerait l’essentiel des gains de parts de marché réalisés par le pays au cours des vingt dernières années. A contrario, la compétitivité hors coût tendrait à stagner voire à se détériorer, en dépit d’une relative montée en gamme de l’économie polonaise. On peut observer que la Pologne fait l’objet d’une montée progressive tant à la fois en gamme que dans la chaîne de valeur de la production européenne. Précédemment spécialisée dans la production de biens intermédiaires (composants, parties et accessoires) à destination de l’Allemagne, l’économie polonaise est source majoritairement de produits semi-finis réexportés vers l’Europe de l’ouest et dont certains matériaux proviennent de Chine. Cependant, en raison de la forte demande intérieure et du plus faible degré d’ouverture de son économie, la Pologne est placée, jusqu’à présent, en retrait par rapport aux économies tchèque et slovaque dans les chaînes de valeur européennes.